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Snowflake.

« We accept the love we think we deserve.  » - Stephen Chbosky.

E
lle a posé sur le bureau une petite boule de verre dans laquelle était enfermée une représentation du lac, faite de glace. Une espèce de boule à neige comme on en trouve dans les boutiques de souvenirs, fabriquée de ses petites mains dans un moment d’ennui. Elle avait profité d’un moment où Bobby n’était pas enfermé avec un patient pour laisser l’objet, préférant ne pas le croiser en public. Elle s’était débrouillée pour ne plus avoir de contact, laissant toute la place dont pouvaient avoir besoin Kitty et Malicia ; elle ne faisait plus partie de l’existence du mutant. Elle ne lui parlait même pas quand il s’agissait de s’entraîner, parce qu’ils pourraient lui prendre tout ce qu’elle avait mais elle ne laisserait à aucun d’eux l’occasion de l’expulser du groupe. Il lui était nécessaire de s’accrocher à ça, à défaut d’être réellement utile. Entre les plus jeunes angoissés par une situation politique qui les dépassaient et les cours par correspondance, elle n’avait pas vraiment un planning chargé ; des heures de contemplation tuaient le temps. Elles étaient loin les semaines durant lesquelles elle a songé à tenter de sortir avec quelques inconnus, des hommes normaux. L’idée du fichage des mutants changeait la donne, elle devenait prisonnière de sa condition, comme tous les habitants de l’institut qui ne voudrait pas avoir à être montrés du doigt.

La flaque s’est dissimulée dans un coin en entendant Bobby revenir. Elle n’a pas eu le temps de sortir alors elle a préféré se cacher, attendre qu’il retourne s’installer sur son fauteuil et glisser discrètement sous la porte, qu’il ne puisse pas l’interpeller, que son patient ne se sente pas gêné. Prendre la fuite était toujours plus simple. C’était terminé l’époque où elle acceptait de se disputer avec lui devant toute l’école. Il avait eu assez de problèmes à cause de leur relation et, quelque part, il n’était pas prêt à assumer les contradictions qu’imposeraient une nouvelle tentative. Elle l’avait aimé, vraiment, trop vite, puis elle avait gelé les sentiments. Tourner la page était compliqué, pas impossible.

Les attaques remettaient l’existence en perspective, d’autant plus quand on avait une vie plus longue que la moyenne, et si elle n’avait pas eu le courage d’aller en parler à Logan, elle avait besoin de communiquer. Elle était, qu’elle le veuille ou non, humaine et des conversations avec des adolescents entre treize et quinze ans ne suffisaient pas toujours ; pas sur certaines questions. Elle n’avait ni confiance en Malicia ni en la moitié des autres convaincus de la cause, c’était donc du psychologue dont elle avait besoin. Le numéro du psy qu’elle avait contacté avant que le centre commercial explose ne servait plus, personne ne voudrait aider une mutante avec un tel potentiel de colère. C’est à peine si le secret professionnel empêcherait un homo sapiens de la déclarer terroriste en puissance. Manque d’empathie, lui avait-il déjà soufflé. Maintenant, que trouverait-il ? Elle n’aimait personne, n’est-ce pas ? Elle pouvait bien tuer tout le monde.

Au crépuscule, comme chaque soir, elle est passée par la fenêtre de sa chambre, descendant l’escalier de glace pour rejoindre les jardins puis le bord du lac. Un plaid sur le sol humide, la robe noire défroissée, elle s’est perdue dans la contemplation du coucher de soleil. Elle s’endormait régulièrement là, ne rouvrant les yeux que peu avant l’aube, telle le fantôme qu’elle aimait être dans cette vieille bâtisse. On n’embêtait pas un fantôme. On ne faisait pas de reproches aux muets. Les deux rôles lui convenaient. Elle doutait que Bobby comprenne le message, il ne viendrait sans doute pas, peut-être trop en colère après ce qu’elle avait dit, dans le salon, quelques jours plus tôt. Trop optimiste quand elle n’était que pessimisme.
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Il l’a vue. Presque au premier coup d’oeil. Comme si il avait senti que quelqu’un était entré dans son bureau, en son absence. Comme si il avait mémorisé tous les objets et leur emplacement. Il l’a vue dès l’ouverture de la porte. Un simple pas et son regard a été attiré par cette boule de verre. Posée sur son bureau. Reflétant les rayons du soleil. Il a marqué un temps d’arrêt. Son regard est resté fixé sur ce simple objet. Jusqu’à ce que le jeune derrière lui se mette à parler. Alors, il est sorti de sa stupéfaction pour s'asseoir dans son fauteuil. Juste devant le canapé. Il la laissé la boule pour plus tard. Il a repoussé les questions pour se concentrer sur le gamin en face de lui. Ce n’est qu’une heure plus tard qu’il a pu se lever et observer l’objet de plus près. Il n’y a pas touché. Pas tout de suite. Par peur que ce soit une illusion. Par crainte qu’elle ne fonde sous ses doigts. A l’intérieur, un lac pris dans la glace. Une représentation d’un lieu presque magique. Il a reconnu la signature. Il a reconnu le créateur. Ou plutôt, la créatrice. Snow. Il s’est demandé si elle n’avait pas cherché à lui faire ses adieux à travers ce cadeau. Il s’est interrogé sur sa signification. Avec elle, il pourrait s’agir de tout et n’importe quoi. Cela fait plusieurs semaines qu’ils ne se sont plus parlés, qu’ils ne se sont plus vus, qu’ils se sont plus croisés. Chacun sa vie. Chacun son quotidien. Il lui a laissé de l’espace. Il s’est éloigné. Encore marqué par ses dernières paroles. Encore hanté par leur dernière conversation. Elle lui a reproché d’être incapable d’aider les autres. Elle l’a accusé de s’accrocher aux gens qui le blessent. Alors, il a préféré être loin. Loin d’elle. Le temps qu’il gère ses propres problèmes. Le temps qu’il surmonte sa propre douleur. Le temps qu’il retrouve son équilibre. Mais il a cette boule à neige. Brillante. Éclatante. Souvenir d’une époque où ils s’affrontaient sur le lac. Souvenir d’une période où ils ont réussi à dépasser la colère de l’un pour accepter la main tendue de l’autre. Il a fini par prendre la boule entre ses doigts pour l’étudier de plus près. Pour trouver un message caché. Pour trouver un sens camouflé. Mais rien. Seulement le lac de glace. Seulement un travail exceptionnel. Alors, il l’a reposée sur son bureau. Dans un coin où il ne pouvait que la voir. La journée a filé, sans qu’il ne parvienne à comprendre son message. Sans qu’il ne comprenne le sens de ce présent. Sans qu’il ne parvienne à se débarrasser des questions. Il ignore ce qu’elle attend de lui. Il ignore ce qu’elle souhaite qu’il fasse. Il ignore tout. Il sait seulement que leur relation ne pourra plus jamais être comme avant. Ils ont trop de différences. Trop de conflits. Trop de passif. Et puis, il y a la loi sur le recensement des mutants. Il y a sa volonté de former les jeunes à se défendre contre des gens qui ont peur. Des divergences d’opinion. Des divergences pour tout.

Il a laissé la journée se terminer. Jusqu’à ce que le soleil décline. Jusqu’à ce que la faim se fasse sentir. Jusqu’à ce que la fatigue le submerge. Il a laissé la journée s’écouler et seulement là, il a repris la boule en verre. Il l’a levée au niveau de ses yeux. Il n’a pas entendu dire qu’une des pensionnaires était partie au cours de la journée. Il en a donc déduit que Snow était encore à l’Institut. Qu’elle comptait rester. Son geste n’était pas un adieu. Plutôt un rendez-vous ou une volonté de faire plaisir. Quoique cette dernière possibilité lui semblait étrange. Ils ne s’étaient pas parlés amicalement depuis des semaines. Ils n’avaient rien échangé, si ce n’est des regards distants. Donc, une invitation. Il a jeté un coup d’oeil à l’horloge. Snow a toujours eu quelque chose avec le lac, la nuit. Déjà quand elle souffrait de somnambulisme, elle en prenait la direction. Aujourd’hui encore, elle rôde autour du lac. Depuis qu’ils ont découvert qu’elle pouvait se liquéfier, cette attirance pour l’eau prend tout son sens. Il a tourné l’objet entre ses doigts. Plutôt lourd, en contradiction avec l’élégance et la légèreté de la reproduction du lac. Elle a fait un geste dans sa direction. Elle a conçu un objet avec sa propre glace. Preuve que, peut-être, une trêve est possible. Mais il hésite encore entre la joie et le doute. Il ne sait pas ce qu’elle veut. Il ne sait pas ce qu’elle a derrière la tête. Il ne sait rien. La perplexité gagne la partie. La seule solution pour le savoir est de répondre à sa demande. Il va y aller. Il va retourner auprès du lac. Il va revenir sur le lieu de nombreux de leurs échanges. Il garde la boule dans sa main. Il se lève pour sortir de son bureau, de l’Institut. Pour emprunter un chemin qu’il n’a pas pris depuis des semaines. Dehors, mars a déjà pris possession des lieux. Les plantes commencent à bourgeonner. Les arbres retrouvent leur splendeur. La température augmente doucement. Même la soirée est soudain plus agréable pour les autres. Pour Bobby, cela représente une nouvelle période de chaleur à compenser par le froid de son corps. La beauté de la nature en pleine explosion, tandis que le monde humain implose. Le soleil se couche déjà, mais il n’a pas besoin de voir sa route pour se diriger. Il connaît le chemin. Bientôt, le lac se découpe dans l’obscurité, renvoyant l’image des arbres et d’une silhouette assise. Il se rapproche. Il s’arrête à quelques mètres de Snow. Il ne veut pas s’approche davantage. Par peur de ressentir encore des sentiments pour elle. Par peur de ne plus voir la même Snow. Par peur de s’être trompé sur la raison de ce rendez-vous. En l’observan, il a le sentiment qu’elle est là depuis longtemps. Qu’elle l’attend.

Merci pour la boule à neige.” Il a hésité avant de prendre la parole. Se demandant soudain si il avait bien fait de venir ici. Se persuadant qu’il ne devrait pas briser la tranquillité de Snow. Il a finalement chassé les inquiétudes et les réflexions. Ils ne peuvent pas s’ignorer éternellement. Ils ne peuvent pas se fuir continuellement. Le bien-être de Snow est bien plus important. Il a toujours répondu à ses appels. Il a toujours été présent pour l’aider. Aujourd’hui encore. Malgré tout ce qu’il s’est passé. Malgré les paroles échangées. Si elle lui a demandé de venir ici, ce n’est pas pour rien. Ce n’est pas pour se regarder dans le blanc des yeux. Ce n’est pas pour compter les brins d’herbe. Il y a une bonne raison. Parler. Se disputer. Se confier. Peu importe. “Ça ne va pas ?” Après des semaines de silence, les voilà qu’ils se reparlent. Il n’y a personne autour d’eux. Il n’y a qu’eux. Pas moyen de se cacher derrière une personne. Pas possible de feindre d’être occupé. Il n’y a qu’eux et personne d’autre.

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« We accept the love we think we deserve.  » - Stephen Chbosky.

E
lle n’est pas aquakinésiste mais désormais, elle est définitivement liée à l’eau. Elle pouvait rester là des heures à contempler le calme plat et sombre du lac. Parfois, comme là, elle y plongeait la main et observait l’interaction entre la peau à son état aqueux et les composantes naturelles de l’étendue froide. Elle n’a pas sursauté quand la voix de Bobby s’est élevée. Le calme tranquille qu’elle dégage n’a rien de tout ce qu’elle a pu être par le passé, ça n’est pas une protection ou une barrière dérangeante, ça n’est pas un souffle cassant. Le point de convergence parfait entre la paix absolue et la colère sourde a été atteint - et avec lui, une étrange maîtrise. « Tu me fuis aussi. » Pas de reproche, pas d’amertume. Un constat comme un autre. Elle a conscience qu’elle ne pourrait plus jamais se défaire de lui, pas après tout ce qu’ils avaient vécu - ils n’avaient jamais réellement pu s’éloigner, se confrontant perpétuellement. Calme, comme le lit d’une rivière au printemps. « Il va faire chaud. Une boule à neige pour garder un peu de notre hiver. » Le leur, parce qu’ils formaient toutes les nuances du froid, parce que l’hiver a enfermé leur histoire, qui fondait désormais sous le soleil renaissant. Snow ne fait plus varier aussi brutalement les températures et si autour d’elle émanait une certaine aura fraîche, le désagréable dormait au fond d’une vieille boîte - fermée. Plus personne ne l’avait vue s’énerver ou pleurer, ni s’agacer en dehors de la conversation à propos de cette horrible loi discriminante. « Manque d’empathie. Instabilité et séquelles de violences conjugales. » Le ton doux est perceptible, quoique limité en intensité, elle préfère que cela reste entre eux, qu’aucune oreille indiscrète ne puisse s’immiscer dans l’échange. Elle voudrait même éviter qu’on les voit ensemble, parce qu’elle ne voulait plus qu’on lui fasse de reproches. « Il dit que je ne pourrais peut-être jamais avoir de relation stable. » Il. On devine presque aisément qu’elle a vu un autre psy, elle ne précise pas si c’est un psychologue ou un psychiatre, au fond elle s’en fichait, au moment où elle a passé la porte. Ca n’a pas duré. Une séance, tellement longue, pour établir les bases et la méthode à adopter.. puis tout s’était enchaîné si vite, le centre commercial, le sang partout, les cadavres, l’odeur de brûlé. Le regard trop bleu fixe les reflets sur l’eau, ne voulant pas croiser les yeux clairs de Bobby. Elle réfléchit mieux ainsi, c’est plus simple que de s’embourber dans des souvenirs douloureux.

« Il refuse de s’occuper des mutants. Tu savais que les lentilles vertes faisaient illusion ? » Les lentilles, pour ne pas avoir l’air étrange, pour qu’on ne se concentre pas sur l’anomalie. Finalement, avec un jean et un manteau, elle se fondait entièrement dans la masse, elle n’était plus ni bizarre ni dangereuse. Juste une femme comme une autre. A qui on peut offrir un café sans avoir peur de mourir d’hypothermie. Le silence est retombé. La paume est sortie de l’eau, revenant sur le plaid. Le noir lui donnait l’air un peu mélancolique, à moins qu’elle n’ait seulement l’impression d’avoir pris dix ans en quelques semaines, dix ans qu’on ne verrait pas sur ses traits fins, toujours identiques, perpétuellement identiques - jusqu’à quand ? Seule son attitude pouvait désormais influer. Une année de plus ou de moins, ses cellules s’en ficheraient encore un certain temps.

« Tu es tendu. » Pas besoin de le regarder, de le voir pour le sentir. Elle connaissait Bobby, elle était familière de sa présence, de son attitude, même si ses interprétations variaient quand elle se perdait dans les méandres de ses peurs. Il était psychologue dans une école où la division et la peur prenaient le pas sur toutes les autres valeurs instaurées depuis des années. « Tu te reposes au moins ? » Parce qu’elle s’inquiète encore de sa santé, de son état, même si cela fait des semaines qu’elle l’ignore, qu’elle agit comme s’il n’existait pas - non, pire, comme s’il était mort. Comme si elle portait le deuil. Jusqu’à la couleur de ses chemisiers, jusqu’à la noirceur de ses robes.  
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La distance a quelque chose de douloureux. Il a passé des années à la briser. Il a passé des années à passer outre la solitude de Snow pour se rapprocher d’elle. Maintenant, c’est lui qui en est le créateur. Il est le responsable de cette absence de proximité. Mais il lui parle. Il s’inquiète pour elle. Il lui adresse les premiers mots depuis une éternité. Les sentiments du passé semblent avoir disparu. Sa détermination à ne plus la faire souffrir a réussi à effacer les indices d’un attachement. Ce n’est plus que de l’amitié. Ce n’est plus que de la tendresse. Il n’y a rien derrière. Il finit par se rapprocher davantage. Il plonge son regard dans l’étendue d’eau. En mouvement. A une époque, elle était gelée. Par eux ou par l’hiver, on ne sait jamais vraiment. L’eau a repris le contrôle. Elle a repris son mouvement. Elle est sortie de son hibernation. Son regard bleuté se redresse jusqu’à se perdre dans l’horizon. Le ciel est encore tâché par les reflets oranges et rouges du soleil. Un spectacle magnifique comme seule la nature sait le faire. Il réalise alors qu’il n’a pas observé ce phénomène depuis longtemps. Depuis trop longtemps. Il a arrêté de vivre pour lui en s’occupant des autres. Il a arrêté de se préoccuper de ses problèmes pour se focaliser sur ceux des autres. Il a arrêté de vivre pour permettre aux autres d’avancer. Paradoxe. “Tu me fuis aussi.Aussi. Ses yeux convergent vers la silhouette de Snow. C’est faux. Il ne la fuit pas. Il s’écarte. Il change de chemin. Il s’éloigne. Il leur laisse du temps pour respirer, pour guérir, pour évoluer. Il leur donne de l’espace pour se retrouver. Il ne fuit pas, même si se perdre dans le travail en a tout l’air. Ils ont besoin de cette séparation. Ils ont passé trois années à se marcher l’un sur l’autre, à se coller, à se battre, à se disputer, à s’aimer. Ils ont besoin de créer de nouveau le vide autour d’eux. C’est ce que Bobby s’est efforcé de faire. Il essaye de s’en convaincre. “Il va faire chaud. Une boule à neige pour garder un peu de notre hiver.” Il n’y a pas fait attention avant, mais il sent la fraîcheur irradier de la boule. Sa main devenue plus chaude se refroidit à son contact. Une boule à neige pour conserver le froid qu’ils apprécient tant. Le geste est beau. Encore plus symbolique que la simple invitation à un rendez-vous nocturne. Sa main redevient froide. Température habituelle pour son corps. Il n’a pas besoin d’atteindre les 37° quand il est avec Snow. Il n’a pas besoin d’avoir une température agréable et convenable pour les autres. Il peut l'équilibrer pour ne pas souffrir de grelottements ou d’étouffements. L’avantage de maîtriser sa propre température.

Manque d’empathie. Instabilité et séquelles de violences conjugales.” Toujours aucun regard. Toujours aucune proximité. Les paroles de Snow sont lancées dans la nuit, comme autant de cailloux ou d’appels à l’aide. Il a appris qu’elle avait consulté un autre médecin. Il n’a pas cherché à connaître le diagnostic établi. Il l’a laissée faire. Il lui a donné l’opportunité de se réparer toute seule. De retrouver sa force légendaire. De redevenir celle qu’elle veut vraiment être. Mais il ne peut qu’être touché. Marqué par ses mots. Violences conjugales. Axel la maltraitait, cependant il ne peut s’empêcher de se sentir responsable. Il est peut-être la cause de cet avis professionnel. Il est peut-être celui qui a causé le plus de dommages psychiques et physiques chez Snow. Peut-être. Encore et toujours les remords. Encore et toujours ce besoin d’assumer toutes les responsabilités. “Il dit que je ne pourrais peut-être jamais avoir de relation stable.” Il se rapproche du bord du lac. Là, il s’assoit dans l’herbe. Les jambes croisées. La boule à neige posée à côté. Le petit lac gelé à côté du grand lac liquide. L’être humain est surprenant. Il est courant qu’il aille à l’encontre des avis médicaux. Il est plein de surprise. Snow arrivera à trouver l’amour de sa vie. Elle arrivera à rester durant des mois, des années, avec le même homme. Elle y arrivera parce qu’elle est un concentré d’amour et de tendresse. Elle doit seulement prendre son temps. Elle doit seulement se faire confiance. “Il refuse de s’occuper des mutants. Tu savais que les lentilles vertes faisaient illusion ?” La haine envers les mutants est encore plus intense. Encore plus violente. Plus les jours passent et plus les gens ont peur. Ils arrivent à trouver de nouvelles raisons de s’effrayer, comme si le monde n’était pas déjà assez apeurant. Ils en rajoutent jusqu’à créer des légendes et de fausses rumeurs. Snow en fait les frais. Devoir cacher une partie de sa personnalité à un psychologue ou un psychiatre est contre-productif. Elle n’a pas vraiment le choix. Il aimerait pouvoir l’aider. Il aimerait lui proposer de reprendre les séances ensemble. Ils ont bien continué lorsqu’ils étaient en couple. Tout a changé. Ce ne serait plus pareil. Elle ne se livrerait plus de la même manière. Il ne serait plus aussi patient et compréhensif. Il le craint.

Tu es tendu.” Tendu, il l’est. Comment ne pas l’être dans le contexte actuel ? Les jeunes débarquent dans son bureau, tous inquiets, énervés ou tristes. Ils déversent leurs émotions et il les absorbe. Son travail n’a jamais été aussi violent et difficile que ces derniers jours. En particulier après les différentes explosions. Les jeunes n’y ont pas échappé. Ils étaient à quelques mètres. Ils étaient sur les lieux. Ils ont vu, ils ont senti, ils ont touché. Des images qui resteront gravées dans leur mémoire pour toujours. On n’en ressort pas indemne. Se reconstruire va être difficile. Retourner à New-York va être un défi. Ils y arriveront. Il l’espère. Tous les pensionnaires de l’Institut ont cette force en eux. Ils sont venus ici pour s’assumer et pour trouver un sens à leur vie. Ils ont tout quitté. Ils ont abandonné famille et amis. Ils ont abandonné leur école ou leur travail. Ils ont eu le courage de le faire, ils auront le courage d’avancer. Le recensement des mutants ne fait qu'accroître les problèmes. “Tu te reposes au moins ?” Quelques heures de sommeil lorsque la nuit est déjà entamée. Puis, un réveil aux aurores pour retourner dans son bureau. Il cherche des solutions. Il parcourt les livres, à la recherche d’informations sur les séquelles d’un attentat pareil. Il se renseigne sur le stress post-traumatique. Exposer des adolescents à des entraînements dans un cadre sécurisé est courant. Mais les exposer à un contexte de mort est tout autre. Il tente de trouver les meilleures méthodes pour les aider à surmonter leur mal-être. Il tente, sans avoir l’impression de réussir. “Tu continues à t’inquiéter pour moi.” Il ne répond pas. Elle se doute sûrement de la réponse. Il dort, mais pas suffisamment. Il l’a habituée à ne pas compter ses heures. Il l’a habituée à sauter les repas. Ce qu’il retient, c’est l’inquiétude de Snow. A croire qu’ils ne se sont jamais disputés. A croire qu’ils ne se sont pas séparés dans la douleur et dans les larmes. La rancoeur semble loin. La colère semble oubliée. On croirait presque que leur couple a été la création d’une imagination fertile. “On trouvera quelqu’un pour t’aider.” Un psychologue qui accepte de prendre en charge les mutants. Un psychologue qui ne s’effraye pas devant des yeux trop bleus. Un psychologue qui s’intéressera à ses problèmes plutôt qu’à ses gènes. Il doit en exister. Bobby en trouvera un parmi ses connaissances. Du moins, il l’espère. Dès demain, il contactera ses contacts. Il fera en sorte de lui trouver une personne compétente et confiante pour la guider. “Tu passes tes nuits ici, maintenant ?” Un simple coup d’oeil lui indique qu’elle est équipée pour. La couverture est assez épaisse pour servir de matelas plus ou moins moelleux. Le froid n’est pas un problème. Il suffit qu’elle tombe de fatigue pour qu’elle puisse dormir toute la nuit au pied du lac. Il ne serait même pas étonné. Au final, il n’écoute pas ses propres besoins, mais Snow n’est pas non plus un exemple à suivre.

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S
now ne veut pas. Elle ne veut pas d’autre avis ni d’autre psychologue. Elle est rentrée à l’Institut, titubante, après les attentats. Elle s’est effondrée et elle a pleuré toutes les larmes que son frêle corps pouvait contenir - puis plus rien ne s’est extirpé de ses grands yeux bleus, plus jamais. Le sang de Bobby sur ses mains la hante encore, à chaque heure de chaque jour, comme s’il était encore sur sa peau, indélébile. Alors elle s’inquiète pour lui, mais elle ne dit rien. Elle préfère qu’il se conforte dans son idée d’amour passager, elle préfère qu’il continue à penser qu’elle ne l’aime plus pour qu’il recommence à vivre - lui ne l’aimait pas vraiment, n’en aurait pas été capable. « Inutile. » a-t-elle simplement soufflé, posant sa tête doucement contre son épaule. Je te pardonne, murmure le langage silencieux quand son coeur se serre encore, enfermé dans une cage dont elle ne le laissera plus jamais sortir. « Je vais bien. » Ca n’a même pas l’air d’un mensonge. « Tu passes tes nuits ici, maintenant ? » Que répondre ? Qu’une morte n’a pas besoin de chambre ? Elle a la sensation d’avoir été tuée plus de fois que nécessaire, ces derniers temps, dans l’amour qu’elle lui a porté, dans la rupture puis dans l’explosion. Le myocarde s’est arrêté quand la barre a transpercé l’être aimé, et il n’a jamais vraiment redémarrer. « C’est ma maison. » Elle n’a pas bougé, les yeux clos, pourtant la glace a pris le dessus, reformant une pièce vide. Si loin du palais qu’ils avaient construit ensemble, un simple cube ouvert sur l’horizon, sur ce lac qui n’en finissait pas. Snow n’avait pas utilisé ce terme depuis des années, et elle n’avait d’ailleurs jamais considéré l’institut comme sa demeure - le bord du lac l’était devenu, dans la douleur et l’abandon.

Une main s’est levée, s’est refermée, et le décor a fondu, tout simplement. La maîtrise de celle qui n’avait jamais de pitié pour personne était revenue, indication s’il en fallait une que le point de rupture psychique avait été atteint - aucune émotion ne venait perturber quoique ce soit. Abandon absolu à la cruauté du monde. Qu’ils se déchirent, ça n’était finalement pas son problème. Le silence s’est étiré, jusqu’à ce que les taches rougeoyantes s’envolent, jusqu’à ce que la lune commence à pointer. La respiration régulière et la brise pour unique mélodies. Qu’ils le veuillent ou non, leurs chemins se croisaient sans cesse. Elle se demandait parfois pourquoi c’était différent avec Nola, pourquoi l’alchimie ne se faisait pas. L’attraction qu’elle avait toujours vu comme inhérente à leur faculté n’était pas seulement cela, elle venait aussi d’eux, de leurs caractères respectifs. « J’ai compris. » Les mots sont presque avalés par la douceur du ton. Différente, comme un savant mélange du pire et du meilleur de ce qu’elle avait été. « Pourquoi Logan s’est énervé. Pourquoi tu avais besoin de me quitter. J’ai compris. » Aucune rancoeur, aucune amertume, rien d’acide ou de glacial. Elle ne voulait pas en parler, à l’origine, persuadée que Bobby avait enterré leur histoire, l’avait enfermée dans une cave dont il ne voudrait plus jamais l’extirper, tels de mauvais souvenirs qu’on renie. « Tu ne peux pas vivre avec la souffrance des gens. Comme je ne peux pas vivre avec la souffrance des enfants. » Le rapprochement est particulier mais Prudence n’était pas connue pour avoir éprouvé beaucoup de compassion dans sa vie, elle faisait avec ce qu’elle connaissait. « C’est l’heure du chocolat chaud. Tu viens ou tu préfères m’attendre là ? » La silhouette contre lui n’a plus rien pesé, la flaque a remplacé la jeune femme sur quelques mètres avant qu’elle ne retrouve consistance. « Oh.. pardon. C’est pas encore au point. » Non. La liquéfaction avait ses défaillances, ses mystères ; toujours est-il qu’elle apprenait vite. Elle apprenait toujours plus vite ses facultés intellectuelles et physiques que les émotions ou les interactions sociales.

Dans le salon, le jeune télépathe qui ne parlait pas beaucoup. Celui sur lequel son regard se promenait toujours et ce depuis qu’il était arrivé. Il a esquissé un sourire qu’elle a rendu, en faisant chauffer le lait dans un mug. Inutile de parler. C’était plus simple ainsi, et il n’avait pas reculé, le gamin, même en croisant ce qu’elle avait dans la tête - maintenant, elle le trouvait trop jeune pour esquisser les contours des souvenirs traumatisants, des peurs que partageaient tout les résidents de l’Institut. « Il ne faut pas avoir peur. Tous ne rejettent pas les mutants. Ca n’est pas une maladie et personne ne te forcera jamais à rien, ici. » Une caresse dans les cheveux quand elle lui tend le chocolat chaud. Parfois il s’endormait là, devant des dessins animés et elle le ramenait à son lit avant de retourner vers le lac. Elle n’était pas forcément d’accord avec la loi, elle détestait la discrimination de ce monde déchiré, et pourtant elle s’évertuait à prononcer des mots rassurants quand les personnes en face étaient encore loin de la majorité. Lentement, Snow est revenue sur ses pas. Il savait qu’elle n’était pas loin si ça n’allait pas, inutile de le lui rappeler. Il avait besoin de s’évader ; elle voulait retourner à la fraîcheur extérieure.  
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Je vais bien.” C’est ce qu’elle dit. Il y a toujours une différence entre l’état réel et celui dans lequel elle se dit être. Chercher la solitude au bord du lac n’est pas le signe d’un bien-être. S’isoler dans la nuit n’est pas la preuve d’une vie agréable. Il garde le silence. Il sait que si il rebondit sur ce point, ils risquent de s’engager dans une conversation dont ils ne sortiront pas indemnes. Il préfère éviter. Pour le moment. Il viendra un jour où ils ne pourront plus faire semblant. Où ils devront s’affronter, s’expliquer. Un jour. Pour le moment, il n’a pas le courage. Il veut simplement prendre des nouvelle de Snow. Il veut simplement discuter, comme ils ne l’ont jamais fait. A chaque fois, il y avait un but, une raison, un objectif. Chaque conversation a eu son motif. A part lorsqu’ils étaient en couple. Il y a eu des moments où ils ont pu se parler, évoquer des banalités. Et puis les inquiétudes reprenaient le dessus. Les pouvoirs de Snow. Ses insomnies. Ses problèmes. Les moments de parfaite tranquillité étaient rares. Mais ce soir, il veut seulement parler. S’adresser à une amie. S’accorder une parenthèse. Se permettre de souffler. Ce soir, il veut seulement se détendre. Ce soir, il veut seulement faire la paix. Le décor paisible du lac est un bon début. Loin des regards des étudiants. Loin des jugements des enseignants. Loin de Kitty et de Malicia. Malgré elles, elles ont précipité leur couple vers la chute. Elles ont blessé Snow. Elles ont écorché sa confiance nouvellement retrouvée. Elles ont fait peser une pression sur eux. Au bord du lac, il n’y a que eux deux et leurs états d’âme. Ils sont face à leurs propres contradictions. “C’est ma maison.” On considère la maison comme un endroit où on se sent bien, à l’abri des problèmes. Là où on doit être. La maison est le cocon des émotions. Là où l’on est heureux, joyeux, triste, énervé. Il n’est pas étonné qu’elle assimile le lac à sa maison. Qu’elle le considère comme son cocon. Il préfère l’entendre dire cela. Il préfère savoir qu’elle a trouvé son chez elle. Enfin. Même si il s’agit d’un coin d’herbes, à proximité de l’eau. Même si cela signifie qu’elle dort dehors toutes les nuits. Avoir un endroit à soi est la première étape pour aller mieux. Il n’y a plus que le silence. Le silence et leurs souffles. Le calme d’une soirée au clair de lune. Loin des tensions politiques. Loin des enjeux de sécurité. Au milieu de la nature, plus rien ne compte. Il pourrait rester ici durant des heures. Il pourrait contempler le ciel se consteller d’étoiles. Il pourrait s’amuser à créer des formes sur le lac. Il pourrait s’isoler. Mais il reviendrait toujours à l’Institut. Parce que c’est son chez lui. Ses proches y vivent. Les gens qu’il considère comme sa famille y sont. Il ne pourrait pas vivre reclus au bord du lac. Contrairement à Snow.

Il a fini par fermer les yeux. Par se concentrer sur sa respiration. Par profiter d’être dehors et de vivre, tout simplement. Il a fini par vider sa tête de toutes ses pensées. Il a fini par se détendre. “J’ai compris.” Les paupières se rouvrent. La tête se redresse. Il pense savoir où elle veut en venir. Leur rupture. Il n’y a pas d’autres sujets qui pourraient les relier et les préoccuper. Même pas sa prise de position lors de la réunion dans le salon. Elle a son avis, il l’accepte. Ce débat était fait pour que tout le monde puisse s’exprimer. Elle l’a fait. Il a essayé d’essuyer les conséquences comme il le pouvait. Donc, elle ne peut que parler de leur rupture. “Pourquoi Logan s’est énervé. Pourquoi tu avais besoin de me quitter. J’ai compris.” Il n’en est pas encore certain. Il y a des semaines de cela, elle l’accusait de vouloir rester avec des gens qui le blessaient. Paroles prononcées sous l’effet de la colère, mais probablement sincères. Il se rappelle encore avec quelle violence et conviction elle le lui avait dit. Il semblerait qu’avec le temps et la distance, elle ait changé d’avis. “Tu ne peux pas vivre avec la souffrance des gens. Comme je ne peux pas vivre avec la souffrance des enfants.” Les enfants. Il a vu, entendu, son comportement envers eux. Digne d’une mère qui couvre sa progéniture. Elle a abandonné le monde des adultes pour se consacrer à celui des adolescents. Cette proximité avec eux a rassuré Bobby. Elle ne s’enfonce pas totalement dans la solitude. Elle continue à ressentir de l’affection et de la tendresse. Au début, il a craint qu’elle redevienne l’ancienne Confrériste solitaire et froide avec tout le monde. Des craintes infondées. Toujours aussi forte. Toujours aussi déterminée. Elle se relève et reste toujours en mouvement. Elle se raccroche aux plus jeunes pour réapprendre à vivre. “C’est l’heure du chocolat chaud. Tu viens ou tu préfères m’attendre là ?” Sa routine nocturne. Il secoue la tête. Il a besoin d’être seul. Il a besoin d’assimiler ses dernières paroles. Il a besoin de réfléchir. Il paraît qu’il n’y a pas mieux que ce coin d’herbes pour méditer et être loin de tous. Il esquisse un semblant de sourire. “Je reste ici.” Elle est parvenue à comprendre son comportement, peut-être même à lui pardonner. Se pardonner. Chose impossible pour lui. Il ne se pardonne pas de l’avoir blessée. Il ne s’excuse pas son comportement. Il a du mal à ne pas ressentir de culpabilité, en voyant la manière de cette rupture a affecté Snow. Il lui avait assuré que ce ne serait pas l’histoire de quelques semaines. Il lui avait promis qu’il ne s’engageait pas à moitié. Au final, il s’est trompé. Il l’a embarquée avec lui dans une tornade d’émotions, d’échange, de passion et de douleurs. Il aurait mieux fait de se tenir loin d’elle. Il aurait mieux fait de réfléchir un instant.

L’épaule est libérée. La tête disparaît pour n’être qu’une forme aqueuse. Il ne s’en rend compte que lorsque son regard suit Snow dans la nuit. Forme limpide dans l’obscurité. “Oh.. pardon. C’est pas encore au point.” Ce n’est qu’en la voyant disparaître derrière un arbre que Bobby reporte son attention sur le lac. Des reflets blancs. Des silhouettes massives et noires. Le reflet de la réalité. Il a toujours mis plus de temps à se pardonner et à accepter ses propres réactions qu’à pardonner celles des autres. Plus exigeant et intransigeant avec lui-même. Trop de remises en question. Trop de doutes. Il finit toujours par se dire qu’il ne peut plus rien changer, rien faire. Il finit toujours par accepter son comportement. Mais il n’est pas encore à cette étape. Il camoufle les remords derrière les problèmes des autres. Il sait si bien le faire. Il prend une profonde inspiration. Finalement, s’accorder une pause dans la journée est agréable. Reposant. Il devrait en faire plus souvent. Il devrait reprendre goût à l’inactivité. Une dizaine de minutes. Peut-être plus. Peut-être moins. En tout cas, assez pour qu’il retrouve sa sérénité. Snow finit par revenir, chargée de sa tasse de chocolat. “Je comprends pourquoi tu te sens si bien ici.” La nature apaise. Le calme repose. L’endroit idéal pour méditer et se recentrer sur l’essentiel. L’endroit parfait pour se ressourcer et repartir du bon pied. Il serait capable de retourner travailler après cette discussion. Il ne serait capable, mais il ne le fera pas. Il doit dormir. Trois ou quatre heures. Six heures, si le sommeil ne lui fait pas défaut. Assez pour retrouver de l’énergie et attaquer une nouvelle journée. “Comment vont les jeunes ?” Tous ne viennent pas le consulter. Tous ne demandent pas de l’aide à un psychologue. Le métier souffre encore trop d’apriori pour qu’ils acceptent de venir se confier. Par contre, se confier à une jeune X-Woman est plus facile. Elle doit en savoir davantage sur leur état d’esprit actuel. Elle doit être plus au courant de leurs peurs et de leurs revendications.

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 Je comprends pourquoi tu te sens si bien ici. » Le chocolat chaud donné au télépathe et le sien entre les mains, Snow est revenue s’asseoir sur un morceau du plaid moelleux. L’étendue d’eau a le don de l’apaiser. Elle est bien sur le bord parce qu’elle se sent plus libre que nulle part ailleurs, loin de tout, loin des obligations. Les lèvres trempées dans le chocolat, la chaleur diffuse et le silence. C’est finalement sa définition du bonheur. Il n’y a plus de carnet près d’elle, plus rien de superflus, pas d’accessoires pour focaliser son attention. Elle s’est défaite de la plupart de ce qu’on lui connaît - si ce n’est la froideur qui se dégage d’elle dés lors qu’une tension vient perturber son univers. Il n’y a ni Kitty, ni Malicia, ni Logan, elle paraît donc paisible, écartée de préoccupations pouvant mener à une crise. « Comment vont les jeunes ? » « Tu es le psychologue, tu devrais le savoir. » murmure-t-elle sans le regarder. Ca n’est pas un reproche, plutôt le constat de ce qui lui semble évident. Pourquoi lui demander à elle, quand tout le monde ne cesse de répéter qu’elle n’a pas de coeur ? Tu n’aimes personne. La phrase revient souvent, elle la chasse d’un soupir. « Ils ont peur. Pas tous de la même façon, pas tous de la même chose. » Elle n’était pas professeur, elle n’était même pas une adulte référence au sein de l’institut, à bien des égards elle restait élève, même si elle avait progressivement cessé les cours théoriques pour se consacrer au droit de l’université en ligne. Elle ne se considérait pas apte à décortiquer les comportements, défaillante sur bien trop de points sociaux. Et son avis n’était pas apprécié, quoiqu’il en soit, seulement Bobby le voulait, alors elle le partageait, avec moins d’amertume que lors de la réunion. « Beaucoup ont déjà été rejetés avant d’arriver ici. On sait que c’est la recette du parfait confrériste : la peur, le rejet, le conflit et le manque de maîtrise. » Silence. Elle avale une gorgée de chocolat. « Sacha est encore moins doué socialement que moi. Tu te rends compte, je pensais que c’était impossible. » Ils avaient effrayé les plus jeunes avec ce rassemblement improvisé où chacun avait exprimé le fond de sa pensée avec le moins de délicatesse possible. Ils avaient fait une erreur, grave. Qu’ils ne pouvaient plus réparer, parce que revenir en arrière était rarement envisageable.

Le mug est posé à côté et, du bout du doigt, elle a gelé la surface du lac. Elle s’est ensuite levée, prenant la main de Bobby pour l’entrainer avec elle, sur la glace. Rien d’ambiguë dans son geste, l’immobilité pour ce genre de discussion lui déplaisait, elle avait besoin de bouger et Iceberg, assis toute la journée dans son bureau, en avait sans doute tout autant besoin. « Ca va, tu ne vas pas glisser ? Tu pourrais avoir perdu la main. » Minois angélique et presque mutin dans son commentaire. Elle ne l’a pas beaucoup vu à l’extérieur depuis leur rupture, depuis que tout déraillait, avec les dégâts des attentats et les conséquences psychiques.

« Tu ne peux pas tous les sauver, Bobby. Tu ne peux pas empêcher les gens d’être malheureux ou de souffrir. » Elle sait qu’il voudrait que ce soit différent. Elle sait que ça le rend fou, de blesser quelqu’un, de voir un coeur en miettes, un regard de détresse - elle sait parce que le voir fuir lui fait du mal. Elle n’en dit rien, elle n’en montre rien. Elle a joué l’indifférence pour qu’il cesse de culpabiliser puis elle a commencé à aller mieux. Marcher, puis glisser doucement sur la surface translucide. Le désert de glace qu’elle aime tant. Le bout de ses doigts contre la main de Bobby est froid, et paradoxalement sa paume paraît plus chaude - les températures ne sont pas encore bien gérées. « Tu avais raison. Ca ne fait plus mal. » De changer de forme, de passer du liquide au solide. Certes, cela commençait à peine à devenir assez naturel pour qu’il n’y ait plus la douleur aiguë qui l’étouffait, mais c’était mieux. Elle le vivait mieux. Confidences dans la nuit. Elle s’accroche à son contact pour être certaine de ne pas rêver, pour se souvenir qu’il est bien vivant, qu’elle ne porte le deuil que d’un souvenir. Elle ne s’accroche pas de désespoir mais pour apaiser le démon qui hantait ses cauchemars - tout ce sang partout.
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Tu es le psychologue, tu devrais le savoir.” Il hausse les épaules. Il n’est que psychologue. Il n’a pas les dons de Xavier pour lire dans l’esprit des gens. Le psychologue ne voit que ce qu’il souhaite bien voir. Il comprend les messages cachés entre les lignes que si il le désire. Sinon, il se contente de ce qu’on veut bien lui confier. Il ne peut pas toujours savoir, même si il ressent l’inquiétude et l’effervescence. Il ne peut pas imaginer tout ce qui passe dans le cerveau de ces jeunes. Il se l’imagine très bien. Si la situation s’était présentée il y a quinze ans, il l’aurait mal vécu. Déjà persécuté et chassé de chez lui par ses propres voisins, il avait été marqué. Cette haine, les jeunes la prennent en pleine face et ils ne la comprennent pas. Une incompréhension légitime. Ils n’y sont pour rien. Ils n’ont pas commis de meurtre. Ils n’ont blessé personne. Ils essayent simplement de faire leur vie. Ils essayent juste d’être des gens comme les autres. Le Bobby adolescent n’aurait pas apprécié, c’est certain. Il aurait cherché à cacher sa mutation ou à fuir. Il serait parti loin de sa famille, loin de ses repères. Il aurait cherché de l’aide. Quelque part dans le monde, certains jeunes mutants doivent ressentir la même chose. Mais pour ceux qui bénéficient déjà de l’aide, l’Institut n’est plus suffisant. Ce cadre sécurisant n’est plus assez. Alors oui, il est le psychologue. Mais il passe ses journées enfermé dans son bureau, à écouter, patient après patient. Il n’est pas dans les couloirs, l’oreille tendue pour entendre les conversations. Il n’est pas dans le salon, à écouter les débats. Les fois où il sort, les gamins s’arrangent pour terminer rapidement la conversation ou pour parler à voix basse. Il ne peut pas les forcer à lui parler. Il ne peut pas les obliger à donner leur avis. Discuter avec un adulte, figure autoritaire, n’est jamais facile. Les langues se délient plus facilement quand ils sont entre eux. Et comment le leur reprocher ? “Ils ont peur. Pas tous de la même façon, pas tous de la même chose.” La peur. Elle a pris possession de l’Institut. Elle se ressent partout. Dans les couloirs. Dans les salles de classe. Dans la cuisine. Dans les chambres. Elle s’est infiltrée dans les moindres recoins, perfide et dangereuse. La peur peut mener certaines personnes à commettre des décisions regrettables. Bobby craint que certains se retrouvent dans le discours de Magneto et qu’ils rejoignent la Confrérie. Ce ne serait pas étonnant. La peur pousse les gens à faire des choses inconsidérées. Comme les homo sapiens à créer une loi de recensement. Il n’a pas les pouvoirs, ni les moyens de rassurer autant de jeunes. Il n’a pas les capacités de trouver les bons mots pour les toucher et les convaincre que tout ira bien. Il ne les a pas. Il s’inquiète pour leur sécurité. Il s’inquiète pour leur avenir. Mais il ne sait plus quoi faire.

Beaucoup ont déjà été rejetés avant d’arriver ici. On sait que c’est la recette du parfait confrériste : la peur, le rejet, le conflit et le manque de maîtrise.” Soupir. Il est démuni face à cette situation. Et c’est probablement le pire. Il déteste se sentir impuissant, inutile. Il déteste ne pas être capable de trouver des solutions. Il le voit dans le regard de certains. Ils arrivent avec l’espoir et ils repartent, déçus. Ils n’ont pas eu le super discours encourageant et positif qu’ils attendaient. Celui qui leur aurait appris que tout ceci n’est qu’une farce et que demain, ils pourront se promener dans la rue, user de leur mutation en toute quiétude. “Sacha est encore moins doué socialement que moi. Tu te rends compte, je pensais que c’était impossible.” Il esquisse un sourire. Sacha n’est pas l’agent du S.H.I.E.L.D. le plus délicat. Le tact, il ne connaît pas. C’est limite si il sait être mature. Alors, lui demander d’être mesuré dans ses propres devant les pensionnaires est inutile. Il ne comprendrait pas. Il s’en insurgerait et ferait tout le contraire. Bien sûr que ça a foutu le bordel dans le salon. Bien sûr qu’il a effrayé les plus jeunes et inquiétés les plus grands. Mais ils n’auraient rien pu changer. “Il n’a pas l’habitude d’être en contact avec des ados.” Seule excuse qu’il lui trouve. Après tout, l’homme a l’habitude de passer son temps avec des adultes et à être franc. Les enfants ne doivent sûrement pas être nombreux à traîner dans les couloirs de leurs bureaux. Maintenant, ils n’ont plus qu’à réparer les dégâts et à avancer. Il est perdu dans ses pensées. Perdu dans une tentative de deviner l’avenir. Il espère qu’il s’améliorera avec le recensement. Il espère que tout s’arrangera en découvrant que les mutants ne sont pas des autres incontrôlables et sauvages. Il l’espère. A côté de lui, Snow a gelé le lac. Vieille habitude, contraire à l’ordre naturel. En plein mois de mars, un lac glacé n’est pas courant. A moins d’être au Pôle Nord. Ses doigts s’insinuent sur sa paume. Elle prend possession de sa main pour une promenade hivernale. Après tant de jours sans contact, il en a oublié la douceur de sa peau. Il en a oublié la sensation de tenir une main dans la sienne. Il se laisse faire. Dans un sens, elle a toujours réussi à le faire s’évader. A le sortir de ses réflexions. Ne plus penser, il en a bien besoin. “Ça va, tu ne vas pas glisser ? Tu pourrais avoir perdu la main. ” Il lui renvoie un regard amusé. Glisser. Impossible pour l’homme qui se déplace essentiellement sur des surfaces glacées. Impossible pour l’homme qui se transforme en yéti imberbe. Sur la glace, ses pieds sont bien solides, bien équilibrés. Pas de chutes possibles. Pas de glissades incontrôlées. C’est son domaine autant que celui de Snow. “Tu me rappelles qui a peur d’un toboggan de glace ?” Étrangement, se promener sur un lac glacé, qui pourrait céder sous son poids, n’a jamais été effrayant pour elle. Mais dès qu’elle se balade sur une vague géante glacée, son enthousiasme est soudain plus modéré.

Marcher au-dessus de l’eau - sur l’eau - a quelque chose de magique. De merveilleux. Peu de personnes peuvent le faire, sans se soucier de savoir si la surface va se craqueler et les engloutir. Mais pas Snow et Bobby. Même pas ce dernier qui est plus lourd. Ils sont la glace et au besoin, ils peuvent la consolider. Ils ont un privilège. Une chance. Alors, ils en profitnet. “Tu ne peux pas tous les sauver, Bobby. Tu ne peux pas empêcher les gens d’être malheureux ou de souffrir.” Il s’arrête. Encore ce pessimisme. Encore ce négativisme. Il en a assez des gens qui pensent que rien ne peut être fait. Il a besoin d’idées, il a besoin de progrès. Il n’a pas besoin de gens qui ne veulent pas bouger, qui ne veulent rien faire sous prétexte que rien ne peut être arrangé. Penser que c’est inutile fera encore moins avancer la situation. Elle ne l’a probablement pas dit pour détruire sa volonté. Elle a probablement voulu lui retirer un poids. Il ne peut pas se montrer susceptible à la moindre pensée contraire à la sienne. “Peut-être, mais je peux au moins leur montrer qu’il y a d’autres solutions que la Confrérie ou la violence. Ils doivent savoir que la vie ne se résume pas à de la peur et de la haine.” Ces jeunes sont perdus. Ils cherchent quelque chose auquel se raccrocher. Cela peut prendre plusieurs formes : une personne, une valeur, un combat. Bobby essaye d’être leur ancre. Il essaye d’être cette personne qui les conduit vers un monde meilleur. Choisir l’option du combat signifie se liguer contre les autres humains et montrer toute la méchanceté dont sont capables les mutants. Mais les mutants n’ont pas seulement ce visage cruel, dangereux, menaçant. Ils sont aussi bons. Bons, généreux et héroïques. “Tu avais raison. Ça ne fait plus mal.” Changer d’un état à un autre n’a rien de naturel. Du moins, pas au début. Le corps doit apprendre à réagir, à se liquéfier, à se solidifier. A force, les cellules apprennent et agissent en fonction. Il est passé par-là. Il a eu l’impression d’étouffer, de se transformer, de devenir une affreuse créature. Au fur et à mesure, les choses se déroulent mieux. Il l’avait prédit à Snow. Il lui avait promis que, plus tard, elle le ferait sans ressentir de douleur. A la limite, un petit frisson. Mais rien de plus. L’expérience, il n’y a que cela qui permet de ne plus souffrir.

A partir du moment où la souffrance disparaît, l’acceptation devient plus facile. Snow n’en est qu’au début de la découverte de tous ses pouvoirs aqueux. Que cela lui plaise ou non. “Tu te débrouilles de mieux en mieux. Tu t’entraînes avec quelqu’un ?” Il n’a pas suivi ses progrès liés à la mutation. Il ignore si elle a pu s’appuyer sur une personne pour progresser. Parmi les X-Men, les professeurs ou les pensionnaires, peu importe. Elle a bien dû demander de l’aide à une personne. Néanmoins, en connaissant son attachement à la solitude, elle a sûrement préféré s’exercer loin des autres. Loin du regard et du jugement. Souffrir sous les yeux de quelqu’un n’est jamais valorisant. Il l’imagine, au bord du lac, à s’entraîner de passer d’une consistance à une autre. Peu importe sa technique, elle y est parvenue. “Tu as découvert de nouvelles capacités liées à l’eau ? Des jets ou des trucs dans le genre ?” A force d’entraînements, elle pourrait se servir de sa mutation pour se défendre, pour attaquer. Elle pourrait se transformer en tsunami ou déchaîner des longs bras aqueux. En cherchant un peu, elle pourrait transformer sa liquéfaction en une vraie arme.

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a peur du toboggan était risible, en effet. Le souvenir du surf au milieu du centre commercial lui revient de plein fouet, même si elle ne montre rien. Elle marche sur la glace comme si c’était naturel, perchée sur les talons compensés. Main dans la main, comme autrefois. Main dans la main, elle lui délivre une dose de tendresse presque violente dans ce simple contact, dans ce contact dont ils sont privés en dehors, chacun à leur façon. Snow ne veut pas le mettre mal à l’aise et, en un sens, elle ne réalise pas vraiment ce qu’elle dégage lorsqu’il est près d’elle. « Apprends-moi à ne plus avoir peur, alors.. » Inséparables. Elle voudrait lui souffler des excuses, lui demander pardon d’avoir été si cruelle, si excessive, cependant rien ne sort, rien ne vient, seulement un regard vers les billes claires. Seulement cette forme d’amour étrange, entre le froid de l’hiver et l’aspect chaleureux de la neige. Elle ne lui murmurera pas qu’elle tient à lui, sans doute parce qu’elle craint de fragiliser la surface gelée. Mieux vaut le silence qui règne, dans le décor plein de paradoxes. Elle n’a pas envie d’évoquer la Confrérie, la violence ou la guerre ; elle ne se sent plus vraiment concernée, isolée de l’extérieur, ne protégeant finalement que l’Institut. L’humanité n’en valait peut-être pas la peine. Dire que quelques jours avant les attentats, elle avait envisagé de vivre avec un simple homo sapiens, dans un point de campagne où les mutants ne seraient pas pointés du doigt. Illusion.

« Tu te débrouilles de mieux en mieux. Tu t’entraînes avec quelqu’un ? » Un signe de tête lui indique que ça n’est pas le cas, qu’elle a préféré ne pas dévoiler les failles de sa nouvelle mutation à un autre. « Tu as découvert de nouvelles capacités liées à l’eau ? Des jets ou des trucs dans le genre ? » Elle esquisse un sourire timide. Parler de la liquéfaction paraissait fragilisant, pour elle, entre l’embarras et la peur. Un soupir s’extirpe d’entre ses lèvres, rejetant de la vapeur, choc de températures. « Parfois j’ai l’impression de sentir les flux liquides.. » Elle n’est pas sûre, elle est incertaine de ses ressentis, comme si cela pouvait tout aussi bien provenir de son imagination. Elle avait eu cette tendance, les premiers temps, à se convaincre que rien ne changeait, qu’elle n’était pas devenue translucide. Elle acceptait mieux, elle ne repoussait pas l’idée en bloc, elle doutait simplement. « .. tout être est constitué d’eau.. » remarque taquine d’un souvenir agréable. Snow ne conservait que de bons souvenirs, elle n’évoquait que de bons moments, des instants de partage. L’eau, ça gèle. Et le corps de la jeune femme se refroidit toujours plus. Plus le lac se solidifie, plus la couche s’épaissit, plus elle est froide, et chaque pas diminue la visibilité au travers du lac. « Il faut que vous cessiez.. » finit-elle par murmurer, un peu hésitante, sans rompre l’échange physique ; ils avaient besoin d’affection, qu’ils l’acceptent ou non. « Il faut que vous arrêtiez de me regarder comme ça.. comme si j’allais dresser une armée de futurs terroristes miniatures dés que je parle aux ados. » Elle se sent observée, presque sous surveillance. La méfiance en était devenue pesante. « Tu crois que c’est ce que je suis.. ? » Est-ce qu’il la connaissait si mal ? Est-ce qu’il avait tout oublié de leur voyage ? Est-ce que la rupture avait changé son regard, faisant d’elle une méchante reine de conte de fées ?

Dresser un empire de glace où rien n’aurait droit d’asile. S’ils avaient si peu confiance en elle, autant l’enfermer, non ? Ce serait moins contraignant. Les mots de Kitty avaient fait tant de dégâts que la moindre remarque retournait vite le couteau dans la plaie béante. Elle n’était pas partie parce que l’Institut aurait besoin de ses X-Men, parce que les heures étaient sombres et qu’elle avait voulu s’accrocher à l’espoir.. avant qu’il ne se brise en éclats tranchants contre les murs de l’infirmerie. Pourquoi était-elle encore là ? Sûrement parce qu’il y avait Bobby et qu’envers et contre tout, contre lui-même s’il le fallait, elle s’accrochait à son bien-être. A l’amour qu’elle lui portait. Il pouvait lui arracher le coeur qu’elle ne changerait pas d’avis.
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Pour éviter les risques. Pour être conseillé. Pour appeler les secours. Pour toutes ces raisons, il vaut mieux s’entraîner avec quelqu’un d’autre. Une personne bienveillante qui a un regard critique et qui sait aider. Mais Snow n’est pas la personne la plus appréciée de l’Institut. Elle ne l’a jamais vraiment été et ces derniers jours n’ont rien arrangé. Alors, elle peut compter sur la nouvelle évolution de sa mutation. Impossible à tuer. Impossible de mourir. S’entraîner seule n’est donc pas un problème. Mais à trop vouloir s’exercer seule, elle en oublie l’esprit d’équipe. Il craint qu’elle ne soit plus capable de travailler avec les X-Men. Il craint qu’elle se découvre des compétences et qu’elle ne les partage pas. C’est aussi ça, les X-Men. Connaître les capacités des uns et des autres pour établir des plans qui fonctionnent. Une des facultés de Snow pourrait leur être utile prochainement. Ne pas communiquer est la première étape de la destruction d’une équipe. Ils doivent rester soudés malgré les avis divergents, malgré les caractères, malgré les conflits. Ils n’ont pas le choix, sinon leur efficacité en pâtit. En s’isolant et en s’entraînant seule, Snow provoque cette absence de communication. “Parfois j’ai l’impression de sentir les flux liquides..” Bobby lui lance un regard interrogateur. Sentir les flux liquides peut signifier plusieurs choses. Peut-être qu’elle pourrait les manipuler et les soumettre à son contrôle. Peut-être qu’elle pourrait s’en servir et les retourner contre des adversaires. Cette idée lui rappelle son talent pour geler les gens. Pour geler les coeurs. Souvenir toujours aussi douloureux. Elle a toujours eu une incroyable facilité avec sa mutation. Quoiqu’elle en dise, elle la contrôle facilement. Elle l’explore totalement. Elle a tout pour devenir une grande mutante. Elle a tout pour devenir redoutable. “... tout être est constitué d’eau..” Malheureusement pour les êtres en question. Heureusement pour elle. Il ignore comment elle fait pour réussir à agir sur l’organisme des autres. Comment elle parvient à ressentir ces éléments. Il semblerait qu’elle ait une sensibilité accrue. Qu’elle ressente. Qu’elle entende. Sûrement l’explication pour laquelle il n’arrive pas à sa hauteur. Il sent le froid. Il sent la glace, mais cela s’arrête là. Il ne sent pas l’eau qui pourrait se transformer en glace. Il ne sent pas les organes qui pourraient être gelés. Pour glacer, il doit voir. Il doit viser. Le pouvoir de Snow a toujours été plus instinctif, tandis que le sien est plus lent.

Ils marchent. Toujours main dans la main. Comme ils l’ont fait à une époque. Comme ils ne devraient plus le faire. Il devrait rompre ce contact. Il devrait cesser. Mais il la connaît. Il a conscience qu’elle s’ouvre enfin à quelqu’un après des jours de silence. Elle reste attentionnée et tendre. Abandonner sa main serait l’abandonner une deuxième fois. Alors, il la garde. Il la serre dans sa paume. En attendant de retrouver la chaleur de l’Institut. “Il faut que vous cessiez..” Cesser quoi ? Ils l’ont laissée tranquille. Ils lui ont laissé de l’espace pour vivre. Même les regards critiques des étudiants ont disparu. Tout le monde est préoccupé par les événements et par leurs conséquences. Ils se fichent de ce qui a pu se passer dans le passé. Les pensées sont ailleurs. Les pensées sont tournées vers les médias. Télévision, journaux, internet... ils sont tous hypnotisés par les informations qui y circulent. “Il faut que vous arrêtiez de me regarder comme ça.. comme si j’allais dresser une armée de futurs terroristes miniatures dés que je parle aux ados.” Il soupire. Elle se fait des illusions. Elle se voit encore comme le vilain petit canard. Elle se considère encore comme la traîtresse de la Confrérie qui vient trouver refuge à l’Institut. Mais cela fait longtemps qu’ils ont arrêté de la considérer comme telle. Cela fait longtemps qu’ils ne la voient plus comme ça. Si les premiers mois furent difficiles, les choses ont changé depuis. Elle a intégré les X-Men, elle a montré qu’elle était capable d’aider et de sauver des vies. Tout le monde a compris. Alors oui, les attentats et le débat qui a suivi ont peut-être rappelé qu’elle est une ancienne confrériste, mais quoi ? Ils ne l’ont pas regardée comme un montre. Ils ne l’ont pas accusée de vouloir créer une armée. Il est même prêt à parier que certains partageaient son opinion. “Tu crois que c’est ce que je suis.. ?” Il arrête de marcher. Il se place en face d’elle. Elle a toujours souffert de manque de confiance. Elle a toujours imaginé être nulle et incompétente. Elle a toujours pensé ne pas être à la hauteur. Elle est la seule à ne pas le voir. Elle est adoptée par tous les enfants. Elle est un membre indispensable de l’équipe. Elle a depuis longtemps fait ses preuves. Même si parfois, les jugements vont vite, personne n’est épargné. Même pas Malicia, Logan, Ororo ou même Bobby. “Tu te trompes. Tu étais avec nous dans le centre commercial lorsqu’il y a eu l’attentat, tu as vécu la même horreur que nous. Alors, on ne pense pas une seconde que tu puisses manipuler des gamins. Tu veux leur bien et on le sait.” Elle est l’une des seuls à vraiment passer du temps avec eux. Elle est une des seuls à les écouter et à prendre soin d’eux. Ils l’ont tous vu et compris. Ils ne doutent pas du bien-fondé de son comportement.

Oui, il a été surpris et déçu qu’elle veuille leur apprendre à se défendre. Sur le moment, il n’a pas compris. Plus tard, il a vu la vraie volonté derrière cette proposition. Celle de permettre aux gamins de se défendre et de ne pas subir la stigmatisation, la méchanceté. Peut-être qu’elle n’a pas choisi les bons mots pour exprimer son idée. Peut-être qu’elle ne s’est pas exprimée correctement. “Tout le monde est sur les nerfs et s’épient. On essaye de comprendre ce que chacun a derrière la tête.” C’est la vérité. Même au sein de groupes d’amis où l’entente était toujours au rendez-vous, les choses tournent mal. Le doute, la peur et la méfiance s’insinuent dans les relations. Les pour et les contre la loi sur le recensement des mutants divisent. De nouvelles affinités se lient, en fonction du camp choisi. Il y a des disputes, il y a des bagarres, il y a des incompréhensions. C’est la période qui veut ça. “Ce n’est pas seulement toi. C’est tout le monde.” Il esquisse un sourire rassurant. Snow n’est pas le problème. Elle est seulement un grain de sable parmi des milliers d’autres. Son idée n’était pas la plus extrémiste et la plus contestable. Elle doit se rassurer et s’en rappeler.



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L
es attentats. Le bruit cassant de la glace qui se craquèle rompt le silence, fend le sol artificiel tout près d’eux, trop près. Le centre commercial, le sang sur ses mains, tout ce sang, et les corps grillés, les cadavres éparpillés. Snow s’est maîtrisée comme elle a pu dans cet enfer, elle en subissait le contre-coup. Pas de psychologue pour en parler, personne, seulement la glace, le froid, pour engourdir ses sens. Sa température baisse encore, couvre l’épiderme d’éclats gelés, comme autrefois. Réveils de traumatismes en voie de cicatrisation. « Ce n’est pas seulement toi. C’est tout le monde. » Elle s’accroche à sa main comme si sa vie en dépendait. Les décombres, la peur, l’odeur âpre de la mort, le souffle étouffant de la peur. Un autre craquement, sourd. Le lac reprend ses droits, à quelques mètres, laissant l’eau filtrer, faire briller la surface. Elle a cru le perdre, ce jour-là, définitivement. Elle a cru devoir l’enterrer, devoir faire un deuil de plus, alors même qu’elle tentait de soigner les stigmates de la rupture. Elle a compris combien elle l’aimait, combien elle n’avait plus le droit de détruire sa vie, de se faire tempête dans son quotidien. Elle avait promis de lui dire qu’elle l’aimait, ce qu’elle avait fait, puis de le laisser en paix, ce à quoi elle était parvenue jusque là. Apprends-moi à ne plus avoir peur. Elle était parvenue à surmonter ses actes, les horreurs qu’elle avait commises au manoir familial, elle était arrivée à se pardonner, en partie.

Ses démons sont revenus à la charge, ils rongent les barrières de son calme hivernal, ils mordent sur ses peurs, grignotent lentement. N’était-ce pas cela, qui l’avait faite rejoindre la Confrérie ? N’était-elle pas partie se battre pour la liberté des siens contre le racisme inné de l’humanité ? Elle avait compris combien Magneto avait souffert des camps de concentration. Qu’est-ce qui assurait que ça ne se reproduirait pas ? Sans doute aurait-elle quitté l’institut si les enfants n’étaient pas là, si Bobby n’y était plus. La peau est remplacée par l’eau. Les craquement cessent. La silhouette aqueuse ne bouge pas, seuls les cheveux flottent dans un mouvement surréaliste, comme si la brise absente pouvait créer le mouvement.

« Excuse-moi.. ça n’arrive presque plus. » Presque. Sur la surface de la peau aqueuse, d’autres éclats glacés, elle est passée trop vite d’un état à l’autre, trop froide, à des températures trop basses, mais ça lui importe peu, parce qu’elle se sent moins dangereuse ainsi, moins menaçante quand elle n’est que liquide. Elle ne parvient pas encore à gérer l’intégralité de la cryokinésie sous cette forme, en un sens ça l’apaise, ça la rassure. Elle se convainc qu’elle ne peut plus faire de mal, ainsi.

Snow avait la peur au fond des yeux, celle qu’on garde après un traumatisme, une inquiétude permanente dissimulée derrière la froideur et la paix qu’elle préférait offrir au monde. Bobby devait penser qu’elle allait bien pour qu’il consente à s’éloigner, pour qu’il ne l’embête pas, qu’il l’oublie en un sens. Finalement, elle-même pensait aller bien. Ca n’était jamais qu’une faille qu’elle éloignerait encore, qu’elle repousserait dans la vieille boîte de Pandore pour retrouver la paix, tendre état neutre dans lequel elle était si bien. Les billes ne reflètent plus rien, le liquide n’a pas l’expressivité du solide, et même Bobby dans son aspect le plus glacé était bien moins expressif, d’ailleurs. Ca effaçait une certaine part de normalité, ils devenaient intégralement mutants, sans doute assez effrayants, au début. Les pas reprennent mais ne font plus aucun bruit. L’eau n’est pas perceptible à l’oreille, l’eau ne fait pas de bruit, pas même un clapotis. Elle reprend sa route sur le lac, parce qu’elle a besoin de marcher, de perdre ses noires pensées dans la beauté du décor. Un cadre fabuleux menacé par la situation politique. « Tu viens ? » Naturel déconcertant. Ton doux. Elle ne voudrait pas qu’il se sente rejeté. Peu de mots : elle n’a rien à dire. Rien de plus. Ils ne pourraient pas changer le monde avec de la neige, que dire alors ?
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Lorsqu’il est face à Snow ou à d’autres patients, il aimerait savoir ce qu’il se passe dans leur tête. Il aimerait comprendre le cheminement de la pensée. Il aimerait savoir ce qui se passe dans leur esprit. Il aimerait comprendre, savoir. A ce moment précis, alors qu’elle lui serre davantage la main, il ressent ce besoin. Il jalouse le Professeur Xavier d’avoir cette capacité. Un fardeau qui peut vite devenir handicapant et fatigant, mais qui peut être tellement pratique pour entrer dans la tête des gens, pour leur faire entendre ce qu’ils ont envie d’entendre, pour leur montrer qu’ils ont envie de voir. Son travail en serait deux fois plus faciles. Il serait encore plus efficace. Mais surtout, il aimerait comprendre cette réaction. Cette main qui enserre trop ses doigts. Cette pression qui symbolise une émotion, des souvenirs. Il se passe quelque chose dans son regard, dans son corps, dans ses pensées. Il se passe une chose qui lui échappe totalement. Il a l’impression d’y voir de la peur, de l’inquiétude, de la tristesse. Il a l’impression qu’elle est face à ses démons. Encore. Mais il ne peut rien faire pour la soulager. Il a déjà essayé. Il essaye encore. Ce doit être un travail sur le long terme. A chaque fois, elle semble avoir de nouvelles raisons de craindre. Elle semble avoir de nouveaux démons. Comme si un nouveau problème succédait à un problème réglé. La vie ne peut jamais aller bien pour elle. A croire qu’elle s’invente des peurs, des angoisses. A croire qu’elle ne vit qu’à travers ses soucis. Ça craque sous leurs pieds. Menace mortelle. Menace de les engloutir. Il répare les fissures d’un geste. Sans lâcher Snow des yeux. Elle a toujours manifesté ses émotions vives par la mutation. Il y voit la preuve d’une angoisse refoulée. D’un souvenir douloureux. Sa main ne tient bientôt plus que de l’eau. Une forme aqueuse. Une forme légère et délicate. Il n’a même pas senti le changement. Il n’a même pas anticipé la modification de constitution. Ce n’est qu’en la voyant devenir translucide qu’il s’en est aperçu. A travers elle, il peut découvrir le paysage déformé par les ondulations. Il peut regarder à travers un filtre nouveau. “Excuse-moi.. ça n’arrive presque plus.” La maîtrise de la mutation est donc presque totale. A quelques petits réglages près. A quelques petites imperfections. Les récents événements auront au moins réussi à la faire mûrir. A la faire grandir. A l’inciter à gérer sa mutation. A lui montrer le monde sous un nouveau jour. Elle qui était si froide et distante avant les attentats. Elle a changé. “Tu ne devrais pas t’excuser. Ton pouvoir est aussi instinctif que toi. Si tu le contrôles totalement, tu perds de ta personnalité.” Les mutations sont une extension de leur caractère. Elles sont contrôlées selon la sensibilité des uns et des autres. Bobby n’a jamais cherché à développer davantage ses pouvoirs parce qu’il ne le veut pas. Il se contente de ce qu’il a. De la même manière, Snow est spontanée et instinctive. La maîtrise et la réactivité de son pouvoir s’en ressentent. Alors, chercher à le contrôler 100 % est inutile. Il lui filera toujours entre les doigts.

Étouffer sa personnalité pour arriver à un contrôle total finirait par lui exploser en plein visage. Par lui revenir en pleine face. Elle ne peut pas espérer le maîtriser complètement. Le risque est de voir sa mutation devenir totalement sauvage au moindre incident, à la moindre contrariété. Personne ne peut avoir la main mise sur sa mutation. Même pas le Professeur Xavier. “Tu viens ?” Il s’est laissé absorber par ses réflexions. Elle s’est éloignée de quelques pas, avant de se retourner. Venir, mais pour aller où ? Il n’y a rien qui peut ressembler à une maison pour lui, ici. Contrairement à Snow. Elle s’y sent bien, mais lui ne voit qu’une étendue glacée par la mutation. Une étendue qui se révèle être un terrain de jeu l’hiver, mais sûrement pas une maison. Et à ceux qui répondent que la maison est là où le coeur est, Bobby leur répond qu’il n’a plus de coeur. Qu’il ne s’autorise plus à aimer. Qu’il ne s’autorise plus à meurtrir les autres. Il semblerait qu’il soit fait pour une vie d’abstinence. Il y a survécu dix années. Pourquoi pas le restant de sa vie ? Alors, son coeur est à l’Institut. Dans ses couloirs, dans ses chambres, dans ses salles de cours. Son coeur est partout où vont les étudiants. Partout où ils ont besoin de lui. Partout où sont ses amis. Snow en est une, malgré ce qu’elle pense. Malgré ce qu’elle croit. Elle est une amie sur qui il compte bien veiller. Une amie qu’il espère pouvoir protéger de ses démons. Une amie qu’il espère avoir à ses côtés. Il lui emboîte le pas. Il la rejoint. Ils ont parcouru du chemin ensemble. Ennemis jurés, patiente et psychologue, amis, petits-amis, amis. Ils sont passés par tous les stades d’une relation. Ils n’ont plus aucune surprise. Ils se connaissent maintenant. Et il sait que si elle l’a fait venir, c’est que quelque chose a changé. Après des jours à se fuir, à s’ignorer, elle lui a donné un rendez-vous. Il y a une raison. Une explication. Non pas que la revoir l’embête, l’importune ou le dérange. Au contraire. Savoir que leur lien est de nouveau établi. Savoir qu’ils peuvent de nouveau discuter. Savoir que la douleur a été dépassée. Il en est réconforté. Alors, il hésite. Peut-être qu’elle ne veut pas lui parler. Peut-être qu’elle n’est pas prête. Peut-être qu’elle ne veut pas brûler toutes les étapes, comme ils l’ont déjà fait. Mais il doit poser la question. Pour pouvoir l’aider. Pour pouvoir veiller sur elle. Pour pouvoir être un ami digne de ce nom. Il accroche son regard. Il ne le quitte pas. Il s’y plante. “Snow… pourquoi est-ce que tu m’as fait venir ?” Sûrement pas pour marcher. Sûrement pas pour lui montrer ses progrès. Sûrement pas pour serrer sa main. Elle a toujours su le trouver quand ça n’allait pas. Elle a toujours su lui montrer quand elle avait un problème. Là encore. Sa main serrée trop fortement. La peur dans son regard. Alors, quelle est la raison ? La vraie.

La raison peut être simple. La loi sur le rencesement. La crainte de devoir abandonner ce refuge si accueillant. La peur d’être en danger. L’inquiétude de se découvrir une quatrième mutation. Peu importe. Il a entendu pire. L’avantage - ou l’inconvénient - d’être psychologue. Il voit passer des gamins perdus toute la journée, des gamins au passé par toujours glorieux, des gamins aux traumatismes divers, des gamins trop marqués par la vie. Il est le mieux placé pour se confier. “C’était pour me dire que tu as compris ou pour autre chose ?” Il insiste. Il veut savoir. Il ne veut pas repartir sans sa réponse. S’il s’avère qu’elle a déjà abordé le sujet, il accepterait, non sans regretter qu’elle ne lui dise pas tout. Parce qu’il y a plus. Bien plus.



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on pouvoir est instinctif. Tantôt brutal, tantôt magique, tantôt tendre, tantôt destructeur. Il suit ses émotions, ses peines et ses joies. Bobby avait raison, la pleine maîtrise n’était plus possible, et pourtant. « Snow Queen maîtrisait parfaitement, n’est-ce pas ? » La séparation est faite. C’est peut-être la première fois qu’elle emploie le pseudonyme complet comme faisant partie du passé. Les pas de la forme liquide ne laissent aucune trace, tandis qu’elle reprend sa route. Leur lutte n’avait jamais de fin, quand elle était dans le camp adverse, quand malgré elle elle cherchait l’adversaire de même élément, quand ils s’envoyaient autant de piques verbales que de pics glacés. Si Prudence avait retrouvé la mémoire en grande partie, certaines choses étaient définitivement perdues, ses sens et son corps avaient oublié ce que cela pouvait faire, d’être en contrôle total. Il y avait de nouveaux paramètres, non seulement elle était de plus en plus différente mais elle était dotée de deux mutations supplémentaires, c’était comme vouloir taire un volcan en phase d’éveil, contenir une éruption : mission impossible.

« Snow… pourquoi est-ce que tu m’as fait venir ? » Elle interrompt sa marche pour le regarder. Encore. Avait-elle eu besoin d’une raison valable pour vouloir passer du temps avec lui ? Il lui manquait. Il lui manquait terriblement même si elle avait longuement repoussé les sentiments, même si elle avait tout fait pour lui laisser de l’espace, l’occasion d’oublier, de tourner la page, de la mettre définitivement de côté. Alors Snow ne dit rien. Elle reste interdite et silencieuse. « C’était pour me dire que tu as compris ou pour autre chose ? » Le craquement est sourd, la stabilité de la surface est mise en danger au point qu’ils manquent tous les deux basculer, plonger la tête la première dans l’eau - la réaction a été immédiate, elle est redevenue de chair et d’os, les paumes tournées vers la glace qu’elle consolide, raccroche au reste de la surface, et lisse finalement. La douleur ne vient qu’après, vive, lancinante. La quinte de toux a manifesté ce qu’elle a considéré comme une régression, jusqu’à ce qu’elle crache de l’eau légèrement rosée. Elle n’est pas prête, elle n’est pas assez entraînée pour se permettre l’utilisation quasi simultanée.

Pas aussi vite, pas aussi fort, pas avec la peur au ventre. Elle a froid. Un froid mordant qui lui arrache des frissons incontrôlables, et elle ne se plaint pas, elle tente de reprendre le dessus. Ca va aller, ça n’est qu’un effet secondaire. Elle se le répète mentalement, essayant d’ignorer le fait que l’eau recrachée était mêlée de son sang. Le seul point positif c’est qu’elle avait gardé l’équilibre là où elle aurait glissé, avant. « J’ai ton sang sur les mains, Bobby.. » En l’occurrence, elle avait actuellement un peu du sien, en s’essuyant les lèvres, mais la métaphore était claire. « Ton sang, l’odeur de brûlé, les corps éparpillés. Ca me réveille la nuit. » Elle n’était pas somnambule, c’était déjà ça. Et elle se rendormait ensuite. Ca pouvait paraître inquiétant mais c’était si peu, pour elle, elle partait de si loin qu’en fin de compte, même dans le négatif il y avait un progrès évident. « J’avais juste envie de te voir.. » Le ton est coupable. Comme un : je sais que je ne dois pas murmuré au fond des prunelles trop bleues.

C’était la deuxième fois. La deuxième ‘mission’ dont elle sortait abîmée psychologiquement. La première, quand elle avait manqué y laisser sa jambe, et les attentats dont elle ne gardait pas le positif, dont elle ne se rappelait pas des vies sauvées, trop marquée par les vies perdues, par le corps en souffrance de Bobby, transpercé, dont elle ne se remettait pas d’avoir arraché cette barre métallique sans le moindre ménagement. « Je vais bien mais.. t’as toujours été là et les enfants.. ça ne suffit pas, tu comprends ? » On ne pouvait se satisfaire des mêmes conseils, des mêmes discussions inlassablement. Certes, elle n’avait que vingt-quatre ans, elle n’était pas si vieille, ça n’en faisait toutefois pas une gamine capable de s’extasier sur les garçons, capable de parler chiffons pendant des heures, à comparer la teinte du dernier vernis qui ne survit pas à telle ou telle mutation. Ils lui donnaient une forme d’affection et creusaient une carence, de l’autre côté.

« Et puis tu ne peux décemment pas passer ton temps avec les patients sans prendre un peu de bon temps, mh ? » Le goût un peu ferreux dans sa bouche lui fait réaliser la bêtise qu’elle vient de formuler. Moue contrariée quand elle reformule. « C’est pas comme ça que je voulais le dire. »
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Snow Queen maîtrisait parfaitement, n’est-ce pas ?” Il fait une moue. Oui, Snow Queen maîtrisait parfaitement, mais à quel prix ? Elle n’éprouvait aucune émotion. Elle était froide comme la glace. Elle était insensible. Elle effrayait tout le monde, incapable de générer de la pitié ou de l’affection à son égard. Elle maîtrisait, mais elle avait perdu une partie d’elle. Éteignant toute émotion. Étouffant toute personnalité. Elle était simplement une machine de guerre. Un robot chargé de gelé le plus de coeurs possibles. On ne peut pas contrôler entièrement ses pouvoirs et espérer garder son caractère. Ce n’est pas possible. Alors oui, Snow Queen avait une excellente maîtrise de son pouvoir - peut-être même une maîtrise totale - mais elle en avait perdu son humanité. Il ne souhaite pas que Snow revive la même chose. Il ne souhaite pas revoir la froideur dans son regard. La détermination sur ses traits. Elle n’est plus cette femme animée par la puissance et l’envie de tuer. Elle est douce et tendre. Des vestiges de cette époque continuent de la hanter, comme sa solitude. Mais son regard a changé. Ses traits ont changé. Sa détermination a changé. Elle n’est plus Snow Queen. Elle doit tourner la page. Elle doit repousser les regrets. Elle doit effacer les souvenirs. Ceux de Snow Queen ne lui appartiennent plus. Deux  entités différentes. Deux personnalités différentes. Elles se ressemblent, mais elles ne sont pas semblables. Il préfère laisser tomber. Il préfère enchaîne sur un autre sujet. Un autre qui lui tient à coeur. Même à distance, il n’a pas cessé de surveiller Prudence. Elle lui a demandé de régler ses affaires avant de revenir et de prétendre être son psychologue. Alors, il s’y est tenu. Il est resté loin. Très loin d’elle. Il s’est acharné à ne pas la croiser. Jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à la boule à neige. Jusqu’au rendez-vous. Il n’a pas géré ses problèmes personnels. Il n’a pas avancé. Pourtant, il est là. Ça craque. Encore. Il perd son équilibre. Il le récupère. Il pose une main sur le bras de Snow pour l’aider. il devine la tempête qui fait rage dans sa tête. Il devine le tourbillon de sentiments. Il ressent la douleur. Elle tousse. Il se rapproche. Il ignore ce qu’il doit faire pour l’aider. Il ignore si il peut la soulager de sa douleur. Mais elle finit par cracher. Elle finit par se libérer toute seule de sa toux. Il ne s’y fera pas. Jamais. Il fait un pas en arrière. Il la voit trembler. Secouée. Vraiment, il ne s’habituera jamais.

Il ne peut plus lui proposer ses bras pour la réchauffer. Il pourrait le faire. Il pourrait augmenter sa température. Il pourrait ouvrir grand ses bras. Il pourrait l’accueillir contre lui. Mais il ignore ce qu’il déclencherait, chez l’un comme chez l’autre. Ils ne peuvent plus se permettre une telle proximité, sous peine de souffrir, sous peine de ressentir. Il se contente de ramener son corps à une température normale. Chaude pour eux. Il irradie, tel le radiateur sur pattes qu’il est. Il peut au moins la réchauffer à distance. “J’ai ton sang sur les mains, Bobby..” Il ne comprend pas tout de suite. Il ne réalise pas tout à de suite. L’attentat n’est qu’un souvenir parmi d’autres. Un moment où il a failli mourir, oui, mais un moment qu’il a déjà mis de côté, rangé dans un coin. Il n’a pas réfléchi à ce que pouvait ressentir Snow. A l’éventuel traumatisme. Elle était aux premières loges. A essuyer son sang. A voir la barre dans son abdomen. A supporter la scène. Elle a dû gérer la chose toute la seule. Elle a dû prendre une décision. Elle a dû agir. Il n’a pas pensé une seule seconde qu’elle pourrait être traumatisée. Et il s’en veut. Il s’en veut de ne pas avoir réalisé. Il s’en veut de ne pas s’être mis à sa place. Pour une fois. “Ton sang, l’odeur de brûlé, les corps éparpillés. Ça me réveille la nuit.” Elle est traumatisée. Marquée. Comme beaucoup l’ont été ce jour-là. Tous les mutants présents au centre commercial sont presque tous passés par son bureau. Pour en parler. Pour se confier. Pour s’exprimer. Tous, sauf Snow. Il n’a même pas pensé à aller la voir. Se disant qu’elle se débrouillait sûrement seule. Certain qu’elle n’était pas si marquée que cela. Il s’est trompé. Il voulait la voir plus forte, plus solide parce que c’est ce dont il avait besoin. Il avait besoin de l’imaginer assez insensible pour ne pas souffrir, pour ne pas avoir besoin de son aide, pour ne pas qu’il culpabilise. “Snow…” Il veut s’excuser. S’excuser d’être presque mort sous ses yeux. S’excuser d’avoir été blessé. S’excuser de l’avoir obligée à lui arracher une barre du corps. S’excuser de la traumatiser ainsi. Mais les mots lui manquent. Le pardon s’est essoufflé au bord de ses lèvres. Il ne sait pas quoi faire. Il ne sait pas quoi dire. Il est responsable de son malheur. Responsable de son traumatisme. Il n’y a simplement pas de mots pour ce genre de situations. “J’avais juste envie de te voir..” Il déteste son regard. Cette lueur coupable. Cette impression de ne pas être à sa place. De ne pas devoir. Il secoue la tête. Depuis quand est-ce qu’ils sont devenus deux étrangers ? Depuis quand est-ce qu’ils ne peuvent plus discuter ? Depuis quand ? Ils sont deux adultes responsables. Deux personnes qui ont été en couple. Deux personnes qui sont assez grandes pour ne pas retomber dans les bras l’un de l’autre. Bobby ne laissera pas cela arriver. Il a vu les ravages de la rupture sur Snow. Sur lui. Il ne compte pas recommencer. Il n’y aura pas d’égarements de sa part, même s’il est effrayé à cette idée.

Je vais bien mais.. t’as toujours été là et les enfants.. ça ne suffit pas, tu comprends ?” Il a toujours été là. En tant qu’adversaire. En tant que psychologue. En tant qu’ami. En tant que petit-ami. En tant qu’inconnu. Il a toujours été, quelque part. D’une certaine manière, il la hante. Il la colle. Il ne la lâche pas. Il le sait. Il en a conscience. Il est probablement le seul adulte avec qui elle discute. Il est sûrement le seul avec qui elle a plus que des liens cordiaux. Mais ce ne sont pas les gens qui manquent à l’Institut. Si avoir des conversations avec les plus jeunes ne lui suffit plus, pourquoi ne pas se tourner vers les adultes ? Ils ne sont pas tous totalement acquis à la cause de Bobby. Ils ne chercheront pas tous à envoyer balader Snow. Oui, elle arrive après lui. Elle n’est là que depuis trois ans, alors que pour lui l’Institut est une maison depuis quinze ans. Mais il ne connaît pas tout le monde. Il ne s’est pas lié d’amitié avec tout le monde. Elle peut avoir une vie sociale sans se mêler aux amis de Bobby, si c’est ce qui l’inquiète. “Et puis tu ne peux décemment pas passer ton temps avec les patients sans prendre un peu de bon temps, mh ?” Il dresse un sourcil, sans comprendre son message. Sous-entendu possible avec ce qu’ils ont vécu ensemble. Maladresse possible. “C’est pas comme ça que je voulais le dire.” Donc, maladresse. Il esquisse un sourire. Il a compris le message. Il doit sortir de son bureau. Il doit voir du monde. Il doit arrêter d’écouter et de conseiller. Il doit profiter un peu de la vie. Toujours aussi bienveillante. Toujours aussi attentionnée. Ils e rend compte que leur relation lui a manqué. Leurs échanges. Leurs tentatives de prendre soin de l’un et de l’autre. Ils sont dans une relation où c’est à celui qui se soucierait le plus de l’autre. Un concours motivé par l’envie de protéger l’autre. “Ce n’est rien… qu’est-ce que tu comptes faire, alors ? Partir de l’Institut pour essayer de te construire une vie normale ?” Elle avait déjà pensé à le faire par le passé. Acheter un appartement. Faire des études ou trouver un travail. Se mêler aux autres, loin du cadre sur-protecteur de la X-Mansion. Son projet avait avorté. Mais peut-être qu’elle repense à le concrétiser. Peut-être qu’elle souhaite enfin se lancer là-dedans. Si à l’époque, l’idée ne plaisait pas trop à Bobby, il est forcé d’accepter. Il ne peut plus rien dire. Il ne peut plus protester. Il a conscience que la situation est devenue compliquée pour elle, ici. Avant, elle ne parlait à personne sans que cela ne dérange qui que ce soit. Maintenant, elle se mêle aux adolescents et elle a quelques forts caractères sur le dos. Elle ne vit plus tranquillement.  “Il y a des gens ici qui sont bienveillants et qui adoreraient te compter parmi leurs amis.” Pas Malicia. Pas Kitty. Mais Ororo, Johanna… Des gens bien. Des gens sur qui elle peut compter. Des gens avec qui elle pourrait bien s’entendre. Les candidats au poste d’amis pourraient être nombreux, si seulement elle se donnait la peine de s’ouvrir aux autres.



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« We accept the love we think we deserve.  » - Stephen Chbosky.

E
lle déteste cette pitié dans ses yeux. Elle déteste cette façon qu’il a de la regarder maintenant, si différente d’autrefois. Elle déteste la tournure de leur relation, quand il y avait eu tant d’éclats dans ses deux océans de glace. Fut un temps où il lui souriait. Fut un temps où leur complicité leur permettait d’envisager un avenir, même à court terme, un temps où ils voulurent apprendre à aimer - en vain. Bobby était à Malicia, il l’était et le resterait sûrement à jamais, jusqu’à ce qu’elle revienne, qu’elle contrôle sa mutation et qu’ils reprennent où ils s’étaient arrêtés. Snow n’était jamais qu’une étape. A son inquiétude, elle a répondu par un sourire doux, sans un mot de plus à ce sujet. Il n’a ni à s’inquiéter ni à avoir pitié. Elle s’était relevée de tout, elle surmonterait ça, parce qu’il n’y avait finalement pas que son enveloppe charnelle qui était sur la voie d’une régénération permanente. Il la réchauffe à distance, elle constate qu’il se refuse à la toucher, et malgré elle, plus il chauffe, plus sa propre température tombe, cristallisant sur les cheveux blonds une fine pellicule blanche, rendant la peau plus pâle. La neige sur ses cils était familière. D’un soupir, elle souffle simplement : « Laisse tomber. Ca n’est pas un peu de froid qui va me tuer. » Ca n’est pas défaitiste, c’est un constat comme un autre. Elle avait sur l’épiderme un froid mordant mais il semblait évident que ça ne nécroserait pas les tissus, que ça ne lui ferait pas de mal définitif, elle n’en souffrirait pas longtemps. « Merci d’avoir essayé. »

Merci de continuer à prendre soin d’elle, c’était cela, non ? Même s’il marquait une distance qui creusait le fossé. Il avait peur et ça se voyait. Pas vraiment peur d’elle mais d’un retour violent de sentiments mal partagés. Sa maladresse ne le bloque cependant pas, il ne lui en tient pas rigueur. C’est rassurant, en un sens, ça lui évite de s’angoisser encore. « Ce n’est rien… qu’est-ce que tu comptes faire, alors ? Partir de l’Institut pour essayer de te construire une vie normale ? » Elle ne répond pas immédiatement. Elle ne veut pas le décevoir et Snow sait parfaitement qu’il serait capable de se faire une montagne d’une idée mal formulée, surtout lorsque cela concernait un avenir, qu’à vrai dire, elle n’envisageait plus. Tout était trop différent ; même la société l’était. « Il y a des gens ici qui sont bienveillants et qui adoreraient te compter parmi leurs amis. » Agacement palpable. Elle croise les bras, geste de repli. Il ne comprend pas. Il ne peut pas. Il a un job auquel il sacrifie tout et des amis qui sont sa famille. Elle ne veut plus s’attacher, elle l’a fait avec les enfants parce qu’ils en ont besoin, parce que eux ne peuvent pas avoir de pensées foncièrement blessantes, les adultes sont cruels, lunatiques et brutaux.

« L’Institut a besoin de tous ses X-Men. » Du rationnel. Du palpable. Elle n’évoque pas une envie mais un fait qui surpasse le reste, trop terre à terre. Le besoin d’évasion est mort avec le reste, avec les attentats, avec la souffrance d’une société qui se déchire. Un discours qu’elle a entendu très jeune et qui se concrétise, tel un cauchemar devenant réalité. « Je partirai pas Bobby, jamais. La vie normale c’est pas pour moi. » Il n’y a pas vraiment d’émotions dans ses paroles, pas de regrets. C’est ainsi. Les diverses mutations subies avaient changé ses rêves, brûlé des espoirs stupides et surréalistes sur l’autel de la réalité. Le monde était cruel, il était injuste et violent. Elle n’avait pas envie d’y évoluer, pas envie d’y exister. La X-Mansion avait ses défauts mais c’était un toit solide, caché, où on ne lui demandait plus de comptes. « Puis une mutante non-recensée aurait des problèmes. Et d’un autre côté, je serais classifiée terroriste si je le faisais. Les autorités se ficheraient de savoir que je ne tue plus d’homo sapiens ou que je connaisse un minimum les lois de ce pays de fous. » Ils n’étaient pas toujours en accord sur de tels sujets, cela dit il était indéniable que le passif de Snow risquait de sortir un jour, quand bien même Xavier lui ait apporté sa protection, quand bien même elle ait changé. « Et en fin de compte, je suis quoi ? Ma classe 3 a dû en prendre un coup. » Elle s’était renseignée, elle avait étudié ce qu’on pouvait dire des facultés mutantes. Il n’y avait pas eu de nouveau Phénix depuis la disparition de Jean mais une Wanda était toute aussi dangereuse et on avait fini, avec les années, par intégrer qu’il y avait diverses classes de pouvoirs. Elle ne savait désormais plus où elle se situait, ce qu’elle jugeait d’ailleurs aussi inquiétant pour elle-même que pour les autres. « Qu’ils m’aiment ou pas ne compte pas. Il y a des jeunes en détresse partout. A défaut d’avoir mes propres enfants.. » Elle s’occupe de ceux qui arrivent, qui ont peur, qui craignent le regard des autres ou s’effrayent pour leur devenir. « Tu crois que tu partiras, un jour ? » Elle dégage toujours autant de froid mais a cessé de trembler. Son corps s’est un peu adapté au climat difficile que sa mutation inflige autour d’eux. Tant pis. Elle aimerait entendre Bobby dire que lui compte sur un avenir, cependant elle en doute au moment où les paroles franchissent ses lèvres.
© Starseed
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it's a revolution, i suppose
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