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 Reagan ♦ Toc toc toc... C'est le grand méchant Loup...

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Sarah comprend à l'expression sur le visage de Lewis qu'il sait ce qu'il doit faire, et qu'il est brisé. Elle a l'impression que son cœur a été explosé contre un mur, et que quoi qu'elle fasse, elle ne pourra jamais se relever d'aujourd'hui. Et pourtant elle continue à regarder son grand frère, avec cet air déterminé feint. Elle sent à peine ses jambes qui ne demandent qu'à céder. Elle n'a pas le droit de faiblir maintenant, elle en est pleinement consciente. « Je vais sortir d’ici, » fait finalement Lewis, avant de reposer son regard sur elle. « Quand je rentrerai, t’auras pris tes affaires et tu ne seras plus là, » Son ton fait naître une grimace sur le visage de la jeune femme. Elle relève le menton, acceptant la sentence comme si ça ne la rendait pas malade. « Je quitte les Watchers et Aaron aussi. » Sarah garde la tête haute, elle s'habille d'un regard dur, d'indifférence, presque. Elle sait ce que tout ça signifie. Elle n'a plus de toit. Jeremiah va sûrement lui dire qu'elle peut aller habiter avec lui. Mais elle n'acceptera pas. Elle ne peut pas. Elle n'est pas assez forte pour ça. Ce qui lui fait le plus de mal, c'est sûrement Aaron. Il sait qui elle est, et elle sait très bien qu'il comprendra ce qui se trame. Mais l'idée qu'il puisse se méprendre et penser qu'elle est du côté de Jeremiah... L'idée qu'elle ne sera plus là pour le protéger tous les jours, savoir comment se sont passées ses journées. Comment en sont-ils arrivés là ? Là voilà qui doit quitter ses deux piliers, pour aller rejoindre un troisième qui vacille. « Vous le laissez en-dehors de tout ça. Vous le laissez être un ado normal, qui fait ses études et n’a aucune idée de ce que vous faites réellement. » Elle ne dit toujours rien, fière et droite. Aaron sait déjà ce qui se trame, et Lewis et elle le savent parfaitement. Mais Jeremiah doit rester dans l'ignorance. Il faut qu'il comprenne, qu'il accepte de laisser Aaron vivre sa vie, et qu'il n'essaie pas d'en faire un jeune soldat. C'est aussi pour ça qu'elle se range du côté du pasteur. Elle veut être sûre qu'il ne fera pas n'importe quoi avec leur petit frère.  « Vous voulez mettre le monde à feu et à sang ? Faites-le, je ne vous en empêcherai pas. Mais je ne veux plus vous revoir ici. Jamais. » Les mots sont durs, et Sarah a besoin de toute la volonté du monde pour se rappeler qu'ils ne sont pas sincères. Elle a besoin de toute la volonté du monde pour ne pas s'écrouler. On lui a appris à ne pas pleurer, à ne pas se plaindre. Sarah a été élevée comme une reine, un leader qui ne montre pas ses faiblesses et porte le poids du monde sur ses épaules. C'est le crédo des Reagan. Parfois elle en vient à détester sa famille. À se dire que s'ils n'avaient pas été élevés dans une telle tradition, ils ne seraient jamais devenus ce qu'ils sont aujourd'hui, et que ce serait peut-être mieux. Jeremiah ne serait pas devenu le monstre qu'il est aujourd'hui. Lewis n'aurait pas eu à quitter l'armée. Aaron aurait grandi dans un environnement sain et stable. Et pourtant, elle est la parfaite illustration d'une Reagan en ce moment précis. Ça la rend malade.

Elle est déconcentrée quand Jeremiah prend sa main et l'approche de sa bouche. Elle attend presque un baiser sur la main, venant de son frère, toujours très attentionnée et affectueux avec elle. Mais quand il glisse le métal froid dans sa main, c'est son corps tout entier qui se glace. Elle n'a pas besoin d'explication pour comprendre. Jeremiah lève le bras de sa sœur en direction de Lewis. La brune se retrouve là, paralysée, avec une arme braquée sur son grand frère. Jeremiah se colle à sa droite, sûrement pour mieux regarder, ou pour mieux se protéger. Sarah a du mal à respirer, mais reste impassible, presque choquée par le geste du pasteur. Il teste son allégence. Il la teste. Mais elle n'a rien demandé, Sarah. C'est même elle qui a demandé à son grand frère de ne pas tirer sur Lewis, c'est même elle qui lui a dit qu'il y avait d'autres solutions. Il n'a pas le droit de lui mettre l'arme entre les mains. « Tu. N'iras. Nul. Part. » fait Jeremiah. « Mettre le monde à feu et à sang ? Pauvre Lewis... Pauvre petit Lewis... » Le pasteur s'écarte légèrement d'elle, et place ses mains derrière son dos. Il attend. Sarah a l'impression que tous ses organes vitaux ont cessé de fonctionner. Elle a l'impression qu'elle va exploser. « Beauty, tu disais que Lewis doit être puni, n'est-ce pas ? Tire-lui dans l'épaule droite. Maintenant. » Sarah a tiré sur bien des gens, au cours de sa vie. Elle en a tué aussi, malgré son jeune âge. Chaque fois est restée gravée dans sa mémoire au fer rouge. Mais tirer sur Lewis, c'est au-delà de ses forces.

« Et après, je partirai. Ou nous partirons. » Elle sent une menace pointer dans la voix de Jeremiah. Ce moment va tout déterminer. Elle baisse la tête, ferme doucement les yeux, respire un bon coup. Elle ne veut pas, elle ne peut pas. Mais elle sait aussi que Jeremiah n'acceptera pas qu'elle abandonne. Elle n'a pas vraiment de plan, elle ne réfléchit pas vraiment quand, en un quart de seconde, elle fait un pas de côté et pointe l'arme sur sa tempe à elle. Elle ne rouvre les yeux que quand elle sent le métal contre sa peau, encore chaud de la première balle que Jeremiah a tirée, un peu plus tôt. « Vous n'avez pas le droit de faire ça. » fait-elle, à l'un comme à l'autre. « Je ne vous laisserai pas faire ça à Aaron. » Elle les regarde, dure. Il y a des larmes dans ses yeux. Elle se fiche bien qu'ils les remarquent ou non. « Je ne tirerai sur aucun d'entre vous parce que l'autre me l'aura demandé. » Elle regarde Jeremiah. « Je ne suis pas une recrue que tu peux tester à ta guise, Jer. Je suis ta sœur. Si tu ne me crois pas, tant pis pour toi. Je ne me soumettrais pas à ce test de passage ridicule. » Elle pose les yeux sur ses deux frères, tour à tour. « Vous allez m'écouter attentivement maintenant. » Elle raffermit sa prise sur l'arme. « Lewis, tu vas sortir de cet appartement. Je te connais par cœur, je saurai t'arrêter si tu essaies quoi que ce soit. Où que tu ailles, je te retrouverai et tu finiras par payer pour ton crime, mais ce sera selon mes termes. » Elle tourne un regard entendu vers Jeremiah. « Jeremiah, tu vas laisser Lewis partir. Nous déciderons ensemble de la manière la plus sensée de le punir. Je saurai le retrouver quand il le faudra. Tu dois me faire confiance. » Elle secoue la tête, l'arme toujours contre sa tempe. « Aaron ne survivrait pas à tout ça. Je ne vous le pardonnerai jamais si vous le brisez. Je ne vous laisserai pas le briser. » Elle serre les dents, puis lance : « Lewis, va-t-en. » Elle reste là, debout au milieu de leur appartement. Elle ne veut pas tirer, elle ne va pas tirer. Du moins tant qu'ils ne l'y obligent pas. Elle n'a plus rien à perdre, Sarah. Elle n'a qu'eux, dans la vie. Elle n'a qu'eux.
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WHEN DID WE BECOME STRANGERS ?
sarah, jeremiah & lewis

Le pire dans tout cela, c’est qu’une part de lui veut mettre un terme à toute cette mascarade. C’est que quand il voit les yeux vides de Jeremiah, il a envie de chialer. De prendre son visage entre ses mains, de presser ses lèvres sur son front et de lui jurer qu’il ne le pense pas. Bien évidemment qu’il est son frère. Son jumeau, son autre moitié. Il a envie de le prendre dans ses bras et de lui demander pardon. Pardon de lui avoir menti, pardon de s’être énervé, pardon. Le pire dans tout cela, c’est que quoi qu’il arrive, il aime Jeremiah. Il l’aime depuis qu’il existe, n’a jamais cessé de l’aimer, même lorsqu’ils étaient séparés par des milliers de kilomètres et des idées différentes. Il ne peut pas effacer cet amour, même si son frère est un monstre qui assassine des innocents. Il peut seulement l’enfouir profondément et prier pour qu’il ne finisse pas par le tuer. Parce que ça fait mal, d’aimer Jeremiah. Ça fait mal d’aimer un frère qu’on a perdu. Lewis veut s’approcher de son frère, réduire cette distance qui les sépare et qui lui fait mal. Mais elle n’est pas seulement physique, plus maintenant, plus depuis bien longtemps. Alors il le regarde se lever, contourner Sarah et récupérer son arme. Il déglutit en le voyant sortir les balles, une par une, à l’exception d’une, une seule et unique balle qu’il laisse là. « C'est bête tu sais. C'est la seule raison pour laquelle je te gardais en vie. » Les munitions tombent sur le sol, il entend à peine le bruit qu’elles font en s’échouant et pourtant, il résonne dans son crâne, comme une sentence, une condamnation à mort.
Mais Lewis n’a pas l’intention de mourir ici, ce soir. Il n’y a pas que lui et Jeremiah dans cette histoire. Il doit avant tout penser à Sarah et à Aaron. Aaron qui ignore complètement ce qui se passe ici. Aaron qui va rentrer à la maison, pour se rendre compte qu’il n’a plus de foyer, parce que ses aînés se sont appliqués à tout réduire en poussière. Il doit le mettre en sécurité. Quoi qu’il arrive ici et maintenant, il doit tout faire pour que leur petit frère soit sain et sauf. Alors oui, il compte sur le peu de raison qu’il reste à Jeremiah, mais surtout, sur l’amour qu’il porte à Aaron. Qu’il le laisse s’occuper de lui, le mettre en sécurité. Il doit savoir, il doit être conscient que les Watchers sont un danger pour leur cadet. Qu’ils ne peuvent pas le mêler à tout ceci, pas quand le groupe est passé de gang inoffensif à organisation de terroristes. Il doit voir cela.

Sa mâchoire se crispe, lorsque Jeremiah glisse l’arme dans la main de Sarah avant de la pointer dans sa direction. Alors c’est là ta réponse, mon frère ? « Tu. N'iras. Nul. Part. » Lewis ferme les yeux, déglutit encore, avec plus de difficultés cette fois-ci. Il a envie de hurler. De gerber sa haine, de lui dire qu’il n’a pas le droit de mêler Sarah à tout ceci. « Mettre le monde à feu et à sang ? Pauvre Lewis... Pauvre petit Lewis... Beauty, tu disais que Lewis doit être puni, n'est-ce pas ? Tire-lui dans l'épaule droite. Maintenant. » L’épaule droite, hein ? Alors quoi, elle est passée où, son envie de meurtre ? Lewis refuse d’y voir le moindre espoir.  « Et après, je partirai. Ou nous partirons. » Un test. Il en vient à douter même de Sarah. Il a raison, de douter d’elle, mais ça donne quand même envie de vomir à Lewis. Est-ce de sa faute s’il n’a plus confiance en leur sœur ? Ou a-t-il l’intention de mettre Aaron à l’épreuve également ? S’il était là, lui demanderait-il aussi de tirer sur son propre frère pour tester sa loyauté ?
Lewis redresse le menton, toise Jeremiah et il espère qu’il voit. Qu’il sent à quel point il le méprise, en cet instant. Puis c’est Sarah qu’il regarde. Ses yeux accrochent les siens, pour ne plus les quitter. Il devrait probablement dire quelque chose comme tu ne vas quand même pas faire ça ? pour plus de réalisme. Mais il n’ose pas ouvrir la bouche, il n’ose pas prononcer des mots qui pourraient détourner Sarah de leur objectif.

Ce n’est que l’épaule, il s’en sortira. Elle le sait. Alors elle doit tirer, il se débrouillera ensuite. Ils se sont mis d’accord, elle doit rester aux côtés de Jeremiah, elle est à la seule à pouvoir le faire. Il la regarde baisser la tête, fermer les yeux.

Fais-le, petite sœur.

Quand elle s’écarte d’un pas, Lewis veut hurler, de peur qu’elle tente une folie, comme se retourner contre Jeremiah. Mais c’est sur sa propre tempe qu’elle braque le canon de l’arme et il se fige, les yeux écarquillés, le souffle coupé. « Vous n'avez pas le droit de faire ça. Je ne vous laisserai pas faire ça à Aaron. » Sa vue se trouble. Sarah, douce Sarah qui appuie le canon de son arme contre sa propre tempe, c’est une vision insoutenable. Il sait qu’elle ne fera jamais une chose pareille, qu’elle est simplement plus maligne qu’eux, qu’elle sait quoi faire pour faire entendre raison à Jeremiah. Pas vrai ? Elle ne le ferait pas. Tout ça, c’est de la comédie. Pas vrai ? Ses tripes se nouent, sa gorge se serre. Il n’arrive pas à respirer et bien malgré lui, ses yeux se remplissent de larmes, parce que ce qu’il a devant lui, c’est la preuve que Jeremiah et lui ont détruit leur famille.

Sarah qui menace de se tirer une balle dans le crâne, c’est ce qui leur pend au nez. Ce qui arrivera, s’ils ne trouvent pas une solution. Ils sont en train d’assassiner leur petite sœur et leur petit frère avec leurs conneries.

Lewis lève les yeux vers Jeremiah. Il s’en rend compte ? Il réalise, à présent ? « Je ne tirerai sur aucun d'entre vous parce que l'autre me l'aura demandé. Je ne suis pas une recrue que tu peux tester à ta guise, Jer. Je suis ta sœur. Si tu ne me crois pas, tant pis pour toi. Je ne me soumettrais pas à ce test de passage ridicule. » Elle est si forte, bien plus forte qu’eux. Quand est-elle devenue aussi résistante ? Quand est-elle passée de la petite fille rieuse et légère à cette femme intrépide, déterminée ? Elle non plus, il ne l’a pas vraiment vue grandir. « Vous allez m'écouter attentivement maintenant. Lewis, tu vas sortir de cet appartement. Je te connais par cœur, je saurai t'arrêter si tu essaies quoi que ce soit. Où que tu ailles, je te retrouverai et tu finiras par payer pour ton crime, mais ce sera selon mes termes. » Il ne peut s’empêcher d’esquisser un mince sourire. Il sait qu’elle dit vrai. Elle saura le retrouver. « Jeremiah, tu vas laisser Lewis partir. Nous déciderons ensemble de la manière la plus sensée de le punir. Je saurai le retrouver quand il le faudra. Tu dois me faire confiance. » Qu’elle enlève cette arme de sa tempe, maintenant. Le message est passé, ils ont compris tous les deux.

Pas vrai ?

Son regard sur Jer se fait plus insistant. « Aaron ne survivrait pas à tout ça. Je ne vous le pardonnerai jamais si vous le brisez. Je ne vous laisserai pas le briser. » Il comprend, que c’est à eux deux de laisser tomber, là, maintenant, d’oublier leur colère, leur peine, d’enterrer leur maudite fierté, s’ils veulent la sauver ? « Lewis, va-t-en. » Il hoche la tête, pâle. Elle n’a toujours pas enlevé l’arme de sa tempe. Il a envie de lui arracher des mains. Il a peur, il se sent complètement terrifié, parce qu’il voit une résignation qui ne tient pas de la comédie dans son regard. Alors il s’avance. D’un pas, puis deux. Lentement, les yeux rivés sur le doigt de Sarah, pressé contre la détente. Il s’arrête devant elle, n’ose pas la toucher, ni même ouvrir la bouche.

Pendant un instant, il envisage de lui demander de les tuer tous les deux. Jeremiah et lui. N’est-ce pas la solution la plus simple ? Puisque tout est de leur faute à eux, les abattre reviendrait à résoudre le problème.

Mais il ne peut pas demander une telle chose à Sarah.

Il lève une main, l’approche doucement du visage de sa sœur, de l’autre côté de l’arme, pour bien lui montrer qu’il n’a rien l’intention de faire. Alors il pose sa paume sur sa joue et s’avance, pour presser ses lèvres sur son front. Il s’attarde là, les yeux clos.

C’est à elle qu’il dit au revoir, mais à Jeremiah, aussi. Il inspire profondément, détache ses lèvres. « Je suis désolé, » murmure-t-il d’une voix rauque. Il libère sa joue, s’écarte, lance un regard à Jeremiah.

Lewis ouvre la bouche. Je t’aime, malgré tout, je t’aime. Il secoue la tête et se ravise, détourne le regard. Il enfouit tout ça profondément, en espérant que ça ne fasse plus mal un jour. Puis il les contourne tous les deux, ouvre la porte, se fige. Il n’a jamais cru en Dieu, contrairement à Jeremiah. Mais s’il en existe un, alors il lui demande de ne pas laisser tomber Sarah. Il franchit le seuil et referme la porte derrière lui. Jeremiah n’a pas besoin de le tuer, ni de demander à qui que ce soit de le faire.

Lewis est déjà un petit peu mort.

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Entends-tu la voix ? Entends-tu cette voix qui te dit que tout ira bien ? Entends-tu la voix qui te susurre au creux de l'oreille que tout s'arrangera ? Entends-tu la voix ? Entends-tu la voix qui peine à croire ces promesses qu'elle t'offre à tours de bras ? Si tu l'entends, laisse-toi guider par elle. Laisse-toi guider par cette voix quand tu crois que tout s'écroule autour de toi, quand tu cherches quelque chose à quoi te raccrocher pour ne pas te noyer. À chaque fois, essaie de t'accrocher à quelque chose pour t'en sortir. À chaque fois.

Et après je partirai, comme si vous vous réveilliez d'un mauvais rêve. Ce n'est que ça. Pourtant, à cet instant, j'essaie d'utiliser ses mots à lui comme une arme. Je les prends, je les tords dans ma tête, je les prends et je les serre fort, pour les utiliser contre lui. Mais ils claquent dans ma tête, ils me donnent mal au crâne. Mais je ne tremblerai pas. Je resterai droit, c'est aussi pour vous. Puissiez-vous vous en rendre compte un jour. Je m'excuse, mais c'est pour vous. Je ne suis pas le Sauveur de l'humanité, je le sais bien. Mais laissez-moi m'occuper d'eux, c'est tout ce que je vous demande. Laissez-moi un peu de temps, abandonnez-moi un peu de votre patience. Juste un peu. Juste un peu... Croyez en moi, je ne suis pas ce monstre que vous voyez. Je sais bien que parfois, j'en ai l'air mais dessus, il y a moi, juste moi...

Je suis en retrait, une crainte que Sarah ne se retourne contre moi. Elle pourrait me tuer, mais je ne veux pas mourir. Je suis prêt, mais je ne le veux pas. Je garde les mains dans mon dos, ma seconde arme prête à cracher son feu, si nécessaire. Bang bang, if I shoot you down ? Bang bang, tu me visais droit au cœur. Bang bang. Tire-lui dans l'épaule, fais-le, maintenant. S'il te plaît Sarah, fais-le. Tire, maintenant. Lewis se redresse, c'est ainsi que je l'ai toujours connu. Fier. Et j'ai été fier de lui, aussi. À un moment donné. J'ai admiré l'homme qu'il promettait de devenir, et j'ai laissé le fossé se creuser, un peu plus chaque jour. Je laisse mes bras retomber le long de mon corps, je plonge mon regard dans le sien. Comme si je tenais Sarah du bout des doigts, comme si elle n'était plus que l'instrument de la souffrance, elle est le poison que j'essaie de lui faire boire. Pardonne-moi Sarah. De faire de toi cette arme. Je presse la détente, presse Sarah du regard de le faire.

Bang bang. Elle plie le bras et l'arme vient se retrouver contre sa tempe. Je tends les bras, sans la toucher. « Vous n'avez pas le droit de faire ça. » Mes doigts dessinent les contours de son visage comme si je pouvais le caresser d'ici, si proche et pourtant si loin. Comme si je pouvais éloigner sa main. Pourquoi elle fait ça ? Je fronce les sourcils, pourquoi elle ferait ça ? Ne joue pas à ça, petite sœur ! Tu n'as pas le droit de jouer à ça. Tire et baisse l'arme. Fais cracher du feu au canon, fais glicler le sang de Lewis, efface son éternelle fierté. Mais ne fais pas ça. « Je ne vous laisserai pas faire ça à Aaron. » « Sarah... » Quoi lui dire ? Désolé ? C'est banal, c'est fade et c'est trop tard. Et ce ne serait pas honnête. Bagarre de cour d'école, c'est lui qui a commencé, tu l'as bien vu ? Tu as entendu ce qu'il m'a dit ? Tu n'as pas entendu tout ce qu'il a dit ! Il veut tout détruire, tout dévaster sur son passage. Il veut tout détruire, ma Sarah. Est-ce que tu réaliserais ? Si tu savais ? … Mon regard croise celui de Lewis. Tout ce que j'ai envie de lui crier, c'est « Mais fais quelque chose ! » Pourquoi ? Parce que c'est son rôle, n'est-ce pas ce qu'il fait ? Ce qu'il se vante de faire ? Qu'il fasse quelque chose d'utile. Au lieu de vouloir abattre ceux qui me sont chers, ceux qui m'ont guidé, ceux qui m'ont aidé à grandir. Fais quelque chose, bon Dieu ! Fais quelque chose, putain ! Lewis ! « Je ne vous laisserai pas faire ça à Aaron. » Aaron... Aaron m'appartient. Aaron devrait m'appartenir à jamais. Vous ne pouvez pas me le retirer, un peu plus...

Je me décale sur le côté, l'observe de profil, jette une œillade à Lewis, le regard suppliant. Fais quelque chose... « Je ne tirerai sur aucun d'entre vous parce que l'autre me l'aura demandé. » Si elle en est à vouloir se tirer une balle dans le crâne, je préfère encore qu'elle nous tire dessus. « Je ne suis pas une recrue que tu peux tester à ta guise, Jer. Je suis ta sœur. Si tu ne me crois pas, tant pis pour toi. Je ne me soumettrais pas à ce test de passage ridicule. » Je serre un poing, c'est vrai. Et alors ? Doit-on le laisser s'en tirer à si bon compte pour autant ? Sans avertissement ? « Vous allez m'écouter attentivement maintenant. Lewis, tu vas sortir de cet appartement. Je te connais par cœur, je saurai t'arrêter si tu essaies quoi que ce soit. Où que tu ailles, je te retrouverai et tu finiras par payer pour ton crime, mais ce sera selon mes termes. » Je croise les bras sur mon torse, attends qu'elle baisse l'arme. Quand elle se tourne vers moi, je hoche de la tête alors même qu'elle a juste prononcé mon prénom. Oui d'accord, ce que tu veux. Baisse ça. On est tous tarés, je sais que tu peux le faire. On le sait tous les deux. Baisse-la... « Jeremiah, tu vas laisser Lewis partir. Nous déciderons ensemble de la manière la plus sensée de le punir. Je saurai le retrouver quand il le faudra. Tu dois me faire confiance. » « Oui... » laisse-je simplement échapper. Je m'écarte de la trajectoire que Lewis devra parcourir pour rejoindre la porte. Je m'éloigne, mais je pourrais... Si seulement... Je dois lui faire confiance... comme à Lewis, c'est ça ? Non, Sarah est quelqu'un de sensé, Lewis est sanguin. Je pourrais le lui promettre, est-ce que je tiens mes promesses ? Je n'en sais rien, je n'en fais plus. « D'accord Sarah... » Je croise à nouveau le regard de Lewis avant de reposer mes yeux sur l'arme. « Aaron ne survivrait pas à tout ça. Je ne vous le pardonnerai jamais si vous le brisez. Je ne vous laisserai pas le briser. » « Comme nous trois ? » Je demande mais même moi, je peine à entendre le propre son de ma voix. Je garde le poing serré, observe Lewis. « Lewis, va-t-en. » Il lui lègue un baiser sur le front. J'ai l'impression d'assister à leurs adieux. Je ne dis rien, je ne bouge pas. Il s'excuse, passe près de moi. Je lève ma main vide, manque de la poser sur son épaule mais je ne fais que brasser du vent. Attends, ne pars pas.

La porte se ferme derrière lui. « Je te l'ai pourtant dit, que c'est trop tard. Mon frère. » Je reste là à l'observer quelques instants. Il va revenir, il va rentrer et dire qu'on devrait tous partir d'ici, abandonner le cours de nos existences fratricides et s'enfuir. Il va le dire. J'attends, il ne revient pas. Je soupire, me retourne vers Sarah puis tends la main dans sa direction, partagé entre l'envie de lui donner une gifle et la prendre tout contre moi. Je garde le bras tendu vers elle : « Allez beauty... donne-la-moi maintenant... Tu vois... ça va mieux maintenant... »
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Il n'y a jamais eu qu'eux. Sarah n'a toujours fait tourner son monde qu'autour de sa famille. Elle a peur de véritables amis, encore moins de longue date. Ses relations amoureuses n'ont jamais duré, elle n'a jamais été capable d'aimer, Sarah. Les seules constantes de sa vie sont ses frères, et elle s'est toujours battue pour eux, pour faire tenir cette famille où les fossés se sont creusés, ont disparu, se sont creusés de nouveau. Alors elle ne peut pas laisser tout ça partir en fumée. S'il y a une chose pour laquelle elle doit mourir, s'il y a une chose pour laquelle elle doit se battre, c'est sa famille. Lewis est bien pâle, les yeux rivés sur elle et l'arme qu'elle tient contre sa tempe. Il s'approche un peu, doucement, et elle ne bouge pas d'un centimètre. Des choses se jouent dans les yeux de son grand frère, elle le voit très bien. Elle le connaît bien, malgré les nombreuses années qu'ils ont passées éloignés l'un de l'autre. Peut-être essaie-t-il de trouver des alternatives, de penser à toutes les options qui se trouvent devant lui. Mais tout ce qu'elle veut, c'est qu'il s'en aille, sain et sauf, de leur appartement, et que les choses cessent. Que les deux jumeaux ne soient plus face à l'autre à s'affronter, avec la menace que l'un va tuer l'autre d'une seconde à l'autre. C'est ce qu'elle essaie de lui faire comprendre en le regardant. Ne fais rien d'idiot. Fais moi confiance. Tu dois me faire confiance. Il approche une main de son visage, et elle serre légèrement la mâchoire. Mais il ne fait que poser sa paume sur sa joue et déposer un baiser sur son front. Elle sait que c'est un au revoir. Elle ne sait pas quand elle pourra revoir son frère. Elle ne reviendra pas chez elle, en tous cas, c'est sûr. Et elle suppose que Jeremiah sera attentif à ses communications, dans les jours et semaines à venir. Elle espère pouvoir communiquer avec Lewis le plus tôt possible, mais très honnêtement, elle ne sait pas de quoi sa vie sera faite à partir de maintenant. « Je suis désolé, » dit Lewis, et Sarah fait un léger signe de tête. Elle aussi, elle est désolée que les choses se passent ainsi. Il s'éloigne, et ne passe la porte qu'après un dernier regard à Jeremiah, avant de la refermer derrière lui. Sarah recommence à respirer un peu.

« Je te l'ai pourtant dit, que c'est trop tard. Mon frère. » entend-t-elle Jeremiah dire, même si la porte est fermée. On dirait presque qu'il attend que Lewis fasse demi-tour, revienne dans la pièce, qu'il se passe quelque chose. Elle détend ses muscles, un à un, mais toute la tension qu'elle a accumulée durant cette scène absurde lui tombe sur les épaules et la fait se sentir faible, exténuée. Elle n'arrive pas à bouger, l'arme toujours pointée sur sa temps. Elle a l'impression qu'il se passe une éternité avant que Jeremiah brise le drôle de silence qui s'est créé dans la pièce. Il a un bras tendu vers elle, et lui intime de lui rendre l'arme. « Allez beauty... donne-la-moi maintenant... Tu vois... ça va mieux maintenant... » Sarah se mord la lèvre et arrive enfin à sortir de sa torpeur. Doucement, elle abaisse l'arme, mais ne la met pas pour autant dans les mains de Jeremiah. Elle la garde près d'elle, et finit enfin par lever les yeux vers son frère. « Oui. » Elle expire un bon coup, et commence à tendre l'arme dans sa direction. Puis elle a un moment de recul. « Promets-moi que tu ne vas pas filer dans les escaliers pour le poursuivre. » Elle déglutit avec difficulté. « Promets-moi que tu ne l'utiliseras pas sur Lewis. Je t'en supplie, Jer, promets-moi. » Elle n'est pas sûre qu'il peut lui faire cette promesse. Ça la rend malade mais elle sait qu'elle a peu de chance qu'il lui fasse cette promesse. Mais elle espère, Sarah, comme d'habitude. Elle espérera jusqu'au bout que les choses puissent s'arranger, pour de vrai.
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Il y a ce mouvement de bras qui ne demande qu'à partir. Je devrais lui en coller une, pour qu'elle apprenne à ne jamais recommencer mais elle a été assez éprouvée. Je lui laisse un peu de répit, juste assez pour récupérer l'arme. Mon bras reste tendu vers elle parce qu'il m'est insupportable de la voir ainsi prise en otage de cette situation... que j'ai engendrée. Elle a les épaules pour le supporter, elle aurait eu la force nécessaire de tirer sur Lewis. Elle n'en est simplement pas consciente, elle se croit faible, elle a peur. Moi aussi j'ai eu peur au début mais jour après jour, elle peut s'endurcir. Elle peut renoncer à ce lien fraternel parfait pour prendre conscience de la réalité, des impératifs qui nous guettent, de l'urgence de la situation.

Elle baisse le canon de l'arme sans pour autant me la remettre tout de suite. Son regard est perdu dans le vide, je crains tout de même qu'elle ne fasse une bêtise. Maintenant que Lewis n'est plus là pour voir ça, et si d'un geste brutal, elle commettait l'irréparable ? Il ne suffit que de quelques secondes. Je serre le poing de ma main vide. Est-ce que je dois me tenir prêt à lui en coller une ? Est-ce que je devrais déjà fondre sur elle et le lui arracher de la main ? Allez, Sarah... « Oui. » dit-elle doucement, me tendant l'arme. Je fais pour la prendre mais elle la ramène vers elle. Putain. Je serre les lèvres, et ma main se referme dans le vide, le temps d'y écraser un objet imaginaire. Je baisse la tête une seconde, puis essaie d'afficher le sourire de la confiance et de la situation sous contrôle.

« Promets-moi que tu ne vas pas filer dans les escaliers pour le poursuivre. » Je la fixe. Je n'ai pas envie de promettre, je peux le faire, parce que mon intention n'est pas de le suivre. Il ne doit pas être bien loin. Il suffirait pour que je tire dans le vide pour qu'il rapplique en courant. Je pourrais le tuer ce soir sans sortir de cet appartement, je pourrais l'avoir déjà tué, des morceaux de son cerveau collés au mur. J'avais envie de le tuer, et j'ai encore peur qu'il veuille vraiment détruire les Watchers. Mais je ne le tuerai pas. Pas ce soir, au moins. Mon regard s'enfonce dans celui de Sarah, elle a besoin de cette promesse, alors pour toute réponse, je lui offre un léger hochement de la tête. Si j'avais voulu tuer Lewis, Lewis serait mort.

Mais je n'ai pas tout perdu. Il est blessé, physiquement, et dedans il est blessé aussi. Un peu de répit pour nous, pour moi, et pour lui. Avant qu'il ne fasse une véritable connerie. « Promets-moi que tu ne l'utiliseras pas sur Lewis. Je t'en supplie, Jer, promets-moi. » C'est... la première question qui me vient à l'esprit est : jamais ? Je baisse le regard sur l'arme. Où en est-on rendus ? Ma sœur cadette qui me demande de ne jamais utiliser cette arme sur mon frère jumeau. De ne plus le faire serait plus exact. Je ne fais pas de promesses, je ne fais jamais de promesses, elle le sait. Je ne sais pas de quoi sera fait l'avenir, et à quoi bon faire des promesses qu'on ne tiendra pas ?

Quand Lewis se tiendra là, que je serai entre lui et Stryker, je sais que je ne pourrai pas tirer sur William. Même si c'est la dernière chose que je fais, je sais que ce sera Lewis qui devra mourir. Je soupire, repoussant une vague de colère. Voilà qu'elle me fait du chantage. Alors quoi je dois lui mentir ou elle va se tirer une balle dans la tête ? Et ensuite ? Je vais pleurer sur son corps et Lewis va me tuer ? Se tuer ? C'est comme ça que ça doit se finir ? Je secoue la tête. Si je lui fais cette promesse, alors je la tiendrai. Elle le sait. Je pousse un lourd et bruyant soupir avant de hocher de la tête à nouveau. « Je te promets de ne pas utiliser cette arme sur Lewis, ni maintenant, ni jamais. »  Forcément, ça n'exclut pas que j'en utilise une autre... M'enfin... Il me tarde de récupérer celle-ci, elle m'accompagne si souvent. C'eut été ironique pour Lewis que je le tue avec l'arme que William m'a offerte. Qu'il en soit ainsi. J'insiste, sincère, auprès de Sarah. « Je te le promets. »

Je prends sa main dans la mienne, caresse la paume de sa main de mon pouce avant de croiser son regard. Tout ça n'aurait pas dû aller si loin, je n'aurais pas dû la mettre à l'épreuve, elle avait raison sur ce point. Je perds le contact de sa main quand je me dirige vers la porte de ce qui fut leur "chez-eux". On a tous besoin d'un foyer, pas vrai ? « Prends soin de toi, Sarah. Et fais attention. » Pas de menaces dans mes propos, du moins pas à cet instant...
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