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 Kurt Darkhölme ◈ Herr Indigo!

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Kurt Darkhölme
« Der Herr ist mein Hirte »


Identität
Name und Vorname: Kurt Darkhölme, obwohl ich war Kurt Wagner geboren und wuchs als Kurt Szardos auf. Kurt est né en tant que Kurt Wagner, mais il a été abandonné et fut recueilli par une Sorcière, Margali Szardos qui l'éleva comme son fils. Il a cependant décidé de se faire appeler Kurt Darkhölme après avoir été réuni avec sa mère, Mystique. Alias: Nightcrawler. Il a temporairement été connu en tant que Pestilence lorsqu'il fut asservi par En Sabah Nur et sema le chaos avec lui et ses autres cavaliers dans sa réalité d'origine. Alter: 21 jahre alt. Geburtsort und Nationalität: Schloss von Baron Christian Wagner - Bayern, Deutschland. Deutsch. Kurt ne vient pas de cette planète, ou de cet univers. Il est d'une réalité alternative, mais est malgré tout né en Bavière, en Allemagne. Beruf: X-Mann. Familienstand: Single. Sexuellen Orientierung: bisexuell. Eigenheiten: À sa naissance, Kurt possédait déjà les traits inhumains de son père, et de sa mère. Né avec la peau recouverte d'une fine fourrure bleue, d'yeux dorés lumineux, ainsi que d'une queue préhensile qui fait maintenant environ un mètre de long, il ne possède que trois doigts à chaque mains et deux orteils – plus longs que la normale – à chaque pieds. Il n'a pas d'empreinte digitale, mais à la place des sortes de ventouses microscopiques et adhésives sur la peau de ses mains et pieds qui lui permettent de s'agripper à toutes les surfaces, peu importe l'angle. Doté d'une agilité et de réflexes bien supérieurs à la norme, Kurt est naturellement incroyablement souple et est capable de rester dans des positions qui seraient bien trop inconfortables pour les autres pendant beaucoup plus de temps sans abîmer sa posture, ou sa colonne vertébrale.

Kurt est également, et est surtout, un mutant doté d'un don de
téléportation aux limites peu connues, puisqu'il se bride lui-même dans l'exercice de son pouvoir. Toujours terrifié d'apparaître dans un mur, ou bien là où il ne devrait, ni ne veut, pas. S'il n'avait pas si peur il pourrait, et l'a prouvé pendant son temps en tant que Pestilence, traverser de très grandes distances sans le moindre problème puisqu'il est aussi doté d'un don passif de conscience spatiale – il sait toujours où il est et ne se téléportera jamais au-dessus du sol ou en dessous, mais toujours directement dessus. Comme un instinct qu'il ne peut pas contrôler. La téléportation de Kurt lui est spécifique en ce qu'elle est à la fois une mutation mais est aussi directement liée aux origines de son père, un Neyaphem, produisant un son caractéristique [BAMF], qui est en fait le résultat du bruit de déplacement de l'air téléporté avec lui quand il disparaît et apparaît et laissant derrière lui une trainée de fumée aux odeurs de souffre. L'odeur provient en vérité de la dimension parallèle dans laquelle il se déplace inconsciemment d'une téléportation à une autre, le déplacement étant tellement rapide qu'il n'a même pas conscience de passer dans cette dimension. Tout ce qui n'est pas solide se déplacera avec lui lors d'une téléportation, liquide comme gazeux, même s'il peut téléporter d'autres personnes avec lui en les touchant. Chaque téléportation est un effort physique et plus la distance sera grande, plus essoufflé et fatigué il sera. Et malheureusement pour lui, le momentum de ses mouvements ne disparaît pas d'une téléportation à une autre, ce qui veut dire que s'il chute d'une hauteur mortelle, il ne pourrait pas se téléporter au sol en sûreté et ne ferait que précipiter sa mort, il peut cependant ralentir sa chute en effectuant plusieurs téléportations jusqu'à ce que la vitesse d'une telle chute s'estompe.

Résidu qui lui vient de son père, les yeux toujours luisants et lumineux de Kurt lui offrent aussi une sorte de
vision nocturne, même s'il ne voit pas parfaitement clair dans le noir à proprement parlé, il a juste plus de facilité à apercevoir les formes, les silhouettes et tout ce qui s'en suit que le commun des mortels. Autre souvenir laissé par son père, Kurt possède un genre de camouflage naturel qui fera en sorte qu'il apparaîtra toujours, sous sa véritable forme en tout cas, comme s'il était dans l'ombre, même avec une source de lumière directement dirigée sur lui. Parce qu'il est étroitement lié à la dimension dans laquelle il se téléporte entre deux déplacements et qui fait en sorte que la lumière ne puisse pas l'atteindre.


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Kurt déteste son véritable visage, et terrifié à l'idée d'être jugé et de nouveau traité comme un monstre, il dissimule son apparence derrière un hologramme produit par
un inducteur d'image construit par le Hank McCoy de sa dimension qui lui donne un air humain, ordinaire. Mais l'hologramme n'est pas solide et n'est pas capable de dissimuler la sensation qu'on ressentirait en lui touchant sa fourrure ou s'il bouge par inadvertance sa queue, qui redeviendra visible au moindre mouvement.


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Lorsqu'il était Pestilence, Kurt avait été accordé de nombreuses améliorations par Apocalypse, la principale consistait en une amélioration et une augmentation de sa mutation, qui le rendait capable de se téléporter sur des distances beaucoup plus grandes qu'à l'ordinaire, et dans des endroits qu'il n'avait jamais vu avant, pour rendre cela possible, Apocalypse lui avait offert un pouvoir de prescience qui le rendait capable non pas de voir dans l'avenir ou dans le passé, mais dans le présent. Comme un genre de troisième œil qui lui permettait de voir où il allait apparaître sans jamais se tromper. Ses téléportations étaient aussi devenues plus brutales, plus puissantes et plus imposantes, capables de déplacer les choses solides avec lesquelles il était en contact ; à chaque déplacement, il soulevait la terre à ses pieds, et la simple détonation à chaque apparition était capable de briser d'éventuelles vitres à proximité et de fissurer le sol sur lequel il atterrissait.

En tant que Pestilence, Kurt était aussi capable de puiser dans la dimension dans laquelle il se téléporte inconsciemment pour y tirer le souffre et la fumée résiduels qui résultaient de chaque déplacement, à tel point qu'il était capable de projeter des nuages de fumée toxique à travers ses mains, ou d'ouvrir des brèches vers cette dimension. Apocalypse avait aussi rendu la pointe de sa queue capable de sécréter un poison mortel, comme celle d'un scorpion.


Zugehörigkeit: X-Mansion, Homo Superior.

Interview
Êtes-vous pour ou contre la Loi de Recensement des Mutants ? Pourquoi ? Si vous êtes un Mutant, avez-vous décidé de vous recenser ? « Das ist lächerlich! » s'était-il écrié la toute première fois qu'on lui en avait parlé. L'idée de se faire recenser ne lui plaisait pas, parce qu'elle consistait, pour lui, à montrer qui il était vraiment. À faire tomber le masque derrière lequel il se cachait de façon permanente. Et ça, Kurt s'en sentait incapable, il ne se sentait pas assez courageux pour oser montrer de quoi il avait vraiment l'air à ses propres congénères, alors le faire à des gens qu'il ne connaissait même pas, et à un gouvernement qu'il savait ne pas être parfaitement honnête lui semblait être impossible. Une épreuve qu'il n'était pas encore prêt à surmonter, un travail sur lui-même à faire dont il n'avait ni les forces, ni la motivation, nécessaires pour y parvenir. Mais contrairement à d'autres, il n'était pas spécialement réticent à l'idée, il savait que malgré les quelques corrompus au pouvoir, il pouvait y avoir des personnes pures, des personnes dignes de confiance, alors il ne préféra pas prendre de décision pour le moment. Peut-être que s'il trouverait un jour le courage d'assumer sa véritable apparence il irait lui-même se faire recenser, mais pour le moment, il restera caché.
Pensez-vous que les Superhéros soient une bonne chose ?
« Yes, natürlich. Dey are needed at all times. » s'exclama-t-il en hochant la tête, un léger sourire lui traversant le visage pendant quelques secondes. « I tink zuperheroes are a gut ting. » Il préféra rester simple, ne pas détailler, ne pas trop parler. Le souvenir encore douloureux de son temps entre les griffes d'Apocalypse l'avait fragilisé, l'avait rendu moins convaincu par certaines choses, mais ce qui n'avait pas changé, c'était son amour de la justice, son envie d'égalité et d'équité. Ce désir de pureté, une pureté qui n'avait rien de malsain, rien de mauvais. Quelque chose de propre, d'honorable, de lumineux. Super-Héros, X-Mens, Avengers, peu importe le nom qu'on y donnait ; ces justiciers étaient une bonne chose, ils étaient nécessaires et utiles. Sans eux, après tout, il serait resté l'esclave d'un monstre et n'aurait jamais retrouvé sa liberté. « Vee need dem »
Qu'est-ce qui vous a poussé à combattre le crime/faire le mal ? « Regrets, sorrow und remorse. » Kurt n'avait pas eu la moindre intention, au départ, de se retrouver propulsé dans une telle histoire. Naître ordinaire lui aurait suffit, et même s'il n'avait pas pu, vivre une vie simple aux côtés de Margali lui aurait suffit aussi. S'il n'y avait pas eu toutes ces histoires de mutants, de X-Men et de toutes les choses qui s'en suivirent, il aurait été heureux de n'être personne. Mais comme il le disait lui-même, Dieu avait autre chose en tête pour lui. Un destin, peut-être, quelque chose en tout cas. Il n'avait jamais vraiment su quoi, ni pourquoi lui et pas un autre, mais il était heureux d'aider les autres, d'agir avec les autres mutants de Charles Xavier. Se considérer lui-même comme un super-héros, en revanche, c'était trop. Mais agir pour le bien des autres, pour protéger ceux qui ne le pouvaient pas et pour agir quand il fallait agir, sauver les faibles et les innocents, défendre les plus démunis. Tout ça c'était quelque chose d'agréable, c'était quelque chose qu'il se sentait heureux d'accomplir. Malheureusement pour lui, ça n'a pas duré longtemps. À peine avait-il eu le temps de finalement se sentir à l'aise dans l'Institut qu'Apocalypse fit surface et le condamna à le servir le temps de son règne -qui fut fort heureusement court-, et tout à coup Kurt découvrit que le bien n'était qu'une notion fragile, et qu'un rien était suffisant pour semer le chaos et réduire à néant tous les efforts produits par quelqu'un qui croyait en une possibilité de cohabitation entre les hommes et les mutants. Mais malgré cette nouvelle perspective, Kurt n'en fut pas tant affecté lorsqu'il reprit conscience de ses actes, au contraire même, il fut encore plus convaincu qu'il était nécessaire d'avoir des super-héros comme les X-Men, car sans eux les choses comme Apocalypse, et bien d'autres, ne pourraient pas être arrêtées, empêchées, ou vaincues. Et quand bien même il était maintenant forcé à vivre avec le souvenir de toutes les vies qu'il avait prises, Kurt était en paix avec lui-même, et ses regrets, son chagrin et ses remords sont un poids qu'il portera avec presque de la fierté, en sachant, qu'au moins, dans cette réalité ils sont toujours là et qu'il pourra empêcher d'autres choses de menacer la sécurité de ceux qu'il aime.
Quand vous avez découvert que vous étiez un mutant, comment avez-vous réagi ? Et vos proches, sont-ils au courant ?
« Uhm... Vell. » Kurt hésita, un regard se glissant sur la queue redevenue visible au travers de son déguisement d'humain, « I vas born like dis. » Il haussa les épaules, se mit à sourire et n'eut pas bien grand chose d'autre à dire. La chose était claire, il était né avec déjà la preuve qu'il n'était pas un homo sapiens, et il faudrait bien que l'on s'y fasse. Mais ça ne pouvait pas être simple, pas pour lui en tout cas. Sa mère l'abandonna, son véritable père ne se préoccupa même pas de sa naissance, ignorant même son existence. Abandonné, perdu, sans personne pour lui dire qu'il n'était pas un monstre, Kurt ne fut pas guidé vers une route qui consisterait en l'acceptation de sa différence, à la place, il fut convaincu que quelque chose était anormal, que quelque chose clochait en lui. Recueilli et élevé par Margali, Kurt découvrit ce que c'était que d'être aimé, même s'il savait que la vision des gens du Cirque Getmann était bien différente de celle du reste du monde, mais à l'époque, ça lui suffisait. Il ne connaissait rien d'autre que la vie avec ces forains. Et puis un jour, il fut frappé en plein visage avec la réalisation que la majorité du monde ne le verrait pas comme ça, pas comme quelqu'un mais comme un monstre. Qu'ils le verraient comme il se voyait lui-même. Kurt n'avait jamais su s'aimer, il n'avait jamais su se voir et ne pas penser qu'il était horrible, qu'il était hideux, il ne comprenait pas ce qui avait poussé Margali et les autres à faire comme s'il n'était pas un monstre, et même s'il leur était reconnaissant dans un sens, il ne pouvait s'empêcher de leur en vouloir de lui avoir menti et d'avoir fait comme s'ils l'aimaient.
Qui connait votre véritable identité ? Comment faites-vous pour la cacher ? Un moment de silence, de réflexion, comme pour se faire une idée. « Nein. Nobody. » Après tout, c'est vrai. Personne ne le connait dans cette réalité, personne ne sait qui il est, du moins pas ceux qui vivent en dehors de l'X-Mansion. Et encore, même ceux-là ne savent pas tous à propos de ses origines ou de son arrivée. Expliquer la présence de dimensions parallèles à des enfants serait une tâche trop compliquée, alors on ne préfère sans doute pas le leur dire, ni leur parler de ce qu'il a bien pu faire avant d'atterrir ici. Il ne faudrait pas les terrifier, d'autant que son apparence réelle doit être déjà bien suffisante à ça... C'est d'ailleurs bien pour cela qu'il continue de se cacher sous l'hologramme produit par son inducteur d'images, et espère ne jamais avoir à montrer son véritable visage, trop effrayé par les éventuelles réactions de dégoût qui en découleraient.
Êtes-vous satisfait de la profession que vous effectuez actuellement ? Il n'y avait pas vraiment de satisfaction à proprement parlé à l'idée de faire ce qu'il faisait, peut-être un sentiment de justice et d'accomplissement, mais certainement pas de la satisfaction. Il se sentait rassuré d'accomplir quelque chose comme ça. Il se sentait à sa place, à aider les autres, à sauver des gens et venir en aide au monde entier. Et puis c'était surtout une histoire de finir par se pardonner à lui-même de toutes les choses qu'il avait fait qu'il s'était décidé à continuer sur cette route, parce qu'il ne pourrait pas supporter de simplement vivre dans la honte et le regret sans chercher à trouver un certain salut pour se sentir mieux. Mais ç'aurait été mentir que de dire que ça ne lui plaisait pas d'être un X-Men.


IRL
Pseudo/âge/sexe (f ou m) ; :pink: Fréquence de connexion ; :pink: Que pensez-vous du forum? ; :pink: Comment l'avez-vous découvert ? :pink: Célébrité choisie ; michael johnston :pink: Credits (avatar, icon etc.) ; mendax/tumblr :pink: toussa toussa :pink:

THE NEW AGE
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Biografie

« Der Herr ist mein Hirte, mir wir nichts mangeln. Er weidet mich auf einer grünen Aue und führet mich zum frischen Wasser. »

blaues Blut —
Les monstres, des personnages fantasmagoriques qu'on incorporait à un incalculable nombre d'histoires ; souvent pour personnifier le mal, certains traits ou défauts, parfois aussi pour donner une leçon. Toujours dans un dessein des plus manichéens, manichéisme que l'on retrouvait tout autant à propos de ces monstres et de leurs allures elles-mêmes. Ils étaient anormaux, avec des caractéristiques trop différentes des nôtres, parfois mêmes animales ou étaient tout simplement des choses anthropomorphes. Ils ne nous ressemblaient jamais, ils étaient différents, bizarres, hors du commun. Amoraux et vicieux, capables uniquement du pire et du plus terrifiant, sans jamais se soucier d'éventuelles conséquences. Mais les monstres n'étaient que des inventions, des dispositifs narratifs qui ne fonctionnaient que dans un but précis. En tout cas... C'était bien ce qu'on espérait d'eux. C'était bien l'un des seuls espoirs que tout un chacun continuait d'avoir, peu importe son âge. Une sorte de naïveté, un besoin de se dire que le monde était trop beau pour y accueillir des créatures de ce genre. Un espoir que certains masquaient comme ils pouvaient, dans des gestes de bonté, que d'autres étouffaient dans la prière et que d'autres encore ignoraient simplement, en se disant que tant qu'ils n'y prêtaient pas attention tout irait bien. Et Christian Wagner, comme beaucoup d'autres, était de ceux qui préféraient ignorer, il préférait se dire que s'il n'y prêtait pas la moindre attention, les monstres ne viendraient jamais à lui. Christian n'était pas quelqu'un de spécialement courageux, de toute façon. Il était comme la plupart de ces nouveaux-riches, ces gens qui grandissaient dans l'opulence sans avoir à faire le moindre effort, sans les moindres compétences ou capacités quelconques, il avait hérité de ses parents qui eux s'étaient fait un nom en Allemagne, des magnats des affaires. Christian n'était pas comme ça. Mais on ne pouvait décemment pas lui retirer cette habileté à entretenir la fortune de son héritage. Il n'était pas bon en affaires, mais il était doué pour maintenir les choses comme elles l'étaient.  Christian n'était pas le genre de personne qu'on pouvait non plus qualifier de courageux, il était lâche, vicieux, et souvent du genre à profiter de son statut et de sa noblesse obsolète et désuète pour arriver à ses fins, si bien qu'il avait une main mise sur presque toute la ville à laquelle son Château - celui de ses parents - était rattaché. Le Baron Wagner était un homme puissant, riche et important. Si bien qu'on en oubliait son apparence pour le moins peu attirante et que sa simple place dans les hautes-sphères de la société était l'argument suffisant pour vouloir de lui. Et nombreuses tentèrent de se l'approprier en usant de leurs charmes. Mais une seule parvint à le charmer.

Ils s'étaient rencontrés la première fois pendant un bal organisé par le Baron lui-même, immédiatement charmé Christian l'approcha, et lorsqu'il lui demanda son nom elle ne lui offrit qu'un prénom, Raven. Il ne la revit plus ensuite, alors intrigué, Christian décida d'organiser d'autres bals, d'autres fêtes et d'autres réceptions dans l'espoir de la voir de nouveau, mais elle ne réapparue pas. Pendant plusieurs semaines il continua de gaspiller son incommensurable fortune simplement dans l'espoir de revoir cette mystérieuse Raven, et au bout d'un mois et demi il fut enfin honoré par sa présence à nouveau. Raven ne lui révéla toujours pas son nom, et ils passèrent une première soirée ensembles, mais avant même qu'il n'ait le temps de l'inviter à passer un peu plus de temps avec lui, au château, elle disparue de nouveau. Frustré, mais toujours autant intrigué par la jeune femme qui devait clairement appartenir à l'une de ces autres familles riches et influentes, Christian essaya de la retrouver d'une autre façon. Mais ses tentatives s'avouèrent toutes inutiles. Et puis un autre jour, bien longtemps après ces petites histoires idiotes, au détour d'un dîner ennuyeux et mondain, Raven fit de nouveau acte de présence. Cette fois-ci, elle ne disparue pas. Et lorsque Christian lui demanda son nom, elle ne lui offrit qu'un sourire avant de lui murmurer à l'oreille qu'il n'avait pas d'importance, puisqu'il allait devenir Wagner, un jour. Amusé autant que bien plus charmé qu'il ne l'était déjà, Christian se laissa prendre dans les manigances de la jeune femme, ne se doutant pas un seul instant qu'elle n'avait jamais cessé de rejoindre chacune de ces choses qu'il organisait, gardant toujours un œil sur lui. Raven était une mutante, et pas n'importe laquelle, elle possédait le don remarquable de métamorphose, capable de prendre l'apparence et les caractéristiques de tout ceux qu'elle croisait, même d'un seul regard. Raven était tout sauf motivée par l'amour. Elle voulait profiter du statut et de tout ce que possédait Christian. Mais pourquoi, pouvait-on s'interroger. Simplement parce qu'elle avait toujours été attirée par le pouvoir et la richesse. Parce qu'elle avait toujours adoré se hisser au sommet de la hiérarchie pour parvenir à ses fins, parce qu'elle était comme un piranha affamé, comme une veuve noire, et que rien n'allait l'arrêter, pas même sa propre victime. Après des années de fréquentation sensuelle, romantique et torride entre eux, Christian demanda Raven en mariage. En sachant que c'était ce qu'elle voulait, elle n'hésita pas un seul instant à lui dire oui. Et elle devint Raven Wagner. Comme prévu.

Christian était un homme qu'on pouvait sans doute qualifier d'ingénieux et de débrouillard, mais il était loin d'être le plus intelligent des hommes. Souvent naïf, débordé, et tout simplement idiot par moment. Il croyait tout ce que Raven pouvait bien lui dire, sans jamais se poser de question et sans jamais remettre en cause sa parole, tout ça parce qu'il était bêtement aveuglé par un amour qui était bien loin d'être réciproque. Elle prétendait travailler, faire des affaires, s'occuper des entreprises que la famille Wagner avait léguées à Christian — et dans un sens c'était bien le cas, mais la vérité était plus complexe que cela. Usant de ses dons anormaux, Raven prenait un malin plaisir à prendre part dans un bon nombre de manigances, certaines néfastes à la survie des firmes que possédait Christian, se faisant passer pour des employés importants, mais aussi usant de ses pouvoirs pour profiter du statut et de la richesse de Christian pour se permettre de secrètement vivre de nombreux adultères. Au final, Christian n'était rien de plus qu'un porte-monnaie, aux yeux de Raven. Le seul problème dans tout cela, c'était bien qu'il faille qu'elle continue d'entretenir les apparences et de lui faire croire qu'elle l'aimait inconditionnellement comme elle l'avait fait la toute première fois, simplement pour réussir à faire en sorte qu'il finisse par s'intéresser. La tâche n'était pas tant insurmontable que ça aux yeux de Raven, c'était une histoire relativement simple pour elle, elle faisait ça depuis si longtemps que manipuler les autres n'était devenu au fil du temps qu'un jeu dans lequel elle excellait. Se faisant, elle continua ses manigances, continua de s'amuser de la naïveté de Christian et au fil du temps, rencontra un autre homme pour lequel elle tomba sous le charme et non l'inverse comme elle l'avait fait auparavant. L'ironie du sort voulu que l'homme pour lequel Raven s’éprenne d'amour au premier regard lui ait été présenté par Christian, lui-même, lors d'un bal organisé pour une énième œuvre caritative. Quelques semaines plus tôt à peine, le couple avait parlé de leur désir - ou plutôt du désir de Christian, d'avoir un enfant. Mais Raven ne pouvait se résoudre à l'idée de porter l'enfant du baron Wagner, heureusement pour elle, il était stérile. Quand bien même il l'ignorait, trop prétentieux et certain qu'il s'agissait de quelque chose qui clochait en elle et non lui. Mais parce qu'elle savait qu'il refuserait toujours d'admettre que le problème venait de lui et qu'elle se doutait qu'il risquait sans doute de vouloir trouver une autre femme pour avoir un enfant, Raven se laissa aller à vagabonder avec l'autre homme que Christian lui avait présenté innocemment, un homme venu des Bermudes. De celui-ci Raven s'enamoura, prise à son propre jeu. Et à force de passer du temps avec lui, ils devinrent confidents, puis Raven lui parla du besoin d'avoir un enfant avec Christian, mais de l'impossibilité de la chose. L'homme, Azazel, lui promit son aide. Et un jour, elle et lui - à force de continuer à se voir et s'entendre si bien, décidèrent de passer à l'acte. Il n'y avait pas d'autre moyen de toute façon. Et enceinte d'Azazel, Raven fit croire à Christian qu'il était le père.

Seulement, Christian n'était pas dupe, il n'y avait aucune raison que Raven soit du jour au lendemain capable de porter son enfant et, suspicieux, il décida un soir de mettre tout ceci à l'épreuve ; forçant un dialogue un soir, il insista sur ses doutes, ses peurs et ses impressions vis-à-vis de cette soudaine grossesse et imposa qu'un test de paternité soit fait une fois l'enfant né. Et s'il était bien celui de Christian, il continuerait de la couvrir d'or et d'amour. Soudainement prise de panique, la mutante chercha en vain à détourner la conversation, à se confondre en d'innombrables excuses et autres mensonges afin de l'assurer qu'il n'y avait rien à craindre et qu'il était bien de lui, mais Christian ne voulait rien entendre, alors, prise de furie à l'idée de perdre toutes les choses qu'elle avait gagné en profitant de lui, Raven le tua. Paniquée, elle fomenta à toute vitesse une histoire et après l'avoir enterré en pleine nuit à l'extérieur, loin du château, prétendit qu'il avait disparu, qu'on l'avait peut-être même enlevé et qu'il faille le retrouver. Bien sûr personne n'y parvint et elle resta Baronne le temps de sa grossesse.


⁂   ⁂

On avait été furieux, enragés et même révulsés de voir naître une abomination de la sorte. Mais ce qui avait été encore plus inquiétant, encore plus terrifiant, c'était de voir sa mère elle-même perdre de son humanité lorsqu'il vit le jour. Les personnes en charge d'elle à ce moment furent terrifiées, si bien que l'une d'elles manqua même de faire tomber l'enfant au sol lorsqu'elle vit la créature bleutée qu'était sa mère révéler sa véritable forme. Tout s'était ensuite enchaîné si vite que c'était difficile de comprendre ce qui avait bien pu se passer dans l'esprit des gens lorsqu'ils furent pris d'une rage inarrêtable et manquèrent de la tuer. Étonnamment forte et résistante, la créature qui venait d'enfanter ce diable semblait déjà avoir récupérée de son accouchement et parvint à prendre la fuite. Bannie à tout jamais du château et du village qui étaient devenus son foyer, elle n'eut pas d'autre choix que d'abandonner l'enfant. Sans trop réfléchir, et espérant peut-être qu'il n'y survivrait pas, elle avait pris la fuite et s'était enfoncée dans les profondeurs d'une forêt, puis au bord d'une rivière et laissa son fils dériver sur celle-ci avant de disparaître à son tour, sans plus laisser la moindre trace d'elle-même.

Peut-être que le destin décida de se montrer favorable, ou peut-être était-ce le désir d'un quelconque dieu qui avait posé les yeux sur le sort de l'enfant ce jour-là, mais quoi que ce fut, ça décida qu'il ne mourrait pas. Au lieu, alors qu'il continuait de dériver et de s'époumoner à pleurer et à ne pas comprendre ce qu'il se passait autour de lui - incapable de comprendre quoique ce soit de cet environnement autour de lui, ces images floues qui défilaient, cette sensation bizarre dans son dos, froide et mouvante qui semblait s'accrocher à lui et à sa fourrure, ni même cette chose brûlante et trop brillante qui le fixait et le suivait tout en haut alors qu'il continuait de bouger et de hurler mais qui ne venait pourtant pas l'aider, il fut soudainement arrêté dans sa course incontrôlable par un étrange nuage de lumière qui le souleva lentement, le berça tendrement et l'attira dans les bras d'une femme. Tout autant surprise que quiconque l'aurait été de voir un bébé dériver sur une rivière, Margali n'eut pas le cœur de l'ignorer et préféra le récupérer pour s'occuper de lui dans l'espoir que sa mère viendrait peut-être un jour pour le retrouver, ignorant tout de celle-ci et de l'histoire qui suivait cet enfant, simplement meut par un sentiment maternel vis-à-vis de celui-ci, un amour peut-être trop grand qui se diffusait sur tous les enfants qui pouvaient croiser son chemin. Bien que surprise de voir qu'il n'était pas comme les autres, elle ne fut pas effrayée par la fourrure, ni par les yeux lumineux, ou cette queue pointue qui le rendaient unique. Il n'avait pas de nom, ni rien qui permettait de deviner si on lui en avait donné un, alors Margali le ramena avec elle au cirque auquel elle appartenait et le baptisa Kurt. Là, elle l'éleva comme son fils. Lui révélant le plus tôt possible et dès qu'il fut en âge de le comprendre, qu'il n'était pas son véritable fils et avait simplement été adopté, sauvé même. Kurt lui fut reconnaissant et ne cessa pas pour autant de l'aimer comme si elle était sa véritable mère. Et de cet amour que Margali lui offrit et de cet environnement dans lequel il put grandir sans craindre d'être jugé pour son apparence — du moins pas ouvertement, Kurt eut une enfance relativement heureuse, ne se rappelant même pas qu'il avait été abandonné, de rien du tout avant qu'il ne soit élevé comme le fils de Margali, de rien avant qu'il ne soit Kurt Szardos.

Vivre différent était une épreuve que certains connaissaient et Kurt n'aurait jamais prétendu qu'il savait mieux qu'un autre à ce sujet, quand bien même c'était le cas. Il était trop humble. Et la vie au cirque avec Margali l'avait épargné des préjudices et des injustices qu'il aurait subi en vivant avec les autres, ces Außenseiter — gens de l'extérieur — comme les appelaient ceux du cirque, même s'il ne pouvait pas s'empêcher de les remarquer ces regards discrets et indiscrets que certains de ces forains qu'il considérait comme sa famille lui lançaient parfois, souvent d'un air dégouté et qu'ils s'efforçaient de faire disparaître chaque fois qu'ils se retrouvaient face à lui. Grandir au sein d'une communauté de forains voulait souvent dire qu'on en ferait soi-même partie, qu'on participerait à la vie de ce cirque. Et Kurt ne fit pas exception. Dès le plus jeune âge il se montra intéressé par ce que faisaient les trapézistes et les acrobates, et sous le regard bienveillant de Margali, Kurt devint l'un d'entre eux. Il avait cette aisance naturelle, due à son apparence et ses caractéristiques hors du commun qui faisaient de lui quelqu'un d'extraordinairement agile et souple, capable de faire mieux et plus facilement que les autres. Devenant Herr Indigo le monstre volant, il traversa le pays avec le reste du cirque, offrant des spectacles extraordinaires et incroyables, sous les yeux incrédules de spectateurs qui pensaient qu'il n'était qu'un homme caché derrière un costume de diable. Et d'une certaine façon, Kurt se sentait mieux lorsqu'il était regardés par ces yeux-là, ceux qui ne savaient pas, des regards pleins d'innocence et de bonnes intentions, des regards fascinés, émerveillés. Tout ceci lui faisait intensément plaisir, et il en était arrivé à mieux se sentir sous le chapiteau qu'en dehors, quand les Außenseiter n'étaient plus là. Il s'y sentait mieux, plus à l'aise. Plus accepté. Plus aimé, peut-être même. Et un jour, au lendemain d'un énième spectacle suivit d'applaudissements tonitruants pour ses performances, Kurt se sentit inspirés et prit d'un espoir naïf. Il voulait rencontrer les gens qui l'acclamaient. Il voulait faire connaissance avec cette partie d'un monde qu'il n'avait jamais connu en vivant dans un espace aussi reclus que l'était celui du cirque. Et plutôt que de rester dans son coin avec le reste des forains qu'on pouvait considérer anormaux, Kurt se débrouilla et se faufila, usant de ses dons extraordinaires d'acrobate pour ne pas se faire remarquer et entraver par un quelconque forain réticent à l'idée qu'on découvre qu'il n'était pas ordinaire.


⁂   ⁂

Hélas, si jeune qu'il était ; quatorze ans à peine, Kurt était plus naïf qu'il n'était judicieux. Lui qui pensait que les applaudissements et les sourires lui étaient dirigés spécifiquement fut bien malheureux de découvrir qu'ils ne concernaient pas son apparence, mais bien ce dont il était capable. Choqué par un cri bruyant et strident alors qu'il s'était simplement approché en souriant pour essayer de discuter il n'eut pas le temps de comprendre quoi que ce soit qu'on le poussait déjà au sol, qu'on le traitait de monstre et qu'on lui crachait au visage en le menaçant de centaines de façons différentes. Il ne comprenait pas, il était perdu, il était désenchanté, il était déçu. Ces gens en qui il avait soudainement eu tant d'espoirs venaient de lui faire comprendre qu'ils ne valaient pas mieux, qu'ils étaient, au final, pire que les forains. Et lorsqu'il chercha le réconfort de ses camarades et leur soutien, il ne fut qu'heurté par d'infinis commentaires agacés qui lui disaient qu'il l'avait bien cherché, qu'il n'aurait pas dû enfreindre les quelques règles qu'on lui avait imposées, et qu'il devait s'estimer heureux d'être encore le bienvenue parmi eux malgré son comportement inacceptable. Il aurait dû laisser tout ça ainsi, il le savait. Il n'aurait jamais dû essayer de se défendre et de chercher à prouver qu'il n'avait rien fait de mal. Mais c'était trop tard, Kurt avait trop parlé. Il avait trop tenu tête aux autres, si bien qu'on s'énerva contre lui et qu'on en vint à lui hurler de disparaître et de ne plus jamais revenir. Malgré les tentatives de Margali de les faire taire et de le laisser tranquille, il était jeune et ignorant après tout, disait-elle. Mais ce ne fut pas suffisant. On le jeta dehors. Sans rien, sans ressources.

Et soudainement contraint à vagabonder pour survivre, à voler pour pouvoir espérer manger quelque chose au moins une fois par soir, Kurt se perdit en chemin. Perdant espoir, perdant envie. Perdant tout petit à petit. Il n'y avait plus rien qui n'avait de sens, il n'y avait plus rien qui justifiait qu'il doive essayer de continuer à vivre. Plus rien, plus personne. Même Margali qui disait l'aimer tant n'avait jamais cherchée à le retrouver, à le recontacter... Sa propre mère adoptive semblait l'avoir abandonné comme l'avait fait sa véritable mère. Et incapable de se montrer en plein jour pour espérer mendier quoi que ce soit, Kurt devait agir la nuit, il devait ramper entre les ombres, se faufiler dans la noirceur, devenir un Nightcrawler.

Vergeltung —
Comme deux minuscules lanternes immobiles, les deux sphères dorées brillaient d'un air inquiétant dans le coin de la ruelle. On ne pouvait rien discerner d'autre que celles-ci, même si on essayait d'y concentrer son regard. Comme s'il n'y avait tout simplement rien. Comme s'il n'y avait rien et que les lueurs qui semblaient parfois nous fixer en pleine nuit n'étaient qu'un fragment étrange de notre imagination, sans doute causé par des peurs irrationnelles et enfantines du noir. Mais pourtant, il arrivait parfois que certains arrivent à les voir, les fixer un instant, à se convaincre que ce n'était pas une hallucination mais bien quelque chose qui rôdait dans la nuit juste avant qu'elles ne disparaissent sans la moindre explication. D'autres prétendaient qu'ils avaient entendus des sons dans la nuit, mais pas quelque chose de bruyant, quelque chose qui semblait être plus volatile. Plus vif, comme un sifflement trop rapide de l'air qui se déplaçait à toute vitesse, comme si quelque chose se cachait ou prenait la fuite. Et d'autres encore, bien que moins fréquents et nombreux, prétendaient avoir aperçu le Diable lui-même se faufiler entre les ruelles. Sa queue pointue fendant l'air le temps de quelques secondes avant qu'il ne disparaisse. Mais un jour, certains se lassèrent des bruits et des rumeurs, se lassèrent de craindre de sortir le soir par peur de cette supposée créature qui semblait être racontée comme étant dangereuse et nuisible. Et c'était donc armés de battes et d'autres barres de fer qu'ils étaient sortis dans les rues, en pleine nuit. Ignorants que la chose qu'ils chassaient les observait silencieusement, inquiète.

Kurt avait pris l'habitude de se cacher, depuis son exil du cirque, il avait dû apprendre à vivre dans la rue, à vivre dans le secret et la discrétion. Il avait drastiquement maigri depuis tout ce temps et n'avait presque plus que la peau sur les os, il était devenu méfiant, fragile, et peureux. Incapable de s'approcher des autres, incapable de trouver la force de se convaincre que certains pourraient réagir autrement que ce qu'il pensait, incapable de faire confiance aux autres. Il était seul, il était perdu. Il savait qu'il ne tiendrait plus longtemps et s'étonnait lui-même d'avoir supporté une année toute entière à survivre de cette façon. Profitant quand il le pouvait de la bonté des hommes d'église, du moins indirectement, parce qu'il n'osait pas encore les approcher et leur demander de l'aide, convaincu que son apparence démoniaque et hideuse ne ferait que lui apporter d'autres problèmes, Kurt était obligé de les voler. De récupérer comme il le pouvait dans les restes de ce que les églises donnaient aux sans-abris, de fouiller dans les poubelles à la recherche de ce qui l'aiderait au moins à ne pas s'évanouir et juste à survivre une journée de plus. Mais cette fois, sa couverture n'était plus suffisante, quelqu'un avait repéré la lueur inaltérable de ses yeux et avait sifflé aux autres qu'il l'avait vu. Et soudainement, alors qu'il sursautait et se redressait pour prendre la fuite, Kurt fut projeté en avant, en dehors de l'ombre de la ruelle et s'écrasa au sol, contre le trottoir glacé.

« Mein Gott... Was ist das verdammte Ding...( Mon Dieu... Qu'est-ce que c'est que cette chose...) » S'interrogea dans un grognement l'un des hommes, celui qui s'était discrètement faufilé derrière Kurt, une barre de fer serrée dans un poing. Dans un soupir de douleur accompagné d'épuisement, Kurt essaya en vain de se redresser, au moins pour regarder l'assaillant, mais ne parvint même pas à bouger, avant de sentir la terrifiante et douloureuse pression d'un pied lui écrasant la pointe de la queue. Gémissant, et essayant de les supplier de le laisser tranquille, l'adolescent ne parvenait même plus à former le moindre mot, ne sortaient de ses lèvres desséchées que des bruits et des souffles douloureux. « Ohh... Schauen! Es versucht zu sprechen! (Ohh... Regardez ! Ça essaie de parler !) » s'était-il ensuite mis à rire, en continuant d'écraser son pied sur la pointe fragile. Avant de lever le bras, dressant la barre de fer dans les airs, alors que les autres types qui l'accompagnaient gardaient leurs yeux pleins de haines fixés sur le pauvre mutant étalé au sol, prêt à l'abattre sur le corps fébrile et fragile de Kurt. Soudainement pris de peur et de panique, animé d'adrénaline, Kurt parvint à se redresser partiellement et à tenter de reculer en se trainant en arrière alors que le pied de la brute venait de s'éloigner de la pointe endolorie de sa queue, et levant les bras au dessus de son visage alors que l'autre abaissa violemment son bras et frappa, Kurt retint son souffle tant il était surpris d'avoir réussi à se protéger du coup. Rouvrant les yeux avec étonnement, il fut surpris de voir qu'il n'était plus au même endroit, mais de nouveau dissimulé dans l'ombre, derrière la brute. Les yeux de Kurt se posèrent presque instinctivement sur le nuage de fumée qui avait déjà commencé à s'estomper, là où il était encore quelques secondes plus tôt et fronçant les sourcils, sans parvenir à comprendre ce qu'il venait de se passer, il décida que la seule chose à faire était de courir. Pas question de rester à proximité de ces barbares et pas question de se laisser attraper, peu importe ce qu'il venait de se passer.

Le bruit de ses pas soudains et rapides alertèrent ses agresseurs qui se retournèrent et foncèrent à toute vitesse dans la ruelle pour le rattraper. Ils voulaient le tuer. Et Kurt, serrant les poings, couru plus vite qu'il n'avait jamais couru. Priant que la chose qui venait d'avoir lieu pourrait se reproduire. Priant qu'on lui vienne en aide. Mais aussi fragile et épuisé qu'il était depuis tant de temps, il eu bien du mal à maintenir sa course et se sentit déjà ralentir, le bruit de ses poursuivants devenant de plus en plus fort et plus proche, et la terrible douleur qui lui tiraillait les muscles le forçant à arrêter de courir pour reprendre son souffle. Se serrant les côtés, il ferma les yeux et tout en prenant une grande inspiration essaya de reproduire ce qu'il s'était passé. Se concentrant sur tout ce qu'il avait ressenti, toutes les impressions qu'il avait eu, toutes les choses qui lui étaient passées à l'esprit au moment où le coup allait s'abattre sur lui. Et tout à coup, lorsqu'il rouvrit les yeux et observa les brutes s'approcher à toute vitesse à nouveau, une autre détonation de fumée se produisit, le projetant ailleurs. Juste au-dessus, sur le toit d'un des immeubles. Kurt ne comprenait pas, mais il était bien reconnaissant au sort d'avoir décidé de lui offrir un don comme celui-ci. Retrouvant tout à coup espoir. Un sourire vint se dessiner sur son visage, un premier sourire depuis plus d'un an. Le lendemain même, Kurt décida de quitter la ville. Il fallait qu'il se cache ailleurs, qu'il trouve un autre endroit où essayer de survivre, celle-ci était devenue trop dangereuse pour lui. Et grâce à ce nouveau don, tout semblait devenir plus simple. Traversant les distances avec beaucoup plus de facilité et perdant de moins en moins de force à mesure qu'il voyageait, Kurt retrouva lentement une forme et une silhouette qui semblait plus humaine, et puis, parvint à complètement maîtriser ce nouveau don. Il ne savait pas exactement ce qu'il était grâce à ce pouvoir étrange, mais ce qu'il savait c'est que grâce à celui-ci, il avait une chance de survivre. Et peut-être, qu'il s'en sortirait maintenant. Kurt avait retrouvé espoir.


⁂   ⁂

Le temps passa, les jours puis les semaines s'enchainèrent et au fur et à mesure, Kurt devint de plus en plus maître de son don et de plus en plus capable de survivre seul. Rendu plus solide et plus résistant, plus confiant en lui-même aussi, il avait fini par perdre cette fragilité qui le rendait terrifié d'essayer de se montrer en plein jour, mais maintenant qu'il était capable de disparaître en une fraction de secondes tout était devenu plus simple et plus pratique pour lui. Il avait récupéré un vieux trenchcoat jeté aux ordures et s'en servait pour cacher sa queue et sa fourrure, dissimulant son visage sous la capuche d'un sweat lui aussi récupéré par chance, Kurt osait traverser les rues. Sans pour autant être fier de ce à quoi il ressemblait ni pour oser poser son regard dans celui des autres, mais simplement pour pouvoir arpenter les rues et se débrouiller pour repérer les endroits dans lesquels il pourrait éventuellement passer la nuit. Et en même temps de cela, Kurt avait enfin trouvé le courage de faire confiance à la bonté des hommes d'église. Il s'était faufilé une nuit dans l'une d'entre elle, simplement parce qu'il avait besoin d'un abri et s'était immédiatement hissé sur la charpente de celle-ci pour s'y cacher, dans l'espoir que personne ne l'y apercevrait. Au départ simplement pour s'abriter d'un orage trop violent, Kurt commença à prendre l'habitude de se recroqueviller à l'intérieur de cette église en particulier et commença à presque prendre ses aises — de la façon la plus possible qui soit dans un espace aussi étroit — et commença à presque considérer ce petit recoin comme son nouveau chez lui. S'y cachant toujours, le retrouvant chaque fois après qu'il sorte pour se trouver de quoi ne pas mourir de faim. Jusqu'au jour où l'on y découvrit sa présence.

« Ich wusste dass ich ein Geräusch vor ein paar Tagen gehört. (Je savais que j'avais entendu du bruit il y a quelques jours.) » marmonna le vieux prêtre en levant la tête vers la queue bleutée qui balançait du haut d'un trou dans la charpente. « Du kannst rauskommen jetzt, Junge! (Tu peux sortir maintenant mon garçon !) » Siffla-t-il ensuite d'un ton presque paternel, agréable et protecteur en tout cas. Joignant les mains dans son dos. « Ich werde dir nicht weh tun. (Je ne vais pas te faire de mal.) » lui assura-t-il. Un sourire amusé se glissa sur les lèvres du prêtre lorsqu'il vit la queue lentement disparaître vers le haut. Et pendant plusieurs secondes, il ne se passa rien. Kurt resta silencieux, inquiet et curieux à la fois. Incertain quant à l'idée de descendre et de se montrer au prêtre. Il avait passé suffisamment de temps dans cette église pour avoir écouté tous ses sermons et pour avoir appris presque par cœur chaque phrases et chaque mots de la Bible, et s'il savait une chose c'était bien que l'amour de son prochain était important, peut-être pouvait-il alors lui faire confiance, se disait-il en hissant sa tête lentement et avec énormément de précaution, simplement pour regarder le prêtre, toujours là les bras dans le dos et un sourire sur le visage. Kurt l'observa un moment, toujours recroquevillé au plafond, ses pupilles lumineuses comme seule signe pour le prêtre que l'adolescent était toujours là. « Bist du hungrig? (Tu as faim ?) » demanda le prêtre, et pour seule réponse il reçu un hochement timide de tête, « Ich habe etwas Brot und Tee bekommen. Kommst! (J'ai un peu de pain et de thé. Viens !) » insista le prêtre une dernière fois, en tournant les talons pour aller effectivement chercher et prouver qu'il en avait bien, assurément pour montrer à Kurt qu'il ne lui mentait pas et n'avait pas l'intention de lui mentir ou de lui faire du mal. Un très léger sourire rassuré vint se glisser sur les lèvres de Kurt et dans un sifflement sec de l'air, il avait disparu de la charpente et se retrouva en face du prêtre, un peu recroquevillé sur lui-même et n'osant pas le regarder. La surprise du prêtre de le voir apparaître ainsi se lisait facilement sur le visage de celui-ci, mais il ne prononça pas le moindre mot, Kurt, en revanche baissa la tête et marmonna timidement, en agitant une main pour faire disparaître la fumée encore présente autour de lui, « Entschuldigung... (Je suis désolé...) » Le prêtre lui offrit un sourire et une tape réconfortante sur l'épaule et lui répondit « Alles is gut, mein Junge, alles is gut. (Tout va bien, mon garçon, tout va bien.) »

Ils allèrent s'asseoir sur l'un des nombreux bancs et après que le prêtre lui ait apporté ce peu de pain et cette tasse de thé, ils discutèrent longuement, Kurt n'avait pas eu de conversation avec qui que ce soit depuis tellement longtemps qu'aligner les mots était aussi difficile que c'était de le regarder dans les yeux, ou même tout simplement dans sa direction. Et pas une seule fois le prêtre ne lui parla de son apparence étrange, pas une seule fois il ne sentit le regard de celui-ci se glisser ou sur sa fourrure, ses yeux, ou sa queue. Ni même sur ses mains à trois doigts. C'était la première fois de toute sa vie que Kurt se sentait accepté, la toute première fois de toute sa vie que Kurt était à l'aise aux côtés de quelqu'un. Et toute la nuit durant, le prêtre mit un point d'honneur à faire en sorte que l'adolescent se sente à l'aise, apprécié, et rassuré. Il se doutait bien qu'il n'avait pas dû avoir une vie facile, il s'en doutait parfaitement bien, mais on lui avait appris à aimer son prochain avant tout et c'était bien ce qu'il ferait pour cette âme malheureuse qu'était celle de Kurt. Au fil du temps, le prêtre continua de laisser Kurt vivre à l'intérieur de l'église, sans rien lui demander en échange qu'un peu d'aide pour entretenir le lieu de culte, puisqu'il commençait à être lui-même un peu trop vieux pour pouvoir avoir le temps de faire tout ça seul, et c'était tout. Kurt le faisait avec fierté, même, heureux d'avoir un but. D'avoir un toit, quelqu'un qui veillait sur lui. Et finalement, quelque chose en quoi il pouvait croire. Dieu.

Des semaines, puis des mois, et enfin des années durant, Kurt resta à l'église, à s'occuper de ce que le père Halder ne pouvait plus. À prendre soin de chaque recoin de celle-ci, à s'assurer que tout était à sa place et que tout allait bien. Et jusqu'à ses dix-huit ans, il ne se passa rien de particulier. Tout était devenu calme dans sa vie, il n'avait plus peur de devoir dormir à la merci de la nature, plus peur d'être la victime de brutes qui en voudraient à son existence, plus peur de rien. Kurt était en paix avec lui-même, il avait oublié ses démons et se sentait mieux, même s'il y avait encore énormément de travail à faire sur tout un tas de chose, dont sa façon de se percevoir et le dégoût encore constant que lui procurait son apparence, mais il allait mieux, il était en vie et en forme ; c'était plus que ce qu'il avait toujours espéré depuis le début de sa nouvelle vie d'exilé. Et puis un jour, Kurt entendit des gens discuter avec le prêtre, ils avaient de forts accents et ne s'exprimaient pas en allemand correctement, comme à chaque fois que des gens entraient dans l'église, Kurt s'était caché au plafond, immédiatement téléporté dès qu'il avait entendu le bruit des portes que l'on ouvrait. Immédiatement dissimulé dans la pénombre grâce à sa fourrure et ses aptitudes naturelles au camouflage, les yeux fixés sur les interlocuteurs du prêtre, une jeune femme aux cheveux anormalement blancs qui ne devait avoir pas plus de quelques années de plus que lui, et un autre, à l'allure bestiale, un cigare dans la bouche – et à la coiffure affreusement ringarde – qui semblait ne pas pouvoir s'empêcher de serrer les poings, comme s'il était sur ses gardes alors que le père Halder parlait encore. Et tout à coup, le prêtre fut interrompu par un grognement, un rugissement même, soudainement projeté en arrière avec la jeune femme aux cheveux blancs, il se passait quelque chose. Kurt n'arrivait pas à voir quoi, mais il fut tout à coup horrifié en voyant jaillir d'entre les poings de l'autre homme des griffes de métal.

Les yeux écarquillés, Kurt se retrouva paralysé dans la terreur et l'incompréhension alors qu'un autre personnage faisait son apparition en traversant littéralement les portes de l'église, les détruisant sous de larges coups de poings et que l'homme aux griffes se jetait sur lui, en hurlant « Ororo! Get him to safety and find the kid! » griffes se plantant sauvagement et brutalement dans le torse du monstre mi-homme mi-bête sans pour autant le neutraliser. L'anglais de Kurt était mauvais, médiocre même, alors il n'avait pas compris grand chose de ce qui avait été hurlé, mais il avait bien compris les intentions de la femme aux cheveux blancs lorsqu'elle se précipita pour attraper le prêtre par le bras et qu'ils commencèrent à courir et s'éloigner le plus vite possible de l'affrontement. Instinctivement, alors, Kurt se mit à les suivre. Pour s'assurer qu'il n'allait rien arriver au prêtre, pour comprendre ce qu'il se passait. Et tandis que le père Halder et la dénommée Ororo couraient et couraient, Kurt apparu tout à coup à côté d'eux, « Vater Halder, was passiert? (Père Halder, qu'est-ce qui se passe ?) » souffla Kurt en les suivant à la trace, ignorant le regard surpris d'Ororo qui se plantait sur lui alors qu'il venait de surgir de nulle part. « Gefahr, Kurt... Keine zeit jetzt! (Danger Kurt... On n'a pas le temps!) » S'était-il empressé de répondre en tournant un instant la tête vers la jeune femme qui s'était arrêtée pour fixer le chemin en face d'eux. Le prêtre lui offrit un hochement de tête comme sorte de signe et tandis qu'il s'arrêtait lui aussi et que Kurt fit de même, perdu et confus. Et tout à coup, la jeune femme se souleva dans les airs, sous le regard incrédule de l'adolescent, encore plus perdu lorsqu'il remarqua le manque d'étonnement de la part du prêtre. Et dans un large grondement venu de l'extérieur, comme si le plus violent de tous les orages s'abattait au-dessus d'eux, un éclair traversa le long couloir, leur ouvrant un passage immédiat vers l'extérieur. « Was zur Hölle war das! (What the hell was that!) » hurla Kurt, terrifié par la puissance dévastatrice qui venait de s'abattre, alors qu'Ororo redescendait au sol et leur faisait signe de suivre de la tête, vraisemblablement à l'origine de ça. « Sie sind hier um uns zu helfen, Kurt. (Ils sont là pour nous aider Kurt.) » expliqua le père Halder alors qu'ils émergeaient tous les trois à l'extérieur, regardant autour de lui avec inquiétude alors qu'Ororo fixait l'horizon, comme si elle attendait quelque chose.

« Du kannst ihnen vertrauen. (Tu peux leur faire confiance) » L'adolescent hocha la tête et au loin on commença à entendre le bruit lourd et sourd des moteurs d'un avion résonner dans l'air, la figure d'un Jet commença à se dessiner à l'horizon, et Ororo se souleva à nouveau du sol, les bras tendus sur ses côtés tandis qu'un lourd et épais brouillard se levait sur toute la ville et que le Jet approchait d'eux à toute vitesse. « Sie werden euch schützen. (Ils vont te protéger.) » le père Halder marmonna, une main posée sur l'épaule de l'adolescent alors qu'on entendait les rugissements de l'homme-animal, contre qui celui aux griffes se battait plus tôt, se rapprocher dangereusement. Poussant Kurt derrière lui, le Père Halder serra les poings lorsque Sabretooth les rattrapa et poussa un autre rugissement dans la direction du groupe. « I may not be a mutant, but I can still fight! » s'écria le prêtre en fixant le fauve, le souffle lourd et le visage dur. Un sourire prétentieux se dressa sur le visage du mutant qui d'un mouvement de la tête fit grincer ses articulations dans un lourd craquement et se jeta sur le prêtre à travers un hurlement bestial. Mais heureusement pour lui, Kurt fut pris d'un court moment d'héroïsme et se jeta vers le prêtre, l'attrapa par le bras et se téléporta à quelques mètres en arrière, l'évitant d'une mort certaine lorsque le mutant s'écrasa au sol avec tellement de force que le béton du trottoir se fissura et s'affaissa en de minuscules cratères là où ses pieds s'écrasèrent. Se redressant en grognant, le mutant serra les poings et se mit à rugir une fois qu'il les trouva du regard mais alors qu'il s'apprêtait à leur foncer dessus une nouvelle fois, un éclair vint s'abattre en face de lui, le forçant à reculer un instant, alors qu'Ororo approchait en le fixant d'yeux blancs opaques et lumineux, toujours suspendue dans les airs. D'un geste de la main, une bourrasque violente le poussa en arrière, le forçant à s'écraser contre un mur, puis d'un autre geste un autre éclair vint s'abattre sur lui tandis que le Jet se posait finalement à proximité. De celui-ci sortit un autre homme, au visage couvert par une étrange visière que Kurt ne put s'empêcher de remarquer. Et tandis que Sabretooth se redressait des suites de l'assommoir qu'avait été le coup d'éclair Wolverine revint finalement, un bras toujours brisé mais suffisamment solide pour se jeter sur son ennemi juré alors qu'Ororo redescendait au sol et courait vers Kurt et le père Halder. « Get him inside Father! » s'écria la mutante, un simple hochement de tête comme réponse, et le père Halder attrapa Kurt par le bras pour le faire suivre et grimper à bord du X-Jet.

Mais Kurt ne supportait pas d'être mis en arrière de cette façon, il voulait les aider, il se doutait bien qu'il ne faisait pas le poids ou qu'il n'était pas aussi expérimenté qu'eux, mais il y avait quelque chose en lui qui le poussait à vouloir les aider, à combattre à leurs côtés. Et tandis qu'il regardait là, impuissant, à voir la passerelle se refermer en face de lui, et que l'autre mutant porteur d'une visière lui adressait un signe de tête et un sourire qui se voulaient rassurants, Kurt se rua vers les commandes, sans doute pour essayer de trouver un moyen de la faire se rouvrir et pour venir les aider, alors que le père Halder le regarda d'un air dépité, surpris de le voir aussi déterminé à se jeter dans le danger alors qu'ils étaient enfin en sécurité, du moins pour le moment, et qu'ils n'avaient plus qu'à attendre que les trois mutants en aient terminés avec l'autre. « Kurt —
Wir haben ihnen zu helfen!
» s'écria l'adolescent, frustré par le calme soudain du prêtre, qui semblait déjà prêt à se battre quelques secondes plus tôt. « Kurt, listen to me. » continua le père Halder, alors que les yeux de Kurt se plantaient sur lui, les sourcils froncés, la tête légèrement incliné sur le côté et poings serrés. « Du bist nicht Vater Halder... » grogna-t-il, la queue se dressant derrière lui, sa pointe dans la direction du prêtre. « Yes, that's right. This is Father Halder, but I'm just speaking through him. » Et étrangement, chacun des mots prononcés par la personne qui semblait habiter temporairement le corps du père traversèrent aussi l'esprit de Kurt, et malgré la différence de langue, il avait l'impression de comprendre chaque phrases prononcées par celui-ci. « Don't worry, he's fine. It's as if he were just sleeping. I am Professor Charles Xavier, I'm in charge of these three people that came to save you and him. — I know this is... Difficult for you to understand, Kurt. And quite a lot to take in so suddenly, but I'm sure you understand that we have to rush things up a little bit, don't you? These people fighting out there are what we call Mutants. Or Homo Superior, you are one of them. And so were your biological parents. I'm in charge of a school, for students that are as gifted as you are. And although I would like you to join us so we can help you master those gifts, it seems that some other people - with far less good intentions - want you to join them too, whether you'd like it or not. »

De longues explications, quelques preuves de sa bonne foi et Kurt se retrouvait convaincu par les intentions du Professeur. Quoique malgré tout relativement terrifié par l'étendue des pouvoirs de celui-ci, ce qui le poussait à se demander à quel point l'autre camp pouvait être terrifiant ; mais aussi pourquoi l'un comme l'autre cherchaient à l'avoir de leur côté, puis-qu’après tout, il n'était pas spécialement puissant, ses seules mutations l'avaient simplement rendu immonde et horrible à regarder, et le seul pouvoir dont il disposait n'était pas aussi puissant ou capable que les leurs. Après tout, il ne pouvait pas emporter plus d'une personne avec lui et avait fini par se convaincre qu'il ne pouvait pas se rendre dans des lieux qu'il ne voyait pas ou qu'il n'avait jamais vu auparavant, quand bien même ce n'était pas véritablement le cas mais plutôt une manifestation de ses propres peurs. Et d'un simple hochement de la tête, qui suffisait à transmettre ce qu'il ressentait puisque de toute façon le Professeur pouvait lire en lui sans qu'il ait besoin de parler, Kurt accepta de rejoindre son institut, quand bien même il était encore incertain de ce dont à quoi il pourrait bien servir avec eux. Et dans un sourire suivi d'un hochement de la tête, le Professeur quitta l'esprit et le corps du Père Halder et la passerelle du Jet s'ouvrit de nouveau. Kurt supposa que c'était du fait du Professeur, ou de l'un des autres X-Men, comme le Professeur les avait appelés dans ses longues explications, et tourna un instant la tête pour observait le prêtre qui semblait cette fois réticent à l'idée de se battre. Comprenant qu'il s'était simplement senti investi du devoir de protéger Kurt, l'adolescent ne put s'empêcher d'offrir un sourire reconnaissant et murmura un « Danke Schön. » avant de se téléporter et de rejoindre les X-Men dans leur combat contre Sabretooth, parce qu'il se sentait lui-même investi du devoir de les aider.

« The hell you doin' here? Get back in the Jet, Elf! » hurla le Wolverine en remboîtant un bras une énième fois dans un craquement terriblement désagréable. « I've götta helfen! » insistait-il en attrapant Wolverine par le bras pour le téléporter avec lui quelques pas sur le côté alors qu'une voiture venait d'être lancée vers eux par l'ennemi juré du griffu. L’air tout autant surpris que l’était Sabretooth en voyant disparaître les deux mutants, Wolverine poussa un grognement lorsqu’il fut de nouveau matérialisé au sol, serrant les poings autant que la mâchoire, avant de poser ses yeux sur l’adolescent d’un air qui disait merci, quand bien même il avait toujours cette allure mécontente caractéristique chez Wolverine. D’un hochement timide de tête, Kurt lui fit comprendre que ce n’était rien avant de reposer les yeux sur le mutant hostile, cherchant en même temps du regard Ororo et l’autre mutant avec une visière. Mais ne les trouvant pas, il n’eut pas vraiment d’autre choix que de se concentrer sur l’ennemi de Wolverine et serra les poings avant de se téléporter une nouvelle fois et d’apparaître derrière lui pour le faire tomber au sol en frappant à l’arrière de ses genoux, puis se téléporta une seconde fois pour apparaître au-dessus de lui et attraper son cou avec sa queue pour le faire basculer en arrière alors qu’il était sur le point de tomber en avant et le laisser s’écraser sur le dos et l’arrière du crâne contre le sol. Une troisième téléportation et Kurt se retrouvait de nouveau à l’endroit où il était au départ tandis que Wolverine venait de comprendre ce qu’il se passait et fonçait pour abattre ses griffes dans le torse du mutant dans un long hurlement furieux, accompagné du cri de douleur du second. Et tandis que Wolverine tirait ses griffes hors de lui et le forçait à rester au sol en plaquant un pied contre sa gorge, la terre se mit à trembler et projeta Kurt au sol. Dans un souffle, surpris, il se redressa en tournant la tête pour essayer de comprendre ce qu’il venait de se passer, mais alors qu’il était sur le point de se relever complètement la terre se mit à trembler à nouveau, une fissure allant même jusqu’à s’ouvrir et se prolonger dans sa direction, n’écoutant que son instinct, Kurt se téléporta en l’air, juste à temps pour éviter la secousse et s’accrocher par la queue à un lampadaire, posant enfin ses yeux sur la source des secousses sismiques, un autre mutant qui tendait les mains en face de lui. Les yeux écarquillés devant les puissances dévastatrices qu’étaient capables de produire ces mutants entrainés, Kurt serra la mâchoire et évita de justesse une autre secousse en se téléportant une nouvelle fois, mais fut interrompu dans un énième bond lorsqu’un puissant rayon lumineux rouge vint traverser son champ de vision et projeter le mutant sismique contre un mur. Celui qui portait une visière venait de refaire apparition, et tournant la tête un instant pour regarder Kurt lui dit, « You gon’ be okay? » l’adolescent hocha la tête et se laissa tomber du lampadaire pour lever la tête au ciel lorsqu’il entendit un coup de tonnerre et Ororo redescendre au sol avec une jeune fille dans les bras qu’elle posa au sol avec précaution malgré leur différence d’allégeance et d’opinion.

« That’ll teach ‘em, nice work Elf. » lança Wolverine en tapotant l’épaule de l’adolescent d’un air amusé. « He’s good Scott, ‘wonder why we didn’t got him first. » continua celui-ci tout en lançant un regard bref sur le sismique complètement sonné un peu plus loin. « ’Cause last time you were piloting, Logan, and we crashed. Took a whole month to get the ‘Bird back on its feet. » rajouta celui à la visière en adressant un sourire plein de sarcasme et de malice au Wolverine, qui poussa un soupir et fit disparaître ses griffes dans ses poings, à la surprise de Kurt qui laissa échapper un léger souffle de stupeur, tout en marmonnant quelque chose que Kurt ne parvint pas à comprendre, sans doute une insulte si on se fiait au ton qu’il utilisa. Ororo semblait plus calme, malgré son plus jeune âge en comparaison à ces deux adultes et adressa un sourire qui se voulait rassurant lorsqu’elle croisa le regard de Kurt et que le dénommé Scott lui tendit une main en guise de salutations. « So now that we’re back to normal, hi. I’m Scott. This clawed-fella is Logan and this is Ororo. We’re the X-Men the Professor probably mentioned by now. You can call me Cyclops, he’s The Wolverine, and that’s— Storm, X-Woman. » ajouta la jeune femme en prenant une espèce de malin plaisir à avoir interrompu Scott. Comme si elle ne lui permettait pas de parler pour elle. « But you can stick with Ororo. » termina-t-elle tandis que Kurt les regardait un par un, pas certain de savoir quoi faire, ou quoi dire. « Ach… I… Ich-I understand nicht. » vint il finalement admettre, n’ayant pas eu la moindre idée de ce qu’ils venaient tous de dire, en haussant les épaules d’un air désolé et innocent.


⁂   ⁂

Erbsünde
Les yeux plantés au travers d'un des hublots alors qu'ils approchaient enfin d'une des pyramides, il tourna la tête un moment, le visage toujours dissimulé sous une épaisse capuche qui ne laissait percevoir que la partie inférieure de celui-ci, une bouche et un nez marqués de tatouages linéaires verts. Les mains posées sur ses cuisses, cachées sous des gants bruns, il resta silencieux avant de lever la tête pour regarder l'un de ses compagnons, un homme massif et immense, qui semblait devoir se recroqueviller sur lui-même pour ne pas se cogner. Aux côtés de celui-ci, deux autres hommes, tous les deux armés de fusils d'assaut, visiblement prêts à tirer si le colosse faisait un mouvement trop brusque — malgré l'évident danger que pouvait être de faire feu dans un avion, aussi blindé fut-il. Mais eux, comme l'apparent otage semblaient être ailleurs, leurs yeux vides et habités par une noirceur qui remplissaient leurs orbites. Se redressant, l'homme à la capuche observa l'horizon à nouveau, posant une main contre la surface du hublot avant de se lever et de s'approcher des deux pilotes, qui eux aussi semblaient se comporter comme des automates, leurs yeux emplis de la même noirceur et sans rien dire, l'un d'entre eux tourna la tête pour le regarder et dit, d'une voix monocorde et sans la moindre intonation, « We're--approaching, Mesmero. Landing underway. » Le désigné Mesmero hocha la tête, un sourire se dressant sur ses lèvres et il tourna la tête, leva une main vers les deux hommes armés - et l'homme immense, et leur fit signe de l'index et du majeur de se lever. Presque à l'unisson, ils se levèrent tous en même temps, leurs visages vides d'émotions et leurs yeux toujours habités par cette noirceur étrange et inquiétante. Et tandis que l'avion continuait sa descente non-loin du site d'une des pyramides, Mesmero fit s'ouvrir la passerelle, tourna la tête vers l'homme immense, et lui dit sur un ton autoritaire, « You will go first, Colossus. And you will kill every person that gets in the way. » Le mutant hocha la tête, et fit quelques pas en avant puis se jeta dans le vide, son corps se recouvrant d'un métal brillant et argenté tandis qu'il tombait du ciel et s'écrasa sur le site archéologique.

Kurt hocha la tête, et baissa un instant le regard, comme pour essayer de ne pas croiser le sien. Toujours trop timide et renfermé, malgré les cinq années qui avaient passées depuis qu'il avait rejoint l'institut, il avait toujours du mal à s'imaginer qu'il avait une place parmi les X-Men, ou même tout simplement parmi les autres étudiants avec qui il vivait maintenant. Cependant, même s'il n'était pas encore parfaitement sûr de sa place ici, il ne pouvait cacher sa reconnaissance et son adoration pour certains d'entre eux. Et Kitty était l'une de ces personnes qu'il adorait plus que les autres à l'institut. Dès leur première rencontre, les deux adolescents – dorénavant jeunes adultes – n'avaient pu que s'entendre. Leur amitié était devenu quelque chose de solide et de résistant, malgré les évidentes lacunes affectives que Kurt avait encore du mal à combler, malgré toutes ces petites choses qui le rendaient inapte à montrer aux gens qu'il aimait ce qu'il ressentait pour eux. Au contact de la main de Kitty par dessus la sienne, Kurt ne put s'empêcher de sourire et de sentir ses joues le brûler, quand bien même l'hologramme qui masquait sa véritable apparence ne rougissait pas, Kurt essaya de le cacher d'un mouvement de la tête sur le côté. « You don't have to show me if you don't wanna, you know? » vint-elle tendrement lui chuchoter, sans trop s'approcher, trop consciente du malaise que ressentirait le jeune homme. Mais secouant la tête et redressant son regard pour le poser sur elle, il ajouta, « Nein, nein, I vant you to know vat I really look like. » Un sourire rassuré vint se glisser sur le visage de Kitty, qui fit s'entrelacer leurs doigts, et frissonna au contact de la fourrure de Kurt malgré l'hologramme qui lui faisait oublier celle-ci. Elle savait, mais elle ne l'avait jamais vu sans cette protection, et même si elle avait pu à tout moment l'espionner pour essayer de le voir sans l'hologramme, Kitty ne le fit jamais. Elle l'appréciait beaucoup trop pour agir de la sorte et mettre leur relation toute entière en péril. Alors, elle hocha la tête et le regarda faire. Un léger sursaut s'échappa d'elle, puis se transforma en un rire, lorsqu'elle vit la queue de Kurt surgir de nulle part – oubliant toujours qu'elle était là, mais qu'on ne pouvait la voir que si elle bougeait – et appuyer sur l'un des boutons de la montre qu'il portait toujours au poignet.

Dans un bruit sec et sourd, Colossus brisa la nuque d'un des militaires qui gardaient l'entrée de la pyramide, et écrasa son poing dans le torse d'un autre soldat ; ses hurlements de douleur venant résonner dans le désert. Poussant un grognement lorsqu'on commença à lui tirer dans le dos, le mutant se retourna et marcha lentement dans la direction des soldats encore en vie qui essayaient de l'abattre, attrapant le canon de l'arme de l'un d'entre eux, Colossus tira d'un coup sec vers lui et lâcha le fusil alors que le soldat s'écrasait contre son torse et perdait connaissance, la mâchoire brisée. Il fit un demi-tour pour poser son regard toujours habité de noirceur sur le dernier soldat encore en vie et plutôt que d'avancer pour le tuer, le regarda prendre la fuite en silence. Levant la tête pour regarder l'avion atterrir, le mutant s'approcha de Mesmero et attendit un nouvel ordre docilement. Mesmero, lui, se mit à sourire et descendit de la passerelle en silence, les mains jointes dans le dos et continua jusqu'à l'entrée de la pyramide. Sifflant le mutant de métal, il désigna la porte en pierre scellée du doigt et Colossus fit quelques pas pour la détruire d'un seul coup de poing. « There's a good dog. » Commenta Mesmero en entrant, suivit de près par le mutant et les deux soldats toujours hypnotisés. Détachant de la ceinture de l'un d'entre eux un pistolet à fusées éclairantes, Mesmero fit feu une fois qu'ils eurent atteints un long couloir obscur, un sourire se glissant sur ses lèvres, il continua de marcher en suivant un chemin qu'il semblait connaître sur le bout des doigts avec une étrange facilité. Pourtant, ils arrivèrent en face d'un cul de sac assez rapidement, mais Mesmero n'eut pas l'air surpris. Passant sa main sur le mur en face de lui, l'hypnotiseur se retourna et fit signe à ses victimes de reculer et refit face au mur de pierre, retirant ses gants, il traversa du bout des doigts chacun des hiéroglyphes qui ornaient la surface avant de finalement s'arrêter sur l'un d'eux en particulier, un Œil Oudjat surmontant une pyramide. « Finally... » souffla-t-il, l'air plus satisfait que jamais. Et pressant son index au centre de la pupille de l’œil, qui était en fait une pointe qui vint lui drainer d'un peu de son sang, Mesmero activa un mécanisme qui fit se désassembler chacune des pierres en face de lui, ouvrant finalement un passage secret et bien gardé, ignoré de tous. « At long last... I will finally be able to bring you back, Master... » marmonna Mesmero en s'approchant de ce qui semblait être un vieux sarcophage de métal noir et recouvert de poussière.

Les yeux de Kitty s'écarquillèrent un peu lorsqu'elle vit à quoi ressemblait vraiment Kurt, mais pas de dégoût ou de terreur comme il se l'était imaginé, elle avait l'air surprise, c'était loin d'être surprenant en soi, mais elle semblait aussi charmée par Kurt malgré son apparence hors du commun. Tendant son autre main pour l'approcher de la joue du jeune homme, elle resta prudente et tendre dans chacun de ses gestes, elle savait comme n'appréciait pas qu'on soit trop entreprenant dans les gestes physiques, parce qu'ils le mettaient mal à l'aise. Mais pour une fois, il ne recula pas et la laissa faire, fermant les yeux au contact de sa main contre sa joue. « I... I don't even know what to say! » se mit à rire Kitty, tellement touchée que ses joues en brûlaient légèrement. Voyant que ce qu'elle venait de dire pouvait être éventuellement mal interprété par le jeune homme, elle se dépêcha d'ajouter, « You know... This is gonna sound cheesy, but I don't care what's outside. I mean, how you look outside. I guess it comes with being capable of going through walls and all... But if that means something to you, I think you look beautiful no matter how. » Le visage de Kurt se mit à lentement s'élargir dans un sourire, alors qu'il rouvrait les yeux pour la regarder, les joues brûlantes et une main toujours serrée dans celle de Kitty, celle-ci retira l'autre de sa joue et se mit à sourire aussi, et tandis que leurs yeux se rencontraient, ils se rapprochèrent lentement l'un de l'autre, et sursautèrent lorsqu'ils furent interrompus par une voix trop familière, « Havin' fun? » leur lança Wolverine, un sourire sur les lèvres, l'air presque trop fier d'avoir interrompu un moment comme celui-ci, Kurt avait déjà retrouvé l'hologramme qui cachait sa véritable forme et se redressa, Kitty faisant de même. « Keep it in your pants elf, we got a situation, c'mon. You too Kitty. » ajouta Logan en se redressant et en ne les attendant pas, se doutant qu'ils savaient où aller. Lorsqu'ils arrivèrent au sous-sol et rejoignirent le hangar du X-Jet, les deux jeunes x-men avaient déjà troqués leurs vêtements ordinaires pour leurs uniformes respectifs, rejoignant le petit groupe déjà rassemblé devant la passerelle du Blackbird ils posèrent leurs yeux sur le Professeur qui descendait du Jet, l'air autant agacé, qu'effrayé et inquiet. — Et personne ne semblait s'être encore habitué au fait qu'il avait retrouvé l'usage de ses jambes, pas même Ororo qui marchait juste à côté de lui. — « So what's happened Professor? » demanda Scott qui réajustait sa visière et resserrait les lanières de ses gants. « We... We've lost Colossus. »




Dernière édition par Kurt Darkhölme le Jeu 23 Juin - 11:22, édité 2 fois
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« Von dem Tage aber und der Stunde weiß niemand. »

Mesmero s’agenouilla en face du sarcophage, les mains presque immédiatement guidées vers sa surface, les yeux avides et envieux alors qu’il découvrait la sensation que procurait le simple fait de toucher cette très ancienne tombe. Un sourire lui déformant le visage et n’eut plus l’air de pouvoir se dissiper alors qu’il se redressait pour essuyer du revers de sa manche la poussière qui recouvrait le sommet du sarcophage frappé de hiéroglyphes anciens et plus complexes que ceux qui ornaient le reste des murs de la pyramide, l’hypnotiseur se redressa une fois les symboles de nouveau lisibles et siffla les deux soldats encore hypnotisés pour les faire venir à lui. « You two, slit your throats. Now. » ordonna le mutant d’un ton grave et sérieux, son sourire maniaque toujours gravé sur le visage alors que les soldats dégainaient leurs couteaux respectifs et se tranchèrent la gorge comme ordonné. S’écroulant tous les deux au sol, Mesmero se mit à rire lorsqu’il les vit inertes au sol de cette façon. Un rire dément qui faisait écho à travers la pièce et se répercutait tout autour de lui, amplifié par la forme de la pièce. Se jetant presque sur l’un des corps, il le tira pour l’approcher d’un des côté du sarcophage et le positionna de sorte que la gorge tranchée du cadavre fasse se déverser le sang du sacrifié dans une fente minuscule qui décorait le sol. Faisant de même avec le second cadavre, Mesmero recula lorsqu’il entendit un tremblement suivi de cliquetis mécaniques, son sourire dément l’habitant toujours. Le mécanisme activé par les deux sacrifices fit s’élever le couvercle du sarcophage dans un grincement lourd et enroué par le temps et l’immobilisme permanent, révélant un autre sarcophage, plus petit, d’une couleur métallique traversée par des lignes verticales d’un bleu sombre. D’une main tremblante d’excitation, Mesmero arracha le collier qu’il portait autour du cou et sous ses vêtements et l’approcha lentement du centre du second sarcophage, en marmonnant, « Yes… Yes my Lord… Here is the Key… » et l’inséra dans la fente à laquelle la clef complexe correspondait. Dans un autre enchaînement de cliquetis mécaniques et de tremblements lourds et sourds, le second sarcophage s’éleva et s’ouvrit, révélant une ancienne momie dont il ne semblait plus rester grand-chose. Levant les bras de chaque côté et se mettant à presque réciter des incantations, Mesmero parla, My Lord En Sabah Nur! I give you the Blood of Innocents to quench your thirst for Life, the Key of Time to transcend the barriers of Eternity, and my own Soul and Will to live anew! » et alors qu’il prononça ses derniers mots, des lueurs commencèrent à s’élever de la vieille momie, les lueurs se transformèrent en longs serpents fantomatiques qui vinrent onduler au-dessus d’elle et se transformèrent lentement en des sortes de choses qui partageaient les traits d’un visage. Les lueurs s’élevèrent de nouveau au-dessus du sarcophage puis détachèrent deux d’entre elles qui vinrent se planter dans les gorges tranchées des deux victimes, les lueurs se teintèrent d’un rouge terrible qui vint lentement se retrouver sur le visage et le corps de la momie, comme si du sang elle prenait vie, comme si de cette force vitale, la momie retrouvait la sienne.

Les traits décomposés de la momie disparurent et l’on retrouva le visage d’un homme à la peau grisâtre, qui semblait désormais simplement dormir. Les lueurs semblèrent s’affaisser et vinrent disparaître dans une détonation contre son cœur et son crâne, lui faisant ouvrir les yeux. Se redressant lentement, En Sabah Nur posa son regard vide sur son réanimateur et tendit une main, Mesmero se jeta à ses pieds et lui prit la main pour l’aider à se redresser complètement et sortir de sa tombe. « My lord… » commença-t-il à marmonner, servile, alors qu’En Sabah Nur tournait la tête pour observer Colossus, immobile et docile, le corps toujours recouvert de son métal particulier. Reposant les yeux sur son serviteur, En Sabah Nur posa une main sur le crâne de celui-ci, et pendant quelques secondes Mesmero sembla se vider de toute chose, la peau se desséchant et le corps perdant de ses couleurs, comme si le réanimé lui volait quelque chose. Lorsqu’il retira sa main du crâne du mutant, En Sabah Nur reposa les yeux sur Colossus, puis parla d’une voix chargée d’un millier d’échos, « What is that thing? » dans la langue qu’il venait de dérober à son serviteur. Mesmero inclina la tête et s’approcha de Colossus, « My Lord, this thing is yours. The Texts, they spoke about your Armor, but there was no traces of it anymore- I suspect it has long been destroyed by Heathens, but this one will be your new Armor. » En Sabah Nur regarda son serviteur quelques instants puis s’approcha de Colossus, d’un revers de la main il fit se dissiper l’état second dans lequel il était et se mit à sourire d’un air mauvais en tournant la tête vers Mesmero, puis reposa les yeux sur Colossus. « Kill him. » Colossus, libéré de l’emprise de Mesmero fronça un instant les sourcils mais fut immédiatement incapable de résister à l’ordre qu’on venait de lui donner. Conscient de chacun de ses mouvements, on lisait sur son visage qu’il ne voulait pas faire ce qu’En Sabah Nur venait de lui dire, mais rien ne semblait pouvoir l’en empêcher malgré tout. Soulevant Mesmero du sol en l’attrapant par le sommet du crâne, Colossus poussa un hurlement de terreur et de dégoût alors qu’il arracha la tête du mutant à son corps et la laissa tomber au sol. « Now look and be the first witness of my reign as I will bring Apocalypse to this world, and claim my new Empire. » lui lança le mutant, levant une main vers lui, laquelle désassembla et réassembla morceau par morceau le métal qui composait le corps de Colossus pour en faire une armure qui vint recouvrir le corps du Premier-Né. Ses hurlements de douleur et de terreur comme seul reste de celui qui était autrefois Piotr Rasputin.

Un frisson douloureux traversa Charles qui, après un gémissement de douleur, s'écrasa au sol, les mains serrées contre son crâne, comme s'il allait exploser. Ororo fut la première à se jeter vers lui pour essayer de comprendre ce qu'il se passait et les autres X-Men suivirent assez rapidement, convaincus que quelque chose de terrible venait de se passer quelque part pour que le Professeur réagisse d'une façon pareille. « What's happening?! » hurla Scott, l'air encore plus inquiet qu'il ne l'était déjà depuis la nouvelle à propos de Colossus, « It's... Argh! » Pris d'un autre spasme douloureux, Charles se redressa presque droit comme un pic et leva les yeux en l'air, tandis qu'ils se remplissaient d'une noirceur inquiétante, « I've never felt such power before... Please... Find Erik, we need him! » furent les derniers mots qu'il fut capable de prononcer, avant de s'évanouir dans un hurlement de douleur si long et puissant qu'il glaça le sang de chacun des X-Men présents, si fort que toutes les personnes présentes à l'institut le sentirent faire écho dans leurs crânes. Les sourcils froncés, Wolverine souleva le corps inconscient du Professeur et suivit de près par Ororo alla l'installer à l'infirmerie où quelqu'un pourrait s'occuper de lui, ou du moins surveiller son état tandis qu'ils revenaient et se hâtaient de faire signe à tous les autres de grimper dans le Blackbird, leur mission : trouver Magneto.

Genosha, l’Éden de la civilisation Mutante. L'Utopie rêvée par beaucoup, atteinte par peu d'entre eux. À son sommet, Erik Lensherr — Max Eisenhardt, de son véritable nom, réassumé depuis son couronnement à la tête de l'île-nation. Au côté du chef de cet état libre et indépendant de toutes choses, ses enfants, Pietro, Wanda et Rogue, dont le lien de parenté n'avait été découvert que quelques années plutôt et qui malgré de très complexes relations avec lui, surtout depuis l'épisode de la statue de la liberté, vint par finalement se joindre à lui une fois son avis changé. Une fois ses convictions devenues similaires à celles de Magneto. Aucune trace de Mystique cependant, la mutante n'était plus digne de confiance selon le maître du magnétisme, et elle n'était pas la bienvenue sur Genosha, condamnée à mort pour haute trahison. Dans un grondement tonitruant, le Blackbird fendit l'air au-dessus de l'île avant de finalement sèchement s'immobiliser dans l'air et d'être accueilli par une dizaine de Sentinelles qui l'encerclèrent, leurs modèles âgés et anciens, semblables à celles des années 70, toutes marquées d'un large M au centre du torse. Immobiles, deux d'entre elles s'écartèrent pour laisser apparaître Magneto lui-même qui offrit un signe de tête comme simple sorte de salut alors qu'il força le Blackbird à se poser au sol, les sentinelles suivant chacun de ses mouvements. Les sourcils froncés, Logan fut le premier à sortir du Blackbird, toutes griffes dehors, le visage encore furieux alors que Magneto posait son regard sur les os sans métal qui avaient repris leur place entre ses poings. Sous le bras, Magneto portait son casque, fendu en deux. Et le reste des X-Men suivit Wolverine, Ororo l'attrapant par le bras pour lui faire comprendre de rester calme. « I know why you're all here. No need to explain. Leur dit-il, montrant son casque détruit, Charles... Well, he managed to warn me. » Sans rien dire d'autre, Magneto se retourna, agita une main vers l'une des Sentinelles qui décolla et revint plusieurs minutes plus tard accompagnée par les trois enfants du mutant. Rogue évita le regard de Wolverine, encore peu capable d'assumer son changement de camp et après de longues discussions et négociations complexes et fatigantes durant lesquelles Magneto expliqua que Charles n'avait pas seulement été capable de lui parler de ce pouvoir qu'il avait ressenti mais aussi de l'avertir du danger qu'il représentait, de ce qu'il était exactement, celui d'un Mutant, et de ce qu'il serait capable de faire si on ne s'en occupait pas. Et contre toute attente, Magneto n'avait pas la moindre envie d'en faire quelque chose qui servirait à assouvir la domination des mutants sur les hommes, il avait changé et compris beaucoup de choses. Genosha lui suffisait.

⁂   ⁂

Et pendant des semaines, en prévision d'un danger imminent, les X-Men ne cessèrent de s'entraîner, de plus en plus intensément, tandis que Charles était toujours un coma inquiétant et qui semblait ne jamais approcher de la fin. Kurt, comme les autres, s'épuisait un peu plus chaque jour dans la salle des dangers, poussant ses pouvoirs au-delà des limites physiques qu'il y connaissait, frôlant l'épuisement à chacune de leurs sessions. Haletant de fatigue alors qu'ils approchaient de la fin d'une énième séance d'entrainement, Kurt avait du mal à respirer, une main serrée contre son torse et recroquevillé dans un coin, pour reprendre son souffle. Rapidement rejoint par Kitty qui traversa le mur qui les séparaient, ils échangèrent un regard et posant sa main sur celle de Kurt, elle lui fit un signe de tête qui se voulait rassurant autant que réconfortant et l'aida à se redresser pour qu'ils puissent traverser le mur ensembles afin qu'elle puisse le faire rejoindre un position plus sûre. Il en allait de la survie même de leur mission, aussi fausse qu'elle était. Mais ils agissaient comme en condition réelle, alors il n'y avait pas de place pour la paresse et le manque de détermination, il fallait se comporter comme dans le cadre d'un véritable danger, et avec Magneto aux commandes, il n'y aurait pas de pitié, encore moins qu'avec Wolverine. Le but était de se surpasser, de vaincre ses limites et de faire en sorte qu'on soit inarrêtable, et même si l'idée était terrifiante, d'autant que potentiellement dangereuse, elle n'en était pas moins efficace. La plupart des X-Men se surpassèrent et devinrent plus redoutables que jamais au bout de plusieurs semaines, tous plus maîtres de leurs pouvoirs et les plus jeunes tous capables de dépasser des choses qu'ils ne s'étaient jamais pensés capables même d'atteindre. Malheureusement, de telles prouesses ne pouvaient pas être ignorées par ce pouvoir qu'avait ressenti Charles, et un jour, tout bascula.

Dans un tourbillon de lumière doré, venu d'un autre pouvoir volé, En Sabah Nur apparu en face de l'institut. Observant au travers des souvenirs de Colossus qu'il avait eux aussi volés en même temps que sa vie, il s'approcha de la grille fermée et d'un simple coup de poing la fit s'ouvrir violemment, puis, tout en découvrant le chemin qui menait vers le Cerebro depuis les souvenirs du mutant qui composait son armure, Apocalypse observa l'institut en silence quelques instants, avant de finalement lever les bras en face de lui et de lentement s'élever dans les airs. Ses yeux se vidèrent de leurs couleurs et de leurs iris, et s'illuminèrent d'un blanc lumineux alors que le toit du manoir se détachait tuile par tuile, puis brique par brique, celles-ci s'élevant dans le ciel pour s'effacer dans des nuages de particules, désintégrées une par une. Suivirent rapidement une grande partie des murs, et dans la terreur et la surprise, tous les mutants commencèrent à prendre la fuite alors que les quelques uns capables de protéger les autres fixèrent le Premier-Né d'un air inquiet. Ororo et Wolverine furent les premiers à réaliser qu'il était la puissance dont Charles avait parlé plusieurs semaines auparavant. Et alors que Wolverine hurlait des ordres aux X-Men de se préparer à se battre et qu'Ororo s'élevait elle aussi des cieux pour canaliser ses pouvoirs, Apocalypse les observa, un sourire prétentieux sur le visage. Kurt, lui, parce qu'il ne disposait pas de pouvoirs offensifs qui lui permettrait de rester à distance se joignit à Kitty et tous les deux commencèrent à évacuer les mutants encore présents, Kurt les téléportant avec lui dans les passages secrets et Kitty les faisant traverser les murs avec elle.

Hélas pour eux, les X-Men n'étaient pas à la hauteur en face de ses pouvoirs, et furent tous rapidement mis hors d'état de lui nuire. Et silencieusement, En Sabah Nur continua son chemin sans même les regarder, atteignant rapidement les souterrains qui menaient au Cerebro. Magneto, qui, lui avait bien compris que ce combat-ci n'était pas le moment propice à une éventuelle victoire força les plus têtus et les autres à prendre la fuite avec lui. Ils retourneraient sur Genosha et se prépareraient encore. Si bien que pour le retarder et être sûr qu'ils puissent tous atteindre l'île à temps, le maître du magnétisme envoya toutes les sentinelles pour assurer leurs arrières.

Ayant finalement eu accès au Cerebro, En Sabah Nur réalisa à quel point les homo sapiens s'étaient décuplés depuis son temps et sa volonté de nettoyer le monde de leur présence ne fut qu'intensifiée, et tandis qu'il observait ses frères et sœurs mutants à travers le monde tout entier, il décida de choisir certains d'entre eux pour être ses émissaires, ses hérauts et ses poings. La première qu'il remarqua, pour le moment en fuite au Canada, une mutante qui semblait changer de forme et d'apparence pour profiter de la fragilité et de la naïveté des autres, serait l'avatar du conflit et de la discorde : Guerre. La seconde, capable de voler les pouvoirs et la force vitale, serait l'avatar de la destruction et de la sécheresse : Famine. Et le troisième, le plus jeune, capable de se téléporter et dont il trouva le don particulièrement utile serait l'avatar des maux et des souffrances, son favori : Pestilence. Bien sûr, leur assujettissement ne se ferait pas forcément dans les meilleurs termes, en tout cas pas pour les deux derniers, En Sabah Nur s'en doutait. Il avait su lire dans les mouvements de la change-forme, elle était attirée par le pouvoir et la domination, il n'aurait aucun problème à faire d'elle une esclave. Sentant déjà les pouvoirs qu'il avait volé le quitter, il décida de partir immédiatement à la recherche de la première, il aurait besoin d'autres dons pour s'approprier les deux autres, surtout s'ils étaient toujours entourés par ces autres mutants aux pouvoirs dangereux.

S'interrompant dans leur fuite vers Genosha, Magneto expliqua un plan aux autres membres des X-Men avec lui, la même équipe qui était venu le chercher sur son île, et leur expliqua que contre un mutant de cette puissance, ils auraient besoin de toutes les forces et de tous les alliés qu'ils pourraient trouver. De ce fait, Mystique était l'une d'entre eux. Indépendante et à la tête de son propre groupes de mutants, elle pourrait s'avérer utile et efficace dans la lutte contre ce danger, quand bien même aucun d'entre eux ne semblait être heureux de l'entendre, et Magneto lui-même ne semblait pas être favorable à sa propre idée. Mais il savait que c'était une nécessité, malgré leurs désaccords. Alors, c'est ce qu'ils firent. Et puisqu'ils avaient des mutants capables de traverser des distances à toute vitesse, ils arrivèrent évidemment avant En Sabah Nur au Canada et parvinrent à recruter Mystique et les siens de leur côté après de longues discussions et l'apaisement de certaines tensions – ainsi qu'une discussion silencieuse entre elle et Kurt, qui ne consista qu'en plusieurs échanges de regards, car chacun savait qui était l'autre.

Une fois de retour à Genosha, les X-Men continuèrent de se préparer, de craindre l'éventuelle attaque de ce mutant dont ils ne savaient rien, et à force d'enquêter et de chercher, ils découvrirent son histoire, ses histoires plutôt, ses origines et même les légendes à son sujet, beaucoup l'avaient vénéré comme un dieu, d'autres l'avaient désignés comme un messie de l'Apocalypse, et d'autres encore comme la manifestation de leurs propres pêchés, mais tous s'étaient réunis sur un point, il était toujours accompagné par des hommes et femmes à qui il offrait de puissants pouvoirs, mais impossible de trouver les moindres traces de ceux-ci, alors, Mystique et Kurt, tous les deux capables de se faire passer pour quelqu'un d'autre, l'un grâce à la technologie à son poignet qu'on fit trafiquer pour qu'elle puisse lui offrir une autre apparence que la sienne, et l'autre grâce à ses propres pouvoirs, commencèrent à enquêter.

Mais malheureusement pour eux — et ils auraient dû s'en douter, Mystique décida de les trahir. Trop attirée par la puissance d'En Sabah Nur, elle accepta sa proposition de se joindre à ses côtés en échange des autres et fut récompensée de nombreuses améliorations et de pouvoirs encore plus efficaces. Vint ensuite le tour de Kurt, qui fut manipulé et soumit à la volonté d'Apocalypse avant de devenir Pestilence, puis Rogue, que Kurt fut contraint d'enlever à Genosha pour la ramener en Égypte, auprès d'Apocalypse, qui lui détruisit sa volonté et son esprit pour en faire un pantin encore plus malléable que Kurt, soumis à En Sabah Nur par un autre pouvoir du Premier-Né. Et désormais, accompagné par ses cavaliers, Apocalypse était certain de ne plus pouvoir être arrêté.


☥    ☥

Quand bien même leur efficacité à plusieurs n'était plus à remettre en cause, les Cavaliers avaient été assignés par leur maître à une partie du monde chacun, parce qu'il souhaitait qu'on s'occupe du problème des homo sapiens le plus rapidement possible, mais qu'il était d'abord nécessaire et important de réduire à néant les mutants assez stupides pour s'opposer à lui et ses plans ; alors, Kurt se retrouvait en charge de l'Europe, qu'il pouvait parcourir en un battement de cil grâce à ses nouveaux pouvoirs, sans la moindre crainte ou le moindre inconvénient causé par les mers et les océans qui séparaient certains des pays dans lesquels il était chargé de traquer et d'éliminer la résistance mutante. De retour dans son pays natal, Kurt avait rapidement éliminé un bon nombre de mutants qui s'étaient ralliés du côté des X-Men, certains téléportés dans les airs, d'autres simplement tués d'une nuque brisée ou bien d'autres encore simplement empoisonnés d'un coup de la pointe de sa queue. Kurt se sentait puissant, impossible à vaincre, et presque immortel à mesure que rien ni personne ne semblait pouvoir lui résister. Il se sentait important, il se sentait plus puissant que tout au monde, et même s'il continuait de fixer son reflet, duquel il pouvait apercevoir sa véritable apparence, avec un certain dégoût, il était incapable de se cacher derrière l'hologramme d'autrefois, Apocalypse le lui avait interdit en court-circuitant son inducteur d'images. Et puisque Kurt était sous son pouvoir, il ne cherchait pas à le réparer, ni à faire quoi que ce soit d'autre qu'En Sabah Nur ne lui avait pas dit de faire. Alors, il en oubliait de dormir, de manger, de survivre. Simplement maintenu en vie par la volonté incontrôlable de servir son maître.

Et il s'en voulait, il se haïssait plus que jamais chaque fois qu'il ôtait la vie d'un mutant, souvent dont il connaissait déjà le visage, les pouvoirs et l'histoire. Il avait tué des dizaines de ceux qu'il avait autrefois considéré comme ses frères et sœurs, mais il ne pouvait s'en empêcher, il ne pouvait pas intervenir. Il était comme prisonnier de son propre corps et malgré la douleur qu'il éprouvait à chaque corps qui s'écrasait au sol, Kurt se sentait puissant ; il se sentait bien. La répugnante satisfaction qui le traversait chaque fois qu'il en tuait un autre inondait son esprit et lui faisait oublier l'espace de quelques instants comme il avait adoré cette personne, ou bien comme ils avaient été amis, ou encore comme ils avaient pu partager quelque chose ensemble. Et cette fois-ci, il le savait, le chagrin et le regret allaient être plus forts et plus présents que les autres fois. Il était aux aguets, tournant la tête dans tous les sens à chaque minuscule bruit qu'il entendait, chaque craquement de brindille, chaque mouvement de feuilles. Chaque sensation. Tout. Kurt était en chasse, et pas dans un environnement qui lui convenait, il était désavantagé et il le savait. Wolverine était plus à l'aise que lui dans une forêt.

Alors, de façon tout à fait improvisée, Kurt se téléporta plusieurs fois autour de la zone dans laquelle il savait que Wolverine se cachait, répandant souffre, vapeur et fumée incendiaire dans les feuillages et les hautes-herbes, provoquant lentement un début d'incendie qui lui permettrait de trouver le mutant. Et finalement, lorsque les flammes commencèrent à faire disparaître la végétation aux alentours, Kurt se jeta sur le mutant et se téléporta avec lui, plus haut que jamais dans le ciel afin de le faire tomber, et même s'il n'en mourrait pas, Wolverine serait suffisamment amoché pour que Kurt puisse le tuer. Et malgré les violents coups de griffes qui s'acharnaient contre son torse et ses bras comme ses jambes, Kurt ne lâchait pas prise à chaque téléportation, la douleur et le chagrin gravés terriblement sur son visage alors qu'il laissa finalement tomber Logan du haut de plusieurs centaines de mètres dans le ciel et se téléporta à lui une fois qu'il s'était écrasé au sol, les bras et les jambes disloqués. « Logan... I'm... » essaya-t-il de dire, avant de secouer la tête et de retrouver une mine furieuse et enragée, sa queue se plantant dans le dos du mutant pour le soulever en même temps qu'elle lui injectait son venin meurtrier.

« S'okay, Fuzzy... » Grommela Logan alors que sa mâchoire se reformait lentement dans sa bouche, et que les plaies sur son visage se refermaient. « 'Forgive ya... » avait-il continué, en serrant les dents sous les effets du poison qui faisait ressortir chacune de ses veines tandis que son bras droit se remettait en place de lui-même, rapidement suivit par la jambe gauche. Le visage de Kurt vint se remplir de larmes alors qu'il essayait de ne pas le regarder dans les yeux, la pointe de sa queue s'enfonçant plus profondément dans la plaie béante et suintante d'un venin verdâtre, et Wolverine reprit la parole, un poing serré rapidement rejoint par l'autre une fois l'autre bras remis en place à son tour, « And kid — I'm just as sorry... » dit-il avant d'asséner un violent coup de griffe en plein torse du garçon, le projetant au sol de surprise, et gémissant de douleur lorsqu'il sentit le membre s'arracher à la plaie qui vint se refermer rapidement une fois libérée de la pression. Kurt se redressa à quatre pattes rapidement dans une position qui lui permettait plus d'agilité que s'il s'était tenu debout et observa les mouvements de Wolverine qui lui fonça rapidement dessus, assénant d'autres coups de griffes cette fois-ci presque tous superficiels et se téléporta derrière lui pour lui asséner un autre coup de queue, cette fois dans la nuque. Mais le poison n'avait pas le même effet sur Wolverine que sur les autres mutants que Kurt avait affronté, il y résistait et au mieux ça n'était qu'une nuisance légère pour lui.

Mais Kurt savait que ça finirait par faire ses preuves à force de continuer à lui en injecter. Wolverine grogna et eut l'air un peu étourdi l'espace de quelques instants et se redressa pour foncer une nouvelle fois sur lui, tailladant l'air à nouveau mais il fut cette fois surpris en sentant Kurt se glisser et se contorsionner autour de lui, plantant plusieurs coups empoisonnés dans ses articulations avant de se téléporter contre la surface d'un arbre à moitié écroulé au sol. Ses yeux lumineux plantés sur la silhouette qui commençait à vaciller du mutant, Wolverine poussa un énième grognement mais se heurta contre l'arbre lorsque Kurt se téléporta de justesse alors qu'il allait se faire égorger. Réapparaissant derrière lui, il lui asséna de violents coups dans l'arrière des genoux pour le forcer à s'agenouiller et sauta sur ses épaules, les mains serrées sur son crâne prêt à lui briser la nuque — mais se souvenant que ça n'aurait aucune utilité, une idée plus macabre et terrible lui vint à l'esprit, et alors qu'il commençait à se téléporter il fut interrompu par une voix familière surgissant d'un coin de la forêt, « Kurt don't do this! » Logan trop mal en point pour réussir à articuler quoi que ce soit se contenta d'agiter une main vers Shadowcat pour lui faire signe de partir, mais elle ne bougea pas. Sous le choc, Nightcrawler secoua la tête, « Kätzchen? » sanglota-t-il, les yeux noyés de larmes et le corps tremblant alors qu'il réalisait finalement ce qu'il se passait vraiment. Mais pris d'un énième saut de colère à cause de l'emprise d'Apocalypse, Kurt poussa un hurlement de furie et se téléporta une nouvelle fois, emportant la tête, et uniquement celle-ci, de Logan avec lui. Sous le visage terrifié et meurtri de Kitty, qui s'écroula au sol de chagrin en voyant Wolverine s'éteindre aussi brutalement. Une main serrée sur la bouche, comme pour s'empêcher de hurler plus longtemps, Shadowcat n'eut même plus la force de se lever et de fuir alors qu'il réapparaissait devant elle, laissant la tête tomber sur le côté et s'approcha, la queue virevoltant dans un mouvement bref et sec, se plantant dans sa nuque ; la forçant à se lever, puis la soulevant au-dessus du sol.

Suffoquant à toute vitesse sous les effets mortels du poison, Kitty ne pouvait plus prendre la fuite, elle ne pouvait plus devenir intangible et au moins courir alors que le poison la détruisait lentement de l'intérieur, elle était impuissante et Nightcrawler lui attrapa la gorge quand la pointe ensanglantée de sa queue se détacha d'elle et la laissa retomber au sol au bout de quelques secondes, lui aussi s'écroulant à genoux en face d'elle, le visage encore couvert de larmes et la terreur figée sur son visage alors qu'il reprenait conscience une nouvelle fois. « Kitty! Kitty! Please! No, no, no, no! Oh Gott, vat have I done... Vat have I done... Kitty please, Kitty! » gémissait-il en lui redressant le visage et en la serrant contre lui, se balançant presque instinctivement avec elle dans ses bras. « Please Kitty, please... » continuait-il de sangloter, la jeune fille toujours immobile, serrée dans ses bras, les lèvres noyée dans le sang et le venin. « Please don't leave me... Please don't leave me... » avait-il commencé à supplier alors qu'elle cessait lentement de suffoquer, sa respiration ralentissant de plus en plus, ses yeux perdant rapidement de leur éclat.

Et lorsqu'elle s'éteignit finalement, Kurt resta là, avec elle dans ses bras à se vider de toutes les larmes de son corps pendant plusieurs heures, avant de finalement pousser un hurlement terrible et de se téléporter violemment, pris du plus violent de tous les chagrins, il ne voulait pas juste quitter la région ou le pays dans lequel elle était morte. Il voulait partir le plus loin possible d'elle, de tout le reste, il voulait mourir. Il voulait se matérialiser ailleurs, dans un endroit où il ne survivrait pas. La lune, l'espace, sous les océans, il s'en fichait. Il ne voulait plus vivre dans un monde où Kitty et les autres avaient disparus. Pas dans un monde où il était devenu cette chose, ce monstre. Alors animé par ses émotions les plus pures et les plus fortes, animé par des sentiments bruts et plus puissants que jamais, Kurt se téléporta. Le plus loin possible, le plus longtemps possible. L'impression de dériver dans le noir le traversa pendant de longs moments, l'impression de s'étouffer puis de reprendre son souffle sembla l'habiter pendant des heures et des heures durant, pendant toute une éternité il eut la sensation de traverser téléportation sur téléportation ; alors que d'une seule il traversa les barrières même du Multiverse et se matérialisa sur un monde qui n'était pas le sien, il le savait, tout était différent, tout était encore de bout, il n'y avait ni ruines ni désolation. Kurt était tombé dans un monde où, comme il le voulait, aucun de ses amis et amours n'était perdu. Un monde où il allait peut-être avoir une seconde chance, un monde qui lui serait sans doute plus favorable.

Le Destin et tout un tas d'autres forces supérieures semblaient s'être rangées de son côté. Lui qui cherchait le pardon, l'absolution et simplement le droit à une seconde chance venait de tous les obtenir, levant les yeux au ciel, Kurt ne comprenait pas. Il ne savait pas s'il avait simplement cauchemardé les dernières années ou s'il venait bien d'être offert quelque chose par celui en qui il n'avait jamais cessé de croire. Réalisant que tout était bel et bien réel, Kurt fut frappé par le terrible poids de la culpabilité, comment pouvait-il se pardonner d'avoir fait tout cela, comment pouvait-il juste remettre les pieds au manoir — même si ce n'était pas le sien véritablement, alors qu'il se souvenait de tout ce qu'il s'y était passé et de toutes les horreurs auxquelles il avait participé ? Kurt avait besoin du Pardon, et naturellement, sa première destination une fois ce monde nouveau atteint fut une église. Il fallait qu'il se confesse et qu'on lui offre le salut, il fallait qu'Il le pardonne. Kurt avait été un monstre, mais après tout : les monstres, n'étaient-ils pas des personnages fantasmagoriques qu'on incorporait à un incalculable nombre d'histoires ; souvent pour personnifier le mal, certains traits ou défauts, mais surtout pour donner une leçon ?



Dernière édition par Kurt Darkhölme le Sam 5 Nov - 2:13, édité 32 fois
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REDUCOUP !

Dis sur ton ancienne fiche on t'avait mis un délai jusqu'au 20, mais le 20 est passé (sans blague Arrow) du coup est-ce que tu as besoin d'un autre délai pour terminer ta fiche ? :shon:

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Bah j'avais d'mandé, p'is Taylor avait dit jusqu'au 27, l'a juste dû oublier de mettre à jour dans le premier message
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Ah probablement oui :hé:
Je rajoute ça dans le sous-titre alors

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félicitations !

tu es validé mon brave
Bienvenue chez les HOMO SUPERIOR.

ENFIN TU FINIS CETTE FICHE MON DIEU ! Je pensais pas pouvoir arriver jusqu'au bout :shon: vdm pour Kurt, pauvre bichon, t'inquiète Dieu est bon, il lui pardonnera I love you bref bienvenue avec ce bonhomme et amuse-toi bien avec lui :happy: .

time to have fun. Maintenant que tu es validé, tu peux commencer par aller recenser différentes choses, comme ton métier ou ton pouvoir si tu en as un. Tu peux aussi te chercher des copains sur le forum, c'est à dire poster ta fiche de liens. Si ton personnage est du genre à passer son temps sur son téléphone ou sur le net, tu peux aussi te rendre sur la webosphère.
Nous t'encourageons fortement à te rendre dans la chat box pour y faire la rencontre des autres membres, si tu le souhaites ! Sinon, tu peux aussi aller te créer un scénario. Quoi qu'il arrive, n'hésite pas à te faire ton trou par chez nous, on te souhaite bien des RPs et une belle et longue aventure sur TNA !

ENJOY !
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