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 Beggining of the end. ♦ WAYDEN

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Beggining of the end.
Ft. Warren Worthington III


Je n'avais plus ouvert la bouche ensuite. Je ne lui avais plus répondu. Ce n'était plus utile. Il était parti en crachant ses dernières insultes et j'avais gratifié Julian d'un regard plus qu'acéré lorsqu'il m'avait proposé de l'argent. De l'argent. Pour les ailes de Warren. Du PUTAIN d'argent! Lorsque Tobias avait enfin fermé la porte et que le calme était revenu, qu'on ne nous voyait plus, j'avais longuement soupiré en fermant les yeux. Quel gros con. Un regard à Tobias et je tournais la tête vers Kathryn pour lui lancer un sourire fatigué. Pourquoi voulais-je lui montrer que tout allait bien? Je regagnais mon calme. C'était peut être ça. Et comme une illumination, je me tournais pleinement vers elle. - Oh et je ne suis pas le petit ami de Warren. Votre fils est un pur hétéro. - Je tournais la tête vers lui et l'observais un instant. - Il est juste la seule famille qu'il me reste... - Ma mère s'était donné la mort. Mon père avait été assassiné. Je n'avais pu sauver ni l'un ni l'autre et d'une manière tordue, je me sentais responsable pour ça. Warren était mon frère. Pas de sang mais de choix. Un choix que je ne regrettais pas. Un choix que je ne regretterais jamais. J'avais contourné le lit distraitement et m'étais laissé tomber dans le fauteuil qui était désormais miens. Cet accrochage m'avait usé plus que je ne voulais le croire et je ne me laissais pas aller seulement pour la douleur qui animait ma main.

S'en étaient suivis deux longs jours. Très longs jours. Warren endormi sur son lit, j'avais élu domicile sur ce fauteuil. Kathryn avait dû gérer les stupidités de son ex-mari entre avocat et tribunal, saisi si vite que ça en était étourdissant. Je lui avais assuré ne pas bouger et je m'y étais tenu. J'aurais bien apprécié des vêtements autres que cette tenue d’hôpital mais j'avais trop peur de partir, trop peur que son manipulateur de père ne vienne le prendre pendant que j'avais le dos tourné. Alors j'étais resté là, à son chevet. Lui avait parlé pendant mon coma... j'était incapable d'en faire autant pour lui. Je ne savais pas quoi dire. Je ne savais pas quoi faire. Il avait été tellement meilleur pour moi que je ne l'étais pour lui. J'avais mis un peu de musique, tenu sa main, épongé son visage. A un moment du second jour, Tobias était venu, un sac à la main. Kathryn l'avait envoyé pendant qu'elle était occupée avec ses avocats pour m'amener de quoi me changer et je l'avais accueilli avec un grand sourire. Il s'était excusé, peur d'avoir la mauvaise taille, me confessant que c'était des vêtements de Warren... et j'avais ris. Simplement. Purement. A croire que je finissais toujours par lui voler ses fringues. Était-ce un rituel? Jeans, t-shirt noir, rien de bien complexe. J'avais gardé le sweat à capuche de l'infirmier qui n'était jamais venu le réclamer. Je le lui rendrais.

Quelques heures plus tard, Tobias était réapparu, accompagné de Kathryn. Nous avions enfin pris le temps de discuter un peu. Je l'avais un peu questionné au sujet de ce qui se passait avec Junior et elle en était venu à me demander pour mes pouvoirs. Je lui avais répondu vaguement, comme à tout le monde. Je lui avais dit avoir été exposé à un artefact, que c'était de là que venait mes pouvoirs... Et c'était bien plus que ce que je disais à la majorité des gens. Je me gardais bien de lui dire que j'étais responsable de l'anéantissement des docks de Brooklyn. Je me gardais bien d'y penser, pour moi-même. Je finissais par retourner dans mon fauteuil. Tobias n'osait jamais s'asseoir, c'était stressant. Kathryn s'était tiré une chaise à coussin de l'autre côté du lit et j'avais fini par m’accouder au matelas, la tête posée sur ma main. Les yeux fermés. Un médecin était passé désactiver le sédatif des heures plus tôt déjà, avant que Kathryn et Tobias ne revienne et l'attente était intenable. Cette fois j'avais réussi à lui parler. Je lui avais demandé de se réveiller. D'ouvrir les yeux. Je lui avais tenu un monologue sur le besoin de revenir parmi nous. Et c'est lorsque je ne regardais plus que je sentais le mouvement dans le lit. Alors je levais la tête, le visage désormais par un espoir stupide et je voyais ses yeux bleus. Je voyais sa main longer le tube de plastique. Je voyais son autre main... Ma main venait la saisir et la serrer contre mon torse alors que je captais son regard. - Warren. Enfin. On va te retirer ça. - Et j'appuyais sur le bouton rouge de la télécommande mais déjà Tobias était dans le couloir pour trouver quelqu'un. Je savais ce que sa main recherchait dans le vide. Je le savais et j'en tremblais déjà.
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Mes doigts s'ouvrent, se tendent, cherchent, cherchent jusqu'à ce que la main de Kayden vienne les trouver. Je les serre, les serre aussi fort que je peux ; c'est à dire pas très fort présentement. Je ne sais pas, je ne me rends pas compte, je n'ai pas envie de le lâcher. J'ai besoin de quelques instants, quelques instants seulement, pour réaliser où je me trouve. Mes bras sont libres de tout mouvement et ne sont pas liés contre mon corps. Je tourne sensiblement la tête, dans la mesure du possible du moins. Ma mère se lève, se cramponne à mon bras gauche. Mon regard fouille la pièce rapidement. Je reprends le fil des événements. Mes yeux s'écarquillent. Elles étaient là, dans mes bras. Mon souffle cherche à s’accélérer, mon corps pulse plus fort ; où sont elles maintenant ?

Pourquoi je suis allongé sur le dos, si je ne les sens pas faire obstacle entre mon dos et le matelas ? Mes doigts se cramponnent à la main de Kayden, furieusement. Il est venu, oui, c'est exact. Je savais bien qu'il viendrait, je ne sais pas trop comment il a su mais il a su. Je savais qu'il viendrait, et il est venu. Il est allé chercher ma mère, elle est là. C'est vrai, je lui ai dit d'aller chercher ma mère et elle est là. Debout près du lit, elle me semble soudain gigantesque, gigantesque et pourtant son visage s'est creusé, lui affublant des années qu'elle n'a pas encore vécues. Elle se tient fermement à mon bras, le bloquant contre le lit mais le contact de ses mains froides contre mon avant-bras ne me gêne pas. Elle est en sécurité, elle va bien.

Je tourne le regard sur Kayden quand il s'adresse à moi. J'acquiesce de la tête, lui laissant simplement comprendre que j'ai bien entendu ce qu'il m'a dit. Je ferme les yeux, j'ai mal. Elle avait raison, oui, il y a des tas de petits os dans les ailes des oiseaux. Et dès que je bouge, j'ai l'impression que les os frottent les uns contre les autres, dessoudés, éclatés, écrasés. Sciés. Sciés. Sciés. Pourquoi ça me fait si mal ? Je pourrais serrer les dents, je dégluttis quand un médecin passe la porte, suivi de près par Tobias. Ma mère s'écarte, je reste accroché à la main de Kayden, je n'écoute pas ce que le médecin dit « ...expirer longuement... » « ...pas parler... » « ...patience... » « ...police... » Je fronce les sourcils et soudain, ma mère me dit que tout va bien aller, que je n'ai qu'à dire le nom de ceux qui ont fait ça. ça. Ça. Tais-toi, arrête ! ça. ça. Ça ! Ne parle pas de ça ! ça. Ça ! Mon bras gauche ainsi libéré se tend vers elle, la main grande ouverte pour l'empêcher d'approcher. ça. Ça ? Elle me demande qui l'a fait, fait quoi ? Comment peux-tu dire ça ? Comment tu peux parler de ça ? Ça ? C'est le nom qu'on lui donnera ? « ça » ?

Je ne sens pas mes ailes ! Je ne sens pas mes ailes dans mon dos, je tends le bras dans le vide et elles sont absentes ! Pourquoi est-ce qu'ils ne les ont pas sauvées ? Ma mère se rapproche du lit et je la repousse avant de secouer la tête. Où sont-elles ? OU SONT-ELLES ?

Où ? Je lâche brutalement la main de Kay pour lui signer cette question-ci, cette question à laquelle je ne veux pas trouver de réponse. Où sont-elles ? Je les sens craquer, je les sens se plier dans mon dos, je les sens agrafées, je sens les plumes qui s'arrachent, je sens leur poids alors que nombreuses sont celles qui se gorgent de mon propre sang, je les sens douloureuses, je les sens mourantes ! Je sens mes ailes alors où sont-elles ? Où sont-elles ? « Warren, dis-nous qui a fait ça ? » Je pourrais presque serrer les dents autour du tube, je sens des larmes de rage qui brûlent mes canaux lacrymaux mais je garde les yeux grands ouverts. Où sont-elles ? Vous n'avez pas pu les sauver ? C'est ça ? C'est ça ? Mon bras gauche cherche à les garder à distance, Kathryn. Tobias. Le médecin. RENDEZ-LES MOI TOUT DE SUITE ! Rendez-les moi ! Rendez-les moi ! Je tourne un regard furieux et brouillé par ces larmes qui ne veulent pas s'échapper, mes mains viennent se percuter dans des gestes maladroits pour lui demander : Retire le tube, retire et qu'ils sortent. Qu'ils sortent. Où sont-elles ? Retire ça de ma bouche. Et je rattrape sa main dans la mienne.
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Kathryn avait sauté sur ses pieds pour venir saisir le bras de Warren. Rapidement un médecin entrait, accompagné par Tobias. Il disait à l'ange. L'ange... Il lui disait de rester calme, de bien respirer, et une infirmière entrait pour l'assister. Kathryn s'écartait, leur laissant la place, mais Warren ne lâchait pas mon bras alors je me fondais dans le meuble pour ne pas trop gêner l'infirmière. Je savais que Kathryn ne voulait que le rassurer, que trouver une solution, mais lorsqu'elle avait prononcé ces mots j'avais senti. J'avais senti la main de Warren se resserrer sur la mienne. Et son autre main se tendait vers elle non pas pour la saisir mais pour la repousser. Ma respiration se bloquait et lorsque je posais mon regard sur son visage, dans ses yeux, je pouvais lire. Il ne disait pas un mot et je voyais sur son visage comme si je lisais dans ses pensées. Et j'y lisais une colère effroyable, une souffrance vivace. Ce que j'y lisais me brisait le cœur.

A bouger comme ça, le médecin ne peut rien faire et Warren lâchait ma main pour signer. Il savait que je connaissais ce langage, je savais qu'il l'avait appris quelques années plus tôt. Et sa question forçait mes épaules à s'affaisser. A mon tour je lui répondais, mes mains se mouvant. - Elles sont en bas. - Appuyant ma phrase d'un regard qui signifiait que je m'en étais occupé. Je n'avais pas eu besoin qu'il me dise quoi que ce soit, je les avais mis en sûreté. - « Warren, dis-nous qui a fait ça ? » - Kathryn... - Elle ne se rendait pas compte de ce qu'elle disait. Moi-même je n'en percevais que l'essence mais je savais au regard de Warren qu'à chaque fois qu'elle parlait, elle remuait simplement le couteau dans une plaie bien trop profonde et vive. Son visage virait au rouge, ses yeux se brouillaient de larmes. Une veine dangereuse pulsait sur son front et ses bras à nouveaux s'agitaient. Il signait. Encore. Vite. Maladroitement. Et je comprenais. Mais il continuait, passant sa rage dans ses gestes brutaux. Je saisissais ses mains et me penchais sur lui pour qu'il ne puisse voir que moi. - Warren. - Mais il continuait de bouger. - WARREN! Regarde moi! Tu dois te calmer pour qu'on puisse retirer le tube. Arrête de bouger!

Il me fixait. Ses yeux révulsés par la colère. Je tenais toujours ses mains quand je sentais ses muscles se détendre... ou du moins cesser de bouger. Son corps était tendu, crispé, mais ça irait. Le médecin faisait vite, tant que ça durait, et s'employait à retirer le tube au mieux. Sensation désagréable du plastique que l'on retirer et voilà rapidement Warren libéré de cette présence intrusive nécessaire. Le médecin s'adressait à lui directement. - « Vous n'allez pas pouvoir parler de suite, votre gorge est encore irritée. Laissez vous un peu de temps. » - Et l'infirmière sortait déjà, le matériel posé dans un bac, dans ses bras. - « Si vous avez mal, vous pouvez réguler la dose de calmant. Et si jamais vous avez besoin, n'hésitez pas à appeler. » - Cette dernière phrase était prononcée pour tout le monde et le médecin s’éclipsait par la porte. Le régulateur de calmant était bloqué de toute façon à une dose donné, pour éviter les overdoses. Pourquoi est-ce que je pensais à ça alors que moi-même je l'avais monté bien plus haut que la normale? Ah oui peut être parce que justement je l'avais fait... et que ça n'avait rien fait. Je tapotais doucement la main de Warren pour attirer son attention, parlait à voix haute pour tout le monde mais signais par mécanisme. - Quoi que tu veuilles dire, je le dirais pour toi.
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Elle ne comprend pas, elle ne peut pas comprendre. Pour moi, c'est encore il y a vingt minutes, c'est encore il y a une heure, c'est encore tout à l'heure. J'ai l'écho de sa voix dans l'oreille, à demi-couvert par le bruit d'une scie. J'ai peur, terriblement peur. C'était il y a trente ou quarante minutes, c'était à l'instant. Elle est à quelques pas, ou derrière cette porte, elle est proche. Ma douleur est vive, ma peur l'est d'autant plus et ma mère ne comprend pas ça, elle pense qu'il me suffit de donner un nom et que tout sera terminé. Mais je n'ai pas son nom, je n'ai que sa silhouette, j'ai son parfum, j'ai son sourire malsain, j'ai ses menaces, j'ai eu la crainte de retrouver ma mère morte, j'ai cru que je sortirais sur les corps de Robert, de Prudence, de Rachel, de Kayden. J'ai souhaité ne pas sortir de là, peut-elle comprendre que je me suis dit que j'allais mourir ? Et que c'était mieux ainsi ? Peut-elle l'envisager ? Une mère peut-elle l'envisager ?

Je suis mort si je n'ai pas d'ailes ! Je suis lâche, c'est vrai ! Je suis faible, c'est vrai ! Et je suis un mutant, c'est vrai ! Et sans mes ailes, je ne suis rien ! J'ai besoin de les retrouver, j'ai besoin qu'on les sauve. À quoi bon être vivant si je ne suis que la moitié de ce que je fus ? À quoi bon être vivant si c'est pour être privé du ciel ? À quoi bon être vivant ? Alors je demande à Kayden, parce qu'il les a vues, parce qu'il saura, lui. Il me répond en signant, et j'ai peur de ne pas comprendre. En bas, en bas de quoi, d'où ? Je fronce les sourcils, mes mains s'arrêtent un instant. Je ne comprends pas, j'ai peur de comprendre.

Je refuse de comprendre. Leur absence, cette absence. J'ouvre les mains et les regarde, vides, elles sont totalement vides. Alors qu'il s'en aillent ! Qu'ils partent tous ! Qu'on me détache de cet engin et qu'ils s'en aillent ! Mes signes sont maladroits, mes mains incertaines et celles de Kayden viennent les enserrer sans que, dans un premier temps, je ne cesse de le lui dire. De le lui demander. Mon regard s'arrête, pénètre le sien quand il m'appelle, plus fort. Mes mains s'ouvrent, se ferment, mes yeux grands ouverts le fixent. Je reste un instant silencieux, immobile, avant de simplement hocher de la tête.

Je déteste cet état, je hais cette position, je maudis ce tube qui m'empêche de lui les chasser, pour qu'ils n'aient pas cette image sous les yeux. Je me sens sale, je me sens coupable, je me sens encore à vif. Je ferme les yeux, me force à écouter le médecin et expire aussi fort que je le peux quand il faut faire sortir le corps étranger de ma gorge. Je tousse doucement, avalant ma salive, serrant et desserant la machoire. Mes doigts heurtent mes lèvres, je me tourne vers l'infirmière. Réguler la dose de calmant ? Je repousse avec dédain le mécanisme et regarde à ma droite, à ma gauche, absentes. Qu'adviendra-t-il quand je ne sentirai plus les os qui s'entrechoquent ? Les plumes trempées ? Leur poids et leur mal ? Elles auront totalement disparu. Je porte la main à ma tempe, affublée d'une bonne bosse que la pince de la furieuse avait dû engendrer. Je sursaute quand la main de Kayden vient à nouveau rencontrer la mienne. Je prends mon souffle, espérant passer bien au-dessus des précautions de cet imbécile de médecin, qui agit comme si tout se passait bien. Où est ce qui me manque ? Mon bras gauche se tend sauvagement vers la sortie alors que je pose mon regard furieux sur ma mère. Je sais, je le sais que ce regard lui fait mal, je sens le sang qui me monte à la tête. Mon index désigne la porte mais elle se rapproche, surenchérit : « Mais Warren, tu es vivant ! »

Stupéfait, je suis stupéfait. Mon corps est épuisé, il est épuisé de ses heures forcées de repos. Il est épuisé de devoir encore se battre. Vivant ? Vivant ? C'est ce que je voudrais lui crier mais ma voix se meurt avant de franchir mes lèvres. Je me redresse partiellement, au sujet de nombre d'efforts qui me tirent dans le dos. J'ai l'impression qu'on me lacère la chair encore, et encore. Dans un ultime élan de colère, je penche mon buste vers elle. La couverture me tombe au bassin, je lui hurle silencieusement : Vivant ? Tu appelles ça vivant ? Ma lèvre inférieure tremble, et je me tourne vers Kayden pour lui signer : Fais la sortir, et qu'elle ne rentre pas chez elle ! Et qu'elle ne revienne pas ici !

Je me retourne vers Kathryn, cette fois, je ne peux retenir une larme qui parcourt ma joue. Et elle peut clairement sur mes lèvres, à défaut d'entendre de ma voix endormie : Sors ! Sors ! Sors !
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Observateur impuissant d'une scène au combien atroce. J'aurais aimé disparaitre plutôt que d'être le porte parole de ce message.

Warren ouvrait et fermait la bouche, retrouvant la liberté de sa gorge. Il devait avoir mal à la mâchoire, les muscles tendus depuis deux jours par la position ouverte de sa bouche. J'étais content de le voir enfin réveillé. J'étais heureux de le voir vivant. Mais quelque chose était différent, dans son regard. Dans ses yeux. Il levait une main vive vers la porte, fixant sa mère d'un regard horrible à subir. Il la mettait dehors, purement et simplement. Il la voulait loin. Loin de lui. Loi de "ça". Mais elle ne voulait pas comprendre. Et qui pourrait la blâmer? - « Mais Warren, tu es vivant ! » - J'étais tétanisé. Littéralement statufié. Je n'avais jamais vu Warren ainsi. Brisé, empli de colère et de honte. Je ne l'avais jamais vu ainsi et je ne savais pas quoi faire. Quoi dire. C'était comme observer un monde différent, une personne différente. Je les voyais. Je les entendais. Je les écoutais. Mais je ne bougeais plus. J'étais comme Tobias. Confus et perdu. Aux mots de Kathryn, Warren se redressait et je voulais le retenir mais trop tard.

Le drap tombait, révélant les bleus et les hématomes. Mon regard voyait les cicatrices. Il voyait les plaies boursouflées et les quelques os repoussent encore la peau d'en dessous. Mon visage restait neutre. Pas indifférent, juste neutre. Hors de question que je ferme les yeux, que je soupire, que je détourne le regard. Hors de question que je montre une quelconque forme de dégoût ou de dédains. Mon regard restais rivé sur les cicatrices quelques secondes avant de dériver vers Warren qui se tournait vers moi. Oui je les regardais, non je n'avais pas honte. Non je ne me sentais pas pris sur le fait. Je l'avais vu bouger la bouche du coin de l’œil, j'avais lu sur ses lèvres. J'avais lu sa plainte et elle m'avait filé un frisson. Il se tournait vers moi et bougeait les mains.. et je le fixais. Je le fixais, la bouche légèrement entrouverte. Surpris. Dérangé. Je le fixais et l'incitais à confirmer. Et son regard le faisait. - Non, Warren.. Je peux pas... - Mais il fulminait. Sa lèvre tremblait. Ses yeux rouges brouillés par quelques larmes. Il tournait la tête vers elle et une larme descendait alors qu'il lui criait de sortir. Il lui criait en silence. Sa voix tuée dans sa gorge. Kathryn le regardait, la bouche ouverte, stupéfaite, puis levait la tête vers moi. Une détresse dans les yeux. Un appel à l'aide... mais je me pliais.

Il veut... Tobias. - Mais Tobias avait déjà compris. Il n'était pas stupide et son bras entourait déjà les épaules de Kathryn. Je jetais un regard vers Warren mais il fixait le vide. Comme si être malpoli pouvait la faire partir plus vite. Comme si ne pas la regarder la ferait partir en courant. Comme si ne pas la regarder... rendait la chose plus facile. J'inspirais, faisant quelques pas pour contourner le lit. - Venez. - Elle résistait doucement, un peu, dans l'incompréhension la plus totale, mais finalement Tobias la guidait à l'extérieur et j'étais sur leurs talons. Je refermais la porte derrière moi et passais mes mains sur mon visage comme si elles pouvaient en faire partir l'air usé qu'il arborait. Pourquoi lui. Pourquoi me demander ça à moi. Se rendait-il compte de la position que je tenais? - Il veut que vous partiez. Que vous ne rentriez pas chez vous. Question de sécurité je pense. On ne sait jamais. - Après tout les gens qui l'avaient pris pouvaient bien revenir, c'était sensé. Mais mon regard n'était pas rassuré pour autant, il était même fuyant. Mon regard n'avait jamais été fuyant. Jamais. - Il... Il ne veut pas que vous reveniez le voir. - Et lorsque j'entendais ma propre voix prononcer ces mots, mes propres épaules s'affaissaient. Je ressentais une gêne si forte. Une honte si palpable. Je me sentais mal. Tellement mal.

Et son regard à elle. Son regard qu'elle me lançait là. Il m'assassinait. Elle ne semblait pas m'en vouloir. Mais elle expérimentait un rejet que personne ne devrait avoir à subir et l'expression sur son visage me tuait. Ajoutait à ma culpabilité. Peut être que j'aurais dû tenir bon. Etre assez fort pour ne pas obéir. Mais je ne l'avais pas fait. Sur le moment, je ne l'avais pas fait. - Je ne veux pas me hasarder à supposer... mais je pense qu'il ne supporte pas que vous le voyiez comme ça. Warren est quelqu'un de fier, nous le savons vous et moi. Il faut lui donner du temps... - Et dans son regard je voyais l'inquiétude et la peur. - Je resterais avec lui, ne vous inquiétez pas. - Je voyais autre chose alors. Dans son regard. Je voyais tant de choses que je me faisais peur et je devançais ses réflexions et ses questions sans vraiment m'en rendre compte. - Ce n'est pas l'abandonner que de partir et pas moi. En cet instant c'est peut être plus facile pour lui comme ça. Vous êtes sa mère, c'est autrement plus important que moi. - Je tentais de la rassurer, du mieux que je le pouvais. De tout mon cœur aussi, cœur que je pensais brisé depuis des années. Cœur qui l'était depuis ces années. Je tentais de la rassurer.. et de me rassurer aussi. - Je vous appellerais pour vous donner des nouvelles. De votre côté, essayez de trouver des solutions pour ses ailes. Peut être qu'on peut les lui remettre? J'en sais rien... - Fol espoir.

C'était compliqué. Dur. Je n'étais pas partisan de son départ. A mon réveil je n'étais pas seul, j'avais ma seule famille à mon chevet, et je savais que c'était mieux ainsi. Alors faire fuir la sienne... Mais la situation était différente. Tellement différente. Je parvenais à la rassurer assez pour qu'elle parte. Je lui redisais bien de ne pas retourner chez elle, de rester discrète un temps. Et finalement, au bout d'une dizaine de minutes je retrouvais le chemin de la chambre de Warren. Devant la porte j'inspirais à fond, dénouant ma gorge, mon estomac, et finalement je tournais la poignée pour entrer. Je refermais la porte avec mon dos et restais appuyé ainsi quelques secondes, mon regard posé sur Warren. Quoi dire? Quoi faire? Comment briser le silence? Contrairement à moi, Warren était rarement silencieux et ce vide me semblait étrange. Devais-je le combler? Ou le lui laisser? J'avais envie de lui dire que ce qu'il venait de faire n'était pas très bien mais était-ce sérieusement la bonne chose à faire là tout de suite? Je le regardais et je me sentais vide. J'étais incapable de parler. Chaque mot semblait stupide. Lui demander comment il se sentait? Mais pourquoi faire? Il se sentait mal. Ça n'allait pas. Il souffrait. Il avait mal et le manque hurlait dans son crâne. Le sang pulsait dans des plaies qu'une bande bâtards avaient créé. Les vestiges de sa gloire. Des os brisés et la rougeur de son corps qui voulait déjà reprendre le pas sur cette foutue atrocité. Ça va? Mais quel abruti je ferais si je lui posais cette question stupide!

Alors je faisais quelques pas en avant, les poings serrés. Les lèvres fusionnées pour ne pas les laisser trembler. J'avais envie de partir en courant, de me planter là et rester, de sauter par cette fenêtre en une chute infini pour ne jamais rencontrer autre chose que la mort et le néant. Je ne savais pas quoi dire. Mes lèvres ne voulaient pas bouger. Je me plantais face à lui, face au lit. Mon corps entier était tendu, crispé. Je ne savais pas quoi dire alors je levais les mains. Comme si c'était plus facile de signer que de parler. - Elle est partie. Je lui ai dis de ne pas revenir mais je ne peux rien promettre. - Et mon regard trahissait mon désaccord quand à ce rejet. Seuls les sons électroniques des appareils tuaient le silence. Des constantes. Des détails. Warren était vivant. Son coeur battait. Son cerveau tournait. Ses yeux m'observaient et ses poumons s'emplissaient d'air... Mais son regard était mort. Détruit. Son âme était amputée.
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Kathryn cherche le regard de Warren, parce qu'il ne pourra pas la regarder dans les yeux et la chasser ainsi, elle attend. Ils se comprennent sans mots depuis des années, ils sont passés au-dessus de ça. Sentir Tobias qui entoure ses épaules de son bras, c'est un aveu d'échec. Ils ont échoué, ils ont été blessés, ils ont été vaincus. Elle serre les poings, voudrait lui crier qu'elle est sa mère et qu'il n'a pas à lui parler comme ça. Elle voudrait le gifler, pour qu'il cesse cette crise d'hystérie, elle voudrait le prendre dans ses bras mais il est fêlé. Elle se sent tellement fêlé qu'elle a peur de le casser. Il a besoin de temps, elle se dit qu'il a besoin de temps pour accepter, pour réaliser.

*

Je ne veux pas la regarder, elle a très bien compris. Comme une punition, sans appel. Comme un jugement. Parce qu'elle pourra dire ce qu'elle veut, elle aura tort. Parce que j'ai présentement besoin d'être en colère, parce qu'ils ne font pas ce qu'il faut, parce qu'ils se comportent comme si tout allait rentrer dans l'ordre. Comme si je courais parmi eux, les bras tranchés et qu'ils se disaient que c'est bon, tout ira bien. Je ne sais pas moi-même ce que j'attends d'eux. Qu'ils me disent d'attendre, et qu'on va me rendre mes ailes, parce que je ne suis pas un battant. Je n'y arriverai pas. Alors qu'elle parte, qu'ils sortent tous. Et que je ne les revoie pas, et qu'ils ne me voient pas. Je n'y arriverai pas.

*

La mère se laisse entraîner à l'extérieur de la chambre et à peine a-t-elle quitté le champ de vision de son fils, se tourne-t-elle vers Tobias, essayant de comprendre. Elle bredouille qu'elle n'aurait pas dû dire ça mais... Elle l'a accepté avec ses ailes, elle peut l'accepter sans. Warren est, à son sens, la seule personne qui ne puisse pas supporter qu'Angel a perdu ses ailes. Elle porte une main à son front, cherchant tour à tour des réponses sur les visages de Tobias et de Kayden. Il veut qu'elle parte. Kathryn baisse la tête, entre la résignation et l'envie de retourner à l'intérieur de cette chambre. Warren le lui parle jamais comme ça, il n'a jamais un mot plus haut que l'autre, il ne s'énerve jamais vraiment...

*

Ils sortent. Et quand ils sortent, je laisse passer quelques secondes. J'amène les mains à mes yeux et ne les retiens pas. Les larmes. Je les laisse s'abandonner une fois encore. Je lui ai brisé le cœur, je l'ai vu dans ses yeux. Leurs regards incrédules et remplis d'incompréhension, tel que le fut le mien. Je remonte un genou et m'appuie dessus, le drap formant maintenant une bosse. Je sais bien que je devrais écrire à Rachel aussi, la prévenir et lui dire quoi de plus ? Désolé Rachel, je ne me sens pas la force d'être celui que j'ai toujours été. Une flemme de vivre, un vide dont j'ai l'impression qu'il est en train de m'absorber. Une noyade de laquelle je ne m'extrais pas. Mes pensées sont confuses, et je ne trouve même pas la force pour m'asseoir sur le bord du lit.

Je pivote sur le côté, libère mon dos de la charge de mon poids, de ma cage thoracique, de ma carcasse. Tout me semble étrangement léger, je me hasarde à passer mon bras droit au-dessus de son épaule gauche, poussant légèrement sur mon coude. Les points ont été refaits, ils sont serrés, ils sont secs. Je les parcours délicatement. Ils ont scellé toute possibilité de réintégrer mes ailes à mon corps et j'imagine qu'elles ne pourront jamais repousser. Les os ne sont pas des plumes.

Je sens la bosse osseuse sous ma peau et m'oblige à la garder immobile, je limite mes mouvements et affiche une grimace à mi-chemin entre le dégoût et la douleur. Kayden a bien vu à quoi cela peut ressembler. Il a regardé ça avec une sorte de neutralité, presque de paix qui lui est propre. J'avale ma salive doucement et libère mon coude, libère mon bras de cette tension. Je me demande à quoi Kayden a pu songer quand ses yeux ont rejoint l'immensité de la nuit, à son réveil. Je réalise bien que mon égocentrisme n'a d'égal que la méchanceté dont je viens de faire preuve, j'en suis bien conscient et ça ne contribue qu'à me détester un peu plus à cet instant.

Je lève les yeux sur le monitoring qui a fait des bonds, semble-t-il à mon réveil et qui s'est maintenant apaisé, résigné. Cette chambre est déjà chargée de cris, chargée de cris silencieux, de cris haineux, de cris désolés. Je le sens, et j'ai l'impression de me faire l'éponge de tout ce qui peut m'entourer, de ce flot de sentiments qui m'écrasent dessous sans que je puisse reprendre véritablement mon souffle. J'ai besoin de retrouver mes ailes. Les connexions cherchent à se faire dans ma tête, pour trouver où est « en bas ». Je dois sortir d'ici, je ne peux pas rester ici. Et je ne veux pas que cette folle sache où me trouver. Je veux disparaître, simplement disparaître et ne jamais refaire surface. Ni pour elle, ni pour personne.

Mes élèves ? Que vais-je dire à Alec ? Mon regard se perd dans le vide, qu'est-ce que je vais dire à ceux que je connais, ceux qui arrivent à l'école ? Tous des Axel et des Danny en puissance qui laisseront leur peur prendre le dessus. Je peux m'étouffer dans ma peur, je l'ai bien mérité mais eux ne sont coupables de rien. Je ne veux pas croiser le regard bleu de Snow, quoiqu'elle dise, ce sera mauvais. Quels que soient ses mots, et même s'ils viennent à être ceux que j'ai besoin ou envie d'entendre. Des pas dans le couloir, ce sont les talons de maman qui s'éloigne. Attends...

Je préfère tourner le dos à la fenêtre, guettant les nouvelles entrées. Pourquoi ? Inutilement. Cela n'empêcherait rien. D'ailleurs, même Kayden refait son apparition. Je lutte contre le sommeil qui semble vouloir me reprendre. Je regarde l'une de mes mains, c'était il y a à peine trente minutes. Il s'adosse à la porte, mon regard croise le sien, s'y attarde un instant dans une excuse silencieuse et le délaisse pour rejoindre un point invisible situé au-dessus de sa tête. Je ne me lèverai pas, tout simplement parce que je sais que je n'en suis pas capable, je refuse de sentir à nouveau cette chaleur poisseuse contre ma peau.

Je avance dans la chambre, je le suis du regard. Je ne veux pas l'abandonner, et je me sens présomptueux de penser que je peux lui servir à quoique ce soit. Je l'aime, je l'aime tellement et c'est pour ça que... J'ai envie de lui dire : aide-moi. Mais mes lèvres restent scellées, mes mains immobiles. Mes yeux restent braqués contre lui, le suivent du regard quand il se met à signer. Je me demande quand je pourrai sortir et ce que je ferai. J'ai envie d'oublier, et j'ai envie de vomir aussi. Je soupire et cale à nouveau mon dos contre le matelas que je redresse, pour trouver presque une station assise. Cette position souffle sur les braises de la colère. Je soupire et signe à Kay sans le regarder : Merci. Tu sais que je t'aime. Alors maintenant, pars aussi, s'il te plaît. Les gestes de ces derniers mots sont arrivés quelques secondes plus tard. Je soupire.
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Je m'immobilisais. Je le fixais. Mon visage déformé par une colère montante. Je le fixais alors qu'il me disait ça. Que ses mains m'ordonnaient ça. Ce non sens. Cette stupidité. Vexé? Outré? Déçu? Je ne savais pas ce que je ressentais mais mon regard le perçait. La surprise laissait la place à la colère et je ratais un battement. - Je te demande pardon? - Mais pas besoin de répéter. Pas besoin de recommencer. Je contournais le lit comme une furie et approchais bien trop vite. Je le tapais. La main plate, le claquement de mes doigts sur la peau de son bras raisonnant dans la chambre. Il avait mal? Tant mieux! Je tapais encore. Mes yeux se brouillaient. Je giflais son visage. Son visage si beau, si souriant. J'avais envie d'y aller au poing, de frapper plus fort, mais deux larmes sillonnaient mes joues et je lui criais dessus. - T'es qu'un gros con! - Et je tapais encore son bras. Il ne savait pas. Il ne pouvait pas savoir ce que j'avais endurer. Il ne pouvait pas savoir ce que j'avais subi. La douleur que j'avais ressenti. Les blessures et les cris. Les émotions et les tortures. L'incompréhension et la hantise. Il ne pouvait pas savoir que pour une raison qui m'échappait totalement, j'étais passé par tout ce qu'il avait vécu. Il ne pouvait pas savoir que malgré la souffrance j'avais bravé terre et ciel pour le trouver.  Il ne pouvait pas savoir que les coupures sur ma peau venaient d'un crash violent dans un champs parce que la douleur était si fulgurante qu'elle m'avait éteint.

Il ne pouvait pas savoir... Que l'espace d'un instant, j'avais été sur cette table à sa place. Je me laissais tomber sur le bord du lit, mon regard rivé sur la fenêtre. Rivé pour ne pas le regarder. Ma respiration rapide, forte, en colère. Il ne pouvait pas savoir... Et il ne saurait jamais. J'en faisais la promesse. De ne jamais lui dire. De ne jamais le lui laisser comprendre. Que jamais il ne puisse faire sienne cette culpabilité. Je ne mettrais pas ça sur ses épaules. Ce serait sur les miennes. A jamais. Je me tournais sans me lever, pointais un doigt menaçant vers lui. Je le pointais un peu trop vivement et je voyais son mouvement de recul. - Je t'interdis de me demander ça. Je te l'interdis! - Comment pouvait-il ne serait-ce qu'imaginer que je lui dise oui? Abruti! - Est-ce que c'est clair! - En colère. Il m'avait mis en colère. Warren. Mon ami. Mon frère. L'être le plus important de cette saloperie de planète. Entre fatigue et pression, il avait trouvé le chemin de ma colère et je l'en gratifiais. - Je resterais là. Je m'attacherais à ce lit s'il le faut. Tu crois savoir ce que c'est que de m'avoir constamment dans ton sillage? C'était rien à côté de maintenant! - Je me levais. Je devais me calmer. Respirer. Bon dieu, comment mon père faisait-il pour garder son calme. Comment y arrivait-il...

Je traversais la distance jusqu'à la fenêtre, balayant du regard un extérieur qui ne me faisait pas envie. Je respirais, doucement. J'essayais du moins. Je sentais son regard dans mon dos et pour une fois, une seule fois, son mutisme m'arrangeait. Imbécile. Je posais mon front contre la vitre, fermant les paupières un instant. Mes yeux étaient chauds. Je les sentais. Je tapais mon front contre la vitre. Doucement, pour ne pas la briser. Je tapais une seconde fois et me retournais. Je m'étais un peu calmé. Et s'il n'aurait pas fallu grand chose pour attiser le brasier, je m'étais calmé. Mon pouce et mon index venait pincer l'arrête de mon nez alors que je retournais vers Warren. Que je m'installais sur le lit à nouveau. Que je soulevais son bras pour pouvoir m'asseoir et le reposais sur mes cuisses. Je ne criais plus. Cette chambre avait déjà connu trop de cris, trop de disputes, trop de colère. Et je le disais pour la première fois. Je ne l'avais jamais dis à personne. Pas à mes parents. Plus depuis que j'avais pris conscience de son véritable sens. Pas à Wanda ni à Pietro. Pas à cette petite copine de lycée. Je ne l'avais jamais dit et ces mots s'inauguraient entre mes lèvres. - Je t'aime, Warren. - Jamais jusqu'à lui. - Je t'aime et je reste. - Je posais ma main gauche sur son torse. - Je ne vais nulle part.
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Ce que j'espère ? Ce que j'attends ? Je ne sais pas trop. Alors que mes mains dessinent dans le vide la demande que je ne pensais jamais formuler, je ne sais pas ce que j'attends de lui. Égoïstement, je voudrais le garder près de moi, je voudrais m'abreuver de sa force, de sa témérité, de son expérience. Mais que va-t-il advenir de nous, véritablement ?

C'est par lâcheté que je ne veux pas croiser son regard et il le sait, parce qu'il me connaît assez pour comprendre ce genre de réactions. Je respire doucement. Si, je sais ce que j’attends, j'attends une porte qui claque. J'attends qu'il s'éloigne, un jour ou peut-être même deux pour que je puisse sortir d'ici. J'ai besoin de sortir d'ici, j'ai besoin de trouver une solution. J'ai besoin d'y réfléchir, j'ai besoin de... « Je te demande pardon ? » Je ne réponds pas, parce qu'il a compris, il a très bien compris et je l'entends au ton de sa voix, je sens que je lui ai fait mal, autant que je fais mal à Maman. Mais c'est le mieux à faire. Et pourtant, je ne suis pas de ceux-là, je ne veux pas prendre les décisions pour eux, je ne veux pas décider pour les autres ce qui est le mieux pour eux, je ne veux pas être cet homme. Celui qui pense que... juge que... estime que... mais s'accroche à ses erreurs comme si ses bonnes intentions allaient tout sauver.

C'est une blessure provisoire. Je ne veux pas étaler ma faiblesse, je ne veux pas leur offrir en spectacle. Il contourne le lit et je ne lève les yeux sur lui que lorsque sa main à plat vient frapper mon bras. Je me raidis sensiblement dans le lit, essayant simplement de reculer légèrement mon bras qu'il continue de frapper. Mon bras s'abat contre le lit, je n'ai pas de mouvement d'esquive quand ses doigts viennent frapper ma joue. Je pousse un long soupir, mon visage ayant marqué un mouvement sur le côté. Je serre les dents, demeure silencieux.

«  T'es qu'un gros con ! » Il frappe mon bras, je demeure immobile. Les vibrations de sa main contre moi remontent le long de mon bras, dans mon épaule et j'attends quelques instants quand il vient à s'asseoir sur le bord du lit. Il pivote vers moi de pointer un index accusateur dans ma direction, le même que je pointais sur ma mère il y a à peine un quart d'heure... Je me laisse retomber en arrière, perds mon regard sur le plafond, sans lui répondre tout de suite. Je n'y arriverai pas, Kayden. Tu ne le sais pas encore, tu n'en es sans doute pas encore conscient mais moi je le sais, je le sens.

Je ferme les yeux un instant. « Tu crois savoir ce que c'est que de m'avoir constamment dans ton sillage ? C'était rien à côté de maintenant ! » Je rouvre les yeux sur lui quand il se relève. Il se dirige vers la fenêtre, je ne comprends ce qu'il veut me dire. J'essaie de juger l'heure qu'il peut être au soleil qui semble décliner, renvoyant de beaux rayons dans les vitres des immeubles voisins. Juste une demi-heure, à peine... Son front vient rencontrer deux fois la vitre, je porte la main à ma gorge, la massant doucement. Il se retourne, je le sens agacé, reprendre difficilement possession de tous ses moyens. Mon regard accompagne ses pas alors qu'il s'éloigne de la fenêtre maintenant.

Mon regard se perd contre le drap et... « Je t'aime, Warren. Je t'aime et je reste. » Ma main passe sur la sienne et je réalise que je ne le porte plus. Mon regard balaie la table près du lit puis je tends douloureusement le bras pour me saisir du pendentif. Je le garde au creux de ma main puis j'approche mon bras libre vers Kayden pour lui faire signe de s'approcher. Je lève les yeux vers lui et chuchote doucement : « J'ai mis des années pour y arriver... je sais que je n'y parviendrai plus. » Des années pour m'accepter, des années pour voler, des années et des années. Et j'ai tout donné. J'ai pris sur moi, j'ai couru avant de prendre mon envol, des dizaines de kilomètres Kayden, avant de réussir à battre des ailes et de m'envoler. Des heures d'effort, après m'être haï, après m'être senti plus seul que jamais. Je caresse le pendentif du bout des doigts. Je ne veux pas que Kayden croit que je veux le mettre à l'écart, ce n'est pas ça. « C'est fini ? ... »
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Je suivais son regard alors qu'il tendait difficilement le bras vers la tablette et y saisissait le pendentif. Mon pendentif. Enfin plutôt celui de ma mère. Oui, ma mère qui s'est donné la mort de chagrin, cause de fausse mort en France. Orchestrée par Hydra. Hydra avait tué ma mère et je leur en voudrais toujours pour ça. C'était ce même pendentif en cercle orné de mon prénom. Ce même pendentif que ma mère avait porté pendant prêt de vingt longues années. Ce même pendentif que je lui avais donné à Londres. Un fin sourire étirait mes lèvres en le voyant le chercher, le prendre. L'espace d'une seconde j'avais eu peur qu'il ne veuille me le rendre mais il n'en était rien. Il l'observait puis s'y accrochait. C'était pour ça que je le lui avais offert. Une réponse à ces chaînons de métal autour de mon poignet. Une promesse. Mais aussi une marque. Un symbole. Pas de moi. Je n'étais pas si narcissique. Mais le moyen de se raccrocher à quelque chose. L'idée même d'une indéfectible présence. Moi. Quelqu'un d'autre. La marque qu'il ne serait jamais seul.  Et tant que je serais en vie, ce ne serait pas qu'une idée.

Il tendait son bras vers moi et je me penchais légèrement. Je savais bien ce qu'il voulait faire mais je ne m'y opposais pas et lorsque sa voix étouffée sortait de sa gorge irritée, un frisson me parcourait. - « J'ai mis des années pour y arriver... je sais que je n'y parviendrai plus. » - J'expirais doucement, mon regard dans le sien. Je n'étais pas Zadig. Je n'étais pas encore là à cette époque sombre où il avait dû subir et apprendre. Je ne voulais pas être celui qui lui apprendrait à marcher alors que je voudrais seulement lui réapprendre à voler. C'est fini? C'est fini... Je regardais le médaillon alors que ses doigts en dessinaient la forme et je le lui prenais délicatement. - Non. - Je m'avançais légèrement et me penchais vers lui, passant mes mains derrière son cou. J'y verrouillais le petit fermoir et laisser pendre l'anneau d'argent sur son torse. Il était bien mieux là. - Je ne peux pas te blâmer. Je ne peux pas t'en vouloir de penser que tout est terminé. Je le comprend. - Je passais une main contre le pendentif, sentant sa peau en dessous. Je le fixais une seconde puis levais mon regard à ses yeux. Un sourire sincère prenait place sur mes lèvres. Je lui parlais doucement, comme si la pièce était immense, comme si on nous écoutait. Mais c'était plus simple. C'était juste nous deux. Les murs mêmes n’avaient pas besoin de savoir. - Je comprend que tu ne veuilles plus y croire. Alors laisse moi croire pour nous deux. Pour toi j'aurais toujours les épaules assez larges.

Je posais ma main sur sa joue, appuyant très légèrement, puis me levais pour mieux retomber dans mon fauteuil assigné. - Tu devrais te reposer un peu maintenant. - Deux jours qu'il dormait. Et encore se reposer? Je pouvais voir à son regard qu'il était fatigué. La douleur. Les cris silencieux. Des émotions usantes et épuisantes. Le soleil déclinait, la nuit viendrait. Il n'était pas si tard pourtant. Je n'étais pas fatigué, pas au point de dormir. Je veillerais pendant son sommeil. Pour l'accompagner je tirais la couverture sur mes jambes et pivotais légèrement dans son sens. Je ne voulais pas le fixer pendant qu'il dormait comme un stalkeur transi. Je voulais simplement ne pas lui tourner le dos. Ne pas regarder en face comme si je l'ignorais. Je ne l'ignorais pas. J'étais là avec lui, pour lui. Toujours. En réalité je l'avais regardé dormir. Ça avait fait deux jours que je le regardais dormir mais là c'était différent. Je savais qu'il ouvrirait les yeux. Que ce n'était pas un quelconque médicament qui le forçait dans ce sommeil. Lorsqu'on était venu nous amener le dîner, Warren dormait toujours et je ne l'avais pas réveillé. En temps normal il aurait sauté du lit en sentant l'odeur de la nourriture mais pas cette fois. Cette fois ses yeux restaient fermés. J'avais grignoté en silence, pas très torturé par la faim, et finalement j'avais trouvé le sommeil en fin de soirée. Il était bien des nuits où je ne fermais pas les yeux, où je restais à cogiter, le regard rivé sur le plafond... Tortures nocturnes. Pas cette fois. Cette fois je tirais la couverture jusqu'à mes épaules, je glissais doucement sur le fauteuil et le visage tourné vers mon ange, je m'éteignais...
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Il le prend et je penche doucement ma tête en avant quand il passe les mains derrière mon cou pour l'accrocher. Ma joue subit encore le feu de la gifle, comme un rappel de sa promesse. Comme un rappel de nos promesses. Je baisse les yeux sur le pendentif, débarrassé des gouttes de sang qui avaient pu le souiller, lavé des derniers événements. Je suis tout de même soulager de le retrouver, lui. Finalement, n'est-ce pas un peu comme si Kayden avait été un peu avec moi ? Quand je cherchais un peu de courage, il restait près de moi. Le ton de sa voix n'est plus le même, la vibration légère de nos cordes vocales transforme le dialogues en un échange de confidences, en un partage de secrets.

Que Kayden puisse y croire pour nous deux, je sais bien que c'est possible. Mais je ne veux pas l'écraser, l'écraser sous le poids de cet échec. Une part de moi voudrait se gorger de l'arrogance des Worthington. Je voudrais lui dire que je ne suis pas mort, et que j'ai tellement de personnes, de valeurs sur lesquelles me reposer que je ferais face. Je pourrais le dire, et c'est vrai. Mais c'est encore si près dans le temps que la simple idée de cette femme me fait trembler. Mes bras se couvrent de chair de poule et ma bouche devient sèche. Je ne veux pas que Kayden ait les épaules assez larges pour nous porter tous les deux parce qu'il n'a pas à le faire. Je ne l'oblige à rien, je ne veux pas qu'il gâche la chance qu'il a d'enfin vivre sa vie, vraiment. Loin de la peur, loin du chantage, loin de la colère, loin de la mort.

À ses mots, je me tourne simplement pour m'allonger sur le côté, remonte la couverture jusqu'à mon cou. Un clignement de paupières. Je ne dis pas à Kayden d'aller dormir à la X-Mansion, de profiter d'un vrai lit, enfin. Il n'irait peut-être pas, sans doute pas, certainement pas. Un clignement de paupières. J'en viens à oublier le bruit des machines, me fixant sur la respiration rassurante de Kay. À l'extérieur, les bruits semblent aussi s'apaiser doucement. Les tensions dans mon corps se défont petit à petit. Près du lit se trouvent ma montre et mon téléphone, l'écran est fêlé sur sa longueur, sans doute quand il est tombé en même temps que ma veste sur le sol. Mes doigts passent contre ma jambe. L'entrée de la flechette qui contenait le serum a déjà complètement disparu et je ne saurais dire si mon organisme l'a détruit ou si... Non, il n'aurait pas sabordé le projet de sa vie professionnelle. Je pousse un soupir. Un clignement de paupières.

Quelques minutes plus tard, je me résous à retrouver le mécanisme qui me délivre une dose de calmant. Les mouvements invisibles dans mon dos disparaissent, et les douleurs fantômes se calment le temps que je m'endorme. Je m'endors dans une soirée sans rêve, portée par la fatigue. Autant celle de mon corps qui travaille déjà à cicatriser le dos. Que celle de mon esprit confus qui ne trouve pas le temps ou l'énergie de trouver des réponses aux questions que je me pose.

C'est le bruit de la pluie contre la vitre qui me réveille. Mes yeux s'ouvrent en grand, mon corps se fige. L'obscurité rassurante de la pièce me permet d'émerger doucement. Kayden est en train de dormir. Mon bras droit, sur lequel je me suis endormi, est engourdi et j'ouvre, resserre les doigts le temps de chasser les fourmis qui courent de l'épaule à leur extrémité. Ma main, traîtresse, délation de la peur d'un nouveau combat contre moi-même, actionne à nouveau le mécanisme. Je retire les capteurs ce qui a pour effet de laisser un électrocardiogramme plat. Je l'observe deux secondes puis repose le regard sur Kayden qui s'est réveillé. Je cherche à m'asseoir, tends silencieusement le bras dans sa direction pour lui demander son aide. Qu'il m'offre. Je désigne la machine d'un mouvement de la tête, lui demande d'une voix toujours abîmée s'il peut « les » prévenir que ça va. Non, je ne suis pas encore tout à fait mort.

Je profite de son absence pour regarder dehors, je perds mon regard au-delà des toits, vers les lumières plus lointaines qu'on confondrait presque avec les étoiles. Je fronce les sourcils et les observe silencieusement. Quand Kayden refait rapidement surface, je suis en train de frotter doucement mes mains l'une contre l'autre. Le regard perdu dans le vide, je lui chuchote une demande, celle de me montrer mes ailes.
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C'est justement bercé par la nuit et l'eau qui frappait la vitre que j'avais pu m'endormir. La pluie m'avait toujours été apaisante. L'odeur de la pluie dans le sable une délivrance. La pluie lavait le monde des atrocités. C'est un son désagréable qui m'avait réveillé. J'avais sursauté en l'entendant, ouvrant les yeux pour voir Warren, réveillé, les capteurs pendant à côté du lit. - Ça va? - Stupide question, je l'avais déjà établi, mais elle était venu comme un réflexe. Loin d'être liée à la raison de notre présence ici. Je me demandais simplement pourquoi son sommeil avait été coupé. Il tendait un bras et je me redressais pour l'attirer vers moi, l'aidant à s'asseoir. Le tracé plat et le son continue me poussaient à m'éloigner du lit pour aller rejoindre la porte pendant que Warren me demandait d'aller les prévenir. Je fermais la porte derrière moi et rejoignais rapidement les bureaux pour prévenir les infirmières que tout allait bien. Enfin, qu'il n'était pas mort. Donc ça allait. J'y retournais quelques minutes plus tard, le trouvant toujours sur le lit. - Ils m'ont dit qu'on peut l'éteindre. Ils comptaient venir chercher tout ça demain matin de toute façon. - Il n'en avait plus besoin. Ces machines étaient là pour le surveiller pendant son coma mais maintenant qu'il était réveillé, elles étaient devenues inutiles.

Je contournais le lit pour appuyer sur le bouton d'arrêt du monitoring et posais mon regard sur lui alors que le sien jonchait le vide. Un chuchotement. Quelques mots. Un air plus sérieux sur mon visage. Pas grave, pas déterminé, seulement... Prêt. Je n'étais pas prêt. Loin de là. Lorsque je l'avais trouvé il portait ses ailes sur ses bras. Il n'aurait jamais dû pouvoir faire ça. Ses ailes auraient dû être dans son dos, belles et grandes. Elles n'auraient pas dû être en bas sur cette table métallique mais là, dans son dos, à le gêner pour s'asseoir. J'acquiesçais sans rien dire et tirais sur son drap pour le découvrir. Les seuls tubes qui arpentaient son corps étaient ceux de la morphine et je débloquais les freins du mobile pour qu'il puisse le prendre avec lui. Elle l’empêcherait de marcher correctement, l'empêcherait de se mouvoir avec la pleine conscience de ses gestes alors je l'allégeais. J'allégeais son corps pour que son poids et sa fatigue ne soit plus un obstacle. Je ne le faisais pas flotter, il marcherait, mais il y arriverait. Je l'aidais à se mettre debout et lui ouvrais la porte pour atteindre le couloirs. L'avantage d'être la nuit c'est que les couloirs même éclairés n'abritaient pas grand monde à part les rares infirmiers en sous effectif. Je faisais un arrêt par le distributeur pour prendre un café, nécessité, et nous finissions dans l'ascenseur.

Comme tout hôpital, nous passions par un dédale de couloirs et de portes coupe feu jusqu'à atteindre les nouveaux sous-terrain. Bien sûr il n'y avait personne mais je déverrouillais le passage grâce à mes pouvoirs. Ce n'était pas une porte qui allait m'arrêter. Je n'aimais pas l'idée de l'emmener dans la morgue. Je n'avais pas aimé les idées d'y laisser les ailes non plus mais c'était l'endroit le plus froid, le plus à même de les préserver. Pas de corps sur les paillasses, seulement l'inox immaculé et je visualisais le mur de trappes. Pas la peine de fouiller, je savais précisément où elles étaient. D'un main je tirais sur la grosse poignée de métal et ouvrait la trappe 32. D'une autre je tirais la table en inox qui coulissait entre lui et moi. Les ailes étaient là. Trouées. Maltraitées. Du sang maculant leurs plumes abîmées. Je n'osais pas les regarder. Je préférais souffrir en le regardant lui. Je me trouvais si brutal. J'avais seulement ouvert la porte, seulement tiré la table, seulement révélé à ses yeux ouverts cette sale vérité. J'aurais pu dire quelque chose. Attendre un peu. Prendre plus de temps. Mais au final, pour quoi faire? Est-ce que ça aurait vraiment changé le résultat...
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Nous échangeons un demi-regard, la moitié de son visage dérangé par l'obscurité. Je passe la main contre mon visage, je me sens épuisé. Démesurément, si on considère que j'ai passé au moins une nuit et un jour en train de dormir avant de cracher une infime partie de ma colère et de ma frustration sur ma mère, Tobias, pas vraiment sur Kayden. J'ai besoin, simplement besoin de les voir. C'est bête comme demande, peut-être même un peu glauque. Qui demanderait à voir son membre amputé ? Mais je pense que ce n'est pas la même chose, c'est différent, c'est bien davantage qu'un doigt ou qu'un pied. C'est comme si elle venait de me priver de mes sens, de ma capacité à voir et sentir les choses. Je suis toujours assis, je ne veux pas sortir à l'aide libre, je ne veux pas regarder trop loin sur l'horizon.

Pourtant, mes yeux se perdent dehors, à travers la vitre. Je pourrais ouvrir, je pourrais sauter. Je pourrais le faire, je n'ai pas peur. De ça, je n'ai pas peur. Je pousse un long soupir quand Kayden refait surface, à cet instant. Nous échangeons un demi-regard, la moitié de son visage dérangé par l'obscurité. Il me demande si ça va. Je prends sa question sur un point de vue purement médical et désigne un espace indéfini derrière moi, lançant que je ne veux plus avoir ça. Sous-entendu ces fils, il le sait. Je n'ai pas oublié que je lui ai demandé de les retirer, de ne pas me laisser avec ça. Peut-être empêchent-ils de nouvelles ailes de pousser ? Est-ce que ma mutation en serait capable ? Peut-être qu'elle peut, qu'elle veut le faire mais que ces fils l'en empêchent. Et je ne veux les savoir là...

Assis sur le bord du lit, je le laisse éteindre les machines. La pluie continue de battre contre la vitre et Kayden tire sur le drap, libère le... comment s'appelle cette perche métallique sur roulettes ? Aucune idée. Spontanément, je « saute » sur mes pieds et manque de tomber en avant, agrippe au bras de Kayden, m'y agrippe furieusement. Il n'y a aucun poids dans mon dos. Je sens un frisson me parcourir la colonne vertébrale. Il fait froid, il fait si froid. Je me courbe vers l'avant, ayant du mal à adopter une posture naturelle. Finalement, Kayden m'allège partiellement de mon poids et je reste avec une main sur son épaule.

Je me dégoûte. Je soupire, nous passons devant le distributeur et je demande à Kayden une bouteille d'eau, je n'en bois qu'une gorgée avec une grimace mais ça fait du bien. Le chemin me semble interminable. Je suis resté pieds nus, appréciant de sentir le sol sous mon corps, appréciant d'être enfin à nouveau debout. Libre de mes mouvements. Nous arrivons dans les sous-terrain, je ressers légèrement ma prise sur son épaule, me tenant au mobile de l'autre main. Je m'arrête à l'entrée de la morgue, le visage fermé et les sourcils froncés. Évidemment, aucune fenêtre ici, non-plus. J'attends quelques instants puis me remets en route. Les bruits me font reculer d'un pas, la trappe qui s'ouvre. La table qui apparaît. Elles sont là, elles sont vraiment là.

Je tends la main au-dessus, mes doigts tremblent. Je ne touche pas là. Je remonte au-dessus, au-dessus de l'os, le sang a eu le temps de sécher et mon visage se tord doucement, entre la peine, le dégoût et la colère. Je m'appuie sur la table, essayant de retenir un gémissement plaintif quand je plie le dos. Je passe les doigts sur quelques plumes et m’attelle à retirer délicatement les agrafes que cette sauvage a mises pour les maintenir repliées sur elles-mêmes. Le tremblement de mes doigts n'aidant pas, je m'agace. Secouant la tête, je marmonne pour Kayden ou pour moi-même : « Ils ne... comprennent pas... tu vois, ils ne savent pas... ce n'est pas... leur faute. C'est de l'ignorance. » Sur ces mots, je parviens à en retirer une nouvelle. Je relève les yeux sur Kayden, toujours d'une voix très basse, je lui dis que je ne retournerai jamais à l'école. Jamais. Les élèves de la X-Mansion n'ont pas besoin de savoir que nous sommes si vulnérables, n'ont pas besoin qu'on les conforte dans l'idée que le danger est omniprésent, qu'il est cruel. Nous restons longtemps ici, pendant que je prends soin de mes ailes. Une partie des plumes abîmées s'est détachée sans grande difficulté. C'est terminé. La nuit se poursuit ici-bas et se termine dans la chambre. Cette nuit d'horreur me revient par morceaux, je demande à ce qu'on me donne de quoi dormir... quelques jours passent ainsi. Rapidement. Je délaisse le lit pour prendre possession du fauteuil et on me demande de rester jusqu'à la fin de la semaine, le temps de retirer les points et de récupérer les derniers résultats d'analyse. « Tout va bien. » C'est avec ce genre de phrases qu'ils vont me tuer. Je me suis ainsi découvert une facette droite et indifférente que je ne me connaissais pas. Après avoir changé de chambre – sous un autre nom – pour éviter les récidives des avocats de mon père et les tentatives de comprendre mon silence par ma mère, j'ai abandonné mon téléphone sans batterie sur la table de chevet. J'ouvre la fenêtre chaque matin, et je m'y appuie pour regarder à l'extérieur. « faudra changer les pansements tous les deux jours et nettoyer... » je n'écoute pas vraiment, je lui fais un signe de partir d'un mouvement las de la main.
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Ft. Warren Worthington III


Je n'osais rien dire. Je n'osais même plus bouger. Je n'osais pas toucher les ailes. Pas en sa présence. Comme un artefact sacré. Comme une boite de pandore. Elles avaient un pouvoir sur lui, celui de le détruire. Là, inertes, immobiles, dénaturées. Ternes. Elles l'anéantissaient. Et ça me tuait. Lorsqu'il s'appuyait à la table je la contournais mais le temps de l'atteindre ses doigts déjà parcouraient les quelques plumes devenues trop rares. Il avait peut être besoin de ça et je n'osais pas me joindre à lui. Je n'osais pas l'aider à les libérer. Alors je passais ma main dans ses cheveux et j'y restais, massant doucement l'arrière de son crâne. Je n'osais pas plus le prendre dans mes bras, ayant trop peur de seulement lui rappeler l'absence dans son dos. Si je ne l'aidais pas, si je ne l'étreignais pas, alors à quoi est-ce que je pouvais bien servir, debout, à côté de lui, mes doigts dans ses cheveux? A rien? Probablement. Il parlait tout bas et plus que jamais je maintenais ce simple contact physique. Je ne le contre-disais pas. Même si ça me peinait de l'entendre, son raisonnement se tenait. Même s'il me semblait plus logique que les enfants le sachent, voient qu'il tenait bon, qu'il demeurait debout... mais était-ce la réalité? Ou est-ce que je confondais le fait qu'il soit sur ses jambes avec le fait de tenir bon? Illusion. Alors je lui disais que je m'occuperais de tout. Que j'irais récupérer ses affaires. Que je ne dirais rien à personne. Que je commencerais les recherches d'appartement dés le lendemain. Il hésitait à cette idée mais je ne lui laissais pas le choix.

On était resté là un moment et je finissais par m'asseoir sur une chaise en le regardant faire. Lorsque le gars de garde à la morgue venait voir ce qui se passait je lui expliquais et il nous laissait seuls. Le silence dans cette morgue, probablement comme dans toutes les autres, étaient pesant et lorsque Warren en eu fini on remontait. J'avais remis les ailes derrière leur trappe et j'avais scellé la trappe, fusionnant la porte avec la paroi. Il faudrait des heures pour scier tout ça. Dans la chambre il regagnait le lit et je m'occupais d'aller lui chercher de quoi dormir avant de moi-même rejoindre mon fauteuil. Le lendemain avait été relativement mouvementé. On s'était arrangé avec l’hôpital pour déplacer Warren dans une chambre différente, une aile différente aussi, et sous un nom d'emprunt. Hors de question que son père ne puisse revenir.. mais aussi et malheureusement sa mère. Les ailes étaient sécurisées et j'avais passé toute la matinée et une partie de l'après-midi au téléphone à prendre des rendez-vous pour des visites. Avant.. "ça", j'avais déjà commencé à chercher un appartement. Mon squat à l'institut n'était que temporaire, mais j'avais une bonne raison de précipiter les recherches. Elle se trouvait dans un fauteuil roulant, avait deux yeux bleus et un dos trop nu pour que ça ne me rende pas malade.

Les jours suivants avaient été rythmé par des visites d'appartements et un moment que j'avais en horreur. Mon téléphone avait sonné. Un numéro que je connaissais, que Warren avait donné durant l'été. C'était Rachel. Avec le téléphone sans batterie de Warren, elle avait été forcé de m'appeler moi, et lorsque j'avais fais signe à l'ange il m'avait offert un non de la tête. Un non catégorique. J'avais bloqué, hésité, mais son regard était sans équivoque alors j'avais cédé. J'avais menti. J'avais dit à Rachel que Warren n'était pas avec moi à ce moment-là. Je m'étais excusé puis j'avais raccroché. J'avais dis à Warren se que j'en pensais, je lui avais dis que ce n'était pas bien, que je n'aimais pas mentir comme ça. Hypocrisie. J'avais été bien incapable de démonter ses arguments et après plusieurs visites, longues et éreintantes, entrecoupées de taxis parasités par un inconnu en quête de sa famille, j'étais finalement de retour à l’hôpital. Je n'avais pas vraiment quitté l’hôpital. J'y allais et venais, dormais là, mais cette fois c'était la dernière. Le dernier jour d'une longue semaine.

Warren était appuyé à la fenêtre ouverte, je me tenais debout dans la pièce, une infirmière réglant avec nous, moi, les derniers détails. - « faudra changer les pansements tous les deux jours et nettoyer... » - Warren ne se tournait même pas et d'un signe de la main lui disait de s'en aller. Elle se tournait vers moi. Je sentais dans son regard une certaine détresse plus que de l'agacement et lui souriais. - « On peut remplir des papiers pour faire venir un professionnel pour ça. » - Non... Il voudra pas qu'on le touche. Je le ferais. - J'étais le seul. Le seul qu'il acceptait. Le seul qu'il tolérait. J'étais le seul qui avait pu voir et toucher cette zone particulière entre les bases de ses ailes. Là où les cicatrices étaient encore visibles. Les vestiges de ses mutilations infantiles. J'avais pu les parcourir de mes doigts. Ce jour-là lorsqu'il m'avait raconté, j'avais pu les voir et j'avais senti sa peau se tendre, son corps se raidir, mais il m'avait permis d'être là. Encore aujourd'hui, encore cette fois, j'avais cet honneur. Ou peut être en était-on à un stade où je prenais l'honneur contre sa volonté. Un moindre mal. C'était peut être ce que j'étais? Ou peut être qu'inconsciemment il savait ce que j'avais senti, le lien indéfectible qui nous unissait désormais. Cette chose que je n'avais pas encore vraiment compris.

A mon épaule pendait un petit sac de voyage remplis de nos affaires. Je me tenais au niveau de la porte, Warren n'avait pas quitté la fenêtre depuis qu'il s'était habillé avec les vêtements que j'avais ramené. Je n'avais pas eu le temps d'aller à l'institut déménager ses affaires, j'avais seulement acheté ça en vitesse et le voir là, de dos, sans ses ailes... Il me semblait si frêle, si fragile. - Warren? C'est l'heure. - Je m'étais occupé des papiers. Je m'étais occupé de tout. Et je m'occuperais de lui. Je passais une veste sur ses épaules lorsqu'il approchait et finalement nous partions. Nous quittions l’hôpital. La prison. Mais la prison était la terre pour lui désormais et chaque pas qu'il faisait n'était qu'un pas de plus dans ce couloir de la mort. Il était piégé dans la fosse, lui si libre, lui l'homme dans le ciel, cloué au sol avec les mortels et les pécheurs. Lui, Warren, l'ange désormais sans ailes.
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Je me penche à la fenêtre, j'y reste penché de longs moments, profitant de cette illusion de hauteur. J'ai quitté le service de réanimation, j'attends simplement de sortir d'ici. Ce matin, un infirmier est entré pour refaire les pansements, il est reparti avec son plateau dans le même état qu'il l'avait ramené. J'ai gardé une plume, une seule, c'est ridicule. Je la garde, la faire glisser entre mes doigts pendant que mon regard bleu s'abandonne sur un ciel dans nuages. Je ne me savais pas capable d'un tel silence. Mais que pourrais-je dire maintenant ? J'ai dit tout ce qu'il y avait à dire, j'ai dit tout ce que j'ai pu et ça n'a pas été suffisant.

Maintenant, je n'ai strictement plus rien à dire. J'ai appelé ma mère ce matin, simplement pour m'excuser et lui demander de ne pas venir. Je lui ai dit que c'est moi qui viendrai quand je serai prêt, je l'ai sentie soulagée. Quant à mon père, elle m'a simplement prévenu qu'il tenait absolument à ce qu'on se voie, j'ai coupé court. Je ne veux pas savoir. Je me suis demandé si je devrais inventer un mensonge pour les élèves, je n'en sais rien. Excuse-moi Rachel. Quant tu as appelé, je n'ai pas voulu te faire peur, je n'ai pas voulu que tu voies ce que je suis. Je ne sais pas comment réagir, comment agir avec toi. Ça me fait peur, tu sais, de voir ton regard changer. Ça me fait peur tu sais, que tu puisses voir toutes ces fêlures. Je n'ai pas envie que tu me voies me briser sous tes yeux, sous le contact de ta main. Je m'excuse, si je laisse ce téléphone éteint, c'est parce que je sais aussi qu'il me lie à toi et que je vois tes mots, je serai tenté d'y répondre. J'ai envie de passer le pouce sur ta lèvre, envie de sentir son souffle chaud se faufiler sur ma main, envie de me plonger dans tes yeux immenses et de croire que tout ira mieux maintenant. Mais qu'adviendra-t-il si le voile qui s'est posé sur mon regard vient gâcher ta vue à toi aussi ? J'ai peur, c'est peut-être de la fierté, peut-être pas, mais je ne veux pas que tu la partages.

Kayden lève les yeux vers moi quand son téléphone se met à sonner. Je secoue la tête ; non. Je passe à autre chose, comme si le téléphone ne sonnait pas, et pourtant j'essaie de capter des petits morceaux de ta voix. Mon regard se reperd dans le vide, mes yeux sans cesse humides demandent à te dire qu'ils t'aiment, à leur manière, je me l'interdis. Comme les mots, tout cela n'a-t-il pas été inutile ? Je m'étouffe dans une grosse boule de frustration. Le temps ne passe pas assez vite. Tout cela m'exaspère. Tout cela me lasse.

Kayden m'a dit qu'il n'aime pas mentir à Rachel. J'ai levé un regard lourd de reproches sur lui, prêt à laisser échapper un peu du venin qui s'immisce sur le bord de mes lèvres. Je pourrais l'appeler Dayle, lui demander s'il n'a jamais cru mentir pour protéger quelqu'un ? Je me mords la lèvre, je n'ai pas envie d'initier ce combat avec lui, pas envie de me battre, du tout, d'ailleurs... Je n'ai pas envie de me montrer combatif, je ne le suis pas. Je n'ai rien répondu, que par ce regard noir qui laissait peu de place à un échange.

Pour limiter mes mouvements, j'ai passé une chemise et un épais gilet. Je sens le contact des tissus dans mon dos, ça me dérange. Je me sens irritable, constamment. Même quand l'infirmière me parle des nettoyages de mon dos, ce qui ne m'intéresse que trop peu, en fin de compte. Je la congédie à la manière d'un Warren Junior, d'un signe de la main, avec l'arrogance d'un gros con. J'arque un sourcil quand elle parle de papiers, faire venir un professionnel. Je me retourne partiellement, les observant du coin de l'oeil seulement : « Je ne suis pas sourd et j'ai encore des bras, il me semble. »

Un professionnel ? Et puis quoi encore ? Je me retourne à nouveau sur la fenêtre. Plus personne ne posera la main contre moi, jamais. Ma mâchoire se serre à nouveau à cette pensée et je passe une main contre mon visage. Je me retourne à nouveau, faisant face à Kayden et l'infirmière pas encore partie. Je hausse des épaules et lance pour cette dernière : « On n'a plus besoin de vous, j'ai l'impression. » Je pince les lèvres alors qu'elle s'en va et lève les yeux au ciel. J'ai envie de la rattraper dans le couloir, l'interpeller pour lui dire... quoi ? Je baisse la tête une seconde. Finalement, je rejoins Kayden dans l'embrasure de la porte. Je marche lentement, ayant souvent l'impression que mon corps penche vers l'avant. C'est étrange.

« Warren ? C'est l'heure. » Ça sonne... je ne saurais pas vraiment le définir. Je ne comptais pas rester indéfiniment ici mais maintenant, je ne sais pas ce que je vais faire. Bien entendu, je pourrais continuer de donner mes cours, j'ai un diplôme, j'ai de l'argent, je ne suis pas sans ressources et pourtant, j'ai l'impression d'être totalement perdu. Je ne veux pas voir le monde d'ici, de cette perspective. Il pose une veste sur mes épaules et je le remercie simplement avant de sortir. Mes poumons supportent le froid, l'altitude, la vitesse, alors pourquoi ai-je le souffle court ? À peine sommes-nous sortis que je lève les yeux, c'est plus fort que moi. Je commande à mon corps l'immobilité, de peur que les mouvements dans mon dos ne réveillent les chairs brûlantes, les plaies béantes. Je lui commande l'immobilité et adresse simplement un nouveau « Merci » à Kayden...
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Merci Kayyyyyyy :cute:

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