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 Not a dream anymore. || Ft. Snow

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Not a dream anymore.
Il ne se souvient pas non plus. Ils ont cela en commun, ils ont des vides dans leur histoire, de drôles de blancs qui se mélangent, qui compliquent le puzzle des souvenirs. Il a cette attitude un peu enfantine aussi, qui le rend attendrissant. Jack est un esprit, il n’obéit sans doute pas aux mêmes règles, aux mêmes codes, à la même évolution que les êtres humains. Quand elle l’observe, elle ne voit que son ami imaginaire du passé, elle ne l’intègre dans aucune case ou aucune norme sociale. Il est Jack Frost, ni un homme, ni un gamin. « Mais tu sais, je suis pas tout blanc non plus. » Il est bien plus vieux, il a sans doute des millénaires. Proportionnellement, il n’est peut-être pas tout blanc mais il n’est pas si noir. Les vingt-quatre petites années de Snow sont presque la marque d’un mal inhérent. Lui, il a avancé avec une humanité particulièrement changeante, il a vu et vécu tant de choses qu’il a pu avoir des raisons de s’égarer. « On a tous une part sombre. La question est de savoir si on la laisse nous définir ou non. » Elle baisse les yeux. Elle est déjà dominée par des instincts violents. Un besoin de survivre quitte à éliminer les obstacles. Depuis son réveil, l’obstacle n’est autre qu’elle-même et on ne comptait plus les moments où elle a songé voire tenté d’en finir. « J'ai fais des choses laides moi aussi, et avec la glace en plus. Et la seule raison pour laquelle tu ne le sais pas c'est parce que ça s'est passé des dizaines d'années avant ta naissance. » Elle se sent brusquement insignifiante sur la ligne du temps, si petite. Si Jack avait été humain au sens stricte du terme, Prudence ne l’aurait jamais rencontré, née bien des années après lui, lui vivant bien avant que les Rosebury ne soient ce qu’ils étaient devenus. « Bien sûr que j'ai honte de ce que j'ai fais. Bien sûr que je regrette. Mais je fais le choix de compenser plutôt que d’augmenter. » Elle fait la moue. Elle comprend où il veut en venir. Elle a les moyens de réparer, de compenser, tout comme lui. Faire du bien plus que le mal qui a été commis. Snow essaye, elle fait tout pour cela, devenue X-Woman par thérapie et finalement restée par conviction. « La seule chose à faire c'est bouger tes fesses, jeune fille. » Un soupir. Il se redresse, elle se lève. « Allez debout, on va voir ce que font les gamins. » Il part avec enthousiasme, bien plus qu’elle n’en a et elle l’entend filer vers une autre pièce en lui demandant de prendre B. Elle voudrait protester. Elle voudrait lui dire qu’elle ne peut pas mais Jack est rapide, il ne laisse pas le temps aux protestations. Elle s’approche, hésitante, de l’objet. Ne dit-on pas que ce bâton est sacré ? Elle ne peut pas le toucher, elle ne peut pas y poser les doigts. Elle le fait, pourtant, avec réticence. Le contact laisse de la glace sur la surface, signe de perturbations, signe qu’elle n’est pas à l’aise. Les talons claquent sur le sol gelé, à se demander comment elle tient toujours debout sur ces surfaces si glissantes. Elle y’a l’équilibre naturel, sans y réfléchir. « Jack attends ! » S’exclame-t-elle en le rejoignant. « Tiens, récupère ça. » Elle lui pose l’objet entre les mains, sans lui laisser le choix. « Peut-être que Jack voudra bien vous raconter son histoire. La vraie. C’est pas tous les jours qu’on peut lui parler, mh ? » Certains des gamins jouent encore dans les coins, à cache-cache entre les meubles de glace. Un garçon semble avoir suffisamment froid pour qu’elle se rapproche de lui, qu’elle le prenne dans ses bras et qu’elle augmente sa température. Un chaleureux 37°c qui le protège de la température extérieure.   

Elle est plus calme. Elle se glisse sur un fauteuil translucide avec le gamin, le gardant contre elle, le berçant presque dans cette étreinte. Elle ne veut pas qu'il soit malade. Aucun d'eux d'ailleurs. Tous n'étaient pas aptes à supporter de telles températures. Un adolescent curieux finit par régler le problème, offrant une flamme stable et magnifique auprès de laquelle se réchauffer. Il semblerait que ce soit l'heure d'une histoire, monsieur Frost. A moins qu'il ne préfère jouer d'acrobaties, de figures fascinantes de légèreté. Jack était toujours plein de surprises.
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Ft. Prudence Rosebury


Je sais très bien ce que je fais, et quand je demande à Prue de prendre mon bâton, là encore je sais pourquoi. Et elle le fait. Elle le prend. Ce bâton sacrée dans le mythe qui semble être le mien. Elle le tient entre ses mains à son attitude je vois qu'elle a l'impression de tenir l'objet le plus fragile de la planète. - « Tiens, récupère ça. » - Elle me laisse l'artefact sur les bras sans me demander mon avis et je souris avant de l'entendre parler assez fort pour que les enfants l'entende. Mais qu'est-ce qu'elle dit? Pourquoi elle dit ça? Pourquoi elle propose ça? Je me sens piégé et mon sourire vire au défi. Ah c'est comme ça. - Tu sais, mon histoire est plutôt longue. - Rapidement un cercle se forme et je vois Prue prendre l'un des garçons avec elle sur un fauteuil pour le réchauffer et j'aime cette vision. L'un des adolescents fini par allumer une flamme pour la réchauffer tous et je l'observe avec fascination en reculant toutefois de quelques pas. Je ne veux pas l'éteindre. Ce serait quand même dommage. Je lève une main vers le plafond et manipule la glace pour la rendre bien plus fine, si fine que la lumière du soleil peut enfin passer et comme un effet de serre, réchauffer l'air.

Je fini par faire apparaître un pouf de glace... un bloc quoi, et m'y installe, assit en tailleur. J'admet que s'asseoir à même la glace peut être un problème pour eux mais ça je n'y peux rien alors... Qu'ils se débrouillent. Ce serait ma punition pour la mauvaise idée de Prudence. - Ok. Mon histoire. Mon histoire. Mon. His. Toire. Hmm... - Mon bâton finit allongé devant moi et je passe une main dans mes cheveux. - Commençons au début. Par ma naissance. Enfin.. Mon éveil. Je sais pas ce qu'on vous a dit mais la vérité c'est que je suis né dans un lac. - Aucune idée de ce qu'on leur raconte ces jours-ci, de ce que l'histoire dit, alors autant prévenir. - C'était un petit lac en plein milieu d'une foret. Quand j'ai ouvert les yeux pour la première fois j'étais sous l'eau. Une force invisible me tirait vers le haut, vers la surface. - Je crois que je n'ai jamais raconté ça à personne, à part peut être à Prue lorsqu'elle était enfant et sa présence m'aide à le faire. Est-ce qu'elle se souvient? - Et le lac, il était gelé. Mais quand j'ai atteint la couche de glace, elle s'est simplement ouverte pour que je puisse sortir. - Je hausse les épaules. - Juste comme ça.

Et puis je l'ai vu. Immeeeense et magnifique. - Je lève les yeux dans le vide, au dessus du groupe. - La lune, pleine et lumineuse. C'était la première chose que je voyais et elle me parlait. - Je baisse mon regard sur eux. - Oui, la lune me parle. Qu'est-ce que vous dites de ça? - Je souris à leurs regards. - Oh et puis après j'ai compris que je pouvais faire ça. - Mon doigt frôle le sol et une vague de givre se dessine sur le sol, les fleurs caractéristiques s'y dessinant rapidement comme une magie les sculptant sous nos yeux. - Et c'est toujours vachement amusant à faire! - Je souris en suivant les fleurs de givre du regard pendant qu'elles se dessinent et fini par revenir à eux. - Mais comme je le disais, mon histoire est très longue. Alors peut être que vous avez plutôt des questions? Par rapport à l'histoire que vous connaissez déjà? Je suis sûr que je peux combler les blancs... ou corriger les erreurs.
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Son premier souvenir remonte loin, bien plus loin que la naissance de ceux qui l’écoutent dans ce château glacé. Il a vu la lune, comme une lumière dans l’obscurité. Un morceau d’histoire que les gamins ont entendu, dont ils se souviennent, encore dévoilé un peu plus tôt avant l’apparition du personnage principal. Attiré par une force mystérieuse et sorti de l’eau, Jack était revenu à la vie, sans explications, sans origines purement scientifiques. Une histoire pleine de cette magie que les enfants aimaient tant dans un monde qui n’avait plus ni tolérance ni rêves. Il a vu la lune comme les mortels voient leur mère pour la première fois, il a vu l’Astre dans toute sa splendeur et, lentement, le froid dessine quelque chose sur le fin plafond gelé. Ce ne sont plus les fleurs de Jack mais les gravures mobiles de ce qu’il raconte. Snow ne se souvenait pas où elle avait appris à faire ça, ça lui était naturel, un brin de tout ce que la glace savait faire de merveilleux, comme un immense livre d’images au dessus de leur tête, projeté par les rayons du soleil. Sur cette lune apparaît une sorte de sourire lorsqu’il affirme qu’elle parle, lui donnant un fond d’humanité, de conscience maternelle et tendre. Et puis les dessins s’effacent, disparaissent, parce que l’histoire n’a plus de suite pour l’instant. « Oh et puis après j'ai compris que je pouvais faire ça. » Jack joue à son tour de gravures magnifiques, duos de conteurs un peu décalés, hors normes. La fleur s’étire jusqu’à eux, sous les yeux fascinés du petit groupe assis là à écouter, médusés d’avoir devant eux le personnage dont Snow leur parlait si souvent. « Mais comme je le disais, mon histoire est très longue. Alors peut être que vous avez plutôt des questions? Par rapport à l'histoire que vous connaissez déjà? Je suis sûr que je peux combler les blancs... ou corriger les erreurs. » Il est pédagogue. Il est patient. Elle ne dit rien, attendant de voir si les élèves oseraient ouvrir la bouche et c’est finalement la petite bavarde qui commence, avec ses questions toujours si étranges, au cheminement bien à elle. « C’est toi qui a appris à Snow à dessiner dans la glace .. ? » Une pause, elle fronce ses petits sourcils avant d’ajouter : « Bobby il fait pas ça. » C’était vrai, Bobby ne faisait pas cela, il n’avait pas les habitudes de Prudence, mais ils avaient cette tendance à oublier qu’avant de retrouver la mémoire, elle ne racontait pas d’histoires. Ils avaient aisément oublié sa distance, son rejet, sa façon d’agir comme s’ils n’existaient pas. Ils n’avaient gardé que le bon, que la beauté des histoires et son attention, ses gâteaux délicieux et son affection, comme si finalement ils en avaient conclu qu’en se tenant loin d’eux, elle avait voulu les protéger plus ou moins consciemment.

Un garçon poursuit, jusque là plongé dans une profonde réflexion. « Si Jack existe.. la reine des neiges aussi ? » Snow tourne la tête vers le gamin posé près du feu, cherchant sa chaleur. Ils n’enregistraient vraiment que ce qui les intéressaient. « Dis pas n’importe quoi, Snow elle a dit que la reine des neiges tout le monde l’a oubliée. » « Et alors ? Jack Frost aussi. » Prudence lève les yeux au ciel. Elle n’avait pas pensé qu’ils puissent considérer l’existence de Jack comme le signe qu’une autre histoire puisse prendre vie, puisse être toute aussi réelle. « Peut-être c’est son amoureuse. » Le rire de Snow s’envole, léger, délicat, étrangement sincère. Comment pouvaient-ils se détourner autant des sujets de base, si vite ? « La reine des neiges ne peut pas aimer. C’est seulement un joli conte qui explique que ne rien ressentir n’est pas mieux que la mort. » Le regard trop bleu croise celui de Jack. On ne lui avait pas choisi cet alias pour rien, à la petite Prudence qui, longtemps, avait refusé de ressentir, mais là n’était pas la question. La reine dans son palais glacé n’était que solitude et froideur, compatissante pourtant lorsqu’elle offrit son baiser glacé au jeune Kay pour qu’il ne souffre pas. Jack était l’image du jeu, de l’hiver amical et protecteur, bien loin de toute l’horreur des contes moralisateurs d’Andersen. Jack Frost avait la sympathie du monde.

« Tu es vieux, Jack ? Vraiment trèèèès vieux ? Pourquoi t’as pas de rides ? Est-ce que tu as peur du feu ? Dis, dis, dis, tu es déjà allé au Pôle Nord ? Et tu sais faire les bonhommes de neige ? » Voilà. Snow préférait largement qu’ils posent ce genre d’interrogations moins complexes, moins embarrassantes. Finalement, il n’y avait peut-être que Prudence qui ne voyait pas Jack comme un homme mais comme une entité détachée de ces considérations trop mortelles. C’était plus difficile pour elle qui avait grandi avec un ami imaginaire, un esprit mutin capable d’apaiser ses peurs. « Tu as des enfants ? »
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Ft. Prudence Rosebury


Des questions. Plein de questions. J'aime les questions. Peut être une pointe de narcissisme inhérente à ma condition? Je ne suis pas comme les dieux, avec cet ego surdimensionné et ce besoin constant de peigner leurs cheveux blonds ridicules. Mes cheveux sont, étaient, blancs, mal coiffés et surtout givrés, et je m'en fiche bien. Mais est-ce vraiment du narcissisme que de répondre à des questions sur soit-même? Après tout les gens faut ça tout le temps. La différence ici... et bien je suis un mythe. Et pourtant j'existe. Il faudrait sérieusement trouver un meilleur terme pour me qualifier. Gardien, fils de la lune. J'esquisse un rire à la première question de cette jeune fille, toujours la même. - Non, non. Elle a appris à faire ça toute seule. Et je trouve qu'elle s'en sort plutôt bien. - Je me penche légèrement vers elle, sur le ton du secret. - Bobby doit pas avoir la fibre artistique. - Un garçon fini par élever la voix et je souris à son raisonnement. Il est facile de confondre histoire, mythe, légende et réalité, surtout quand certaines légendes deviennent réalités. Et pourtant, je ne serais pas plus étonné que ça de voir débarquer un personnage de conte, bizarrement.

La conversation entre les deux enfants m'amuse beaucoup et je garde mon sourire alors qu'ils débattent, croisant le regard de Prudence entre temps. Lorsqu'elle se met à rire j'en fais autant. Ce raisonnement enfantin va vraiment loin et Prue vient leur expliquer. Une explication que je me dois de compléter. - Oh mais elle peut aimer. Elle aime d'ailleurs. Elle fait seulement le choix de ne plus ressentir avant de comprendre son erreur. - Je dis ça en regard Prue car c'est à elle que je répond. Mais déjà le garçon revient à la charge avec d'autres questions et je souris. Ça fait beaucoup d'un coup, soyons efficace. - Je suis trèèèèèèèès vieux oui, et j'ai pas de rides parce que le froid ça conserve bien. - Je dois dire que je me suis jamais posé la question. Je ne vieillis pas, je le sais, je l'ai rapidement compris, mais je ne me suis jamais demandé pourquoi ou comment. Je me suis toujours seulement dit "c'est comme ça". Je suppose que quand on peut pas avoir de réponse, il vaut mieux pas se poser la question.

Non j'ai pas peur du feu. Je suis juste pas à l'aise quand il y a de grosses chaleurs. - Je parle ici de canicule, des déserts. Mais quand on est comme moi quelqu'un qui génère littéralement du froid, on peut survivre malgré tout. - J'ai vécu au pôle Nord presque toute ma vie, dans un petit village inuit. Je connais la banquise comme personne. - Et c'est vrai. Durant les siècles j'ai eu le temps de la parcourir. Concrètement c'est une vaste terre de glace, changeante et dangereuse, mais pour moi c'est mon territoire. C'est chez moi. A la dernière question du garçon j'affiche un air vexé avant de sourire. Un courant d'air froid entre dans la salle, vent parcouru de flocons blancs qui vient tourner en une spirale douce alors que les flocons s'agglutinent en son centre pour former en quelques secondes un bonhomme de neige absolument parfait. Il ne manque que le visage mais contre toute vraisemblance, je ne me balade pas avec une carotte dans mon sac. D'ailleurs j'ai pas de sac. Finalement la petite fille revient à la charge avec une question qui bizarrement impose un silence curieux. Je l'observe un instant, pas gêné, pas dérangé. Je lui offrais un sourire doux. - Non, je n'ai pas d'enfants. Vous imaginez? Pleins de petits Frost qui courent partout? Quel bazars ce serait!
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Jack la trouve plutôt douée. Elle esquisse un sourire. L’esprit de l’hiver qui trouve qu’elle s’en sort plutôt bien, c’est un compliment. Elle le prend ainsi, parce qu’il connait cet élément, parce qu’il en a une maîtrise fabuleuse, bien au-delà de ce qu’elle était capable de faire. Et lorsqu’il se penche pour souffler, sur le ton du secret, que Bobby n’a pas la fibre artistique, le sourire s’agrandit légèrement. Non, ça n’était pas un artiste dans ce sens là du terme, il usait de sa mutation pour le côté pratique, pour se déplacer, pas vraiment pour faire rêver. « Oh mais elle peut aimer. Elle aime d'ailleurs. Elle fait seulement le choix de ne plus ressentir avant de comprendre son erreur. » Les regards se croisent mais celui de Prudence se détourne bien vite. Est-ce qu’il se souvient seulement de ce qu’elle a vécu, en acceptant d’aimer ? Est-ce qu’il sait seulement ce qu’aimer peut faire ? Elle a un mal fou à envisager que Jack puisse s’éprendre d’une femme, comme si elle le piégeait dans le rôle d’un enfant, d’une entité détachée des affres et sentiments humains. Elle n’était même pas certaine de pouvoir réellement parler à cet ami ‘imaginaire’ comme autrefois, perdue dans la violence de sentiments dont elle avait trop peur de perdre le contrôle. Qu’il communique avec les gamins, ça lui évitait de devoir lui raconter ce qu’il a manqué, ou du moins ce dont il ne se souvient plus. « Je suis trèèèèèèèès vieux oui, et j'ai pas de rides parce que le froid ça conserve bien. » Elle a décroché. Les bras autour du garçon, elle est encore partie loin dans le passé, quand elle courrait dans la neige en cherchant à voir si Jack ne s’y cachait pas, quand sa mère râlait de ses jeux. Les regrets flottent dans les océans de son regard, en silence. Il n’a pas peur du feu, lui. Il n’en a jamais eu peur. Les cryokinésistes sont rarement fans de cet élément, toutefois et Jack ne paraît pas faire exception à cette règle. Un brin d’amusement en écoutant d’une oreille : qu’est-ce qu’elle aurait aimé que Pyro soit confronté à l’hiver en personne, ça aurait soufflé son arrogance aussi aisément que figé ses flammes.

« Non, je n'ai pas d'enfants. Vous imaginez? Pleins de petits Frost qui courent partout? Quel bazars ce serait! » Le craquement est brutal, il résonne dans le château, lourde menace. Ce sujet est douloureux mais aucun de ceux qui se trouvent là ne peuvent le savoir. Les fissures s’étirent d’abord le long du mur dans le dos de Jack, l’inconscient jouant d’une force que Snow ne peut pas contenir, parce qu’elle n’en imagine pas l’étendue, parce qu’elle ne sait plus canaliser l’aspect instinctif de la glace en sa présence, plus depuis trois ans. « Snow.. j’ai froid.. » Il est bleu, le garçon tout contre elle, elle le réalise à peine en le relâchant, en s’écartant. S’il y’a bien un Gardien à la X-Mansion, il a trouvé sa menace actuelle en une personne pour le moins inattendue. Le bonhomme de neige sans nez tient encore debout, la structure aussi et pourtant ça vibre presque à chaque geste qu’elle fait.

Affolée à l’idée de blesser quelqu’un, elle emprunte les escaliers, les talons claquant sur la surface translucide. La beauté des lieux lui échappe désormais tandis qu’elle cherche une pièce où s’isoler, le point le plus haut pour ne pas fragiliser une base, une colonne ou quoique ce soit. Jack ne laissera rien s’écrouler, Prudence le sait mais fuir est son unique réflexe de survie. Sa course est stoppée par sa propre glace qui l’encercle d’excroissances pointues extirpées du sol. Ca n’est que de la glace, tu la contrôles lui disait toujours Bobby pour apaiser ses angoisses mais il n’était pas là, elle avait laissé son téléphone dans sa chambre et tout ce à quoi elle pensait n’avait plus ni ordre ni logique. Plein de petits Frost partout, l’image lui était apparue si nettement que ça lui avait percé le coeur, ramenant au premier plan ses échecs. Sans doute trop froide pour donner la vie, elle avait tenté d’y renoncer, d’oublier, de ne pas visualiser ces projets. Bien sûr qu’elle disait au psychologue qu’ils essaieraient mais elle y croyait si peu que ça lui faisait mal. Et quand bien même, ne risquait-elle pas d’être une aussi mauvaise mère que celle qui avait été la sienne ? La neige vole autour d’elle, blizzard naissant qui se mêle à l’air, qui fait naître un vent glacial. « Jack.. arrête ça, s’il te plaît. Je ne veux blesser personne.. » La plupart du temps, elle devrait rester couchée histoire de ne pas faire de crise, histoire de ne pas piéger de pauvres innocents dans un froid que personne n’aime. Il peut arrêter tout ça d’un claquement de doigts, n’est-ce pas ? Il faut qu’il l’empêche de perdre ses repères, elle ignore jusqu’où elle peut aller une fois la rupture psychologique consommée. Reine des neige en carton, c’est tout ce qu’elle est, les sentiments instables et l’esprit à peine plus structuré. « Jack.. » Une supplique qui meurt au bord de ses lèvres. Elle n’est plus si loin de la fillette de dix ans qu’elle fut.
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Je sens le froid. Je l'ai toujours senti, comme un phare, comme quelque chose qui m'attire toujours. Je peux fermer les yeux, tourner sur moi-même et toujours pouvoir retrouver les pôles car ils sont la glace. Je peux sentir dans l'air l'hiver approcher. Je peux sentir chaque changement de température de l'air comme si mon corps pouvait y répondre et là, en cet instant, je sentais quelque chose. Un changement. D'abord infime et puis le craquement qui sonne à mes oreilles. Un craquement menaçant. Ma glace ne peut céder. Pas tant que je suis là. Alors pourquoi craque-t-elle? - « Snow.. j’ai froid.. » - Je pose mon regard sur le garçon dans les bras de Prue. Il est frigorifié. Aussitôt le garçon à la flamme le prend avec lui pour le réchauffer mais Prudence n'est pas bien, je le vois, et je sais que le changement vient d'elle. N'importe qui aurait pu le deviner. Elle se lève, inquiète, effrayée, mais de quoi? Rien ici ne la menace... Alors je comprend que ça ne vient pas d'ailleurs, mais de l'intérieur. Chaque paroi vibre à chacun de ses pas. Elle ne fait rien et pourtant le château tremble doucement. Mon visage rieur est devenu sérieux, grave, inquiet. Je m'inquiète pour elle bien sur. Je m'inquiète pour eux. Prue décampe en courant, le son de ses talons raisonnant dans l’âtre de glace et je manque de souffle pour l'interpeller.

Sentant la glace doucement céder je regarde les enfants. - Vous devriez sortir les enfants. Je vais aller voir ce qui se passe. - Je suis calme. Je n'ai aucune raison de m'alarmer et les enfants ne doivent pas paniquer. Personne n'a besoin de ça. J'intime l'ordre du regard aux plus vieux d'emmener les autres dehors, en particulier le jeune  pyrokinésiste, et je me lève finalement. Je les suis dans le hall, à quelques pas derrière, et ne m'éloigne que lorsque je vois le dernier adolescent passer la voûte extérieure. - Trouvez ce Bobby. - Je ne le connais pas, mais je sais qu'il peut aider. Sur ces mots je m'éloigne, ne m’embarrassant pas des marches et volant plutôt par dessus. Je suis le froid, je suis Prudence, et j'atteint le couloir le plus haut. Et là je la vois, comme affolée, piégée par des pics de glace qui se dirigent vers elle. Contre elle. Le vent s'en mêle et il brise les pieux gelés comme de la poussière, envahissant tout l'étage d'un blizzard glaçant mais ni elle ni moi ne pouvons en souffrir. - « Jack.. arrête ça, s’il te plaît. Je ne veux blesser personne.. » - Je l'entend alors que je me rapproche mais je n'arrête rien. Le vent continue de tourbillonner, la neige se mêlant aux grains de glace scintillants, dévorant petit à petit les parois des murs et du plafond. Seul reste le sol sur lequel nous marchons et cette immense sphère de vent autour d'elle.

Ce n'est pas pour la décontenancer, ce n'est pas pour la surprendre ou même l'effrayer. C'est pour la contenir. -  « Jack.. » - Le vent si violent qu'il brise toute glace. Au centre de cette sphère elle n'est un danger pour personne sinon peut être elle-même et j'entre à l'intérieur à mon tour. Le reste du château commence à s'effondrer mais je sais que les enfants ne sont plus dedans. Mes pieds se posent sur la glace et si à l'extérieur le bruit du vent est assourdissant, à l'intérieur il se fait plus silencieux, comme si cet espace était isolé du monde. - Prudence regarde moi. - Je cherche son regard. - Prue! - Je plante mon bâton entre nous avec une certaine brutalité, si bien que la glace sous nos pieds se fissure sans pour autant se briser totalement. Elle ne se briserait pas, je m'en assure. Cela dit, le choc avait produit un son sec et sourd qui s'était répercuté en écho dans la sphère venteuse hermétique. - Parle moi. - Je me souviens aux débuts. Mes débuts. Lorsque j'étais encore jeune, seul, sans existence. Je me souviens mes colères et mes frustrations. Les hivers si violent et si meurtrier, les blizzard incessants, les tempêtes violentes de froid, de vent et de neige. Une sombre colère m'habitait alors. Mes pouvoirs obéissaient à mes émotions, aussi violentes soient-elles.

Dis moi. Comme avant. Comme quand tu me disais tout. - Mes émotions ne sont toujours pas plus sous contrôle, pas plus que n'importe qui, mais mes pouvoirs eux le sont désormais. Est-ce la même chose qui la torture? Des émotions? Des souvenirs? Je dois me dire que c'est ça. Car si ça ne l'est pas, alors qu'est-ce qui peut générer ça? Le centre de l'espace dans la courbure de mon bâton se met doucement à briller. Quelques flocons scintillants qui tournent encore et encore. C'est moi qui les manipule, qui leur donne cette fonction, qui leur insuffle ces mouvements, qui utilise la lumière pour que leur scintillement atteigne son visage. Je veux qu'elle voit cette lumière, qu'elle s'y raccroche. J'atteins doucement ses mains si froides. - Parle moi... - Je guide ses mains jusqu'au bâton. Je veux qu'elle s'en saisisse. Je veux qu'elle le sente. Je veux qu'elle ressente la paix. L'innocence. Je peux tout arrêter. Je peux tout stopper dans la seconde. Je peux me saisir du bâton moi-même et il me suffirait de toucher sa tête vers pour l'apaiser. Il me suffirait d'insuffler à quelques flocons ce pouvoir pour l'apaiser. Je peux mettre un terme à tout ça à tout moment, mais je ne le veux pas. Je ne veux pas le forcer. Je sais que ce n'est pas la solution. Je veux qu'elle y parvienne elle-même. Je veux qu'elle comprenne, qu'elle arrive à reprendre le contrôle par elle-même. Le bâton n'est qu'un symbole scintillant, un phare pour sa conscience. Ce n'est qu'un objet, mais un objet qu'elle avait connu toute sa vie. Un symbole de réalité et d'espoir.
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Le froid envahit l’espace, le vent violent mord sur la glace, désagrège les structures et piège la jeune femme en son centre, prison en parfait reflet avec ce qu’elle ressent. L’éclat de joie s’est éteint dans son regard depuis plusieurs longues minutes. « Prudence regarde moi. » Le château s’effondre. Elle met les structures à mal, elle brise les morceaux qui s’étiolent dans l’air, impuissante face à sa propre douleur, incapable de stopper le carnage quand lui pourrait le faire d’un simple battement de cils. Il ne fait rien. Pourquoi ne fait-il rien ? La terreur grandit à mesure qu’elle perçoit les fissures. « Prue! » Les yeux se tournent vers lui. Mouvement de recul lorsqu’il plante le bâton dans le sol, faisant claquer dans l’air un bruit sec, sourd. Parle-moi lui a-t-il demandé. Elle n’a pas ouvert la bouche, murée dans le silence. La colère gronde et dans l’obscurité de son coeur, il n’y a plus que les cauchemars, les rancoeurs, l’amertume et la mort. La petite Prudence s’effrite sous le regard de Jack, passant de la tendresse maternelle à cette reine glacée dont il entend parler depuis qu’il est là. Elle voit rouge de cette haine dévorante, si désireuse de changer tout ce qui les entoure en véritable désert de neige. Il n’y’a pas Bobby, cette fois. Il n’y a pas le psychologue pour que la bonté reste à la surface, il n’y’a pas ses billes magnifiques pour lui rappeler l’amour et la bienveillance. Il était toujours l’ancre de sa raison, obligeant l’inconscient à ne pas dépasser les bornes afin de ne pas risquer de le perdre. D’abord quelque peu repliée sur elle-même, les bras croisés et la tête baissée, Snow a fini par se redresser. Ca n’arrête par le blizzard, au contraire, comme si soudain elle se complaisait dans ces températures infernales. « Dis moi. Comme avant. Comme quand tu me disais tout. » Comme avant. Les bras retombés le long du corps, elle a fermé les poings, les paumes laissant échapper la buée caractéristique du changement de température.

Et plus Jack tente de réveiller la clarté, plus elle s’enfonce dans l’obscurité, cherchant à fuir ses actions, à fuir le scintillement pur de ses flocons. Elle recule mais le vent la repousse en avant, l’empêche de s’extirper de l’espace délimité. Elle ne veut pas. Elle ne veut pas lui parler. Il l’a abandonnée, comme les autres. Être mort n’est pas une excuse, n’est-ce pas ? Pas pour un être séculaire, pas pour celui qu’on qualifie de gardien. « Parle moi… » Il attrape ses mains, les guide vers le bâton tandis qu’elle cherche encore à se défaire de son contact, à échapper à son emprise. Elle ne veut pas de son innocence stupide, elle ne veut pas de la beauté de l’enfance. Elle ne veut pas de ce qu’il représente, prise dans la tourmente d’une personnalité passée. Celle dont Jack ne se souvient pas. « Laisse-moi. » L’ordre claque sur un ton dénué de douceur, dénué des intonations chaudes, quand bien même sa voix demeure nuancées de ce miel si paradoxal. Elle pouvait trancher tout en continuant à offrir un son agréable l’oreille. Agréablement menaçant. « Celle que tu cherches est morte. Tu veux quoi ? De l’innocence ? De la bienveillance ? Ca n’existe pas. » Le bâton est relâché comme si elle en avait été brûlée, comme si elle n’en avait pas supporté le contact, alors même qu’il n’en faut pas plus pour lui délier la langue. « Tu crois que tu peux revenir et trouver le monde tel que tu l’as connu, Jack ? L’humanité ne mérite rien de ce que tu as à lui offrir. Rien. » Elle est dure avec la société qui l’entoure, sans doute parce qu’elle en est devenue la prisonnière, enchaînée au gène X qui court dans son ADN. « Tu cherches une gamine qui a rendu son dernier souffle avec celui de ses parents. Tu cherches celle qui croyait en l’avenir avant que les coups ne lui fassent comprendre la vérité : ça n’est qu’une illusion. » La barrière psychique a plié, sans se briser, elle a laissé filtrer toutes ces émotions si violentes qui avaient fait d’elle une adepte des idéaux de la Confrérie. Le vent s’est arrêté. Elle ne s’en aperçoit pas, ou elle n’en a pas l’air en tous cas. « Tu sais ce qu’on dit ? L’espoir est le premier pas vers la déception. » Et si Frost représentait cela pour bien des enfants, alors c’était presque une insulte de la part de la gamine qui avait tant cru en lui. « Le froid est un tombeau splendide, tu ne trouves pas ? J’ai promis à quelqu’un quelque chose que je ne peux sans doute pas lui donner. » Les pas se sont déplacés. Elle est si proche de lui qu’il peut sentir son souffle sur sa peau. « C’est dommage, non, que la glace ne puisse pas offrir la vie ? » Ca retombe. Les flocons ne volent plus, ils se déposent doucement sur le sol, couche moelleuse qui s’accumule sur la surface claire. Elle cligne des yeux, elle se raccroche au sweet familier de Jack, libérée d’une partie de la colère sourde, le reste retournant derrière sa cage, retournant à sa muselière. Elle n’a pas vraiment l’air consciente de tout ce qu’elle a pu dire. Les remèdes ne sont-ils pas parfois pires que les maux ? Charles maintenait son intégrité psychique en en libérant des parts, morceau par morceau, en laissant filtrer ce qui se répare, ce qui devient assez solide pour tenir sans son aide. Ce qui était trop fragile demeurait un chaos douloureux, violent, meurtrier, soumis à ses failles et à ses regrets. Rage symptomatique. Jack connaissait la frustration engendrée par la privation de contact, par le fait que leur température ne permettait pas une existence normale, parfaitement classique entourés de personne aimantes.
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Je ne dis pas un mot. Pas un son ne traverse mes lèvres. Pas une parole. Ce n'est pas elle, ça ne l'est plus. Elle parle à chaque mot sonne comme une brûlure. Elle me meurtrie à chaque phrase mais je ne peux pas lui en vouloir. J'en suis incapable. Je l'ai abandonné, malgré moi. Je comprend ce qu'elle a pu ressentir. Et puis ce qu'elle dit commence à changer et je comprend que ce n'est pas en lien avec moi. C'est autre chose. Quelque chose de plus profond, de plus ancré. De plus viscéral. Mes épaules affaissent. C'est comme si quelqu'un d'autre parlait par sa bouche. Comme si quelqu'un d'autre prenait ses souvenirs et ses émotions, les roulait en boule et cherchait à les faire passer par un trou trop petit. Impossible. Et pourtant. Je n'ose pas bouger. Je n'ai pas peur de ce qu'elle pourrait faire, bien sur que non, mais je ne veux pas aggraver les choses. J'ai conscience que ma présence a engendré ça, cette crise. J'ai conscience que c'est ce que j'ai pu dire. Elle est si proche maintenant que je sens son souffle mais elle ne me menace pas. Elle est ailleurs. Perdue dans ses pensées anciennes et douloureuses. Et finalement je la vois qui s'apaise, dans son regard, dans ses traits. - Je te tiens. - Lui dis-je alors qu'elle s'accroche à mon sweat.

Le vent se pose aussi vite qu'il s'est levé et la poussière de glace descend doucement, créant un nuage scintillant magnifique à la lumière du soleil. La plateforme de glace sur laquelle nous nous tenons ne tiens que par un socle de glace qui nous relie au sol mais elle ne tombe pas, elle ne craque pas. Elle tient, solide. Je tiens Prudence dans mes bras. Les enfants les plus jeunes sont retournés à l'intérieur à la recherche du dit Bobby, ou se sont éloignés par peur. Seuls les plus âgés sont restés, peut être pensaient-ils pouvoir être utile? Bonne pensée, mais ça irait. Je guidais Prudence et sous chacun de mes pas une marche de glace se formait, un escalier fumant jusqu'à la terre ferme, herbe verte jonchée de flocons blancs et de cristaux glacés. Je la fais s'asseoir au sol et m'accroupi devant elle, saisissant sa tête entre mes mains pour vérifier si tout va bien, observant ses yeux comme seule preuve de sa santé. Son regard vide. Son teint pâle. Je soupire avant de me laisser aller en arrière, le cul par terre, et de passer une main sur mon visage. Mon bâton est toujours planté dans la plateforme de glace, en haut, mais il ne risque rien, ça ne risque rien. Justement parce que mon bâton est planté au sommet de cette colonne vertigineuse de glace culminant à six mètres du sol, elle ne s'effondrerait pas.

Tu te leurres... - Je lève mon regard sur elle. - L'humanité m'a déjà déçu par le passé. Je ne suis pas le gardien de l'humanité, seulement de ceux qui en sont dignes... de cette humanité. - Je me penche légèrement en avant. Les enfants restent à distance, inquiets mais curieux. - Je ne suis pas venu voir l'humanité. Je ne suis pas venu voir une enfant. Je ne vieilli pas mais je ne suis pas imperméable au temps qui passe. - Je posais le bout de mon index sur sa jambe. - Je suis venu te voir toi. Pas une image, pas un souvenir, mais toi. J'ai conscience que tu n'es plus cette petite fille que j'ai vu grandir. Et je sais sans vraiment comprendre comment que ta vie a été dure, mais tu me vois m'enfuir? - Je cherche son regard. - Tu me vois reculer? - Je la fixe du regard, immobile, ma main toujours sur sa jambe. - Moi je fais le choix de rester, avec toi. De réapprendre à te connaitre. De t'accepter telle que tu es maintenant. - Je retire ma main, lui laissant toute latitude. - Et toi? Quel choix décides-tu de faire?
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Il la tient. Jack la tient et elle s’y accroche comme si tout le fil de son existence ne tenait qu’à cela, qu’à ce contact, qu’à son soutien. Les marches glacées lui rappellent la hauteur et elle en a déjà le vertige rien qu’à percevoir la descente, comme si il allait la lâcher d’une seconde à l’autre, alors elle se cramponne, elle se force à respirer. Elle s’oblige à ne pas se prostrer dans un coin en attendant qu’un miracle la fasse toucher terre et finalement Jack la fait s’asseoir sur le sol, en sécurité. Elle ne voit ni les adolescents ni le décor autour, froide et indifférente. Le regard vide croise celui de l’homme, sans une once de réaction. Il est froid mais elle aussi, ça ne lui fait pas mal, ça ne la perturbe pas, c’est simplement un détail dans le trouble de ses pensées. Il vérifie qu’elle va bien. Oui, bien sûr qu’elle va bien, physiquement il y’a si peu de choses qui peuvent la blesser qu’il ne risque pas de la voir mourir entre ses bras. Elle se leurre, lui dit-il, et elle écoute sans l’observer, fixant un point invisible dans le vide. « L'humanité m'a déjà déçu par le passé. Je ne suis pas le gardien de l'humanité, seulement de ceux qui en sont dignes... de cette humanité. » Pas elle. Il se penche mais elle refuse d’y réagir, se punissant peut-être inconsciemment de sa folie. Non, elle ne fait pas partie des dignes représentants de l’humanité, bien au contraire, faible, déviante, brutale, meurtrière. Qu’attend-il d’elle ? « Je ne suis pas venu voir l'humanité. Je ne suis pas venu voir une enfant. Je ne vieilli pas mais je ne suis pas imperméable au temps qui passe. » Le bout de l’index touche la jambe, pousse Snow à enfin tourner le visage vers Jack. « Je suis venu te voir toi. Pas une image, pas un souvenir, mais toi. » Une petite moue sur les lèvres, la même que celle qu’elle avait étant petite lorsqu’elle ne croyait pas en quelque chose, lorsqu’elle doutait de ce qu’on lui disait. Pourquoi Jack Frost viendrait-il la voir elle, poussière parmi son éternité ? « J'ai conscience que tu n'es plus cette petite fille que j'ai vu grandir. Et je sais sans vraiment comprendre comment que ta vie a été dure, mais tu me vois m’enfuir? » Sa vie n’a été dure que parce qu’elle a fait les mauvais choix, depuis le jour où sa mutation s’était déclenchée et si elle tentait aujourd’hui de rattraper ses erreurs, elle était hantée par une part d’elle-même encore rattachée à cet autrefois si douloureux. Une inspiration profonde et se forme autour d’eux ce qui avait tout l’air d’une cabane de fortune, quatre murs pour les isoler du regard et de la curiosité extérieurs, quatre murs translucide brouillant la vue, au plafond bas. « Moi je fais le choix de rester, avec toi. De réapprendre à te connaitre. De t'accepter telle que tu es maintenant. » Elle bouge. Elle s’appuie dans le coin de la minuscule pièce, croisant ses bras, se repliant un peu sur elle-même. Quel choix fait-elle ? Elle aimerait ne pas en faire du tout. La forme liquide prend le dessus, supprime la sensation d’oppression, la libère du noeud au fond de sa gorge, silhouette surréaliste qui tente de soigner des maux qui ne sont pas physiques. « Tu as déjà aimé quelqu’un, Jack ? » Il n’y a pas tellement de changement dans sa voix, si ce n’est peut-être qu’elle paraît plus claire, défaite de la barrière de peau. « J’ai peur.. chaque seconde de ma vie, j’ai peur de blesser quelqu’un, de rendre ceux qui m’approchent malades.. » Elle lui parle, exactement comme lorsqu’il était son confident, cet ami qu’elle avait considéré comme imaginaire tant personne ne la croyait. « Et quand j’entends qu’on juge des gamins innocents simplement parce que ce sont des mutants, j’ai envie de tout détruire. De les plonger dans un hiver éternel. » Sa culpabilité se lit dans les grands yeux trop bleus. Elle se sent coupable de ne pas avoir la bonté et la tolérance du propriétaire des lieux. « Quand est-ce que tu vas changer ce sweat, mh ? » La question n’a absolument rien en commun avec leur conversation mais elle ne peut pas s’en empêcher, de la même manière qu’elle critiquait les vieilles chemises de Bobby, le vêtement est passé au crible de son attention. « Je ne peux pas te blesser, n’est-ce pas ? Tu me le jures ? »  
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Autour de nous la glace monte. Des parois gelées et fumantes comme sortant du sol. Je n'y prête pas attention, trop occupé à l'observer elle. C'est elle qui fait ça, pour se protéger, pour s'isoler. Rapidement un toit se forme et nous sommes définitivement hors de portée de regard de qui que ce soit. Elle se retire du monde mais je suis avec elle. Soit trop proche pour qu'elle m'éloigne, soit par volonté. Je reste là, prêt d'elle. - « Quand est-ce que tu vas changer ce sweat, mh ? » - J'étouffe un rire. - C'est pas le même, j'ai une penderie avec des dizaines identiques dedans. - Faux, c'était le même, mais le froid ça tue les bactéries et ça annule les odeurs. Enfin je le lave quand même, je suis pas un homme des cavernes. Du moins, je suis plus un homme des cavernes. Elle s'était collée dans un coin de la structure et s'y était recroquevillée pendant que je la regardais faire, un air désolé sur le visage. Elle avait parlé sans que je ne l'interrompe. Je comprend sa peur, son angoisse. Blesser d'autres gens. Perdre le contrôle et les faire souffrir d'une façon ou d'une autre. A une époque j'avais connu cette peur, à l'époque où mes émotions régissaient mes pouvoirs. Je l'avais dompté avec le reste, mais ça avait pris du temps. Elle n'a pas le même luxe. Pas avec les temps qui courent. Pour moi c'était il y a si longtemps mais maintenant le moindre accident aurait des conséquences.

« Je ne peux pas te blesser, n’est-ce pas ? Tu me le jures ? » - Je suis Le Jack Frost, bon sang! - Ton impérieux ironique, je me radoucis cependant. - C'est juré. - Je m'approche d'elle, gêné par le plafond trop bas qui me force à me baisser un peu. Je m’assoie juste à côté et passe un bras sur ses épaules pour l'attirer contre moi. Même sous cette forme, je parviens à trouver son contact. Et puis ses paroles me reviennent. Ses réflexions. Sa première question. Je pose ma main sur le pendentif de bois en forme de flocon qui orne mon torse à travers mes vêtements. - Est-ce que je t'ai déjà parlé de Kwanita? - Il ne me semble pas mais entre sa mémoire et la mienne, une piqûre de rappel n'est sûrement pas de trop. - Ça remonte à l'époque où on ne me connaissait pas encore, où je n'existais pas vraiment. A ce moment-là je vivais dans une grotte du pôle, totalement isolé. - Je soupire. - A l'époque personne ne me voyait, personne ne m'entendait. Et une nuit de tempête il y a ce petit garçon qui est entré dans ma grotte, sorti de nulle part. Et il m'a souri, avant de s'effondrer à cause du froid.

C'était la première fois qu'on me voyait et je t'assure que ça fait bizarre. Alors je lui ai fais un feu, je l'ai remis sur pied puis je l'ai raccompagné dans son village. - Je passe deux doigts sous mon t-shirt et sort le flocon que je garde en main. - Lorsqu'on est arrivé le village était attaqué et il m'a demandé de le sauver, ce que j'ai fais. Et lorsque j'ai eu fini, tout le village me voyais.. mais le petit avait disparu. - Je montre finalement le flocon de bois à Prue. - Il m'a laissé ça, pour me souvenir. Vois-tu, Kwanita n'était pas qu'un petit garçon. C'était un petit garçon décédé plusieurs mois avant ce jour-là. C'était un esprit. - Je pose mon regard sur elle. - Il est venu à moi pour que je sauve sa mère. Pour me délivrer un message. Ce que ce pendentif représente. - J'ancre mon regard dans le sien. - J'ai d'abord dû croire en moi pour exister. C'est seulement après que les autres ont pu me voir. - Je souris, perdu dans un souvenir. - Et sa mère... ne m'a plus quitté. Je l'ai aimé, je l'aime toujours en un sens. Mais c'est particulier pour moi: j'ai vécu avec elle, je l'ai vu grandir, vieillir... puis mourir. - Je secoue la tête doucement. - Je l'ai accompagné jusqu'à la fin du chemin, c'est elle qui m'a appris à comprendre les gens. A comprendre que personne n'est prédestiné à quoi que ce soit et qu'on doit tous décider de ce que l'ont fait. Même moi.
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Le contact est à peine perçu, elle ne s’en rend compte que par la pression qui l’incite à se laisser aller contre Jack. C’est assez étrange, de se retrouver là lovée contre lui, parce qu’elle s’était habituée au fait que Bobby soit le seul à pouvoir agir ainsi, à pouvoir spontanément la toucher. La peau reprend le dessus, les poumons aspirent à nouveau l’air, les sens retrouvent leur rôle. C’est juré, elle ne peut pas le blesser, même si son sweat a sans doute l’âge de Snow, même si il lui offre un ton impérieux parfaitement factice, ironique. Elle réapprivoise la présence du mythe, elle écoute sa respiration, elle essaye de retrouver les souvenirs mais sans succès de ce point de vue. Il n’y a jamais eu d’information de contact à stocker et associer, ni de parfum d’ailleurs. « Est-ce que je t'ai déjà parlé de Kwanita? » Elle cherche. Il répond à sa question et elle réfléchit, sans trouver non plus. Elle était sans doute trop jeune pour qu’il lui évoque son histoire de ce point de vue. Prudence s’interroge sur l’origine de ce prénom, un instant, en indiquant d’un signe de tête que ça ne lui dit rien. Il lui raconte. Jack lui raconte l’histoire de ce petit garçon venu de nulle part, presque mort de froid, le premier à qui il était apparu, qui avait touché du doigt l’existence de cette personne isolée au fond d’une grotte. Elle l’écoute, attentive, comme à l’époque où elle n’était qu’une gamine. « Lorsqu'on est arrivé le village était attaqué et il m'a demandé de le sauver, ce que j'ai fais. Et lorsque j'ai eu fini, tout le village me voyais.. mais le petit avait disparu. »

Il lui montre le flocon. Un flocon de bois. Déjà, quelque chose la perturbe, sans qu’elle n’en dise un mot. Si Snow s’était longtemps sentie seule et si elle avait évolué en se comparant à ceux qui l’entouraient, elle n’avait jamais mis Jack en perspective avec sa vie. Depuis toujours, elle se voyait comme l’adolescente élevée entre Mystique et Tadeusz qui en avait pris des traits, plus qu’elle ne l’avait fait avec ses parents.. en fin de compte, elle réalisait lentement que ça n’était pas tout à fait vrai, qu’il y’avait un peu de la magie de Jack dans ce qu’elle était, par pincées, par mimétisme peut-être. « Il m'a laissé ça, pour me souvenir. Vois-tu, Kwanita n'était pas qu'un petit garçon. C'était un petit garçon décédé plusieurs mois avant ce jour-là. C'était un esprit. » L’esprit d’un enfant perdu. Elle détaille du regard ce pendentif aux détails sublimes. Croire en soi pour exister, ça fait faire une moue à Snow qui ne parle toujours pas, fascinée par l’objet, ou intriguée, difficile à lire dans ses grands yeux bleus. « Et sa mère... ne m'a plus quitté. Je l'ai aimé, je l'aime toujours en un sens. Mais c'est particulier pour moi: j'ai vécu avec elle, je l'ai vu grandir, vieillir... puis mourir » Elle ne sait pas vraiment s’il considère cette mère du point de vue de l’amour qu’on décrirait avec un grand A ou si c’est une relation purement protectrice, quoiqu’il en soit ça la fait s’interroger un long moment. Elle ne dit rien, pas même lorsqu’il affirme que cette femme lui a appris à comprendre les autres, à intégrer que rien n’est prédestiné.

Elle lève légèrement sa main, finalement, à plat comme pour observer ses doigts et se forge à son annulaire la réplique d’une bague qu’elle avait longtemps porté, un superbe flocon de neige aux milles subtilités. « Je l’ai donnée à une petite fille qui rêve d’être une princesse et qui adore la magie de la glace.. » murmure-t-elle, de sorte que ça ne soit qu’une confidence, un souffle sans répercussion contre les parois. « Je ne sais plus pourquoi je le portais.. ça n’avait pas d’importance, la souffrance du monde m’était égale.. puis j’ai rencontré Bobby, à qui j’avais fait tant de mal. J’ai gelé son coeur, il y’a quelques années, et il n’a survécu que parce que son corps est devenu de glace. » Elle tourne le nez vers Jack, calmement. « J’imagine que la glace attire la glace.. et maintenant que j’ai accepté le fait de l’aimer, je me retrouve dotée d’une vie à rallonge, peut-être dépourvue de vieillesse. » Ca la dérange, cette idée d’être potentiellement ‘éternelle’ aux yeux de ses proches, de ne pas savoir à quel degré le froid ralentit l’âge. Ses points communs avec le mythe semblent nombreux, une certaine complicité avec les enfants, un besoin de les protéger, un symbole identique qui se promène dans l’inconscient.. mais Jack est un héros quand elle est si prompte à devenir la méchante de l’histoire. « Comment peut-on survivre à ceux qu’on aime, Jack ? Comment suis-je sensée décider quand plus rien n’est logique dans l'humanité ? » Elle retire la bague translucide qu’elle pose dans la paume de son ami plus si imaginaire.

« Est-ce que la mère de Kwanita a accepté ce que tu étais.. ? Est-ce que tu as pu approcher d’autres que moi ? A moins qu’être froid ne soit pas un problème, à cette époque, dans d’autres pays.. » Des cryokinésistes, il n’y’en a pas par centaines, on n’en croise pas tous les jours, du moins pas des mutants, pas ceux pour qui ça n’est pas directement inscrit dans les gènes. Des optimisés, peut-être, même si elle n’en connait pas. La glace n’est que trop souvent synonyme de mort, d’hypothermie, lorsque c’est prolongé. « Pardon.. je pose trop de questions.. »  
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J'observe la bague qui est apparu à son doigt, magnifique, d'un détail impressionnant. Elle m'en conte l'histoire et je souris à l'évocation de cette petite fille qui en avait peut être plus besoin qu'elle. Lorsqu'elle évoque Bobby et comment elle avait failli le tuer, je lève la tête vers elle. La glace attire la glace, oui, après tout c'est le froid qui m'avait conduit à elle, mais elle doit bien le voir non? La subtilité? Elle avait failli le tuer et pourtant il est toujours là. Ils s'aiment. Ça crève les yeux. Mais c'est justement ça qui l'inquiète. Car ses pouvoirs lui donnent une vie plus longue, elle a peur de l'après, et comment lui en vouloir. - On ne leur survit pas, pas vraiment. A chaque fois qu'on perd quelqu'un que l'on aime, on perd une partie de nous et c'est normal. Mais ce n'est pas la fin. - J'étouffe un petit rire. - Vois ça comme les pages d'un livre que l'on tourne. Tu passes à la suite, tu passes à autre chose. Tu n'oublies pas, jamais, mais tu avances. C'est juste... un plus grand livre. - Avec de grandes pages. - Mais plus important, si je parle de mon expérience uniquement, je pense qu'il faut surtout vivre dans le présent. Ne pas se projeter trop loin. Vivre dans le passé nous retient, mais vivre dans l'avenir ne ferait que nous ensevelir sous des inquiétudes inutiles.

Je souris. - Tu as Bobby maintenant. Tu as cette vie, ces enfants t'adorent. Vit ça, vit le pleinement. Ne t'inquiètes pas pour demain, il viendra bien assez tôt. - Mon regard se fait pensif à l'évocation de cette femme et je regarde la bague de glace au creux de ma main. - Tu sais.. Elle m'a découvert comme ça, en faisant ce que je faisais, alors oui, elle m'avait accepté pleinement. Je ne pouvais pas la toucher mais elle n'en avait pas besoin. - Je repasse en vitesse ma longue vie en mémoire. - Rare ont été les gens que j'ai pu réellement approcher. Je suis froid, c'est mon essence... - Je serre tout doucement mes bras autour d'elle en souriant. - Alors je sais apprécier "ça" quand ça arrive. - J'observais les murs de glace. - Notre élément est particulier. - Oui, j'ai bien dit notre. - Il peut être magnifique et dangereux. Il peut être les deux à la fois. Mais tous les éléments sont comme ça. Non? - Enfin de toute façon... - Bon, le froid c'est mieux. Les autres ils sont nuls. Mais c'est pas la question.

Je dégage mes bras et mes mains viennent retirer mon collier que je regarde. Le flocon est magnifique, son bois gelée et grisonnant sculpté avec un détail impossible. Il brille presque, comme si la lumière s'y reflétait. Je souris en l'observant et me détourne pour passer le collier autour de la tête de Prue, laissant pendre le flocon à son cou. - Je veux que tu le portes. - Et pas la peine de protester, je tue toute remarque directement dans l’œuf. - Et c'est pas une demande, Jack Frost ordonne. Je le porte depuis des siècles, il m'a toujours aidé à garder les idées claires. Maintenant je veux qu'il t'aide. - Je regarde le flocon contre sa peau et sourit. - Et si tu t'inquiètes de l’abîmer ou de le casser, arrête. Cette petite chose a été confectionnée par un esprit. Il subit ma glace depuis longtemps et il m'a même sauvé d'une balle pendant la guerre, sans la moindre trace d'impact ou de brûlure. - J'aurais pu mourir ce jour-là. J'aurais pu y rester. Le flocon n'est même pas si gros que ça, peut être la taille d'une pièce de monnaie, et pourtant le hasard, ou le destin, a voulu que la balle le frappe lui et pas moi. Je dis pas, j'ai souffert, mais je n'avais rien eu de plus qu'une brûlure et une vive douleur. Me séparer de cet objet me fait quelque chose c'est sûr, mais je tiens plus encore à ce qu'il lui serve qu'à le garder avec moi. - Vois le comme un emprunt. Je te le confie et lorsque tu n'en auras plus besoin, tu me le rendras.
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Snow est terrifiée à l’idée de mourir seule, sans personne, mais plus encore à l’idée d’être impuissante face au temps, à ce concept capable de lui arracher n’importe qui sans pitié. Jack ne la rassure pas en lui affirmant qu’on n’y survit pas, en soufflant qu’elle perdrait chaque fois une partie d’elle-même. Il n’imagine pas à quel point perdre Bobby représente sa plus grande peur, elle qui désirait tant la mort quand elle perdait cet éclat sublime dans les prunelles masculines, quand elle le voyait malheureux et qu’elle n’y pouvait rien. Elle se battait contre ses démons, contre leurs démons, blessés tous les deux par leurs espoirs. « Mais plus important, si je parle de mon expérience uniquement, je pense qu'il faut surtout vivre dans le présent. Ne pas se projeter trop loin. » Elle détourne le visage. Comment ne pas se projeter loin ? Si ils ne le font pas, ils se noient dans ce présent terrible qui ne leur laisse aucune chance, et Bobby s’il n’est pas vieux est à un âge où le besoin de construire quelque chose devient réel, palpable. La blonde ne dit rien, elle écoute, rongée d’une culpabilité indomptable. C’est facile pour un être éternel de ne pas se projeter, de voir chaque jour comme le simple prolongement du jour précédent. C’est facile d’exister hors des conflits de l’univers quand rien ne peut vous effacer, non ? Jack n’est pas humain, il le lui a dit. « Tu as Bobby maintenant. Tu as cette vie, ces enfants t'adorent. Vit ça, vit le pleinement. Ne t'inquiètes pas pour demain, il viendra bien assez tôt. » Une moue douloureuse, cette fois, et au fond des yeux trop bleus l’humidité de la tristesse qu’elle ravale, s’obligeant à garder un minimum de contenance. « Bobby veut des enfants. Et je suis trop froide. Chaque année qui passe est une chance de moins. Je me nourris du froid, il me soigne, il fait partie de moi et un enfant.. ça ne survit pas à ça. » Elle se rapproche toujours plus des températures les plus insupportables pour l’humanité. Bien sûr, elle peut réguler un confortable trente-sept degrés mais ça n’est que temporaire, elle a conscience qu’il faudrait bien plus qu’une chance insolente pour concevoir une progéniture déjà dotée d’une telle résistance à la glace. Un rire nerveux s’envole, finalement, quand le cheminement de ses pensées se poursuit. « Ca aurait pu être pire, tu me connais, j’étais bien capable de m’amouracher des flammes. » Elle essaye d’alléger le sujet, tant bien que mal. En effet, les chances de survie étaient augmentées par le duo glacé, d’un autre c’aurait été impossible, d’un volcan ou de l’air, elle n’aurait eu aucun espoir. Le Destin n’était pas si cruel, elle perdrait forcément Bobby mais elle avait une possibilité d’avenir, même minime. « Tu sais.. Elle m'a découvert comme ça, en faisant ce que je faisais, alors oui, elle m'avait accepté pleinement. Je ne pouvais pas la toucher mais elle n'en avait pas besoin. » Il ne pouvait pas la toucher. Une horrible privation aux yeux de Prudence qui redécouvrait la chaleur - le terme est mal choisi - d’un contact. Comment peut-on vivre si longtemps auprès d’une personne qu’on ne peut pas toucher ? « Rare ont été les gens que j'ai pu réellement approcher. Je suis froid, c'est mon essence.. » Elle comprend. Malgré elle, elle pense aux souffrance de Malicia, lovée contre Jack. Leur élément est particulier, source de beauté et de dangerosité. Elle ne peut pas nier les dires du mythe, elle ne peut réprimer ce sourire quand il souligne que la glace est tout de même mieux que le reste. Certes, l’hiver a des beautés tendres que le vent n’a pas vraiment, toutefois l’eau est appréciée, le feu est devenu vital à l’humanité, et peu à peu la glace est devenue un embarras, une contrainte. « Je suis désolée d’avoir fissuré ton beau château.. je ne sais pas vraiment jusqu’où ça peut aller. On ne peut pas dire que je suis calme comme l’eau d’une rivière. » Un clin d’oeil. Jack avait le vent pour ami, elle avait les formes aqueuses comme domaine. Au moins en cela se différenciaient-ils drastiquement. Etait-il finalement devenu immortel ? Où étaient les limites des légendes ? Le retour de Frost perturbait ses certitudes, les ancrages de son univers.

« Je veux que tu le portes. » Le collier s’est retrouvé autour de son cou, lui faisant froncer les sourcils. Pourquoi est-ce qu’il fait ça ? Elle se sent gênée, profondément. Si Prudence adorait faire des cadeaux, elle avait du mal à les recevoir, toujours si persuadée de ne pas les mériter. « Et c'est pas une demande, Jack Frost ordonne. Je le porte depuis des siècles, il m'a toujours aidé à garder les idées claires. Maintenant je veux qu'il t’aide. » L’objet a rencontré sa peau, sans brutalité. Elle est mal à l’aise, elle ne peut pas porter le bijou d’un autre quand elle fuyait toute offre du psychologue, il pourrait mal le prendre, elle ne voulait pas le blesser ou qu’il se sente menacé. D’autant que Snow n’avait jamais parlé de Jack, pas une seule fois durant toutes ces années. L’abîmer ou le casser n’était pas le problème, même si à sa tête c’est sans doute ce à quoi il a songé. Ses pensées étaient bien loin de ces considérations, tournées vers celui dont elle voulait prendre soin, dont elle voulait réparer le coeur blessé. Et autour du flocon de bois se forme une fine pellicule de glace.

Lentement, elle le retire. Elle enlève le collier, un noeud au fond de la gorge. « Je peux pas. Tu sais, les hommes peuvent être jaloux, mh ? Et si moi je ne te vois pas comme cela, c’est sûrement ainsi que tout l’Institut va te percevoir. » Pas une seule fois dans sa vie, Prudence n’avait considéré Jack comme étant un homme, tout au plus une sorte de dieu qui voulait bien s’occuper d’elle, sans contrepartie. Un soupir s’échappe, laissant flotter un peu de fumée froide entre eux, avant qu’elle n’enroule soigneusement le collier autour de son poignet, rendant ainsi l’objet beaucoup moins intime, beaucoup moins proche du coeur. « Bobby a longtemps vécu auprès d’une femme qu’il ne pouvait pas toucher, que personne ne pouvait toucher. Les circonstances ont fait que j’ai volé à cette personne une part de ce qui aurait dû lui revenir.. » Elle avait tout eu, Iceman lui avait offert tout son être comme peinture d’un amour déraisonnable, elle se refusait à gâcher ça. « Tu as vécu la privation, tu peux comprendre n’est-ce pas ? Mets-toi à sa place : tu es le seul autre être que je connaisse qui soit capable de me prendre dans ses bras, de me toucher sans être malade, de rester longtemps près de ce froid qui m’est vital. » Elle n’a pas besoin d’expliciter plus encore. Il n’est pas stupide. Il n’est pas humain, à ses yeux il n’est même pas un homme mais une chose est sûre, il n’est pas débile.  
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Sur le moment j'ai un peu peur. Lorsqu'elle va pour retirer le collier je fronce même les sourcils, prêt à surenchérir pour l'obliger à le garder, mais alors que ses arguments ne me semblent pas incohérents je la vois enrouler la fine corde autour de son poignet et souris. Elle ne compte pas me le rendre et ça me convient parfaitement. Peu importe comment elle le porte du moment qu'elle le garde. - Je peux comprendre. - Je hausse le épaules. - J'ai toujours eu du mal à concevoir la jalousie, mais je peux comprendre. - Enfin surtout je peux comprendre qu'il pense comme ça. Ou en tout cas l'accepter sans le comprendre. Ce n'est pas mon choix, c'est le sien, je n'ai qu'à faire avec. Je passe mon doigt le long de la ficelle autour de son poignet une dernière fois et finalement me dégage pour me lever, manquant encore une fois de me prendre le plafond. Je soupire d'agacement. - Et pour info, tu n'as pas fissuré mon beau château. Tu l'as anéanti. - Mes doigts viennent se poser contre le plafond et il monte, il gagne en hauteur pour que je ne sois plus obligé de me voûter ainsi. - Et il va sérieusement falloir que tu te souviennes que je mesure bien plus que toi. Pour le bien être de mon crâne? Oui? - Je toque au plafond en guise d'illustration.

Et puis c'est pas comme si je pouvais pas reconstruire... - Je marmonne ça dans ma barbe avant de tendre les bras de part et d'autres. Les murs bougent, ils grandissent, s'éloignent. Seul celui contre lequel Prue est appuyé reste immobile mais les autres s'écartent de quelques petits mètres pour nous donner plus d'espace. Le plafond gagne une hauteur "normale" aussi. - Déjà on respire mieux là-dedans. - Je me retourne vers elle et me rapproche. - C'était plutôt impressionnant là-haut. Et je comprend ce que tu ressens. - Ma main attrape la sienne et je la force debout avant de l'emmener au centre de la pièce. - Je sais que tu as peur de ce que tu peux faire, de ce que tu peux devenir. - Je me tourne face à elle. - A une époque, je me souviens, j'avais pu te montrer et t'apprendre la beauté de notre élément. Tu n'étais qu'une enfant, sans pouvoirs, mais déjà tu pouvais le sentir. - Mon index appuie sur son sternum, direction le cœur. - S'était déjà en toi. - Je lui souris. Déjà petite elle avait cette affinité pour le froid. C'est pour ça que je l'avais trouvé au départ.

Je prétend pas débarquer en sauveur qui sait tout, loin de là. Ton télépathe protège tes pensées et tes émotions, c'est très bien... Mais il muselle pas ton pouvoir. Seulement ce qui le déchaîne. - Je la regarde fixement. - Si je pouvais t'aider à le ré-apprivoiser? Si je pouvais à nouveau te montrer que la glace n'est pas juste utile qu'à faire souffrir? - Je lui offre un petit sourire, timide. Une première. - Tu me laisserais t'aider? - Je peux lui apprendre à nouveau la beauté de notre élément. Je peux lui montrer que tout ce qu'elle a pu faire de son pouvoir jusque là, de mal, n'est pas l'unique chose possible. Je peux lui rappeler tout ça. En prenant le temps. Je veux seulement lui réapprendre à ne pas avoir peur d'elle-même.
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Jack ne connait donc pas la jalousie. Est-ce que c’est si étonnant que cela ? Pas vraiment, si on y réfléchit, parce que pour beaucoup il n’existe pas, parce que sa légende ne compte pas de grande et merveilleuse histoire d’amour déchirante, parce qu’il ne peut toucher personne sans risquer d’en provoquer la mort. « Et pour info, tu n'as pas fissuré mon beau château. Tu l'as anéanti. » Sourire angélique de gamine prise sur le fait. C’est vrai, elle a tout cassé le château mais ça n’est pas sa faute, n’est-ce pas ? Un peu. Destruction radicale. Il se redresse, entravé par la boîte glacée qui les entoure sans qu’elle ne soit prise de sa claustrophobie habituelle - claustrophobie qui n’intervient que lorsqu’elle ne contrôle pas ce qui l’enferme, d’ailleurs. Elle l’observe toquer contre le plafond, illustration de ses dires. « Et il va sérieusement falloir que tu te souviennes que je mesure bien plus que toi. Pour le bien être de mon crâne? Oui? » Elle rit, un rire spontané. Il lui parle comme à une enfant à qui on apprendrait quelque chose mais Snow s’en fiche qu’il soit plus grand. Elle se fiche qu’il soit théoriquement un adulte, un être millénaire, il reste son ami imaginaire obligé de s’adapter aux défauts de la petite blonde. « Ca te dérangeait pas, quand j’avais huit ans. » rétorque-t-elle, insolente à souhait. Bien évidemment, ça ne le dérangeait pas, ce qu’il faisait il le faisait sans la contrainte d’une intervention extérieure. Et aussi facilement que si on lui demandait simplement de respirer, Jack modifiait la structure, ne laissant à sa place que le mur contre lequel la jeune femme se trouvait. « C'était plutôt impressionnant là-haut. Et je comprend ce que tu ressens. »

Elle ne rit plus, elle ne sourit plus non plus, alors qu’il attrape sa main pour qu’elle se lève. Elle n’a pas envie d’en parler. « Je sais que tu as peur de ce que tu peux faire, de ce que tu peux devenir. » Lui si, visiblement. Elle l’observe en silence, le regard trop bleu devenu plus distant, à mi-chemin entre l’éclat tendre et la froideur capricieuse. La partie d’elle-même enfermée derrière la barrière psychique n’est pas prête à lâcher prise, susceptible de se frayer un passage à la moindre brèche. Jack est une brèche, malgré lui, peut-être sans en avoir conscience. Lui expliquer la beauté de ce qu’ils peuvent faire n’apaise pas, pas plus que le contact près de son coeur qui lui fait planter les prunelles dans celles, plus grises, du mythe. Elle doit relever la tête, pour cela, et ça lui donne un air d’autant plus provocateur sur les bords. Funambule sur le fil de sa raison. C’était en elle, cette glace avait toujours été là, gravée dans son génome, marquée au fer rouge de sa génétique, indomptable même en sommeil, même quand sa mère lui interdisait d’aller jouer dans la neige. Il peut dire qu’il sait, il peut bien prétendre comprendre sa peur, ça n’en change pas la réalité, ça ne rend pas son hypothèse plus juste. « J’ai pas peur de ce que je peux devenir, j’ai peur de ce que j’étais. » De ce qui réclamait toujours vengeance et douleurs. Non, Snow n’avait rien d’une Jean Grey, elle n’était pas possédée par une entité destructrice indépendante de sa volonté, et c’était sûrement ce qui rendait la muselière aussi instable : c’était bien elle, le problème, elle dans ses côtés les plus noirs.

Le sourire timide la fait reculer d’un pas. Aucun écho dans sa mémoire. Elle ne se souvient pas de cette expression, de l’air mignon que ça lui donne, presque innocent. « Tu ne peux rien contre ça, Jack. Tu ne peux pas effacer les hommes qui m’ont fait du mal. Tu ne peux pas remplacer la mort par les jeux. » Elle ne lui en veut pas, elle est seulement désolée de ne pas être celle dont il paraît se souvenir, celle qui était plus réceptive aux merveilles qu’à la douleur. « Il ne m’a pas fallu un an pour contrôler. Du jour où j’ai pu ressentir le froid sans avoir mal à m’en brûler la peau, j’ai pu commencer à décider. » Elle croise les bras, laissant s’échapper un soupir. Depuis combien de temps est-il isolé des évènements ? Peut-être n’a-t-il même pas idée de la violence à laquelle il a échappé, quoiqu’elle doute qu’une guerre puisse anéantir Jack Frost. Elle consent à poursuivre, après quelques secondes de silence. « Beaucoup de mutants tuent au déclenchement de leurs pouvoirs, je ne pense rien t’apprendre à ce sujet.. mais ça n’a pas été mon cas. La glace a dessiné des fresques bien avant que je n’arrache la vie à ma mère. Et ça n’est pas parce que je peux faire des bonhommes de neige qu’il y’a quelque chose de beau en moi. » La seule chose qu’il y’avait de bien chez elle, elle en était convaincue, c’était ce que Bobby provoquait. En dehors de cet amour, de cette instinct protecteur avec les gamins, il n’y avait rien. Un néant terrible et violent assoiffé du sang des injustes. « Tu as appris à une fillette qui t’en sera toujours reconnaissante mais ne crois-tu pas que je sois simplement faite pour un aspect moins doux de ton élément ? » La question est douce. Son élément. Il est l’esprit du froid, elle n’en est qu’un réceptacle, presque l’outil de sa mutation par moments. « Et puis les châteaux de princesse, c’est un peu cliché non ? » Un sourire en coin. Les petites filles jouent aux princesses et les petits garçons aux princes charmants, c’est bien connu. « Bon, d’accord, ne fais pas cette tête, mais si tu veux m’apprendre quelque chose, ça ne sera pas dans cette tenue. » Elle a levé les yeux au ciel, changeant les murs de glace en flocons scintillant d’un claquement de doigts - littéralement. Alors, Frost, on veut se la jouer professeur ?  
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