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 Save yourself [Karen]

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it's a revolution, i suppose
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MessageSujet: Save yourself [Karen]   Lun 10 Oct - 21:27
Save yourself.


Assis à l'intérieur de ma camionnette, mes yeux parcourent pour la énième fois le journal. La famille assassinée. Tuée. Massacrée. Sa famille à elle, à Karen. Froncement de sourcils alors que je repose le journal avant de me frotter la nuque. Hésitation. Encore et toujours cette foutue hésitation. Est-ce que je me contente de continuer ma surveillance ? Est-ce que je vais lui parler ? Je ne sais pas. Je ne sais toujours pas. Depuis que j'ai appris la mort de ses proches, je n'ai eu cessé de veiller sur Karen. De loin, dans l'ombre mais j'ai veillé sur elle. J'ai voulu m'assurer qu'elle allait bien, enfin autant que la situation le lui permet. Je veux m'assurer qu'elle garde la tête hors de l'eau, qu'elle ne plonge pas plus bas encore et encore. Elle, elle a été là pour moi. Finalement elle m'a tournée le dos, à raison, j'étais nocif pour elle, je ne pouvais rien lui apporter de bon et si elle me comprenait pas en partie, ce n'était pas suffisant pour qu'elle accepte tout ce que je pouvais faire. Alors, il n'y a plus rien eu, plus rien. Plus de nouvelles. Plus de mots échangés. Rien. Elle m'a rayé de son existence comme elle se devait de le faire et j'ai plus ou moins fait pareil. J'ai continué à penser à elle mais j'ai fait ce que j'avais à faire. Puis, il y a eu la une des journaux, j'ai reconnu son nom et mon sang n'a fait qu'un tour : il a fallu que j'aille la voir. Au final, je n'ai fait que l'observer sans jamais aller lui parler. Peut-être qu'aujourd'hui je vais enfin me décider à le faire. J'enfile ma casquette, ma veste, je glisse un flingue à ma ceinture sous la dite veste et sors de la camionnette. Je  plisse un peu les yeux, d'abord agressé par la lumière du soleil, puis, une fois habitué, je me mets en route.

Je ne suis pas à l'aise. Pas du tout. Je n'aime pas me déplacer en pleine journée mais je n'ai trouvé que ces moments-là pour veiller sur Karen. La nuit, je suis trop occupé et je ne voudrais pas la mettre en danger. La nuit c'est différent. Je suis différent. J'ai beau clamer haut et fort à qui voudra l'entendre que Frank Castle est mort, il subsiste bel et bien une partie de lui et c'est bien Frank Castle qui s'évertue à veiller sur Karen et non pas le Punisher. Tête basse mais pas trop pour éviter d'attirer l'attention (car à force de trop vouloir se cacher c'est là qu'on attire les regards), je m'avance dans les rues. Il est facile de se fondre dans la masse et finalement, même si je ne me sens pas à mon aise, on ne s'occupe pas de moi. Parfois, je capte bien quelques regards mais rien de trop insistant. J'imagine que si certains me reconnaissent, ils préfèrent ne rien tenter. Je reste ceci dit sur mes gardes, regarde continuellement autour de moi : si jamais des flics se pointent, je devrai mettre les voiles rapidement pour éviter qu'il y ait une confrontation et que cette confrontation ne se transforme en bain de sang. Lorsque j'arrive enfin devant l'immeuble qui abrite toute l'équipe du Bulletin, je me glisse dans une petite ruelle en face de l'immeuble et m'adosse contre le mur. Puis vient l'attente. L'attente qui est la même à chaque fois que j'attends Karen. Les gens vont et viennent mais pas de Karen Page à l'horizon. Je patiente un long moment avant qu'elle ne pointe enfin sa frimousse. Le soleil est déjà couché. Elle a l'air fatiguée. Elle a l'air soucieuse. Comme d'habitude en ce moment. Elle s'éloigne, je lui emboîte le pas.

Commence la filature, celle que je fais depuis que je sais pour sa famille. Discrètement, en gardant mes distances, je la suis. Et comme d'habitude, c'est jusque chez elle que ses pas me mènent. Lorsqu'elle pénètre à l'intérieur de l'immeuble dans lequel elle vit, je me contente de m'adosser au mur en face du dit immeuble et d'observer sa fenêtre. J'attends toujours qu'elle allume la lumière avant de ne serait-ce que penser à repartir. La lumière s'allume, comme d'habitude et comme d'habitude, je l'observe autant que ma position me le permet. Mais ce soir, voilà que la lumière s'éteint rapidement et que quelques instants plus tard, Karen est dans la rue. Elle va peut-être faire des courses. Qu'est-ce que je fais ? Je la suis ? Je rentre ? Enfin, rentrer est un bien grand mot mais la nuit est tombée, je suis censé faire autre chose-là... Hésitation. Décision. Je la suis. Je ne veux pas la laisser seule. Cela va même bien au-delà de ça : je ne veux pas la laisser hors de ma portée. Alors je lui emboîte le pas, la suis toujours discrètement, puis, en la voyant tourner en direction d'une ruelle dans laquelle une femme seule ne devrait pas s'aventurer, je décide d'accélérer le pas. Lorsque je tourne à l'angle de la rue, c'est avec le canon de son 380 que je me retrouve nez à nez. Je devrais craindre pour ma vie mais je ne crains rien : elle ne me fera pas de mal. Je suis surtout rassuré de la voir toujours sur le qui vive, de la voir prête à se défendre au besoin. Ceci dit, je lève quand même très doucement les mains en l'air pour lui faire savoir que je ne lui veux aucun mal. Je ne lui ai jamais voulu aucun mal mais sait-on jamais.

« Tout va bien, ce n'est que moi. »

Enfin « que moi » façon de parler. Elle saisit sans doute ce que je veux dire. J'esquisse l'ombre d'un sourire.

« On ne change pas une équipe qui gagne. » j'ajoute en désignant d'un petit geste du menton son flingue. « Au moins tu es prudente, c'est bien. On peut parler ? »



(c) sweet.lips
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