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 Glenn ♦ They call me Little Boy

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it's a revolution, i suppose
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Glenn Matthews
He called me Little Boy, I liked it


identité
Nom et Prénom : MATTHEWS Glenn. Alias : On l'appelait la démon blanc ou  d'autres sympathiques synonymes quand il vivait encore au Libéria, et Braiden lui a trouvé le surnom de Little Boy qu'il a finalement adopté. Âge : 34 ans. Lieu de naissance & nationalité : Buchanan, Libéria. Né de parents Américains, j'ai donc la double-nationalitéMétier : Membre de Chimera et bras droit de Braiden. Statut civil : Célibataire, pas vraiment le temps de former un couple.  Orientation sexuelle : Hétérosexuel. Particularités : Enfant soldat depuis qu'il a sept ans, il a dû s'endurcir pour survivre. Il ressent donc assez peu d'empathie envers les autres hormis un cercle très restreint de personnes auxquelles il voue une loyauté sans bornes. Toutefois, il ne tue pas les enfants. C'est la seule condition qu'il s'impose. Il peut lui arriver d'avoir un coup de sang si on s'en prend à l'un d'entre eux. Membre d'Hydra pendant près de quinze ans, il a été parfaitement formé aux différentes techniques de close combat comme au maniement des armes à feu. Il a une préférence pour les armes blanches et n'hésite pas à utiliser son pouvoir si besoin est. Lors de ses entraînements à Hydra, il a eu l'occasion de participer à différents projets dont l'un lui a permis de développer un don qu'il maîtrise : l'explosion. Cela peut aller de l'explosion d'un corps humain à celle d'un quartier entier, mais une utilisation trop intense de ce don met son endurance à rude épreuve. Il doit récupérer en conséquence.. Affiliation : Chimera.

interview
Que pensez-vous de la situation actuelle et des dernières décisions du gouvernement ? Les questions de politique ne m’intéressent pas du tout. La légalisation des agissements des héros ou de ceux qui veulent le devenir ne me concerne pas tant que ces bouffons ne viennent pas interférer dans nos affaires. J'ai toujours aspiré à ne pas attirer l'attention plus que nécessaire et même si mon visage est peut-être connu ici et là, les autorités ont de plus gros chats à fouetter. Les Watchers ne m'effraient pas non-plus, même sans pouvoir, je ne suis pas sans ressource. Toutefois, leurs portails me posent problème car ils limitent mes déplacements. Il m'arrive d'être un peu brutal donc je peux les faire exploser, mais si je veux être discret, c'est mort. Et il est évidemment hors de question que je me fasse recenser.
Qu'est-ce qui vous a poussé à faire le mal ? Disons qu'à un moment donné, j'ai été contraint de faire un choix entre la vie et la mort. J'ai choisi de vivre, même si ça a imposé que je sois obligé de tuer des gens. Après le premier, tout a été plus facile. J'ai cessé de me poser des questions et d'ailleurs, souvent, mon état physique ne me le permettait pas vraiment. Entre les coups, les blessures, les passages à tabac et les quelques tentatives d'évasion que j'ai bêtement échouées, j'ai manqué de temps pour philosopher sur le bien et le mal. Finalement, je me suis mis à obéir. Obéir sagement. Obéir bêtement. Obéir sauvagement. Et ça m'a permis d'obtenir le respect de ceux qui ne seraient jamais mes pairs. Ils savaient de quoi j'étais capable, ils se félicitaient que je leur appartienne. Avec Hydra, rien n'a changé. Bien qu'ils m'aient présenté notre relation comme un partenariat plutôt que comme une appartenance, je n'ai pas cherché à être un égal. Ils m'ont fait un cadeau qui m'a plu. Ensuite, ils m'ont entraîné, ils m'ont rendu plus fort. Le fait que j'obéisse aux ordres était naturel pour moi. Finalement, je n'ai pas retiré beaucoup de plaisir dans ces actes, si ce n'est celui de vivre. Car à chaque fois que nous affrontons un ennemi, n'est-ce pas à celui qui tuera l'autre le premier ?
Quand vous avez découvert que vous étiez un mutant, comment avez-vous réagi ? Et vos proches, sont-ils au courant ? Oui, ils l'auraient probablement été s'ils étaient encore vivants. Mes parents sont morts, je n'ai aucun lien avec les membres de ma famille de sang. Je n'ai jamais cherché à les retrouver et pour leur décharge, ils doivent me croire mort depuis bien longtemps. Si j'ai conservé le nom de Matthews, c'est simplement parce qu'il est assez courant  pour ne pas éveiller de soupçons, et que c'est la dernière chose qu'il me reste des miens. Quant aux membres de Chimera comme ceux d'Hydra, ils sont bien entendus au courant. Ils l'ont accepté depuis le début, et exploité. Alors bon. Qui connait votre véritable identité ? Comment faites-vous pour la cacher ? Il y a deux techniques super pointues que j'utilise. Ouvrez grand vos petites oreilles, ça va révolutionner le monde de l'espionnage. Je ne me fais pas voir. Ou je tue ceux qui ont vu, et qui accessoirement voudraient parler. J'espère que vous avez bien pris des notes. Mais jamais, jamais je ne mettrai de masque, de costume, ou je ne sais pas quoi. Jamais.
Êtes-vous satisfait de la profession que vous effectuez actuellement ? Complètement, j'ai toujours cru en Braiden et quand Hydra a annoncé qu'il nous avait trahi, je savais que c'était faux. Il ne l'aurait pas fait, il ne m'aurait pas trahi. Bien que je dois avouer qu'il a un certain talent dans la manipulation mais il est l'une des rares personnes qui ont mon entière confiance. C'est tout naturellement que j'ai remercié Hydra pour le rejoindre et s'ils veulent nous nuire, je n'hésiterais pas à faire exploser chacun d'entre eux, de toutes les manières imaginables.


biographie
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This glorious land of liberty
Shall long be ours.

Buchanan. 1965. Sarah est tombée amoureuse deux fois, la première fois de ce professeur d'université qu'elle a rencontré lors d'une manifestation contre la guerre du Vietnam, c'était en 1958. Je ne sais pas ce qu'ils se sont dit exactement, ce serait mentir que de réinventer ces mots et nous n'aimons pas mentir, n'est-ce pas ? Animés des mêmes idéaux, ils ont marché côte à côté quand leurs vies respectives avaient tout fait pour que jamais ils ne se croisent.

Lui, issu de la classe ouvrière, s'était élevée au-delà des espoirs parentaux en suivant des cours du soir, en travaillant dès qu'il le pouvait pour payer l'université. Zachary ne sortait jamais et s'estimait heureux de pouvoir fréquenter les bancs de l'université. Ses professeurs, ayant senti chez le jeune homme, un potentiel hors du commun, l'avaient poussé à bout de bras et à trente ans, il était devenu l'un de leurs confrères. Il enseignant les lettres modernes et représentait le mieux ce que l'on appelle vulgairement un « passionné ». Il était bien plus, il vivait chaque récit, ressentait chaque émotion et cette empathie extrême l'amenait à vivre des joies immenses comme de longues périodes de dépression desquelles il peinait à sortir. Elle, fille d'un riche industriel spécialisé dans l'extraction des gisements de minerai de fer. Elle intègre une prestigieuse école de commerce, où son père a été élève des années avant elle, mais tient à le faire sous le nom de jeune fille de sa mère. Sarah tenait à être reconnue pour son propre mérite et pas pour les dons financiers de son père à l'établissement. D'abord moyenne, elle s'accroche et obtient de bonnes notes dans toutes les matières ; bien qu'elle ne soit pas majore de sa promotion comme elle l'aurait souhaité. Mais elle fait ses preuves. À chaque épreuve, elle se montre obstinée et combative. Personne ne lui dira qu'elle n'en est pas capable, personne ne lui dira qu'elle ne devrait pas le faire.

Alors oui, elle peut défiler pour la paix. Alors oui, il peut s'élever contre les combats. Quand leurs regards se croisent, Zachary et Sarah tombent amoureux. Pour la première fois. La seconde fois, c'est lors d'une visite au Libéria, où le père de Sarah a implanté une succursale de sa société. Il a des rêves fous, il a envie de faire construire une université, il veut que le monde entier découvre la beauté de ces habitants qui les accueillent si bien. Sarah a de l'ambition, elle veut prouver de quoi elle est capable, faire ses armes ici et s'envoler à la conquête du monde. Ils s'installent au début des années soixante-dix et un jour, un enfant vient compléter leur bonheur. Ils le savent désormais, ils ne quitteront plus jamais le Libéria. Les chants chauds d'un cortège passe alors qu'ils sont à la fenêtre de la maison, l'enfant pleure. Il pleure de temps à autres mais ils disent qu'il aura bon caractère. Ils ont des tas de projets pour leur famille, ils ne craignent pas les dérives politiques, les combats de mots et ils ont foi, ils ont foi en l'avenir pour eux, et pour Glenn.

1988. Le ciel rougeoyant d'une fin d'après-midi les réunit, seuls. Lynette est restée avec les enfants mais la rage des hommes leur fait maintenant peur. De temps à autres, ils se disent qu'il faudra peut-être partir, de temps à autres, ils se disent que tout s'arrangera, de temps à autres, ils essaient de ne pas penser à ce qui arrivera demain. Sarah veut rejoindre Monrovia, elle supplierait presque Zachary mais c'est leur foyer. Quand il regarde Glenn s'entraîner à lire sur son livre de contes, dans le petit salon, il ne les imagine pas cachés, parqués comme des étrangers. Alors il prie, parce que c'est là la meilleure réponse qu'il a trouvé aux angoisses de Sarah. Ils ont apporté tant dans cette ville se rassure-t-il avec un peu de présomption. Sa femme l'accuse de rêver, de trop rêver sans prendre conscience des réalités géopolitiques, économiques, humaines et inhumaines. Ils terminent leurs conversations sur des silences, de longs silences. Le jour où ces silences seront brisés, plus aucun retour en arrière ne sera possible. Vous auriez dû aller vous cacher à Monrovia...

Though new her name,
Great be her fame,
And mighty be her powers,
And mighty be her powers.

Buchanan. 1989. Elle court à travers la maison, elle me presse contre elle en criant, je ne comprends même pas ce qu'elle essaie de me dire. Ses yeux crient la panique, sa bouche ouverte braille l'angoisse, rien chez cette femme ne laisse comprendre que l'espoir est permis. « They're coming » répète-t-elle en boucle, comme la chronique d'une morte annoncée. À l'extérieur, le calme s'est brisé sur le trottoir des hurlements, le vacarme putride des combats et de la dictature, les cordes vocales des fusils sont les seules qui vibrent. Les échanges de coups de feu ne font que retarder l'inévitable. Mais elle court, m'emmène avec elle d'un côté puis de l'autre de la maison. Mon père a pris une arme et regarde nerveusement par la fenêtre. Je ne l'ai jamais vu tenir une arme, sa main tremble et il n'émet que quelques bafouillements quand il veut nous parler. « They're coming », comme une chansons maladive qui n'a qu'un refrain, dont les couplets se sont perdus dans les sanglots d'angoisse.

Mes yeux ronds sondent les alentours, les lumières rougeâtres derrière les volets, de nouveaux coups de feu et une balle traverse la fenêtre pour venir se figer dans le mur derrière nous. Ma mère nous conduit à ma chambre, elle regarde autour d'elle nerveusement. Elle frotte les larmes chaudes qui coulent sur ses joues, creusent des sillons humides sur sa peau pâle. Elle recherche l'objet magique, celui qui arrangera tout et me fourre mon ours en peluche dans les bras ainsi que le livre qu'elle est en train de me lire, le Magicien d'Oz. Elle me chuchote quelque chose puis disparaît de la chambre en courant. La porte claque derrière elle, je reste serré contre ma peluche, la peur au ventre. « They're coming » me dis-je comme pour me sentir plus proche de mes parents. De nouveaux coups de feu, j'entends de nouveaux pas dans le couloir, les employés qui parlent entre eux. La porte s'ouvre et laisse apparaître Lynette, une jeune femme dont la fille a mon âge. Elle la tient fermement dans ses bras. Nos regards se croisent et elles viennent s'enfermer avec moi. Lynette pousse la commode derrière la porte et sa fille vient s'asseoir à côté de moi. Sa main obscure vient rejoindre la mienne, nos doigts s'entremêlent et je lui chuchote : « Someone's coming to save us, don't worry little sista. » Je lui tente mon ours en peluche qu'elle garde précieusement contre elle.

Ma salive se bloque dans ma gorge quand je les entends frapper contre la porte. Lynette pousse la commode, même s'il n'y a encore personne derrière. Elle le fait aussi fort qu'elle peut et les coups de feu reprennent. Mon cœur bat fort dans ma poitrine, nos mains entrelacées se serrent furieusement. Nous voudrions être ailleurs, nous voudrions retrouver la paix passée. S'ils venaient, maintenant, ils sont entrés. Ce sont des fauves, la gueule ouverte à la recherche de chair fraîche. Leurs pattes claquent et glissent sur le parquet, ils s'élancent à l'assaut de la maison en ouvrant toutes les portes à la va-vite. Les détonations se multiplient, précédées de cris. Les cris des employées se poursuivent alors que ceux des hommes sont interrompus par les coups de feu. Je protégerai Indira. Quoiqu'il arrive. Je garde sa main dans la mienne et nous nous mettons debout, ils ne nous feront rien. Lynette tourne la tête dans notre direction et alors qu'elle commence à nous sommer de nous asseoir, les détonations reprennent. Les balles passent la porte, pénètrent son corps qui devient soudain mou, terriblement mou. Le sang est projeté derrière elle par filets et elle reste quelques instants debout avant que la mort ne l'emporte. Ses yeux sont grand ouverts, ma petite sœur de cœur hurle et la porte s'ouvre doucement, avec elle l'insoutenable grincement de la commode. Des doigts viennent saisir la porte et au lieu d'un visage, c'est une arme qui se présente à nous. L'homme nous regarde, il semble porter un uniforme mais aucun écusson, rien. Il esquisse un sourire puis marche sur le corps de Lynette pour nous rejoindre. Alors qu'il croit porter Indira dans ses bras, je continue de lui tenir la main : « No ! No, Sir ! Please ! »

Pour toute réponse, un coup de crosse vient frapper ma tempe. Nos doigts se séparent, et je tombe près de Lynette. Nous nous regardons un instant, est-ce que je suis mort ? Je me mets à hurler et saute sur mes jambes, contournant la malheureuse, pour retrouver mes parents. Les détonations diminuent. Vêtu de mon pyjama et armé de mon livre que je serre contre moi comme un bouclier, je m'engage dans le couloir. Je me rapproche de la rambarde pour regarder ce qui se passe au rez-de-chaussée. Des cris ici et là, des cris effrayés et torturés, des ordres beuglés, des discussions animés. En bas, c'est mon père. « Daddy ! » Je commence à pleurer, ma mère n'est pas là. Et je ne descends pas les marches qui m'amèneraient à lui, mes jambes ne me portent plus. Un homme s'approche et braque son arme dans ma direction. Il sourit. Pourquoi est-ce qu'il sourit ? « Hey, my name is William. What's your ? » Je baragouine mon prénom, maladroitement et il me saisit par le col de mon pyjama. Mes pieds frôlent le sol. Mes doigts se plaquent aux siens : « Where's my mum ? Where's Indira ? Let my family go ! Sir ! Sir ! Let them go ! »

Il m'amène devant mon père qui est à genoux au sol, les mains derrière la tête. Je fais pour le prendre dans mes bras quand une marque zinzolin me frappe, contre son flanc. Qu'est-ce qu'ils t'ont fait ? Il porte toujours ses lunettes, même cassées. D'ailleurs, l'un de ses yeux est fermé et il semble verser des larmes de sang. Je m'approche de lui et il ne baisse les bras que pour les passer autour de moi. Sa voix chaude et rassurante me parvient comme une promesse, celle que tout ira bien. « I promise we'll be together, one day. Save your life. » Avec du recul je comprendrai qu'il savait sans doute ce qui allait se passer, ou du moins en avait-il une idée. L'homme qui se tient près de nous laisse tomber un couteau entre nous, il se plante dans le sol et je réalise que je pleure. Parce que mon père est flou, comme l'est ce couteau. « Mr Matthews, if you kill the boy, you can go with your wife. Boy, kill the father and you'll save your own life. I won't repeat. » Mon livre tombe au sol alors que mon père écarquille les yeux, laissant apparaître son globe oculaire gauche sérieusement blessé. Définitivement perdu. Il hoche de la tête, comme s'il acceptait que je fasse « ça ». Tuer, je n'ai aucune idée de ce que ça implique. J'essaie de me saisir du couteau mais peine d'abord à le retirer du parquet, quand je veux le retourner contre l'homme à côté de moi, il sourit en retenant mon bras. Et sa main vient claquer violemment contre ma joue. Je me mets à saigner du nez. « Make a choice. » Mon père me chuchote qu'il m'aime. Non, attends, tu ne peux pas dire ça. Je ramasse le couteau que j'ai lâché que la gifle est tombée. Ma joue est brûlante, elle bat comme si mon cœur y était prisonnier. À l'extérieur, des cris de joie. À l'intérieur, des cris d'horreur. Je m'approche de mon père, je ne peux pas faire ça. Ses mains viennent couvrir les miennes. « He'll do it... » dit-il simplement avant d'accompagner mes mains jusqu'à son abdomen. Ses doigts s'écrasent sur les miens, ma bouche d'enfant laisse échapper un hurlement. Mon père essaie de respirer, ses poumons pleurent du sang, eux aussi. Il crache un jet sanguinolent sur moi et tombe lourdement en arrière. L'homme me rattrape par le col : « Good boy, good boy » répète-t-il. Il m'amène à l'extérieur de la maison, j'aperçois le corps partiellement dénudé de ma mère. Égorgée. Je ne les reverrai plus jamais. Vous auriez dû aller vous cacher à Monrovia...

In joy and gladness
With our hearts united,
We'll shout the freedom

Buchanan. 1995. Les années faisant – six pour être exact – j'ai appris à me détacher de la plupart des émotions qui m'auraient rendu vulnérable ou inutile. Je n'ai jamais revu Indira, à moins que ce fut-elle que nous croisâmes un jour avec ses deux gamins sous le bras alors qu'elle allait chercher de l'eau plus loin. Son sort ne m'a pas laissé indifférent, mais je ne peux pas m'en occuper. Cette nuit, nous devions partir pour un village qui a dissimulé le fils d'un ancien ministre plusieurs jours. J'ai cru que ce serait une bonne occasion pour m'en aller. Je suis en train de cracher du sang en tenant mon ventre. William jure en tournant autour de moi et quand l'énervement est trop fort, il me remet un coup de pied dans le dos, dans le visage, dans le ventre, dans les genoux. J'essaie de faire fi de la douleur, du moins à ses yeux. Je sais qu'il n'aime pas les fortes têtes, ni les pleurnicheurs. Aimé est mort il y a quatre jours parce qu'il pleurait, il avait une appendicite. William lui a labouré le cou avec sa machette, arguant qu'il ferait moins de bruits, nous avions le même âge. Alors je garde le regard baissé mais je garde mes lamentations pour moi. Quand il va pour sortir, je comprends à ses épaules affaissées qu'il est déçu et s'il est déçu, je meurs. « Wait, wait sir » lui dis-je simplement. Je tiens fermement mes côtes et plie un genou. Je souffle, crache un peu de sang sur le côté puis m'appuie sur ce genou pour me remettre debout. Je serre les dents et garde le visage baissé vers le sol. Il se rapproche de moi, je l'entends ricaner et dès lors je sais qu'il ne me tuera pas. Il apprécie la persévérance dont certains de nous font preuve et surtout, je tue pour lui. Je n'ai été que de la chair à canon à ses yeux mais, contre toute attente, j'ai survécu. Samuel, un autre gamin, m'a étalé de la merde chaque jour sur le visage et les mains pour je « paraisse moins blanc » aux yeux de tous et que je ne me fasse pas tuer tout de suite. D'abord simplement armé d'un couteau – celui qui a vu mon père rendre son dernier soupir – j'ai enfin eu le droit à un pistolet, et un fusil que je manie avec plus ou moins de précisions. Je ne suis pas un tueur d'élite, mais je suis suffisamment bon pour qu'il me garde. Il me considère, je n'ose pas relever les yeux et finalement, son poing s'abat sur mon visage. « You're mine ! You're mine ! Do you understand son of a bitch ? My property ! » Les coups pleuvent à nouveau, je me protège comme je peux, j'entends l'une de mes côtes céder et je crois aussi qu'il vient de me casser le nez, pour la seconde fois d'ailleurs. J'attends que l'orage passe, j'essaie de ne pas pleurer. Je me mets à quatre pattes, péniblement. Mon bras gauche maintient mon abdomen, je prends plus de temps mais je me remets une fois encore debout. Mes longs cheveux pendent le long de mon visage, il les attrape d'un geste sec et me lance « Mine ! Don't you forget about this... » avant de sortir de la pièce, suivi de ses hommes armés. Je reste immobile quelques instants avant de pouvoir lever le visage vers la porte. Je n'oublie pas, ne t'en fais pas, je n'oublierai jamais...

Buchanan. 1996. C'est d'ailleurs là ma dernière tentative. Au prochain village, j'ai montré plus de rage que je n'en avais réellement. Sa haine, sa violence, elles deviennent miennes. Je ne pratique pas le viol des villageoises, cette arme de guerre n'est pas mienne. Alors je les tue. Vieilles femmes, mères serrant les enfants dans leurs bras. On m'a dit de ne pas tuer les enfants et j'ai vu des soldats les torturer avant de les laisser mourants. Je reste debout, les mains sur mon arme à les regarder faire. J'ai parfois envie de vomir, je ravale ces relents d'humanité pour ne pas finir dans une fosse commune avec eux. Mon immobilisme passe pour de l'indifférence et faute d'être celui qui arrache les informations, je suis celui qui met fin aux tourments. Les hommes, les femmes, quelques adolescents. Je leur demande de se mettre en ligne et ils le font. S'ils courent, je les abats dans le dos. Ça peut leur faire mal, et alignés ainsi, je ne prolonge pas le calvaire. L'équipe qui m'accompagne s’amenuise de mois en mois, d'année en année. Sur la fin, je dîne souvent avec William qui me fait découvrir le soulagement de l'ivresse. La crise survient quand il m'offre une femme, que je n'ai jamais vue. Il me garantit qu'elle est vierge et elle ne pleure pas, elle ne sait plus pleurer. Au village, j'ai ma propre maison dans laquelle elle reste parquée en mon absence. Je dors mal depuis qu'elle est là, je la soupçonne de vouloir me tuer dans mon sommeil alors je dois l'attaquer et l'enfermer pour fermer l’œil. Elle n'a pas dit comment elle s'appelle, je la surnomme « Indi », ça a quelque chose d'ironique et de réconfortant.

Je ne parle jamais sauf quand William m'y invite. Nos soirées sont faites de silences et quand Indi prend notre distance pour de la faiblesse, je la bats. Je la bats à m'en faire mal à la main. Qu'est-ce qu'elle voudrait, que je la prenne par la force ? Je ne l'aime pas, je n'aime ni femme ni homme. Je me perds dans quelques moments d'ivresse et William en vient à m'appeler parfois son fils, il est fier de mon obéissance. Il peut me demander n'importe quoi et je le fais. Dernièrement, il m'a ramené un père et ses deux fils, m'a demandé de leur proposer un « choix » et je l'ai fait sans rechigner. Nous nous retrouvons parfois seuls, je calcule différentes façons de le tuer mais dans mes plans, il gagne. Parce qu'il est mon maître et que je ne peux pas m'en prendre à lui, même si j'en meurs d'envie. Ce soir, il s'est entretenu avec un soldat d'une autre unité. Il s'appelle Charles, comme Charles Taylor, ce leader qu'ils adorent. Je me suis assis à même le sol, près de la chaise de mon maître et ai gardé le silence durant tout le repas. Je n'ai pas mangé depuis deux jours, je me suis contenté de boire et de fumer un peu. J'ai une arme chargée dans la main droite, et mes doigts tremblent depuis vingt minutes. Je pourrais, je devrais... Cela fait des années que je ne sais plus à quoi ressemblaient mes parents, j'ai effacé leurs visages de mon esprit et je ne veux plus m'en souvenir, jamais.

Je serre les lèvres, retire délicatement la sécurité. Mes genoux me lancent et pourtant, je garde le dos bien droit. De temps à autres, je lance des œillades à l'un ou l'autre des interlocuteurs. Mon esprit fait le vide. À quoi bon penser, c'est superflu. Il n'y a que les actions qui comptent. Ma main devient moite, ils plaisantent, ils rient, ils parlent de discipline. Le dit Charles s'intéresse soudain à moi et demande si je suis son petit démon blanc. Je ne m'offusque pas du surnom, j'ai entendu pire. Je tourne le regard vers lui et pose sur lui mon regard vide. Qu'entend-il par démon parce qu'il veut le silence de mes émotions, s'il veut voir via les fenêtres de mon âme la mort et la désolation, les exécutions arbitraires, je les lui offre avec plaisir. Il se raidit et William me demande de me mettre debout. Je le fais. De lever l'arme. Je le fais. De la mettre dans ma bouche. Sans le moindre doute, je le fais. J'oriente vers le canon vers le haut, pour être sûr de me faire exploser la cervelle si je dois tirer. J'ai peur que mon doigt dérape, j'ai retiré la sécurité. Je respire par le nez, je ferme les yeux et le temps semble se suspendre un moment. Il me demande d'arrêter, je me précipite pour le retirer. Des frissons me parcourent tout le corps et je pose l'arme à plat sur le bord de la table. Nous échangeons un regard entendu et je sors silencieusement quand il m'en donne l'ordre d'un simple mouvement du menton. À l'extérieur, je serre la mâchoire. La soirée est chaude et je rejoins Indi qui me guette depuis l'autre bout de la pièce. Je m'assieds et cale mon dos au mur. Elle me lance des œillades assassines, je n'ai pas envie de les supporter ce soir alors je l'abandonne là et m'en vais me promener aux abords de notre village. Buchanan est si proche que je pourrais facilement m'y rendre, mais c'est trop dangereux alors je me contente de me tenir debout dans sa direction, comme une prière silencieuse. Parfois, il arrive qu'un homme d'Église croise notre chemin, et il discute avec ceux qui dirigent notre groupe comme si nous n'accomplissions rien de mal. Je joins les mains devant moi et baisse la tête, profitant d'un moment de paix. Un silence qui n'est brisé que par le bruit d'une arme. Toujours les mêmes bruits, je me retourne m'attendant à trouver William une fois encore en train de jouer mais c'est Indi qui me braque. De beaux bijoux couvrent son cou et ses poignets, et ses tremblements le font chantonner.

Je suis faiblard, mais je saurais la désarmer si je la rejoins. Alors j'écarte les bras, lui disant que je ne lui veux aucun mal. Et je lance une œillade autour de nous, elle va nous faire tuer c'est sûr. Je me rapproche « Calm down... » lui souffle-je doucement quand elle me tire dessus. La balle tirée presque à bout portant me repousse et elle traverse mon épaule. Je serre les dents, des hommes commencent déjà à se rapprocher. « Give me this gun, right now ! » lui dis-je d'un air plus sévère. Je tends le bras vers elle. Je voudrais qu'elle ait confiance en moi, qu'elle sente que je ne lui ferai pas de mal mais qu'elle doit se dépêcher. Je souffle puis fais un nouveau pas dans sa direction : « It's now or never. » Ce ne sera jamais. À peine ses doigts se desserrent-ils de l'arme que les détonations déchaînent leur cris sur son corps qui s'anime de soubresauts avant de s'écrouler en arrière. Elle tombe en arrière et je replie mon bras, portant la main à ma blessure. Les balles dans la terre sèche vont s'élever un rideau poussiéreux dans lequel elle tombe, je m'approche pour la regarder. J'observe sa poitrine, je tends le bras vers elle quand un homme beugle « Move bro, we gonna burn her body, we gonn... » Silence, laisse-moi faire. Je veux la relever du bras gauche mais la douleur diffuse m'en empêche alors je me mets simplement au-dessus d'elle, une jambe de chaque côté de son corps inerte. Je leur demande de me laisser l'enterrer. Ils beuglent, ils ne savent que beugler, ils ne connaissent pas la paix du silence. Ils crient entre eux, s'approchent de moi. Laissez-nous, mais laissez-nous ! Le mur de la maison la plus proche – la sienne – se fissure soudainement. L'un des soldats fait un pas dans ma direction. L'arme qu'il tient dans la main émet un bruit sourd et il la lâche soudain. Le mur d'une autre maison. L'arme au sol. Les douilles. Ici et là sur le sol. Comme des coups de feu qu'on viendrait tirer, des impacts sans objets. Il vient me saisir par le t-shirt que je porte et mes propres doigts enserrent son cou mollement. Il enfonce son regard dans le mien et son poing vient heurter mon visage sans que mon corps n'abandonne Indi. Je me redresse, crache un peu de sang sur le côté. Son œil est mauvais. Son œil me fixe. Alors son œil explose dans l'orbite. J'en sursaute moi-même et ses cris alarment ceux qui n'assistaient pas déjà à la scène. Je reste froid face à sa détresse et il se précipite sur son arme pour essayer de tirer. Je m'écarte d'Indi pour le rejoindre, la balle ne part pas. Il presse la détente, encore et encore. Encore et encore. Alors c'est à mon tour de le frapper. Mon corps fond sur le sien et bientôt, la silhouette difforme de notre échange de coups vient se rouler dans la poussière. Elle se meut douloureusement et le sang que je perds colle à mes mains mais je ne dois pas, je ne peux pas le laisser reprendre son souffle, reprendre ses idées parce qu'il est plus fort. Il l'était du moins. Les dents serrées, je ne m'arrête pas parce que sinon, c'est lui qui l'emporteras. Alors je frappe, aussi longtemps que je le peux, sans lui laisser le temps d'implorer. Mon souffle se fait court, une main se pose sur mon épaule.

Mes yeux rencontrent le ciel étoilé et quand l'homme sous moi essaie de reprendre le dessus, je me contente de repousser mollement ses coups. Nous sommes épuisés, je le regarde et je regarde ma main. Et je la glisse dans sa bouche, il me mord mais je serre le poing et l'enfonce dans sa bouche, dans sa gorge. Il s'agrippe à mon poignet. L'univers d'Oz me semble infiniment loin maintenant que ses dents rappent ma peau. Il déglutit, vomit sans pouvoir laisser s'échapper ce qui remonte de son estomac. Le silence s'est maintenant installé. Ce type, je le détestais et pourtant, je ressens une sorte de tristesse alors que les soubresauts de son corps s'arrêtent enfin. Je retire ma main, la frotte doucement contre ses vêtements sales. La main de William quitte mon épaule alors que je rejoins Indi. Je prends sa main dans la mienne, nos doigts s'entrecroisent presque et je la traîne lamentablement sur le sol. Elle laisse une traînée rougeâtre derrière elle et nous disparaissons à leurs yeux. Je la pose dans la pièce à vivre et vais m'asseoir dans un coin. Sa tête se tourne dans ma direction et alors qu'elle écarte les lèvres, je la coupe, essoufflé : « I saved your ass, so don't try to steak ; hell, keep your fucking mouth closed. » Ils viennent chez nous, ils s'approchent. Ils nous soignent. Moi, et elle.

Of a race benighted,
Long live Liberia, happy land !

Buchanan. 1999. Ils ont volé des armes, ils ont volé des armes qui transitaient par Buchanan et j'ai eu l'occasion de passer devant mon ancienne maison. Les tag recouvrent la majorité des murs extérieurs et d'ici, je distinguerais presque les ombres des âmes errantes qui n'ont pas su trouver le repos. Je suis appuyé à la grille extérieure, pendant que William et son ami Charles essaient de déterminer lequel des deux a foiré. Il y a des hommes, plus haut qu'eux, qui veulent savoir quelles têtes ils vont faire tomber. Je bois un rhum à la bouteille pendant ce temps, cela ne me concerne pas fort heureusement. Assis à mes pieds, un gamin d'une dizaine d'années tend la main dans ma direction, je le dévisage avant de lui laisser ma bouteille. Bois mon gars, tu vas en avoir besoin. Ils sont paniqués, et quand les chefs commencent à avoir peur, c'est que tout va se casser la gueule. Dans une chemise trop grande et parsemée de petites tâches rouges, je reste à bonne distance. Cette fois, ils ont été trop gourmandes. Le moindre d'étrangers sur le sol a fondu comme... il a fondu, et ils ont cru qu'ils pourraient faire ce qu'ils voulaient en dehors de la capitale. Tous les jours, des hommes sont tués, il y a des tentatives d'instaurer un peu de calme et parfois, je sens la guerre civile comme nous, à bout de souffle. William dit que lorsque tout sera terminé, nous serons jugés et exécutés car nous sommes des criminels de guerre. Je ne le pense pas. Je reprends ma bouteille des mains du gamin, il se lève pour protester et je pose mon regard sur lui, silencieusement. Je ne parle pas, du moins je parle très peu. Parce que j'ai appris à la fermer, je ne parle que lorsqu'on me le demande mais mes yeux trahissent mes pensées, elles trahissent la bestialité qui s'exprime quand j'en ai besoin. Je n'ai pas envie de m'en prendre à lui mais il ne peut décemment pas remettre mon autorité en question. Si je suis encore le chien de William, je suis le responsable d'une partie de notre groupe. Il baisse les yeux, il vivra encore un soir. Des Allemands, ils parlent d'Allemands. Couilles molles d'Européens me dis-je un fin sourire sur les lèvres, juste bon à vendre des armes pour venir se faire tuer par l'une d'entre elles. Qu'ils viennent les vendre ou qu'ils les perdent, la situation reste la même. Le gamin à ma gauche tient son fusil comme si c'était un faux, il le bandit fièrement et parfois, il s'élance à l'encontre des affrontements en pensant être immortel. Indi n'a finalement pas survécu à ses blessures, je me suis demandé si finalement, je n'allais pas prendre une femme. Peut-être que je devrais essayer de trouver l'une de ces Allemandes. Mes poings se serrent l'un contre l'autre et je lance une œillade vers le bout de la rue. Quelques voitures viennent dans notre direction, l'une d'entre elle s'arrête. Des échanges d'informations et William lance un regard paniqué dans ma direction avant de nous faire signe de nous approcher. Mon pas lent le fait languir, et il s'impatiente. Ses yeux exorbités manquent de sortir de sa tête quand il nous dit que le « monstre » est dans le secteur et qu'il est venu pour nous. Le monstre ?

Le Libéria est un pays croyant où la religion se même souvent à des croyances auxquelles j'ai parfois adhéré. Les morts qui n'ont pas été enterrés n'ont jamais trouvé la paix. J'ai un jour demandé à William de ne pas m'enterrer s'il venait à me tuer. Je reviendrai ici et je rencontrerai les miens, je trouverai leur visage dans l'obscurité du bout de mes mains et nous apprendrons à nous connaître ici. Il a ri quand j'ai formulé cette simple demande. Le soleil est haut aujourd'hui et il nous terrasse, nous fait nous sentir encore plus faibles que nous le sommes déjà. Le monstre qui a plusieurs têtes est arrivé. « They're coming. » Cette annonce, elle ne me fait pas peur du tout. Je reste stoïque au milieu de la route pendant que William monte en voiture. Le gamin qui m'accompagnait pour boire monte aussi. La voiture s'éloigne, laissant derrière elle une traînée jaune qui danse dans le vent qui se lève. Je retire le t-shirt que je porte pour frotter mon visage puis l'abandonne sur le côté, tout simplement. D'autres voitures suivent et la dernière s'arrête à notre hauteur. Une jeep. Charles monte à l'avant et moi derrière. Je me mets dos à la route et cale mes mains devant moi. Nous démarrons en trompe et mon corps se courbe quelques secondes vers l'avant et je trouve mon équilibre. Ils fuient, au loin d'autres véhicules ont fait leur apparition. Alors que nous quittons la ville, les nuages de poussière se rapprochent de nous. Je prends un fusil à l'arrière et le charge, avant tout de même la satisfaction que chaque homme de cette brigade meurtrière sera tué, jusqu'au dernier, s'ils nous rattrapent. Le monstre peut bien tous nous engloutir. Je n'ai pas envie de mourir mais si Dieu le veut, alors qu'il en soit ainsi. Nous passons à travers des petits villages, les voitures qui ouvrent le convoi de la fuite renversent quelques paysans qui n'ont pas eu le temps de s'écarter. Avec un plaisir que je peine à dissimuler, je leur crie « They're coming. » Ils ont peur, ils sentent l'ennemi s'approcher et je me pose en simple spectateur. La mer s'éloigne, loin derrière nous.

Finalement, nous nous arrêtons et Charles me demande de les tuer, de les faire exploser et ils repartent. Je tiens fermement mon fusil entre mes mains. Les immeubles de Buchanan ne sont pas bien loin, je les aperçois. Je ne les tuerai pas, d'abord parce qu'ils sont trop nombreux, je distingue plusieurs nuages de poussière. Et ensuite parce qu'ils me tueront d'abord. Alors je passe la lanière qui retient l'arme autour de mon cou et de mon bras droit, la laissant pendre en bandoulière. Je laisse mes bras pendre le long de mon corps. Ai-je peur ? Pas vraiment. Mais tant que je ne serai pas sûr qu'il est sur le point de mourir, je protégerai William, aussi frustrant cela soit-il. Et je balance mes bras sur le côté, le sol implose et craquelle sous mon effort. Comme un ver qui viendrait lazarder sa surface sèche, une fois, puis une seconde jusqu'à esquisser le dessin d'un fossé. À ma droite, à ma gauche. Sur une distance assez loin pour que mes yeux n'en voient pas l'extrémité. Mes mains tremblent, je m'épuise mais ils se rapprochent alors je creuse le fossé, encore et encore. Ils me rejoignent et leurs voitures s'arrêtent à quelques dizaines de mètres sans qu'ils ne cherchent à aller plus loin. Comme s'ils n'avaient jamais cherché à les rattraper, ils me déçoivent. Je fais un pas dans leur direction, frotte la poussière mêlée de sueur collées à mon front. « Hello, you're Glenn, aren't you ? » Je fronce les sourcils, d'abord parce que personne ne m'appelle par mon prénom. Personne ne m'appelle ainsi depuis même plusieurs années. Comme le gamin que j'ai été, je regarde cet homme ridicule, dans son costume bien taillé sous un soleil de plomb. Il frotte son visage avec un mouchoir blanc et je me cramponne à mon fusil quand, dans un mouvement de sa veste, j'aperçois les étuis de ses armes à sa ceinture. Ceux qui l'accompagnent sortent tous leurs armes en une seconde, comme une chorégraphie répétée jusqu'à la perfection. Mais je ne la lâche pas. Méfiant, je me contente de lui répondre : « Yes, sir. » En même temps, on n'est pas trente culs blancs à se balader pour tuer du civil un peu libertaire par ici. Il ne hausse à aucun moment la voix et il se dégage de lui une certaine dignité, un charisme qui ne présente aucune faille. Je les ai empêchés de passer, je peux repartir maintenant. Et puis, je ne suis en rien responsable de leurs armes, alors ils peuvent me faire ce qu'ils veulent, je ne pourrai pas leur dire où elles se trouvent. Il hoche de la tête et fait un nouveau pas dans ma direction. Je réalise maintenant qu'en fait, il parle aussi anglais. Abruti de William qui les a pris pour des Allemands. Je regarde vers tous ses... sbires qui ont leurs armes dans ma direction. Je serre la mâchoire et pointe mon fusil dans sa direction mais d'un simple mouvement du bras, il en saisit le canon, il tire vers lui ce qui me fait perdre mon équilibre et dans un enchaînement qui va bien trop vite pour moi, il me fout à terre ; repartant tranquillement avec mon fusil qu'il jette par terre. Je me remets debout et lui demande sans attendre de réponse : « Where do you think you are ? » Je tends le bras vers l'une des voitures et en une seconde, un bruit sourd vers l'arrière et la détonation fait s'embraser l'essence. Ils se reculent. Pas l'homme en face de moi qui hoche à nouveau de la tête. « Good, take him. » Je marche vers lui. Personne ne prend personne, je suis d'ici, c'est mon territoire. Avec toute l'arrogance d'un William, je l'attrape par le bras. Il tord le mien, insiste si fort que je suis contraint de plier le genou. Il pourrait le casser, c'est certain. Il va peut-être le faire. J'enfonce mon regard dans le sien. « You'll learn » sont les derniers mots que j'entends. Quand le picotement dans mon cou et le sommeil se confondent en quelques instants.

Étonnamment, cela fait des années que je n'ai pas dormi comme ça. Cela pourrait être une sensation agréable si je n'étais pas dans un espace restreint avec les mains dans le dos. À quoi bon gaspiller de l'énergie, autant attendre que j'en sorte ? J'espère qu'ils ne mettront pas le feu à la voiture. Je pourrais peut-être... non, je ne maîtrise pas assez bien et je n'ai pas envie de me faire exploser le fion alors je garde mes mains tranquilles un long, long moment. Oui, parce qu'aux mouvements, il est facile de comprendre que nous sommes dans une voiture. Eux devant et moi dans le coffre. Ma bouche n'est pas liée mais je n'ai pas l'âme à crier. Et pour appeler qui ? Je laisse ma tête reposer tranquillement sur le revêtement et cale simplement mes jambes devant moi, pour simplement pouvoir les sortir les premières quand ça s'ouvrira. Quelques mèches de mes cheveux me chatouillent la nuque, et ça m'agace. C'était une erreur, sans doute d'être si présomptueux que j'ai cru qu'en plus de les arrêter, je saurais les repousser. Nous ne roulons pas bien longtemps et bientôt un flot de lumière apparaît, me faisant papillonner des yeux. Je sors une jambe et on vient m'aider à sortir complètement. Je m'étire en m'écartant, ne sachant pas trop quelle réaction je suis sensé adopter. Je regarde en face de moi, William se tient debout. Ainsi, il aura été trop stupide pour apprendre que le monstre est ici Américain, mais assez doué pour les neutraliser ? Son sourire moqueur a disparu de ses lèvres et je l'observe plus intensément. Dans ses yeux ouverts sur moi, le reflet de ces étrangers qui se tiennent dans mon dos. Sur la droite, les armes de mes compagnons forment une petite pyramide difforme composée de fusils, de couteaux, de quelques machettes, de pistolets, des balles gisent d'ici et de là et je marche même sur une douille quand je veux m'en approcher davantage. Ainsi nous voici enfin d'égal à égal. Presque. Je tourne un regard d'incompréhension sur l'homme qui m'a désarmé à l'extérieur de la ville. Je ne sais pas ce qu'ils attendent de moi mais je ne tuerai pas William pour prouver ma dévotion nouvelle ou mon envie de vivre. Ce temps-là est terminé. Ils défont mes menottes. L'étincelle reprend vie dans son œil morbide. Alors je me décale vers le tas d'armes et plonge la main dedans sans discernement, jusqu'à en sortir une machette avec laquelle je me mets à jouer. « You know... I don't care about them, I really don't care. It's not for them that I'll do that. Can't you understand that ? Don't get on your knees but let me taste your blood. » Furieusement, je me rue sur lui. Il a un mouvement de défense qui fait simplement que la lame se plante dans l'os. Vous savez combien c'est dur, de retirer une lame d'un os quand son propriétaire se débat comme un animal acculé ? Mais sa haine, je l'ai faite mienne. Et désormais, je ne lui appartiens plus. Je n'appartiens plus à personne. Les chiens sont comme ça dit-il souvent, on les nourrit, on les caresse et on les laisse dormir à « nos » pieds mais dès qu'ils en ont l'occasion, ils mordent. C'est pour ça qu'il faut leur foutre des coups de pied dans la gueule, pour qu'ils se souviennent bien qui est leur maître. Mes bras se sont épuisés. Inconsciemment, je me suis dit que ça me donnerait bonne conscience de croire que je le tue par vengeance. Pour venger ces inconnus dont je ne me souviens plus. Je me suis dit que ce serait bien de croire qu'un assassin de moins sera bénéfique au monde. Mais c'est faux, ça me fait plaisir de le massacrer. J'en avais envie, depuis des années. C'est moi que ça soulage, pas l'âme des morts. À chaque coup qu'il prend, quand je mets sa chair à nu, c'est moi que ça libère. J'avais simplement envie de le massacrer, depuis des années, je voulais l'étrangler, l’éviscérer, le brûler, le noyer, le pendre, lui rouler dessus, le broyer, l’électrocuter, le battre à mort, le flinguer, l'empoisonner, le faire exploser, l'égorger. Plus ma dévotion allait grandissante, et plus j'avais envie de le tuer. Alors je frappe, jusqu'à ne plus sentir mes bras. Jusqu'à être aveuglé par le sang et souillé par ses tripes. Quand je me sens trop fatigué, je prends un moment pour respirer. Et je remets un coup. Et je frotte mon visage de mon avant-bras. Je tends mon bras vers lui, histoire de faire exploser ce qu'il reste de lui mais rien ne se passe, et je suis trop fatigué pour insister davantage.

2000. Hydra, le voilà ce monstre. Un partenariat, un contrat, c'est ainsi qu'ils m'ont présenté notre collaboration à venir. C'est un mode de vie différent de celui que j'ai connu et parfois j'ai la sensation de pouvoir dormir sur mes deux oreilles sans risquer de me faire tuer pendant la nuit. Au début, j'ai dormi assis contre le mur, face à la porte. C'était plus sûr, quand la structure et ses habitants a semblé assez sure, j'ai pu dormir dans un lit. Et je n'ai jamais si bien dormi. Je ne fais pas de cauchemars de ce que j'ai fait avant, je vis avant alors je dors sans le plus souvent. Le plus difficile en arrivant, outre prendre l'avion et vomir tout le temps du trajet, a été sans doute d'arrêter de boire. Parce que physiquement, mon corps s'était quand même habitué et psychologiquement, parce que la sensation d'ivresse me retenait à la vie. Les moments un peu agréables se sont effacés sous les entraînements. La rigueur de ces derniers contrastait avec l'aspect parfois un peu école de l'endroit. Au début j'étais seul, le temps de m'adapter un peu aux lieux, le temps d'être physiquement apte. On me laissa le droit de lire mon dossier comme « preuve mutuelle de confiance ». J'ai regardé toutes ces pages, je les ai parcourues et me suis arrêté sur l'une d'entre elle. J'ai essayé de lire mais en dehors de mes nom et prénom, les mots se ressemblaient tous. Alors je n'ai pas pris connaissance de ces informations. Ce n'est pas que j'ai honte de ne pas savoir lire, c'est plutôt que la question ne s'est jamais posée jusqu'à maintenant. Et encore aujourd'hui, sera-ce vraiment utile ? J'abandonne le passé, qui n'a aucune importance à mes yeux. La période de quarantaine a duré cinq mois, à peu près. L'hiver m'a rendu malade comme un chien et chose étonnante, on a voulu m'offrir un ordinateur pour mon « anniversaire ». Les biens matériels ne comptent pas, ils sont une illusion de sécurité. Mon obstination à ne pas l'utiliser a mis mes « bienfaiteurs » sur la piste de mon analphabétisme mais c'est secondaire. Bientôt j'ai rejoint d'autres gens de mon âge, à peu près.

Je regarde les instructeurs ne pas retenir leurs coups pendant les entraînements, je les regarde silencieusement, posté dans un coin de la pièce. Mes bras sont croisés sur mon torse quand ils viennent chercher celui qu'ils appellent Richardson. Il est essoufflé, il reprend difficilement son souffle avant de s'en aller. L'instructeur fait un signe de l'index dans ma direction. Je ne connais aucune technique de combat, en général je me débrouille avec ce que j'ai à portée de mains. Je plie un genou et pose ma main sur le sol. Nombre de fois, surtout au début, j'ai gardé assez de poussière dans ma main pour profiter d'un moment d'inattention de mon adversaire, après que je lui ai jeté en plein visage. Je n'ai pas d'armes sur moi, il n'y a pas de pierres, il n'y a pas de lames, il n'y a pas de terrain connu. Je m'avance face à lui. Mes bras pendent le long de mon corps alors qu'il me donne un petit coup contre l'épaule. Ma jambe gauche bouge que je ne perde pas l'équilibre et je reviens sur ma position initiale. Il me donne des conseils : esquiver, écarter les jambes ; il dit vouloir voir ce que je sais faire. Je sais encaisser et attendre que ça passe. Il cherche à me provoquer, physiquement et verbalement, mais je ne me sens pas touché par ces invectives. Quand sa main touche mon visage, je me courbe vers l'avant et porte la main à mon visage. Il se penche vers moi, j'en profite pour essayer de lui mettre un coup qu'il arrête facilement, sa main tenant mon poing avec une facilité déconcertante. Je vais devoir faire mieux. Bien, je ferai mieux.

Les journées se suivent. Je commence à me dire que, c'est sans doute vrai, cet homme n'est pas un ennemi, je dois m'ouvrir un peu à lui et suivre ses recommandations ou je n'arriverai à rien. On m'a proposé de m'entraîner avec des femmes, je n'ai pas objecté. J'imagine qu'ils ont voulu vérifier que je ne refuserais pas de m'en prendre à une femme. Mais quelle différence ? Surtout après qu'elle a failli me casser le nez et mis sept fois à terre dans des enchaînements à chaque fois différents... Je mange seul, jouant avec ma fourchette. Me vient l'idée de la garder pour la planter dans sa main quand il voudra retenir mes coups mais je la repose finalement. Cela n'aboutira à rien. Le Richardson vient s'asseoir en face de moi. Je lève les yeux vers lui, jette une œillade vers d'autres qui discutent entre eux. Finalement, je suis peut-être le seul qui n'ai pas lu mon propre dossier. Je détaille les traits de son visage puis reporte mon attention sur ma fourchette. Il ressort épuisé de ses allers et venues avec les officiers qui viennent le chercher. Des cernes sous ses yeux se sont creusées, et pourtant il reste là tranquillement assis en face de moi. Je me redresse sensiblement, joue avec ma fourchette comme une sorte d'avertissement. Auquel il reste indifférent. Je n'ai pas le goût du sang, je ne prends pas de plaisir morbide à tuer les autres mais il est là, inutilement, et j'ai parfois la sensation qu'il me tuera. Chacun veut prendre la place de l'autre, c'est une chaîne, c'est une chaîne de commandements et plus on monte près du soleil, moins on a de chance de se faire un beau soir d'été. Nous mangeons dans le silence puis je m'en vais après lui avoir lancé un dernier coup d'oeil. Les jours suivants, il n'est pas là. Je ne m'enquis pas de savoir où il est parti, pas encore.

Parfois, certains tentent une approche à leur tour et viennent briser ma solitude. Ils lient des connaissances entre eux, ils veulent comprendre, connaître et s'imposer. Pas moi, je sais rester à ma place et c'est ça qui les attire, c'est ça qui pique leur leadership parce qu'ils voient en moi un mouton qui attend les ordres. Sauf que personne ne donne les ordres alors quand l'un d'entre eux vient directement à ma rencontre, ma patience trouve vite ses limites. « … my father … » commence-t-il avec de grands gestes. Il s'imagine que tout ce petit monde lui appartiendra, peut-être est-ce vrai. Je soupire puis me mets debout face à lui. Il est plus fluet que moi, mais plus grand. Je lève le visage pour croiser le sien. Je n'ai pas pour habitude de repousser simplement ceux qui me provoquent. Mon visage se ferme. S'il m'attaque, je voudrai le tuer. Alors je reste stoïque face à lui. Je me suis facilement habitué à leur accent, mais eux ont encore du mal avec le mien. Je garde le silence. J'ouvre la main et laisse mon bras retomber comme si je voulais faire tomber un objet sur le sol. Un impact craquelle le sol à nos pieds. Il semble surpris. Je fais un pas dans sa direction et recommence. L'explosion laisse un second trou de la taille d'une balle de tennis. Troisième impact. Si je tends le bras vers lui, ce ne sera que pour faire exploser sa tête. Je lui donne dans l'abdomen et une mandale en plein visage. Il faut apprendre aux chiens qui sont les maîtres ou ils mordent. Une fois les maîtres partis, les chiens se bouffent entre eux. Alors qu'il est au sol, je le contourne doucement, je le regarde essayer de se relever mais lui donne un coup de pied dans le dos. Je continue, encore. Encore. Jusqu'à ce qu'il cesse enfin d'essayer de se remettre debout. William avait le sens de la petite phrase parfois, quand il frappait quelqu'un. Il aimait les comparaisons, les métaphores, le sarcasme, il se disait parfois poète. Je crache ; j'ai son goût sur le bord des lèvres. Je serre et desserre les doigts, je pourrais bien lui faire exploser le genou. Je lève les yeux sur ceux qui tiennent à observer la scène. Je fais exploser son genou.

Aujourd'hui, on a voulu m'apprendre à désarmer un adversaire. J'ai profité d'un moment d'inattention pour lui frapper les jambes. Je me suis couché sur elle et je l'ai frappé à la gorge, aussi fort que je pouvais. Les gens portent leurs mains à leur gorge, ils ne cherchent pas à se défendre, ils veulent sauver leur vie. J'ai frappé aussi fort que j'ai pu, elle aussi. Elle m'a brisé l'arcade finalement, mon sang a coulé sur elle et elle s'est dégagée. Je l'ai laissée comme ça, je suis parti. Les semaines sont ponctuées d'incidents de ce type. La discipline n'est pas mon fort, mais je saurai, je saurai me plier à leurs règles. Richardson réapparaît, nous nous retrouvons entre deux entraînements assis côte à côté. Je le fixe, craignant souvent un geste en traître, je n'ai pas l'esprit tranquille quand il est là. Mais ses gestes sont lents. Ses mots sont absents. Un beau jour, alors qu'il vient me rejoindre dans cette routine à laquelle je commencerais presque à m'habituer, il lance simplement un « Hi ! » Je hausse des épaules. Je joins les mains devant moi et lui lance un regard agressif avant de répondre, comme une insulte « Hi. » Nos échanges bien que succins, commencent à se multiplier. Il pose des questions, j'y réponds. Au début, je ne les lui retourne pas. Je n'ai pas de secrets, et je ne veux rien connaître de sa vie. Mais un jour, alors qu'il revient d'une de ces séances un peu particulières, il semble éreinté. Je me demande parfois s'il y survivra. Plus les semaines passent, et mieux je contrôle mon don mais lui, je ne sais pas ce qu'ils lui font mais son corps va lâcher. Je marmonne quelque chose puis le rejoins pour finalement passer mon bras dans son dos. Je m'en fous. Je ne lui demanderai pas. Jamais. « Are you okay ? » Je le lui ai demandé... c'est ainsi que se bâtit notre relation et finalement, je commence à attendre ses retours avec plus d'impatience que je ne le voudrais. Les jours creux, nous nous retrouvons souvent. Je reste assis à croiser les bras sur les tests psychologiques. La plupart prend cela pour un refus de... me dévoiler, qu'en sais-je. À un moment donné, il se rend bien compte que je ne sais ni lire ni écrire. Quelques mots simples me sont accessibles mais les graphèmes sont des hiéroglyphes pour moi. Les lettres n'ont souvent pas de sens quand elles se retrouvent dans ce flot de questions. Alors Braiden m'apprend à lire. Ça prend du temps, c'est long mais il le fait.

Et les nouvelles têtes apparaissent. Dont celle de Lydia. Lydia est particulière, elle n'a aucun raisonnement logique. Elle a des phases violentes, sans raison apparente. Alors que je me contente de défendre avidement mon espace vital, elle n'hésite pas à fondre sur n'importe qui sur des prétextes bidon. Peu après son arrivée, elle a massacré l'un des « résidents » parce qu'il l'aurait regardé de travers alors je reste sans cesse sur mes gardes quand elle est dans le coin. Elle n'a pas de limite, pas de cohérence. Je passe beaucoup de temps à observer les autres, je reste prêt à répliquer quand j'en viens à croiser son regard dément. Et pourtant, Braiden et la folle se sont accrochés rapidement. Je n'apprécie pas cette relation et pas uniquement par jalousie mais parce qu'elle n'est pas fiable. Il y a des bâtards qui naissent comme ça, ils sont malades dès qu'ils viennent au monde et ils mordent sans raison, il faut leur mettre une balle dans la tête. Quand ils sont tous les deux, je redoute parfois qu'elle le tue, il croit que ça n'arrivera pas. Elle est malade, même si elle pense qu'elle n'y viendra, rien n'est sûr. Alors je respecte cette sorte de fascination mutuelle qui les lie mais je me suis fait la promesse que je la tuerais si elle vient à s'en prendre à lui. Je me repose trop sur lui, c'est certain. J'en suis conscient mais maintenant, je ne peux pas regarder ce couloir sans l'imaginer le traverser avec son pas léger et ses délires verbaux. C'est comme ça.

A home of glorious liberty,
By God's command !

Buchanan. Le jour vient de se lever et je rentre tranquillement chez moi. Je joue avec mes clefs en marchant d'un pas lent, droit comme un i. La ville commence son ébullition habituelle et je m'arrête prendre un café à l'établissement qui se trouve en bas de chez moi. Je m'assieds à la même place que d'habitude et on me porte le même café serré avec trois sucres que je n'ai même plus besoin de demander. Je jette une œil aux dernières nouvelle quand mon téléphone se met à sonner. Je décroche, on me donne une suite de chiffres, j'y réponds simplement et la nouvelle tombe. J'attends quelques instants et ne demande que « and where are they ? » Mais aucune information n'est encore connue à ce sujet pour le moment. Je reprends une gorgée de café et pose le téléphone sur le bord de ma table. Si le Shield vient de tomber, j'imagine que ce doit être une bonne nouvelle. Je n'ai rien contre eux à vrai dire, je ne suis pas animé d'une loyauté impénétrable à Hydra, c'est simplement qu'ils étaient là, j'étais là alors c'est ainsi. J'imagine que j'aurais pu être déjà mort vingt fois s'ils n'étaient pas venus me chercher. Toutefois, bon nombre d'agents y étaient infiltrés. Certains dont je me fous sans spécialement m'en cacher et d'autres dont je voudrais connaître le sort. Je ne me presse pas dans leurs locaux, ça ne changera rien et j'ignore où ils étaient quand la nouvelle de l'infiltration est tombée. Je repose ma tasse une seconde, lance une oeillade vers l'extérieur. Ils sauront s'en sortir, ils sont bons manipulateurs, bons tueurs, ils sauront s'en sortir.

C'est une autre nouvelle qui a le mérite de me surprendre. La trahison de Braiden. Ai-je eu des nouvelles de lui ? Non pas depuis des ann... Est-il entré en contact avec moi ? A-t-il demandé des informations auxquelles il n'avait pas accès ? Est-ce qu'il a... Mon poing claque une fois sur la table. Je hausse des épaules. J'ai déjà été suffisamment frustré de n'avoir aucun contact avec lui, bien que je comprenne qu'il n'a s'agit que de protéger sa couverture, mais cette suspicion qui l’entache et moi aussi au passage ne me plaît pas vraiment. Ce genre d'interrogatoire n'est pas de mon goût, surtout quand je ne suis pas celui qui le mène. Les années m'ont fort heureusement permis de développer un peu plus de self-control qu'à l'époque et donc, mon poing a parlé pour moi. Et je m'arrête là. L'agent qui dirigeait la conversation s'arrête et lève les yeux vers un officier qui attend patiemment plus loin. À ne pas avoir de camp, on ne trahit pas. Je me sens redevable, mais je ne suis pas une propriété et depuis bien longtemps, nous sommes vraiment passés à un partenariat. Je les ai aidés quand ils me l'ont demandé, et ils m'ont aidé quand j'en avais besoin ; ça s'arrête là. Mais si Hydra croit que Braiden s'est tiré, alors personne n'ira le chercher. Je me redresse, pose mon regard sur celui qui menait l'interrogatoire. « It's over. » Il renchérit et je lève la main et essaie de parler plus fort « it's over, I said. » C'est quand le soleil décline à présent que je m'en vais, à contrecœur mais il le faut bien. Je ne rentre pas, je m'arrête sur le trajet, je regarde derrière moi, m'attends à ce qu'ils m'aient suivi. Ils n'en ont pas besoin, ils savent où me trouver. Je pars au bon moment, après ce sera trop tard. Ils sauront où me trouver. Je pose mon index entre mes yeux, le visage baissé, besoin de réfléchir quelques instants. Le jour est mort, j'ai besoin d'un verre.

A home of glorious liberty,
By God's command !

Le Sniper fait un pas qui l'envoie dans le vide, le bruit de son corps qui s'écrase sur le sol me laisse indifférent, et ils nous empêchaient de passer surtout. Je reste dans son dos et je le regarde faire, il est heureux ainsi. Les flics commencent seulement maintenant à paniquer, c'est bien trop tard. Je cale les mains dans mon dos en les observant de loin. Je suis posté à côté de la voiture, je pourrais intervenir, mais il s'amuse. Ça fait du bien de le voir libre, d'ailleurs. Je m'approche de lui, regardant derrière nous quand les policiers lèvent tous leurs armes, je lève les mains à hauteur de mon torse à peu près et écarte les doigts, me tenant près s'il faut intervenir. Je ne saurais pas faire exploser les balles une à une, ça demanderait trop de concentration et une maîtrise que je n'ai pas. Mais je peux encore fait exploser les armes, et ceux qui les portent. La tension de mon corps s'échappe quand ils portent les armes à leurs têtes et tirent presque tous simultanément. La série de détonations résonne dans le quartier et alors qu'il me demande de nous ouvrir la voie. J'esquisse un sourire et tends le bras, comme l'invitant à passer. Une série d'explosions fait exploser le sol jusqu'au barrage, les corps des policiers et les carcasses des véhicules jaillissent sur le côté. C'est terminé.

In union strong success is sure.
We cannot fail !
With God above
Our rights to prove,
We will o'er all prevail,
We will o'er all prevail !
With heart and hand our country's cause defending,
We'll meet the foe with valour unpretending.
Long live Liberia, happy land !
A home of glorious liberty,
By God's command !
A home of glorious liberty,
By God's command !


irl
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Non mais... :hysteric: :hysteric: :hysteric: :pink: :pink: :pink: :pink: :pink: :pink:
Depuis le temps qu'on attend un Glenn pour calmer tous les fous qu'il y a à Chimera !    
Et en plus c'est toi qui l'a pris ! :keur: :keur:
Bon courage pour ta fiche ! J'ai très hâte de la lire !

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Hush little hero don’t you hide
Wally’s gonna find you keep that in mind
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S.H.I.E.L.D. • hill's bitch
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it's a revolution, i suppose
S.H.I.E.L.D. • hill's bitch
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Ahou mais tu l'as fait en plus!

Bonjour grand monsieur velu. Vient rejoindre le club des mecs à poils! =D
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chimera + whatever, man !
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it's a revolution, i suppose
chimera + whatever, man !
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MON BROOOOOOOOOOOOO :keur: :hysteric: :pink: :hysteric: :hysteric: :whaaat:
COMMENT JE SUIS TROP HEUREUX QUE TU LE PRENNES !
Du coup n'hésites pas si tu as la moindre question et bonne chance pour ta fiche ! (même si je sais que ce sera parfait  :leche: )

Et je pose ça là juste histoire de
Spoiler:
 

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I'm Only Joking
I'm Just A-Fucking With Your Head
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J'ai pas les mots.
COME ON!
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it's a revolution, i suppose
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BIEN LE REBONJOUR OMG TROP BELLE EN CLIVE :onfire: ET CET AVATAR JPP :hysteric: :hysteric: tu connais la routine, alors bon courage pour ta fiche, et n'hésite pas à harceler Braiden si tu as des questions :mdr: la Haiko en moi a hâte d'écrire avec Glenn et Braiden :hé:
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:cutie: Merciiii, je vous préviens, je suis déjà en mode drama :whaaat:
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it's a revolution, i suppose
Invité
WHAT? Tu mets déjà cinq ans à répondre à tes rps et en plus, tu oses faire un nouveau personnage :pink: :pink: :pink: SCANDALEUX :onfire: Re-re-re-re-re-re-bienvenue quand même (je t'aime, tu le sais, et ça m'empêchera pas d'être le parrain de ton bébé )
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HYDRA • cut off one head...
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OUAIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIISSSSSSSSSSSSSSSSS ! Je suis d'accord pour que tu te mettes en mode drama ** ! On va en vivre tout pleiiiiiinnnnn <3 ! Très bon choix d'avatar (on trouvera plein de gif **), très Bon choix de personnage et ... j'ai juste hâte **
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Invité
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it's a revolution, i suppose
Invité
Non mais cey koua cette schizophrénie pathologique ?

BAH BRAVO HEIN ! BRAVO !

En vrai rebienvenue à la maison avec ce personnage qui va envoyer du pâté à n'en pas douter
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Rebienvenue encore une fois :hug:
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re-bienvenue :hysteric: :pregnant:
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Jared : Mais non, c'est Jer et Wiwi qui monopolisent le temps d'écriture Arrow

Merci les gens, j'ai hâte de finir :hysteric:
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t bô.

on bez ?

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