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 Oh, this is blackmail [Aaron]

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MessageSujet: Oh, this is blackmail [Aaron]   Jeu 12 Jan - 20:43
Oh, this is blackmail
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Haine, mépris, peur. Sentiments provoquant plus de mal que de bien. Amateurs. Humains. C’est sa simple curiosité qui prend le dessus, dans ce monde qui parfois lui semble bien banale, ennuyeux. Une liste de noms, de métiers, d’âges et d’informations personnelles. Le regard de la blonde s’attarde une nouvelle fois sur le nom des Reagan. Son contact n’a rien oublié, heureusement pour lui. D’humeur massacrante depuis quelques jours, elle n’aurait apprécié la moindre erreur. La famille lui étant depuis bien longtemps un concept inconnu et incompréhensible, elle ne s’attarde sur les détails considérés futiles. Tout ce qui l’intéresse, c’est ce qu’elle peut apprendre sur le pasteur. Point de contact, réel membre, tête pensante ? D’après ses propres observations, il n’est pas qu’un pion utile à apporter les soutiens financiers. Mais de là à le croire autre qu’un simple soldat ? Non. C’est un pasteur, quand bien même les raisons derrière ce choix se trouvent être floues, inexistantes si on venait à lui demander une explication quelconque, elle ne l’imagine pas diriger cette petite bande d’humains aux envies suicidaires. L’ironie en est telle qu’un rire vient briser le silence de la chambre dans laquelle elle se trouve, seule, verre de scotch à la main alors que la ville dort encore. Une demi-heure plus tard, la Veuve Noire disparaît dans la pénombre.

Ce n’est pas le pasteur qui l’intéresse en début d’après-midi. Ce n’est pas non plus un autre membre des Watchers, quoique, malgré son âge il en est, elle le sait, l’a lu, l’a observé. C’est un gamin, ça ne change rien. Ce qui provoque son intérêt soudain, immédiat et sans appel, c’est la sensation qui la parcours dès qu’il passe à seulement une dizaine de mètres de sa position. Ses cellules se modifient et l’Adaptoid reconnaît immédiatement cette sensation. Mutant. Si un sourire sournois s’est ensuite peint sur ses lèvres, c’est par simple satisfaction. Au lieu de rester concentrée sur les Watchers, elle change de cible, du moins aujourd’hui. Suit le jeune Reagan, l’observe, l’analyse. S’amuse de la situation dans laquelle il se trouve, peu enviable au vue de ses fréquentations. Hésite quant à l’aborder, ignore si le gosse sait qu’il fait partie de ceux que ses camarades et lui s’amusent à vouloir voir disparaître. Décide de se rapprocher, trop à son goût mais peu importe, si cela ne se passe pas comme prévu elle peut toujours l’abattre, mettre ça sur le dos d’un mutant aux capacités enflammées.

Elle apparaît au détour d’une rue, non loin du petit restaurant où elle a observé le jeune Watchers, attendant patiemment de rencontrer ce dernier. C’est soit ici, soit dans un lieu plus isolé et elle risque de ne pas prendre son mal en patience. En espérant que le jeune inconscient n’ait pas la brillante idée de lui faire la peau, ou du moins de le tenter. Cela risque de très mal se passer pour lui, bien qu’elle ne doive pas non plus l’endommager, il faut qu’il parle, qu’il soit un pion docile. Il n’y a pas grand-monde en cette fin d’après-midi, mais suffisamment pour justifier que certaines personnes se bousculent ici et là. Ils se croisent sur ce trottoir et elle fait mine de l’effleurer, ce pour lui glisser quelques mots à l'oreille qu’elle sait évocateur de bien des soucis. « Watcher et mutant. Intéressant. » Yelena ne s’attarde pas, n’attend pas de voir sa réaction et continue son chemin comme si de rien n’était, avant d’entrer dans un établissement où la clientèle semble être aux abonnés absents. C’est au milieu de la salle qu’elle s’installe, dos au mur, une vue sur toutes les personnes présentes ainsi que sur les portes et les fenêtres. Paranoïa excessive. Mais le jeune Reagan l’a suivi, alors son sourire se veut agréable, bienveillant aux regards extérieurs et rassurant à ce gamin qui doit déjà craindre le pire. « Assieds-toi, je ne mord pas. Et avant que tu ne paniques d’avantage, je n’ai pas l’intention de parler de ta condition à tes… amis ? » lui demande-t-elle avant de poursuivre. « Ou sont-ils de simples imbéciles qui t’ont bourré le crâne avec leurs idéologies pathétiques ? »
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Plus les jours passaient, et plus je ne me sentais plus à ma place au sein des Watchers. Chaque parole véhémente à l’encontre des Mutants m’emplissait d’une profonde terreur, et m’obligeait à me poser les questions suivantes : s’ils apprenaient ce que j’étais, que se passerait il ? En romantique, j’avais tendance à croire que cette situation « ouvrirait » les yeux à ces hommes et femmes avec qui j’avais partagé un bout de ma vie sur une réalité : on pouvait tous être cette « chose », et qu’il n’y avait aucune raison pour que cela change quoi que ce soit à nos relations. Cependant, la réalité s’imposait naturellement : l’aveugle resterait aveugle. Si cette vérité ne me touchait que trop peu quand il était question des membres Watcher, elle était tout simplement cuisante et désespérante quand il s’agissait de Jeremiah, le Leader des Watcher.

Plus les jours passaient, et plus je m’interrogeais sur les motivations de ce frère que j’admire tant. Ou devrais-je dire « admirais ». Pourquoi prêchait-il de telle parole ? D’aussi loin que je me souvienne, la famille Reagan ne chassait que les « mauvais » mutants, ceux qui contrevenaient à la loi, ceux qui devenaient criminels, en utilisant à mal leur pouvoir – tuer, voler, asservir … par exemple. De plus, après quelques recherches sur nos passés – et même celui de Jeremiah – il n’y avait pas la mention d’un drame « mutant », comme un mutant qui aurait pu attaquer sur un plan très personnel mon frère. Il ne restait plus qu’une affaire de « religion ». Sauf que la religion, ça s’inculquait. Là, les choses devenaient franchement plus brouillonnes : les Eglises approuvaient, ou désapprouvaient. Je ne comprenais pas, malgré tout. La description de ce que Jeremiah était « enfant », et la description d’aujourd’hui étaient semblables, mais perverties avec le temps. Je ne pourrais exactement expliquer cette sensation et pourtant, elle était persistante en moi. Chaque fois qu’on me racontait une anecdote du « Petit » Jeremiah – celui qui avait vécu il y a quelques années de cela -, je reconnaissais bien ce frère et pourtant, il y avait quelque chose de plus étrange aujourd’hui. Certains diront que c’est l’âge « adulte », qui rendait l’homme trop sérieux. Connaissez-vous ce cycle de la vie : l’insouciance de l’enfance, la maturité de l’adulte et le retour à l’enfance du vieillard ? Notre pente serait comme une colline : on montait, pour redescendre.

Par contre, Jeremiah me semblait davantage sur une pente droite, et raide, tout droit vers le haut, comme s’il avait manqué un tournant au détour d’une ruelle du Destin. Une pensée philosophique qui m’étreignait quand, soudainement, j’entendis une voix. Une voix féminine qui disait à haute voix ce que je craignais de penser. Paralysé, figé, je ne savais pas quoi faire. J’étais tenté de prendre les jambes à mon cou et courir au loin, mais aussitôt la raison me disait que c’était « dangereux ». Dangereux qu’une parfaite inconnue sache une telle information sur moi, sans que je ne sache moi-même quelque chose d’elle – comme son prénom, tiens. Je la suis, les mains moites, le corps raide et rigide et les traits durs. Certains disaient que je ressemblais méchamment à Lewis dans mes colères, mais que j’avais davantage les traits de Jeremiah dans mes joies. Quant à Sarah, on disait que je reprenais ses traits une fois endormi. Ouais, beaucoup me donnait un mixte de tout. J’étais un mélange de tout mais jamais un « unique », mais je survis. C’est les galères d’être le dernier d’une famille d’enfants plus ou moins prodiges, plus ou moins beaux gosses, plus ou moins doués, plus ou moins adorés. Cependant, dans tout ça, je m’étais détaché de ce lot par une particularité propre : j’étais Mutant. « Youhou », ironiserais-je.

A peine assis, la blondinette indiquait qu’elle ne dirait rien à personne. J’étais mal à l’aise, soudainement. Est-ce que cela voulait dire que je pouvais me relever, partir d’ici et ne plus la revoir de ma vie ? Si oui, pourquoi avais-je la désagréable impression que je ne pouvais pas faire une telle chose, que je devais rester assis, que je devais « écouter » ?

- Cool, dis-je stupidement, quoique méfiant. Et ce sont mes amis, marmonnais-je, à moitié convaincu. Cette affirmation commençait à perdre de la force au fil des jours, au fil des prêches et discours de Jeremiah et de l’accord unanime des dits amis, sans parler des commentaires à côté plus crus et plus vulgaires, voire plus véhéments.

J’hésite. Partir, ou rester ? Mes mains posaient sur les rebords des accoudoirs des chaises, je gratte discrètement ce bois usé. C’était un tic que j’avais : soit tapoter, soit glisser mon doigt, quand j’étais nerveux.

- Comment vous avez su …’fin, vous voyez ? demandais-je, baissant d’un ton, regardant autour comme un animal traqué.

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Mutants et humains. Elle ne comprend pas qu’on fasse tant de différences. En fin de compte, si on oublie les dons des premiers, tous ne sont que les même. Et bien qu’elle fasse, ou faisait du moins, partie des humains, elle ne les a jamais compris. Loin d’elle l’idée que ça lui vient de ses années à la Chambre Rouge. Tous sont prévisibles, facile à lire, l’espionne n’a pas de mal à s’y accommoder. De là à les comprendre réellement ? Voyons donc, les uns qui clament à l’injustice et les autres qui font de même. Les pauvres qui ne supportent les riches, les femmes qui protestent l’inégalité envers les hommes, ils se plaignent tous pour un rien et ne supporte aucune solution ou alternative. Tant qu’au Watchers, une bande d’humains qui pense pouvoir faire une différence, ça en serait presque dérisoire si Yelena n’était pas consciente du danger qu’ils représentent malgré tout. Les fanatiques sont tous imprévisibles et ne suivent pas plus de logique qu’un malade qui commence à tirer dans la foule. Et s’ils sont aussi bien organisé, c’est qu’à leur tête se trouve quelqu’un capable de l’être. Quelqu’un qui a un but à long terme, qui prévoit les conséquences de ses actions et qui n’hésite dès lors pas à envisager les pertes de chaque parti.

Qu’elle manipule le jeune homme pour parvenir à ses fins est un moyen comme un autre. De toute façon, elle aurait fini par trouver un pion. Qu’un mutant ait croisé sa route n’en est que plus pratique. Il lui est venu à l’esprit que ce gosse est non seulement dans une position peu enviable mais aussi dangereuse. Qui sait ce que les Watchers viendraient à lui faire, lui qui est pourtant des leurs, qui ne peut changer ce statut de mutant et qui n’en est certainement pas responsable. Mais ça, ils ne le voient pas. Pour le peu qu’elle a su les observer, la voix de la raison n’est pas leur point fort. S’ils venaient à apprendre qu’Aaron est un mutant, il ne vivrait sans doute pas un jour de plus. Yelena ne croit pas qu’ils sont capables de tourner le dos au jeune homme et de le laisser s’enfuir, pour ne pas avoir à la tuer. La famille peut-être, certainement, bien qu’elle-même ait constaté que les liens du sang ne sont pas toujours synonyme de loyauté indéfectible.

Quoiqu’il en soit, il n’a pas l’air plus convaincu qu’elle quant à la nature de son lien avec les autres Watchers. Ce n’est pas étonnant, il semble terrorisé à l’idée que quelqu’un connait son petit secret. Et si elle le rassure d’emblée qu’elle ne compte rien dire, c’est pour ne pas avoir à faire à un adolescent effrayé. Il est déjà assez mal à l’aise comme ça et Yelena ne peut qu’étudier le pion en face d’elle, car en fin de compte, c’est tout ce qu’il est. Il reste prudent, bien que sa paranoïa vienne d’un sentiment de peur et qu’elle ne peut s’empêcher de lever les yeux au ciel. Ils sont presque seuls et ce n’est pas le serveur qui peut les entendre. Évidemment, il ne sait pas à qui il a à faire et ne se rend donc pas compte à quel point ce lieu est sécurisé, ce malgré les apparences. « Disons que je détiens cette information d’une source capable d’identifier de telles capacités. » Il est hors de question de lui faire comprendre qu’elle est cette source. Au moins il en saura, au mieux ce sera. S’il imagine qu’elle travaille avec des mutants, ce sera toujours mieux que la vérité. « Ça ne doit pas être facile de découvrir qu’on fait partie de ceux que sa famille souhaite voir disparaître. Par simple curiosité, tu crois qu’ils pourraient se montrer compréhensifs ? Qu'ils garderaient ça pour eux, pour que tu n'en paies pas le prix? » Lancer la conversation pour ne pas sembler trop hostile, bien qu’il doit connaître ça. Pourtant, elle se pose réellement la question. Ce n’est pas ses affaires, encore moins son problème, mais si elle doit se servir de lui pour obtenir ce qu’elle veut, mieux vaut s’assurer qu’il ne va pas se prendre une balle dans les mois à venir.
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- ET pourquoi cette source se serait intéressée à moi ? Est-ce en raison des Watcher, ou est-ce en raison de ma famille ? demandais-je, soudainement au qui-vive, prêt à en découdre si besoin. Certes, malgré ma nouvelle condition, je n’en oubliais pas mes origines et mes « amis ». Et surtout, « ma » famille, celle qui m’a soutenu – au moins, deux de ses membres, dirions-nous. L’idée que quelqu’un puisse nous observer me gênait car cela voulait dire qu’on nous voulait du mal, à un moment ou à un autre. Quant à savoir ce qu’il adviendra si on sait … c’est mon problème, pas le tien, répondis-je avec hargne.

Elle m’agaçait et m’effrayait à la fois. Agaçante car elle avait cette assurance et cette arrogance qui m’horripilaient – et malheureusement, elle avait tous les droits de les avoir au vu de nos rapports de force à l’heure actuelle – et effrayante car elle en savait trop sur moi – creusant davantage le dit rapport de force. Et je me rendais compte d’une chose.

- Tu ne l’as pas dit, c’est que tu veux autre chose, n’est-ce pas ?


J’étais ce petit gamin, le dernier de la famille, chouchouté et dorloté mais surtout éduqué au mieux. J’avais eu droit à des professeurs particuliers dans divers domaines, et on m’avait rompu à la politique dès mon plus jeune âge. Autant dire, qu’un adversaire détienne une information sur vous mais ne l’utilise pas encore … et vous le dit en parallèle, cela signifiait qu’une chose : un chantage allait s’opérer. Une situation donnant-donnant incertaine : j’aurais à accomplir ou dire des choses pour elle, sûrement en échange d’une promesse de ne rien dire à personne … Sauf qu’elle pourrait. Rien ne l’obligeait à garder le secret.

- Je suis Aaron Reagan, et toi ? La moindre des politesses est de se présenter, je suppose.

Dans une relation de type « chantage », il valait peut-être mieux connaître son ennemi. J’aurais aimé sortir un alias, ou un faux-nom, mais très sincèrement, elle le saura vite. Entre les Watcher, mon école et ma famille … difficile de ne pas entendre au moins une fois Aaron. Par contre, la blonde pouvait se permettre une telle chose. Je ne la connaissais ni d’Adam, ni d’Eve, et je n’avais pas trop confiance en mes talents de filature pour croire que je pourrais un jour la coincer dans son quotidien pour questionner son entourage.

Au fil des minutes, je gagnais un tantinet en confiance à mon tour, mais aussi en méfiance. Tout ce qu’elle dirait dès cette seconde était potentiellement un mensonge. Il fallait que je le grave profondément dans ma mémoire. Que je ne me fasse pas avoir par des sourires, par des yeux de biche, par des petites larmes … Elle pourrait aussi être monstrueuse, et cash, un tantinet comme dans House of Cards mais rien n’était sûr. Plus je réfléchissais aux possibilités et plus je me sentais ridicule, car mes seules références étaient des films.

J’étais pitoyable jusqu’au bout décidément.
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Voilà qu’il passe de l’adolescent paniqué à celui qui possède un tantinet de répondant. Elle arque un sourcil en l’écoutant, ici elle mène la danse et s’il croît pouvoir poser les questions qu’il désire, ce qu’il n’a pas encore comprit l’ampleur du danger. Certes elle l’a abordé sans lui laisser le temps de se calmer, de réfléchir, non pas qu’elle croît les adolescents capable de grandes réflexions. Et c’est par gentillesse, comment le nommer autrement, que l’espionne répond à sa question. « Il me semble que les deux soient étroitement liés. » La famille Reagan n’est à ses yeux pas liée aux Watchers, c’est le contraire. Pour elle, c’est les Watchers qui sont liés à cette famille et ça rend sa tâche des plus difficiles. Les membres d’une organisation peuvent être amené à parler en certaines conditions, plus apte à trahir pour ne plus avoir à subir. Une famille, par contre, c’est bien plus compliqué, surtout si c’est une famille unie. L’idéal aurait été que le prêtre soit un mutant, l’ironie, mais on fait avec les moyens du bord. Faisant signe au serveur, Yelena observe avec attention le gamin et se demande s’il oserait pousser son insolence plus loin. « Vois-tu, c’est là où tu te trompes. Ton sors m’importe étant donné que je me suis intéressée à ton cas. » Se ferait-elle passer pour une personne dotée malgré tout d’un cœur et d’un sentiment d’empathie au vue de la situation ? C’est bien possible. Toutefois, elle reste très distante et le traite ouvertement d’un cas, comme si elle a une pile de dossier ou d’autres attendent leur tour.

Mais l’adolescent arrive à monter légèrement dans l’estime de la blonde. Ainsi, il fait preuve d’assez de recul pour se rendre compte qu’elle souhaite obtenir quelque chose. C’est une aubaine, elle n’a plus rien à lui expliquer à ce sujet. « Bien évidemment. Non pas que dévoiler ton secret me serait d’une quelconque utilité. Ne t’inquiète pas, je ne souhaite du mal à personne et encore moins à ta famille. » Pour l’instant, dans un avenir proche elle ne peut garantir ne pas avoir à se charger de certains d’entre eux. Yelena travaille au gain à ses heures perdues et quand on fait appel à elle, rien n’a plus d’importance qu’achever correctement sa mission. « Je cherche à m’informer, voilà tout. » Le serveur vient vers leur table et dépose un dossier au milieu de cette dernière avant de retourner derrière son bar. L’ukrainienne quant à elle se contente de glisser le dossier vers Aaron, l’invitant d’un geste à le feuilleter. « Vous êtes bien organisés, tout est clair dès qu’on a les connaissances requises pour comprendre. Toutefois, mes sources n’ont à ce jour pas su me dire qui dirige réellement l’organisation. » Seule une infiltration pourrait réellement éclaircir ce point. Néanmoins, tout n’était pas aussi simple et les Watchers ne valent pas le temps que ça lui prendrait, elle a mieux à faire. Quant au gamin, il n’a pas d’information à lui fournir à ce sujet, à moins qu’il soit suffisamment naïf pour croire les mensonges de ceux qui l’entourent quotidiennement.

Et il gagne en confiance, au plus grand amusement de l’espionne qui voit ce pauvre jeune homme comme un pion sur un échiquier. Elle sait déjà tout ce qui a à savoir sur lui. La Chambre Rouge ne l’a pas formé à moitié et il lui paraît inutile de garder ses distances avec Aaron. Il ne la croirait pas si elle venait à lui dire être une espionne ou un agent d’une organisation mondialement connue pour ses méfaits durant la deuxième guerre mondiale.

« Si cela peut te faire plaisir, je m’appelle Léna. Le reste ne te sera d’aucune utilité. »

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Plus j’étudiais le faciès de cette femme, et plus j’étais agacé. Elle semblait arborer une attitude, mais tout en cachant une autre. Je ne pouvais pas me targuer d’être un grand homme capable de déceler bien des signes juste en me basant sur les traits d’un visage, une voix et un style vestimentaire, mais j’avais un sens de l’observation aiguisé dû à mes longues heures passées à étudier chaque pli ou chaque détail d’un objet ou d’une personne avant de m’attaquer à son dessin. Dans son cas, je ne saisissais pas tous les contours, à croire qu’un flou l’entourait en permanence.

Ma conclusion était dès lors très simple, et très tranchée : elle était dangereuse. Je ne pouvais décemment pas la laisser trainer autour de ma famille, qu’importe si ses raisons étaient nobles.

Cependant, elle me prit de court dans mes réflexions, en demandant qui diriger les Watcher. Je ne comprenais pas le sens de la question, tant la réponse à cette dernière semblait évidente. C’était mon frère, celui qui dirigeait les Watcher, soit Jeremiah Reagan. Il ne fallait guère être un génie ou un expert dans la collecte d’informations pour savoir une telle chose. Or, la demoiselle ne me semblait pas être stupide. Par conséquent, soit la question cachait un double sens que je ne saisissais pas, soit elle connaissait quelque chose que moi-même ignorait à l’heure actuelle.

Soudainement, j’étais rongé par la curiosité. Que savait-elle ? Que pouvait-elle me dire ? Devrais-je rentrer dans son jeu, à mes risques et à mes périls ? Ou devrais-je tout simplement faire en sorte qu’elle n’approche plus des Reagan ? Le choix me semblait cornélien, car les deux pouvaient potentiellement concerner le bien-être de ma famille. Ma raison était à l’imagine d’une girouette : incapable de s’en tenir à une position, changeant constamment de direction aux grés des mots de cette femme que je ne connaissais pas, et qui se présentait tout simplement comme « Léna ».

Je retrouve un tantinet ma capacité à « parler ».

- Léna … débutais-je, hésitant et trébuchant encore sur ce prénom des plus courts mais qui me semblaient aussi faux que ses traits à l’heure actuelle, que veux-tu dire par « qui dirige réellement l’organisation » ? Il n’y a qu’un dirigeant et nous savons tous qui il est si on fait une simple recherche google.

Google était ton meilleur ami. Une phrase que chaque lycéen et étudiant ne cessait de se lancer quand l’un posait une question à une autre, et que cette dernière n’en savait strictement rien mais se refusait de l’avouer. Evidemment, je ne l’avais pas dit sur l’air blasé ou taquin que j’arborais d’ordinaire accessoirement à cette remarque. Elle était dangereuse celle qui me faisait face, et il était hors de question que je me moque d’un danger sur patte tant que je ne connaissais pas son niveau de danger, et ses angles d’attaque.

- Que vous ayez tort, ou raison, cela ne change en rien une chose : que voulez-vous, exactement ? Ce ne sont pas des choses à laquelle nous nous intéressons, à moins d’y trouver un intérêt.

Très sincèrement, je ne passerai pas mes week-ends et mes soirées à me renseigner sur une secte à moins de vouloir en faire partie, de la contrôler ou de la détruire. Au vu de la façon dont elle m’a « accosté » si je puis dire ainsi, j’opterai pour les deux dernières options. D’une part, j’étais heureux : peut-être que Jeremiah pourrait enfin se décharger de cette tâche qui semblait le rendre fou chaque jour passé. D’autre part, j’étais inquiet : serait-il possible de détruire les Watcher sans faire de mal à mon frère ?

Les questions se pressaient dangereusement dans ma tête. Cependant, au lieu de perdre contenance, j’en gagnais. Mes parents avaient longtemps rêvé que je fasse de la politique, et par conséquent m’avaient beaucoup appris – à me tenir, à parler, à réfléchir vite, à analyser une situation, à gagner du temps, à éplucher les mots … etc. Plus que jamais, je ne pouvais que les remercier.
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