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it's a revolution, i suppose
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i guess i don't need a family
Tonight, gonna make our best mistake

D’horribles et larges cernes sous les yeux et le poids d’un manque aggravé de sommeil sur les épaules, Axel ne semblait pourtant pas décidé à s’en aller pour trouver un peu de ce repos dont il avait clairement besoin. Son visage déjà d’ordinaire plus pâle que la norme semblait avoir l’air encore plus malade et blanchâtre qu’à l’habitude. On lisait sur le bleu et le vert, presque brillants et bruyants tant ils contrastaient avec la blancheur de son teint, de ses yeux un fardeau encore plus lourd qui lui courbait le dos un peu plus au-dessus du comptoir contre lequel il était presque écrasé par son silence et les insupportables pensées qui lui envahissaient et lui parcourraient l’esprit et l’âme. Il avait bêtement essayé d’oublier tout ce qui s’était passé autour de lui, d’une des façons les plus idiotes qu’on aurait pu considérer, mais par la même occasion des plus symboliques qui soient ; même en ne se considérant jamais comme quelqu’un de pieux et oubliant très souvent le dieu en lequel il croyait, il était volontairement parti à la recherche de sa colère, sa furie et son courroux. Simplement pour pouvoir être punis des horreurs qu’il avait lui-même commises. Il la revoyait encore, son visage terni par la mort et le silence pesant du matricide, et il entendait encore ses derniers murmures. Elle l’avait pardonnée en sachant ce qu’il allait faire. Il n’avait pas compris sur le moment ce qui l’avait poussée à agir ainsi, à lui dire qu’elle l’aimait malgré ce qu’il s’apprêtait à faire, et avait même fini par oublier qu’elle le lui avait dit. Mais maintenant que le vacarme s’était tût et que le ciel s’était éclairci, toutes les conséquences de ses actions lui éclataient violemment au visage. Il était encore plus perdu qu’il ne l’avait été avant de quitter le Manoir. Et face à celles-ci, il n’avait plus la moindre idée de ce qu’il était censé faire, d’autant que l’Artéfact ne lui apportait pas de réponses, ne lui répétant que des choses qu’il avait déjà entendues et qu’il ne pouvait plus supporter de devoir endurer.

Le type qui s’occupait de lui remplir son verre pour la dixième fois n’avait pas l’air bien surpris de voir que ça n’avait pas l’air d’avoir le moindre effet sur lui, ou bien, il supposait qu’Axel était de ces gens ivres qui s’écroulent et s’enfoncent dans leur chagrin, parce que c’était bien de quoi ça avait l’air. Quoiqu’il avait eu le droit à un commentaire au bout du cinquième refill, un simple « T’as l’air trop jeune pour avoir tant de problèmes que tu doives te comporter comme les vieux poivrots que j’sers ici tous les jours. » mais il n’avait pas discuté plus longtemps après qu’Axel ait continué à payer. Après tout, lui, il s’en foutait bien des petits problèmes des gens, tant qu’ils payaient leurs consommations. Et contrairement à toute attente, Axel le faisait. Certes avec de l’argent qui ne lui appartenait pas, mais puisqu’il n’appartenait plus à personne, alors il pouvait sans doute se le permettre. Qui viendrait l’en empêcher, de toute façon ? Et c’est prenant une énième gorgée d’un énième verre, qu’Axel balaya cette question de son esprit, redressa la tête pour poser un instant son regard sur l’écran de télévision planté au mur et fronça les sourcils en comprenant ce qui était diffusé. Encore un de ces reportages d’investigation, cette fois-ci consacré aux mutants recensés et aux autres, ceux qui ne s’étaient pas encore fait domestiquer par le gouvernement. Une grimace de dégoût lui traversa le visage l’espace d’un instant, mais ça sembla durer suffisamment pour que le barman puisse la remarquer et ne commente à son tour, « ‘nous font bien chier avec leurs histoires de mutos, ceux-là, hein ? » Tout à coup le visage d’Axel se figea, mais malgré ses poings serrés et sa mâchoire contractée ; il laissa seulement échapper un soupir, et ajouta ; « Ouais… » Il y eut un lourd moment d’hésitation entre les deux interlocuteurs, jusqu’à ce que le barman ne réponde, « M’enfin... C’comme ça à chaque fois. Les gens z’ont peur de c’qu’ils connaissent pas. Moi j’dis, tant qu’ils font rien de mal, y a pas à faire des listes ou quoi que ce soit. » Un sourire maladroit mais légèrement rassuré se glissa sur les lèvres d’Axel, et il reposa les yeux sur la télévision en silence.

Il y eut un ricanement gras derrière Axel qui le fit froncer les sourcils et tourner la tête, son regard s’échouant sur l’une des rares autres personnes déjà présentes dans le bar, si tôt dans l'après-midi. L’homme était aussi gras que le son qu’il produisait et avala grossièrement une autre gorgée de son verre avant de donner un avis que personne n’avait demandé. « Ces putains d’mutants faudrait tous les gazer. On s’rait fixés. On les balance tous dans des camps comme le District p’is après on les bute tous. Comme ça, on dégage les mauvais et p’is les autres c’est de la mauvaise graine qui fait qu’attendre de pouvoir nous causer des problèmes eux-mêmes. » Aussitôt, l’air déjà froid et furieux gravé dans le visage d’Axel ne fit que s’amplifier, une main serrée contre son verre, presque au point de le briser avant qu’il ne soit surpris par la voix du barman derrière lui qui lançait sur un ton habitué à ces inepties, quoique toujours habité d’agacement, « Ferme ta gueule, Earl. C’pas sain c’que tu dis. » Clairement pas, marmonna Axel en se redressant sur son tabouret et quittant le poivrot du regard pour le reposer sur la télévision une nouvelle fois. Mais sa colère l’habitant toujours avec suffisamment d’intensité qu’on pouvait remarquer les dorures venues teinter les veines de ses poignets, et – si l’on avait pu – l’énergie qui le quittait pour s’immiscer comme un virus dans les entrailles de ce pauvre Earl. Lui réservant un sort qu’on ne connaissait que trop bien s’il on était resté auprès d’Axel depuis les derniers mois. À ceci près que, c’était cette fois un geste complètement contrôlé et décidé. L’ivrogne vivait ses derniers instants sans même le savoir. « Y en a d’autres, qu’il faudrait gazer… » soupira Axel à voix très basse, s’enfilant une énième gorgée qui n’avait pas le moindre effet sur lui.
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