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 Should I go ? #Warrel

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MessageSujet: Should I go ? #Warrel   Lun 20 Fév - 0:37

Je suis essoufflé, je suis essoufflé et je ne comprends pas pourquoi. Je serre ma veste contre moi et lève les yeux au ciel. Dans un premier temps, je ne sais pas où aller, et je ne sais pas quoi faire. Au-dessus de ma tête, les lumières s'éteignent et je me fige un moment. Les phares des voitures me gardent connecté à la réalité. Ils tracent d'ici et de là des halos lumineux qui me rassurent. Mes doigts se serrent autour de la lanière et je fais un pas devant moi, un seul pas pour m'éloigner de l'immeuble. « Alors je suis mort moi aussi ? Moi aussi tu m'as tué ? » Je ne sais pas, le pire est que je ne sais pas quels dommages j'ai laissés derrière moi, dans la vie toute nouvelle de Kayden. Je ne savais pas ce que je devais faire, j'étais rassuré de le retrouver là, après ce qui s'était passé. Et j'avais besoin de le retrouver surtout... « Monsieur a pas mérité ce qui lui est arrivé. » Je le croyais, j'en étais persuadé. Je n'ai rien fait pour mériter ça, c'est vrai ! J'ai eu besoin de Kayden et il a été là, j'ai cru que ça s'arrêtait là, je n'ai pas voulu l'entraîner avec moi.

J'ai raté le coche, ce moment où j'aurais dû partir. Combien de temps après ? Quelques jours ou quelques semaines ? Je suis resté sous ses yeux, lui infligeant ce que je ne voulais pas infliger à Alec ou à Rachel, et j'ai eu tord. Je pose un genou au sol, sans sentir le frottement de mes ailes contre le bitume derrière moi. « Alors je suis mort moi aussi ? Moi aussi tu m'as tué ? » Je ne le souhaite pas, je suis désolé d'avoir été à ce point négligeant. Désormais, ma décision est prise. En attendant que le bon moment se présente, je refuse de tout détruire sur mon passage. S'il faut que je fasse bonne figure, je le ferai. J'essaierai, ça ne sera pas long... Je me redresse. En attendant, je ne sais pas où aller. Il y a une personne chez qui je peux me réfugier et qui ne posera pas de questions... « Monsieur a pas mérité ce qui lui est arrivé. » Je porte une main à ma tempe, essaie de faire redescendre ce flot de colère, d'incompréhension qui m'a fait perdre mes moyens.

Je relève la tête, inspire profondément et me mets en marche. Je suis essoufflé vite, trop vite et je ne pense pas que ce soit dû à mon rythme de marche. Mes poumons sont, ont toujours été particulièrement endurants, pour supporter les vols. Je m'arrête et m'adosse à un mur, je dissimule mon visage entre mes mains avant de réaliser que je me suis entaillé la main. Je la frotte contre mon pantalon et me remets en route. Je ne sais pas combien de temps je peux marcher mais du coin de l'oeil, je vois des étoiles se dessiner entre les buildings, et cette vision m'arrache un sourire, même si je dois tellement lever le nez au ciel pour les voir... Je ferme une seconde les yeux, je voudrais sentir le vent claquer contre mon visage. Je m'arrête, profite de la sensation un moment. Bientôt, très bientôt...

Au bout d'un moment j'arrive en bas d'un immeuble. Je m'appuie contre la porte avec mon avant-bras et sonne. Une voix retentit : « C'est quii ? » Je baisse la tête, hésite une seconde puis réponds dans l'interphone : « C'est Warren, je peux monter ? » Pour unique réponse, la porte s'ouvre. Je monte les marches, les préférant aux ascenseurs. Au quatrième étage, l'une des portes s'ouvre, projetant l'ombre de la locataire dans le couloir. Elle me rejoint finalement, vient prendre le sac et m'invite silencieusement à entrer. Alors que je passe devant elle, je l'entends retenir un... je ne sais pas mais quand je me retourne, elle a la main devant sa bouche. « Je suis désolée Angel, je ne savais pas... » Je hausse des épaules et viens près d'elle. Instinctivement, c'est moi qui la prend dans mes bras. Harper lève les yeux sur moi et me confie qu'elle me pensait mort, depuis ce qui s'est passé à la X-Mansion. Je sens ma mâchoire se serrer mais ne lui dis rien. Je soupire juste et la laisse après quelques instants, évitant la conversation sur les ailes, sur la X-Mansion, évitant à peu près tout...

Je reste à peine quelques jours, pour ne pas l'encombrer. Harper est adorable, je profite de la superette en bas de chez elle pour acheter une bouteille ou deux que je descends, simplement pour faire taire l'écho de la voix de Kayden dans ma tête. Tout était plus simple à l'époque de Dayle et Angel, non ? Et je dors un peu, ou trop... Mais je choisis de ne pas rester. Je ne veux plus me poser, je ne peux pas, je n'ai pas assez de temps. Et j'ai besoin de voir une dernière personne, je voudrais juste échanger quelques mots... Je la remercie et décide de ne pas aller chez mon père, en dépit de ses propositions régulières. Néanmoins, je lui demande de me mettre ce qu'il faut de côté chez l'une des pharmacies avec lesquelles il travaille. Je récupère ce dont j'ai besoin et me remets en route. Je frappe à la porte, personne. Je m'assieds devant la porte avec une bouteille. C'est provisoire, juste le temps... de... « Alors je suis mort moi aussi ? Moi aussi tu m'as tué ? » Qu'est-ce que j'en sais ? Je ne trouve pas de réponse à ces questions. Je fronce les sourcils et bois une gorgée avant de tourner un regard distrait sur ma montre. Je lève les yeux au ciel. Deux heures s'écoulent avant que je n'entende ses pas dans le couloir. La voyant apparaître, j'esquisse un sourire et la vois habillée d'un pantalon aujourd'hui. Sans bouger, je la désigne d'un geste de l'index : « Je parierais que tu as pris ta moto, pas vrai ? Je crois que notre sortie est compromise, j'ai mal au crâne. » Je regarde la bouteille au fond de laquelle gît un fond de whisky. Je la pose à peu près droite à côté de moi et m'appuie contre le mur pour me redresser. Je lève les yeux sur Rachel. « Est-ce que je n'aurais pas dû venir, Rachel ? »
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MessageSujet: Re: Should I go ? #Warrel   Mar 21 Fév - 0:12
S'occuper l'esprit. Ne plus y penser.
Travailler. Travailler à la confrérie uniquement. La peur au ventre, la crainte du recensement. Elle ne voulait pas finir dans ces registres, elle ne voulait pas faire revivre à son père ce qu'il avait déjà vécu à son époque. Rachel voulait simplement vivre comme elle l'entendait sans la crainte que l'épée de Damoclès ne lui tombe dessus. Elle n'allait pas pouvoir éviter les sentinelles bien longtemps, elle le savait mais tant qu'elles restaient à distance des locaux de la confrérie, elle était plus ou moins en sécurité. Une sécurité qui s'émiettait de jour en jour. La X-mansion avait été attaqué. A quand leur tour? Si un groupe d'anti-mutants avait réussi à trouver l'école, qu'adviendra-t-il d'eux? L'ébène avait la sensation que leur sort était scellé et qu'il n'avait rien de joyeux. Pourtant elle gardait son caractère, cette rage qui coulait dans les veines des Kasprzak. Oui, elle avait peur, oui elle se méfiait de chaque jour que Dieu faisait mais il est hors de question de se laisser marcher sur les pieds. L'avantage de la confrérie était que chacun d'eux avait conscience que le monde n'était pas prêt à accepter les mutants et qu'au contraire, le peuple était plus à même de les détruire qu'à les soutenir. La conscience d'une telle vérité vous met forcément sur vos gardes et vous tient toujours prêt à riposter. C'est ce qui avait coûté la vie à tant de gosses de la x-mansion. Ils avaient été pris par surprise.

S'occuper l'esprit. Ne plus y penser.
Disparu. Il avait disparu de la circulation depuis plusieurs jours. Même Kayden était incapable de lui dire où il était. Ça n'arrangeait en rien les nuits de Rachel. Ne plus y penser... c'était de la connerie. Depuis des mois, elle ne pensait qu'à lui et maintenant, non seulement elle y pensait mais elle s'inquiétait. Avait-il fait une connerie? Avait-il simplement besoin de se ressourcer quelque part? Pas d'appel, pas de message. Elle n'avait pas pu s'empêcher de contacter les hôpitaux... pire, les morgues aussi. Aucune trace de Warren Worthington III. Appeler sa mère, c'était le dernier recours qu'elle avait eu. Elle ne voulait pas l'inquiéter, elle ne voulait pas l'alerter mais lui avait-il laissé le choix? Non, bien sûr que non et ce n'était pas cette dernière, ignorante elle aussi, qui allait la rassurer. Alors toutes les nuits, dès qu'elle arrivait chez elle, elle s'armait de son téléphone et toutes les nuits, elle lui laissait un message. Peut-être les écoutait-il, peut-être que non. Peut-être qu'un jour son répondeur finirait par lui dire qu'il ne peut plus rien enregistrer et là, elle saura. « Babe. C'est encore moi. Je voulais juste entendre ta voix et m'assurer que tout allait bien. Rappe... »

S'occuper l'esprit. Ne plus y penser.
Impossible quand, armée de ses clés pour ouvrir la porte de son appartement, elle tombait nez à nez avec lui. Le choc d'abord. Son téléphone toujours collé à son oreille, elle l'écoutait sans vraiment l'écouter, elle le voyait sans vraiment le voir. Est-ce qu'elle dormait? Est-ce qu'elle rêvait? « Oublies. Me rappelle pas... reste là où tu es. » Face à elle, dans ce couloir, près de chez elle, près d'elle tout simplement. C'était sa question qui la ramenait à la réalité. La moto. Ça l'avait marqué. Elle se souvenait. C'était bien lui. Différent mais bien lui. Elle se décidait enfin à raccrocher, elle l'observait se redresser, peinant à rester debout autant que sa bouteille presque vide. Il était soul. Il était soul mais elle s'en fichait parce qu'il était là, qu'il était vivant - biologiquement parlant - et que toute la pression des derniers jours, des dernières semaines, elle ne savait plus très bien, redescendait d'un coup et d'un seul. C'était des larmes de soulagement silencieuses qui brûlaient ses joues rosées par le froid lorsqu'elle se précipitait dans ses bras, prenant tout de même soin de ne pas le faire tomber à la renverse.

S'occuper l'esprit. Ne plus y penser.
A cette disparition, elle ne voulait plus y penser. Ça. Juste ça. C'était fou comme ça lui faisait du bien. Ses bras, sa présence, son odeur, son cœur tambourinant contre le sien. Instinctivement, comme pour s'assurer qu'il était bien là, elle attrapait son visage entre ses mains et harponnait ses lèvres des siennes dans un baiser aussi doux que passionné. Les effluves d'alcool n'étaient qu'un détail, rien qu'un détail. Un baiser qui répondait très certainement à la question de l'ange sans avoir à y poser de mots mais Rachel n'était pas femme à se taire, pas dans un tel moment où tout ce qu'elle voulait c'était lui hurler... « Je t'aime Warren. » lui hurler dans un murmure contre ses lèvres, souriante, maladroite. Elle l'aimait depuis des semaines, depuis des mois mais c'était dans les moments où on est proche de perdre quelqu'un qu'on est le plus susceptible de le dire, n'est-ce pas? Rachel n'échappait pas à la règle et si elle l'aimait, bien entendu qu'il était le bienvenue chez elle, bien entendu qu'il avait bien fait de venir. Se détachant finalement de lui après un dernier baiser, elle ouvrait la porte et l'invitait à entrer, attrapant la bouteille posée dans le couloir au passage. Refermé la porte derrière elle, derrière lui, c'était un vrai soulagement qu'elle ne saurait pas vraiment expliquer mais il était là, bien là et elle ne comptait pas le laisser s'échapper aussi vite.

S'occuper l'esprit. Ne plus y penser.
Seulement comprendre, c'est tout ce qu'elle voulait.
Comprendre et prendre soin de lui.
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MessageSujet: Re: Should I go ? #Warrel   Sam 25 Fév - 0:02

Perdre la tête. Ne faire qu'y penser.
J'entends l'écho d'une voix, l'écho de sa voix à elle et le silence, suspendu au bout de ses lèvres, si fragile. Je crois que notre sortie est compromise, je crois que tout l'est désormais. Je suis assis, adossé au mur et elle est là, soudain. Elle est là, celle que je ne voulais pas voir parce que je voulais tout simplement qu'elle ne sache pas. Je voulais que personne ne sache et maintenant ? J'aurais dû retourner à l'école, j'aurais dû les prévenir, insister, les faire réagir, les faire partir même, peut-être. Je n'ai pas pris les bonnes décisions, depuis septembre, je n'ai pris aucune décision. Aucune décision qui aurait pu changer les choses. J'ai laissé la situation perdurer avec Kayden, le privant de ce à quoi il a droit, je lui ai fait mal, il avait mal. J'ai vu dans ses yeux qu'il a eu mal, j'ai vu mon reflet dans les yeux de Kayden... Comme s'il se mettait à porter ma douleur, en plus de la sienne. Comme s'il portait aussi les cicatrices de ma rencontre avec cette femme. Comme s'il avait tout ressenti, le fer qui creuse doucement la chair, la brutalité qui brise, l'indifférence de ceux qui sont sortis, la haine de celle qui est restée. Mais Kayden n'était pas là, j'ai souhaité. Tout mon cœur l'a appelé, pendant qu'il restait quelque chose à sauver. Kayden n'est pas venu, c'était trop tard. Il ne pouvait rien faire, je ne lui en veux pas de ne pas m'avoir trouvé avant mais désormais, je ne sais plus comment lui dire que c'est trop tard. Kayden, vois-tu que c'est trop tard ? Ce n'est pas grave.

Perdre la tête. Ne faire qu'y penser.
Je ne reverrai pas mon frère avant longtemps. Quand j'y pense, il y a tous ces mots bloqués dans ma gorge. Ce que j'attends de lui dire, ou de dire à Rachel, ou de dire à n'importe qui. Je ne sais pas, j'aurais dû le dire. Je n'aurais pas dû tout enterrer sous une couverture en attendant que ça passe, en attendant que ça s'arrête. J'aurais dû laisser sortir ce qui a gardé mon mal vivant. J'aurais dû laisser une chance aux autres, au lieu de penser qu'ils n'y arriveraient pas, et que je n'y arriverais pas. Et maintenant ? Ce pour quoi j'ai voulu me battre, ce pour quoi j'ai vécu, ceux pour qui j'ai voulu être présents. Où sont-ils ? Qu'est-il advenu d'eux ? Comment pourrais-je un jour me représenter face à ceux que je n'ai pas accompagné sur les pelouses de la X-Mansion quand on venait les attaquer ? Harper m'a dit qu'elle avait entendu dû dire que Bobby ne s'en sortirait pas. Prudence a disparu et la seule raison qui fait que tant d'élèves a survécu relève du miracle et de l'intervention de la Confrérie. N'est-ce pas ironique ?

Perdre la tête. Ne faire qu'y penser.
Maintenant que dois-je dire à Rachel ? Tout ce que je n'ai pas dit jusqu'à maintenant, est-ce que c'est à elle que je devrais le confier, parce qu'elle aura les épaules pour tout porter ? Je ne veux pas lui faire de mal, je voudrais ne plus lui faire de mal... Parce que j'aime Rachel. Mes doigts écartés frôlent le mur avant de s'y plaquer. Mon regard divague un instant sur sa tenue avant de croiser le sien. Elle raccroche d'avec cet interlocuteur qui ne répond jamais, celui qui laisse les messages se perdre après les avoir entendus au début, celui qui a cessé de les écouter ensuite. Pour prendre le temps de réfléchir, de se répéter que cette décision est la bonne. Elle raccroche puis le retrouve. Du moins, c'est moi qu'elle trouve ici et maintenant... Je ferme les yeux une seconde, puis les rouvre quand l'équilibre me quitte subitement. Je baisse les yeux sur Rachel, tout contre moi.

Perdre la tête. Ne faire qu'y penser.
Et pourtant, je n'y pense plus. J'hésite un instant, referme mes bras autour d'elle. Elle me rattrape malgré elle, je laisse glisser ma joue contre elle, arrête d'y penser le temps que je la sens contre moi. Je ne sais pourtant pas quoi faire alors mes doigts viennent courir doucement dans ses cheveux et dans sa nuque, comme si c'était moi qui voulais déjà la consoler de... Peu importe, peu importe de quoi sera fait demain. Je ne veux pas participer à demain, et profiter simplement de son contact silencieux ici et maintenant. Mes doigts quittent sa nuque pour glisser sur sa joue humide, viennent dérober l'une des larmes qu'elle a abandonnées toutes ces secondes, interminables. Merci, interminables et dont je voudrais qu'elles le restent à jamais. Et Rachel les fait perdurer, captant mon visage entre ses mains. Je fronce les sourcils, hésitant à me défaire de ce contact et ses lèvres viennent rencontrer les miennes, comme elles le firent avant. Et comme si c'était la première fois... Mes mains viennent trouver refuge sur ses hanches, autour de sa taille. Mes mains maladroites qui finalement se détachent d'elle. À nouveau, je baisse le rideau de mes paupières quand son murmure vient m'entourer à son tour, du ton chaud et blessé de sa voix. J'entends l'écho d'une voix, l'écho de sa voix à elle et le silence, suspendu à nouveau au bout de ses lèvres, si fragile. Ma main vient glisser contre son visage, mon pouce caresse sa joue. Je détaille les traits de son visage perdu entre plusieurs émotions, et prends conscience, à voix haute, que j'ai l'impression que ça fait si longtemps qu'on ne s'est pas vus. En réalité, est-ce que ça ne fait pas des mois que je ne l'ai juste pas regardée, comme elle méritait de l'être en permanence ?

Perdre la tête. Ne faire qu'y penser.
Je me penche le temps de prendre le sac de mes affaires que je laisse à peine franchi le seuil de la porte. Je balaie la fatigue de mon visage d'un simple mouvement de la main, profitant encore quelques moments de l'obscurité de la pièce avant qu'elle n'éclaire. Je baisse la tête une seconde, puis me tourne vers Rachel. Que lui dire désormais ? Simplement que j'ai fait fausse route ? Plus les jours passent, plus je me sens un peu plus en paix. Je l'ai fait taire, cette colère qui brûlait dans ma poitrine. Tu le sens, que tout s'est éteint ? Juste le silence, privé de révolte, privé de mots. Je ferme la main droite dans le vide, bien que je me doute qu'elle l'a déjà vue. Je serre les lèvres : J'ai commis une erreur de trop. Je croise son regard, aucun son n'a quitté mes lèvres. Je fais un pas en arrière, pourquoi suis-je venu déjà ? Pour la peine raison pour laquelle j'avais décroché à l'un de ses appels, quand elle me disait qu'elle était une grande fille et qu'elle pouvait bien comprendre qu'elle était tombé sur quelqu'un qui avait joué avec elle. J'inspire à fond : « Il me faudrait tellement plus de temps pour te dire tout ce que tu mérites de savoir. À quoi bon m'excuser, maintenant, Rachel ? Dis-moi, à quoi bon ? Maintenant. » Perdre la tête. Ne faire qu'y penser.
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MessageSujet: Re: Should I go ? #Warrel   Ven 17 Mar - 23:58
Au fil des mois, elle s'était éteinte avec lui, elle s'était tue, elle avait subi, elle n'avait rien dit. Rachel était ainsi, une véritable éponge lorsqu'il s'agissait de ses proches, faisant passer leur bien-être avant le sien. Pourtant, avec Warren, elle avait la sensation que ça n'avait servi à rien. Preuve en était qu'il avait préféré s'alcooliser plutôt que de l'attendre tout simplement. Elle connaissait assez Warren pour savoir que boire seul, sans raison, ça ne lui ressemblait pas. Le bien-être en question, chez son petit-ami, il n'existait plus et ça la bouffait. Elle avait tenté toutes les méthodes possibles, Kayden aussi, mais rien. Rien n'avait fonctionné et il périssait de jour en jour. Il s'enfonçait sous leurs yeux sans qu'ils soient capables de quoi que ce soit. Impuissante, totalement. Elle avait même la sensation que sa présence n'arrangeait pas les choses. Qu'au contraire, il s'efforçait à sourire, il faisait des efforts sans grande conviction qui lui coûtait pourtant beaucoup d'énergie. Elle avait cette sensation qu'elle l'entraînait vers le bas plus que vers le haut, qu'elle était incapable de le relever, seulement de l'enterrer. Elle ne saurait expliquer pourquoi mais elle avait cette sensation d'être un boulet pour lui, celui qu'on se traîne, celui qui nous freine parce qu'elle avait l'intime conviction qu'il n'était pas lui-même quand elle était là, qu'il n'était pas cet homme qui se laissait aller comme Kayden l'avait parfois décrit, qu'il se forçait à être meilleur mais ça le peinait d'autant plus de devoir le faire. Parfois, elle voulait juste disparaître pour le laisser vivre comme il l'entendait mais elle était incapable.

Incapable parce qu'elle n'était pas assez forte pour s'éloigner de lui, parce qu'elle n'arrivait pas à ne pas prendre de ses nouvelles, parce qu'elle l'aimait. C'était égoïste sûrement mais elle l'aimait alors elle n'était pas fichue de le lâcher, quoi qu'il advienne. Elle l'aimait de ce cœur un peu plus déchiré chaque jour parce qu'il ne répondait pas à ses appels. Elle l'aimait de ce cœur un peu plus serré chaque fois qu'elle posait son regard sur son petit-ami qui avait tant changé. Elle l'aimait de ce cœur un peu plus fissuré quand les jours passaient et que rien ne semblait s'améliorer. Elle l'aimait de ce cœur meurtri, oui, mais elle l'aimait et elle avait eu ce besoin de lui dire, de lui faire entendre. Pourquoi ne lui avait-elle jamais dit avant ce soir? Peut-être que de le savoir alcoolisé et possiblement capable d'oublier, ça l'aidait. Elle avait peur, bien entendu qu'elle avait peur parce qu'aimer c'était donner son cœur sans concession, c'était donner son âme et prendre le risque de la voir changer à jamais par les actes de sa moitié. Elle en avait déjà fait l'expérience. Il lui était revenu piétiné, ensanglanté, cabossé. Elle doutait que Warren puisse faire une chose pareille mais était-il toujours Warren? Sans en avoir réellement conscience, il ébranlait Rachel plus qu'il ne pouvait l'imaginer.

Appuyée contre la porte, elle l'observait sans réellement savoir quoi dire. Le moindre de ses gestes était épié par l'ébène, aussi rassurée que secouée de le savoir chez elle. Elle préviendrait Kayden. Plus tard. Son regard se voulait doux, sans aucune animosité, bien au contraire. Elle pourrait lui en vouloir, c'est vrai, mais comment? Impossible. Il subissait chaque journée, il subissait chaque heure sans ses ailes, elle ne pouvait pas non plus lui en vouloir pour quelque chose qui n'était pas de son ressors. Bientôt, enfin, ses cordes vocales vibraient et teintaient l'air de quelques mots qu'elle pesait un par un. Chacun d'eux avait son importance, elle en était persuadée. Est-ce qu'il devait s'excuser? Et de quoi au juste? S'excuser d'avoir perdu ses ailes? S'excuser d'être déprimé parce qu'on lui avait retiré une partie de lui-même? S'excuser parce qu'il avait eu ce besoin de s'évader? « Je n'attend pas de toi des excuses, Warren. » lâchait-elle dans un sourire qui se voulait réconfortant bien qu'elle savait d'avance que ça n'aurait pas l'effet escompté. Quant au reste de ses paroles, elle ne savait pas trop quoi en penser. Plus de temps, c'est ce qu'il réclamait et elle ne comprenait pas. Posant la bouteille sur le meuble de l'entrée, elle s'avançait vers lui. « Tu as tout le temps, je t'écouterai, tu le sais bien. » Si seulement elle avait compris, si seulement.

Attrapant sa main droite, elle le forçait presque à l'ouvrir pour y glisser ses doigts, pour frôler cette blessure qu'il s'était infligé. Lui demander comment il se l'était faite? Ce n'était pas utile et elle doutait qu'il allait lui répondre de toute façon. Tout ce qu'elle voyait c'est que la blessure avait été mal soignée, qu'elle commençait à s'infecter. Entremêlant ses doigts aux siens, elle fermait sa main sur la sienne, comme un serment, comme une promesse alors que ses iris rejoignaient les siennes, comme un supplice. « Laisses-moi t'aider, être utile, c'est tout ce que je demande. » Soigner cette plaie, soigner les autres, faire de lui son principal intérêt quand, jusque-là, il l'avait toujours empêché de le faire, en se cachant avec Kayden, en se cachant elle-ne-savait-où. Toujours mise à l'écart, toujours un peu sur le côté, elle savait qu'il voulait l'épargner, elle le ressentait mais elle n'était pas de son avis. Il ne pouvait tout porter tout seul, c'était impossible. L'avait-il compris en venant ici ce soir? Avait-il saisi tout le besoin qu'il avait de se décharger? Tout le besoin qu'elle avait d'accueillir un peu de son mal pour le soulager? « Reste avec moi ce soir, s'il te plait. » La demande était express, spontanée. Elle avait besoin de lui probablement autant qu'il avait besoin d'elle. Ils s'étaient éloignés, de trop et même si elle savait qu'une nuit ne suffirait pas à tout rattraper, elle avait le besoin de le sentir près d'elle, ne serait-ce que quelques heures. De précieuses heures.
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MessageSujet: Re: Should I go ? #Warrel   Ven 14 Avr - 11:28
« Je n'attends pas de toi des excuses, Warren. » Je baisse les yeux sur son visage doux, qui arbore un sourire en demi-teinte, de ceux qui expriment silencieusement ce que les mots ne peuvent pas formuler à cet instant. Elle n'a pas changé, si ce n'est les signes de fatigue sur son visage. Mais elle n'a pas changé, je la sens tellement bienveillante à cet instant que je craindrais de la briser du moindre de mes gestes. Mon regard se réfugie dans le sien.

J'ai cherché quoi dire mais il n'y a plus rien à dire. Ce n'est pas que Rachel et moi n'avons plus rien à nous dire, ce n'est que moi. Je ne veux pas cracher ma colère et ma haine sur elle parce qu'elle ne saura pas les entendre à mes yeux, ce qui l'a fatiguée, je ne veux pas que ça en vienne à la briser. Je ne veux pas lui faire davantage de mal. Je ne sais même pas comment elle prendra réellement ma visite ici. Que va-t-il advenir quand elle saura... je ne mérite pas d'être ici, en face d'elle. Ma faiblesse n'a pas été face à cette femme dont je ne connaîtrai jamais le nom, elle a été plus tardive. Parce que j'ai peur, j'ai peur de devenir comme ceux que je fuis et contre qui je me bats.

Nous entrons. Bientôt... Je n'en peux plus, je suis épuisé aussi. Je balade mon regard partout ailleurs. Il me faudrait plus de temps, et tout ce temps qui ne passe pas, je n'en peux plus. Il m'étouffe, il m'asphyxie... « Tu as tout le temps, je t'écouterai, tu le sais bien. » Je sais qu'elle m'écouterait mais je n'ai plus de temps, j'ai pulvérisé la clepsydre quand j'ai pris ma décision, maintenant il m'est devenu inconcevable de la retourner à nouveau, pour un nouveau tour. Tout ce sable qui se déverse sur nos vies, nous ne l'arrêterons plus. Finalement, mon regard croise à nouveau le sien et c'est à mon tour de lui sourire, profitant malhonnêtement de ce que je sais et qu'elle ignore encore. Comme si je voulais la rassurer à mon tour... Pas maintenant, plus tard, quand elle aura besoin de ce moment, de cette image pour ne pas se tourmenter.

Sa main vient saisir la mienne, je serre d'abord le poing, comme un rempart de plus qui ne veut pas être abattu. Je souffle doucement puis sens mes doigts s'ouvrir sous le contact des siens. C'était bête, bien entendu, surtout parce qu'inutile mais j'avais été si... en colère contre moi. Que pouvais-je faire d'autre ? Sortir et me venger sur qui ne le mérite pas ? Sa main vient couvrir la mienne alors que mon poing se resserre... « Laisses-moi t'aider, être utile, c'est tout ce que je demande. » Mon pouce vient caresser son auriculaire pour seule réponse. « Reste avec moi ce soir, s'il te plait. » Je me rapproche d'elle, croirais pouvoir entendre les battements de son cœur. Est-ce un ras-le-bol ou j'ai perdu l'habitude de boire, toujours est-il que je confie à Rachel : « Ils ont tout détruit sur leur passage... » De ma main 'saine', je viens caresser sa joue et viens tout contre elle. Je sens mon visage se tordre : « Je ne voulais pas qu'ils soient au courant, ni toi. Je pensais que c'était le mieux à faire. Comment on peut expliquer ça, Rachel ? La bêtise, l'ignorance et la peur qui engendrent la cruauté. Jamais je n'aurais voulu qu'ils deviennent ainsi... Tu es une mutante Rachel, tu dois connaître certaines personnes qui s'érigent en défenseurs de l'homo superior. Je le refuse. »
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MessageSujet: Re: Should I go ? #Warrel   Dim 30 Avr - 15:00
Ce sourire que Warren affichait, enfin, lui crevait pourtant le cœur. L'intention y était mais elle lisait ses gestes comme dans un livre ouvert. Ce sourire était brisé, déboîté, arraché de force, exactement comme ses ailes l'avaient été. Si ses blessures physiques guérissaient, Rachel savait, quelque part au fond d'elle, qu'il ne se remettrait jamais vraiment de cette perte, de cet assassinat d'une partie de lui-même. Elle le savait mais elle refusait de voir parce que c'était trop difficile d'admettre que l'homme qu'elle aimait s'était éteint au même rythme que ses ailes se sont fanées, que les plumes sont tombées. Est-ce qu'elle allait réussir à aimer cet homme-là, cet homme fissuré, cette moitié d'homme? Elle était incapable de le dire mais elle était prête à essayer, à tenter le coup. Il était impossible d'effacer les sentiments qu'elle ressentait pour Warren et qu'elle lui avait enfin exprimés le plus clairement qu'on peut le faire. Elle aimait Warren oui, réellement mais elle devait se faire à cette part d'ombre qui s'était abattue sur lui, elle devait apprendre à l'aimer comme elle avait aimé le reste avec une évidence flagrante. Ça, en revanche, ça l'était moins mais elle n'avait pas le choix, elle n'avait pas le droit de le lâcher, pas maintenant. De toute façon, elle n'en ressentait pas le besoin, ni l'envie. Oui, elle était fatiguée, par sa vie en général, mais cette force qu'elle gardait en stock pour lui, elle la puisait dans la source la plus viable qu'elle connaissait, l'amour.

Celui-là même qui la poussait à vouloir prendre soin de lui, à essayer de lui faire passer cet immense obstacle avec plus de facilité, plus de douceur. Elle n'était plus capable de lui apporter son aide de son plein gré. Elle avait tenté, elle s'était cassée les dents alors elle lui laissait le soin de la guider, de lui faire savoir ce dont il avait réellement besoin pour avancer. Mais une fois de plus, il ne s'attardait pas vraiment sur les paroles de sa compagne. Il était là physiquement, il entrait même en interaction avec elle mais son esprit était ailleurs. Elle commençait à s'y habituer à ce qu'il fasse ce genre de retour en arrière, à ce qu'il lui réponde totalement à côté mais ça restait douloureux de vouloir l'aider mais de ne pas se sentir écoutée. Ça aussi, elle faisait avec silencieusement bien que ça perçait d'autant plus son panier de patience déjà bien trop troué.

Ses sourcils se fronçaient. Elle ne comprenait pas tout, pas tout de suite. Elle cherchait de quoi il parlait jusqu'à ce que l'évidence résonne à ses oreilles. Les défenseurs de l'homo supérior. Elle savait parfaitement de qui il voulait parler. Il refusait que les élèves de la x-mansion deviennent comme eux... comme elle finalement. A l'instant elle voulait disparaître, elle voulait ne jamais avoir entendu ça. Sans s'en rendre compte, parce qu'il l'ignorait et qu'elle n'avait jamais ressentie le besoin d'en parler et de le faire savoir, en insultant les confréristes d'ignorants, de bêtes et de cruels, il l'insultait elle et sa famille par la même occasion. « Pourquoi tes élèves deviendraient-ils ainsi? » Si il était ignorant quant à son statut, elle l'était tout autant quant au sien, incapable de s'imaginer que les élèves en question étaient tous mutants et dans une même école spécifiquement faite pour ça. C'était étrange. Dans un sens elle pouvait le comprendre parce qu'Erik avait longtemps fait circuler une image de haine envers les humains, englobant avec lui tous ses camarades et dans l'autre sens, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir outrageusement blessée parce qu'ils n'étaient pas tous comme ça, même pas elle qui prenait pourtant le chemin d'Isaak.

Est-ce qu'elle était prête à lui mentir pour autant? « Je les connais, Warren, ces défenseurs dont tu parles. » Non, elle ne voulait lui mentir parce qu'elle ne l'avait jamais fait et elle ne comptait pas le faire. Il allait sûrement avoir l'impression qu'elle lui avait menti mais il n'en était rien. « J'en fais partie. » A quoi bon lui dire qu'elle était confrériste? Jusque-là, elle considérait que c'était un choix personnel, que ça n'avait pas à interagir dans leur relation et elle le pensait toujours d'ailleurs. Elle l'aimait pour qui il était, pas pour sa famille, pas pour son adhésion à des idées qu'elle ne partageait pas forcément. Elle l'aimait lui, seulement lui et elle espérait très fortement qu'à cet instant, la réciproque se vérifiait. Avalant difficilement sa salive et fuyant pour une fois son regard, elle aurait aimé ne jamais avoir cette conversation, ne jamais devoir l'affronter sur ce terrain-là et encore moins à cette période de la vie du jeune homme. Elle craignait qu'il explose, littéralement et qu'il s'en aille de nouveau des jours durant sans donner de nouvelles.

C'était cette seule raison qui la poussait à en dire plus - trop peut-être - comme pour lui prouver que son désir n'avait pas été de lui mentir ou de lui cacher quoi que ce soit mais bien de faire la lumière sur cette vérité qu'elle n'avait pas trouvé nécessaire d'évoquer jusqu'à maintenant. « Quand ma mère a été assassinée par un groupe d'anti-mutants, on a rejoint l'Amérique sous la demande d'un vieil ami de mon père. T'as sûrement dû entendre son nom à la télévision ou ailleurs mais depuis que je suis gosse, Erik est comme un second père pour moi et son fils, un frère. » Pouvait-elle être plus claire concernant sa relation avec les confréristes? Probablement pas et bien qu'elle savait que cette révélation pouvait tous les mettre en danger, elle n'en restait pas moins confiante envers Warren... ou peut-être ne devait-elle pas, elle n'en savait rien.
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MessageSujet: Re: Should I go ? #Warrel   Lun 1 Mai - 15:28
« Pourquoi tes élèves deviendraient-ils ainsi ? » Oh Rachel... Tellement de raisons. Parce qu'ils en ont assez de croire dans un idéal que le quotidien s'applique à détruire jour après jour, à chaque fois plus sévèrement que la veille. Parce que ces histoires d'attaques brutales durant une nuit d'hiver pour des crimes qu'ils n'ont pas commis ne sont pas que des contes. Parce qu'ils ont vu la peur dans le regard de leurs parents. Et la peur n'est qu'une sorte de consolation à côté du dégoût, à côté de la haine, à côté de la colère.

Est-ce que ça ne fait pas assez mal de voir tous ces efforts pour obtenir la fierté de ceux qu'on admirait jusqu'à aujourd'hui réduits à néant ? Comme si soudain le masque tombait, que le vrai visage était trop détestable pour ceux que l'on aime par dessus tout. Je le sais, mon père a détesté ce que je suis devenu, et je déteste ce que j'étais. Nous ne pourrons jamais être heureux, en même temps, semble-t-il.

Ils deviendraient ainsi, des défenseurs de l'Homo Superior, parce qu'ils seront fatigués, ils seront épuisés de voir ce monstrueux reflet dans les yeux qui les observent sans cesse. Ils avaient un dernier espoir, un refuge et on le leur a retiré. Ils sont seuls, et ils sont dos au mur. Je fronce les sourcils et baisse le visage. Ils ont peur. Ils sont seuls, terriblement seuls. Chacun d'entre eux se sent seul et c'est pourquoi ils pourraient devenir ainsi. Ma main blessée se serre. On les a massacrés, ne peuvent-ils pas exiger la vengeance ? On a arraché leurs rêves, on a sectionné leur avenir, on a brisé leurs espoirs. N'ont-ils pas le droit de vouloir faire exploser cette colère qui les guette ? N'ont-ils pas le droit de faire payer tous ceux qui leur ont fait si mal ? N'ont-ils pas le droit de...N'ai-je pas ce droit ?

« Pourquoi tes élèves deviendraient-ils ainsi ? » Je fuis son regard, le porte quelque part dans l'appartement. Les mots me brûlent les lèvres, calcinent mon visage et je passe ma main saine contre l'une de mes joues. En réalité, le monde mérite qu'ils deviennent ainsi.

Mon cœur est douloureux dans ma cage thoracique. Finalement, je lève les yeux sur Rachel, profondément désolé. « Parce qu'ils en ont désormais le droit. » Il n'y a plus de rempart qui les protège de cet extrémisme, de cette violence. Ils ont été baignés dedans, et nous n'avons plus les forces nécessaires pour les en protéger, les en préserver. Désormais. Depuis cette nuit. Je regarde ma main, je voudrais pouvoir croire qu'il y aura demain, je voudrais y retourner et leur dire que ça ira, et de ne pas céder mais je n'y arrive pas. Je n'arrive à rien. Je suis pétrifié et je ne peux pas les affronter, je ne peux pas affronter ce qui est arrivé ni ce qui se produira. Et je fuirai tout ça, bientôt.

Je relève les yeux vers elle quand elle me glisse qu'elle les connaît. Je ne m'en offusque pas, nous les connaissons tous n'est-ce pas ? Ou est-ce simplement que je ne veux pas reconnaître la vérité, pas entendre ce qu'elle est vraiment en train de me dire ? « J'en fais partie. » Partie ? Comment ça ? Mon visage se couvre d'incompréhension. Ces défenseurs de l'homo superior. Ceux qui prônent la supériorité du mutant sur l'homme. Ceux qui pensent que l'évolution est en marche, que nous valons plus que les hommes et les femmes qui n'ont pas de pouvoirs ? Comment peut-on exprimer un tel mépris de la vie et en sauver au quotidien ?

Comment est-ce possible ? J'entrouvre les lèvres sans savoir quoi lui dire... Pourquoi ? Elle déglutit avant de détourner le regard. Le mien ne vacille pas, et pourtant je ne suis pas en colère contre elle. Peut-être déçu qu'elle ait pris cette décision mais je ne peux pas la blâmer. Ma main vient passer derrière sa tête et je me rapproche d'elle pour simplement apposer un court baiser contre son front. Mes doigts viennent glisser entre ses cheveux et contre son épaule pour venir caresser sa mâchoire. Mon index se place sous son menton que je lève sensiblement pour l'obliger à me regarder dans les yeux. « Alors tu sais pourquoi mes élèves deviendraient ainsi, si tu as toi-même pris cette décision. » Cette décision que je n'approuve pas.

« Quand ma mère a été assassinée par un groupe d'anti-mutants, on a rejoint l'Amérique sous la demande d'un vieil ami de mon père. T'as sûrement dû entendre son nom à la télévision ou ailleurs mais depuis que je suis gosse, Erik est comme un second père pour moi et son fils, un frère. » Franchies les dernières barrières de l'inimaginable. Je comprends, mais je n'approuve pas. « Erik menait ceux qui ont amené mon propre père au-dessus d'un immeuble, ceux qui l'ont lâché dans le vide en s'en amusant. Au risque de tuer des millions de personnes, il a enlevé Malicia et l'a menée à la Statue de la liberté mais essayer de... déclencher le gène mutant des gens au risque de le tuer. » Franchies les dernières barrières de l'inimaginable. Je lui chuchote : « Alors qu'est-ce que je pourrais être pour toi, un monstre ou un homo sapiens ? Ce ne sont pas mes idéaux Rachel... et ce qui me terrifie c'est qu'ils le deviennent. C'est ce que je ne supporte pas, et c'est ce qui me fait si peur. »
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MessageSujet: Re: Should I go ? #Warrel   Mar 2 Mai - 14:26
Le couperet était tombé, la bombe était lâchée. Oui, elle faisait partie des confréristes, de ceux qu'on appelle les extrémistes pro-mutants ou anti-humains, peu importe. La réalité était tout autre. Les médias ne faisaient voir que ce qu'ils voulaient, ne faisaient entendre qu'un point de vue très souvent. Oui, Magneto avait longtemps voulu la domination des mutants, l'extinction des humains lambdas. Son fils prenait cette route également mais le vieux Lehnsherr avait bien évolué. Comme beaucoup, tout ce qu'il voulait, c'était vivre en paix, avec les non-mutants également. Là où les médias collait sur son nom une étiquette de terroriste, tout ce qu'il faisait c'était se défendre contre un gouvernement qui voulait assouvir les mutants. En quelques sortes, il leur rendait la monnaie de leur pièce. Oui, c'était souvent par la violence, oui c'était maladroit et parfois à la limite de la folie mais fallait-il forcément classer tous les confréristes dans le même dossier? Rachel pensait que non, que chacun d'entre eux était différent, chacun avait ses petites variantes plus ou moins en accord avec ce qu'Erik pensait il y avait des années de cela. Elle était persuadée que c'était la même chose du côté de Charles Xavier. Tous ses élèves n'étaient pas des bisounours en herbe. Certains étaient en colère, assez pour dépasser les bornes - comme Pyro par exemple - quand d'autres savaient garder leur calme et la tête froide. Pourtant il les acceptait tous et aucun n'était catégoriser d'extrémiste s'ils avaient le malheur de penser différemment.

Ne lâchant pas son regard, elle secouait cependant quelque peu la tête. « Je l'ai pas choisi. Je n'avais que neuf ans. » Un âge où l'on suit son seul parent, d'autant plus après un drame, comme son ombre. Un âge où elle n'avait pas choisi ni compris immédiatement les idées de son père ou celles d'Erik. Un âge où c'est avant tout un lien du cœur qui s'était créé bien avant un lien pour les idéaux. La preuve en était que la jeune femme n'avait pas participé aux batailles dont parlait Warren. Déjà parce que son père n'aurait certainement pas voulu et aussi et surtout parce qu'elle-même ne le voulait pas. Comment pouvait-il en douter ne serait-ce qu'une seconde quand même son métier consistait à sauver des humains tous les jours? « Je le sais tout ça Warren, ce n'est pas pour autant que j'approuvais. J'ai jamais retiré la vie de qui que ce soit dans le cadre de la confrérie, jamais mais ils restent ma famille. » Cette famille qui, de nombreuses fois, la protégée au péril de leurs propres vies. Cette famille sur qui elle a toujours pu compter quels que soient les problèmes rencontrés et peu importe comment ils défendent la cause mutante, ce n'était pas sa méthode à elle pour autant. « Le Warren que j'ai rencontré il y a quelques mois l'aurait compris parce qu'il a lui-même tout donné pour la sienne. » Sa famille, la x-mansion, ses ailes. Elle le comprenait, ne lui en voulait pas pour autant de ne l'avoir jamais dit que ses élèves étaient ceux de la x-mansion.

Glissant ses mains contre son torse, elle déglutissait difficilement quand une boule de larmes se coinçait dans sa gorge, la retenant difficilement. Elle craignait tant de choses. Elle craignait sa fragilité, elle craignait ses réactions, elle le craignait lui finalement. Elle n'avait pas d'appréhension sur le physique, elle savait qu'il n'était pas homme à frapper, loin de là et il n'avait aucune raison de le faire de toute façon mais elle craignait ses pensées, ses peurs. Qu'ils n'aient pas les mêmes idéaux étaient une chose, que leur camp s'occupe était une chose mais que leur couple en pâtisse en était une autre. Elle s'y refusait, elle le craignait parce qu'il était en droit de rompre à tout moment et parce qu'elle avait si peur qu'il se brise entre ses doigts qu'elle le laisserait sûrement faire sans se battre en retour, encaissant la souffrance comme elle le faisait depuis quelques mois. « Ca change rien à ce que je ressens pour toi, absolument rien. Tu n'es aucun des deux, ni un monstre ni un homo sapien, tu es toi, c'est tout. » Et elle l'aimait comme ça. Mutant, humain, elle s'en foutait, ce n'était pas là l'importance, pas du tout. « Reste avec moi, je t'en pries. » Parce qu'elle ne le supporterait pas, elle le savait. Inconsciemment il la poussait au bord du précipice tous les jours. Par ses absences, physiques ou mentales, par cette dépression qui le bouffait tous les jours et qui avait tendance à déborder sur ses proches. Elle avait besoin de lui ce soir. Ce soir et les jours suivants. Reste avec moi, je t'en pries.
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