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 danneesh ›› a big ball of wibbly-wobbly timey-wimey... stuff [TERMINÉ]

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a big ball of wibbly-wobbly timey-wimey... stuff People assume that time is a strict progression of cause to effect. But actually from a non-linear, non-subjective viewpoint it's more like a big ball of wibbly-wobbly timey-wimey... stuff.

Aneesh prenait son nouveau rôle de professeur très à coeur. Il avait préparé des heures et des heures de cours. Il avait mémorisé le nom de chacun de ses élèves, et leurs pouvoirs. Il allait souvent voir Charles Xavier pour lui demander de l'aide. Il saluait tout le monde par son prénom. Il faisait vraiment, vraiment de son mieux. Il avait passé des années à ne rien faire, à se négliger, à voyager, à découvrir, à s'ennuyer ferme. Il avait passé des années à aimer, mais jamais assez longtemps. Il avait passé des années à errer. Et maintenant? Maintenant, quand il se promenait dans les jardins de l'Institut Xavier en le regardant, quelque chose dans son coeur le pinçait, lui faisait relever le nez et penser peut-être est-ce ça, après tout, ce qu'ils appellent un foyer, une maison, un habitat, un endroit où on se sent comme chez soi.

(Lui reviennent en cascade les images de l'endroit où il était comme chez lui, à l'origine, sa maison de pierre et de boue et de bois et d'espoir et d'amour.)

Quand Xavier lui avait demandé d'aller voir Danny Cavannagh, il avait accepté avec quelque chose comme de l'impatience. Il voulait devenir aux yeux des pensionnaires de l'Institut le mec cool. Ce concept avait vécu à travers les âges. Il voulait être l'adulte responsable mais sympathique, que l'on respectait mais avec qui on voulait tout de même être ami. Ce n'était pas tant par recherche d'affection; plus par recherche d’appartenance, le désir de faire partie de quelque chose de plus grand que soi. Mais autant dire qu'il avait été un peu refroidi quand Xavier lui avait expliqué les tenants et les aboutissants de son désir de le voir parler avec Cavannagh.

Le petit avait le don d'influencer sur le temps.

__

Appuyé dans l'encadrement de la porte, il tendit le bras pour toquer à trois reprises sur le battant en bois pour attirer l'attention de Danny. Le jeune homme était assis sur ce qui semblait être son lit dans le dortoir qu'il partageait avec d'autres garçons. Tous les lits étaient personnalisés, des draps jusqu'aux affiches collées autour des petits coins privés; celui de Danny était vierge et impersonnel, quant à lui, et lui revint en mémoire qu'ils étaient tous les deux arrivés plus ou moins en même temps à quelques jours d'intervalle, un mois plus tôt. À ce qu'il avait compris, Danny avait quelques retards sur son éducation (Xavier l'avait informé avec parcimonie sur le jeune homme) et même s'il était inscrit à son cours, il ne l'avait encore jamais vu en philosophie ou en combats rapprochés pour débutants. Peut-être le rencontrer avant qu'il ne commence vraiment les cours allait l'aider? Aneesh se demanda aussi si il connaissait quiconque ici.

Quand le jeune homme se retourna, alerté par son tapotement sur la porte, pour le regarder, Aneesh lui adressa un petit sourire sympathique en faisant un pas dans la pièce. “ Salut, Danny, ” dit-il avec une voix légère et avec une assurance que seules peuvent conférer les années et peut-être l'immortalité. Difficile de douter de soi quand on ne peut pas mourir. “ Je suis le professeur Doe. J'enseigne la philosophie et le close quarter combats depuis... eh bien, je suis arrivé à peu près en même temps que toi ici, en fait (il esquissa un gloussement incontrôlable). J'ai pas encore pris tous mes repères ici. Il fait un peu peur cet Institut, non?

Aneesh aimait penser qu'il savait parler. Mais Danny lui semblait si jeune... avait-il déjà parlé sérieusement à quelqu'un d'aussi jeune? Il avait quel âge? Seize? Dix-sept ans? À peine plus? Il avait continué d'avancer jusqu'à se placer sur le lit en face de celui de Danny, et de s'asseoir lentement. “ Tu dois peut-être te demander pourquoi je viens te voir. C'est le professeur Xavier qui m'envoie. Il m'a parlé de mon don et il a pensé que... peut-être je pourrais t'aider à le développer. ” Aneesh pinça des lèvres, ce qui indiqua beaucoup sur sa pensée. Il baissa les yeux un instant. “ Tu peux maîtriser le déroulement du temps, n'est-ce pas? ” lui demanda-t-il tout de go.


Dernière édition par Aneesh Doe le Mar 1 Sep - 1:47, édité 1 fois
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Cela faisait maintenant à peu près un mois qu’il était à l’institut Xavier et il n’arrive toujours pas à se faire à ce mode de vie. La sécurité d’un toit, de gens là pour soi… Tout cela n’était pas normal pour Danny. Il ne se sentait pas bien dans cet endroit : tous ces gens souriants, ignorant tout des horreurs qui se passaient hors de ces murs, comme si tout allait bien. Mais Danny, lui, savait. Il avait vécu dans la rue pendant six longues années, sans compter les années précédentes ou il avait vécu dans des familles d’accueil toutes plus horribles les unes que les autres. Des années où il avait su s’adapter, survivre, uniquement grâce à lui, en ne comptant uniquement que sur ses capacités et se retrouver maintenant dans un endroit sûr l’oppressait. Ce manque de liberté, tous ces murs qui l’entouraient n’était pas là pour le rassurer, bien au contraire.  Il prit une longue inspiration afin d’empêcher la crise de panique arriver. Quelle ironie ! Il se sentait plus protégé quand il était entouré de voyous, sdf et autres joyeusetés plutôt que maintenant avec des gens dits « normaux ». Il commençait à se demander s’il arriverait à se faire une place dans cet univers qui n’était pas le sien, qui ne l’avait été et qui ne le serait peut-être jamais. Il commençait à se poser la question s’il avait bien fait de croire boule de billard. Pouvait-il encore, après toutes ces expériences, arriver à avoir une existence normale ? À ressembler à la joyeuse et sociable Kitty, la jeune fille qui l’avait accueilli et lui avait montré l’institut ? Non, sûrement pas. Ou pas avant des années. Des traumatismes ne pouvaient pas s’effacer avec quelques paroles et gestes rassurants. Cela aurait été utopique.

Il observa son dortoir. On pouvait voir la personnalité de chacun dans leurs décorations, leurs posters, mais pas lui. Il n’en voyait pas l’intérêt. Il se trouvait déjà chanceux d’avoir un lit. Il avait même eut du mal à dormir dedans au début. Il avait commencé par dormir par terre. Ce matelas était trop « mou », trop « confortable », par rapport à tout ce qu’il avait connu et il s’y sentait mal à l’aise mais il avait fini par s’y faire même s’il dormait encore peu de mal. Il avait l’habitude : ce n’était pas vraiment dans la rue ou l’on pouvait dormir longtemps et bien mais il s’y était habitué alors il ferait la même chose pour cet institut. Oui, il pouvait y arriver. Il pouvait s’y sentir bien s’il faisait un effort. Même s’il continuerait à se méfier des autres. Un pas après l’autre. Il ne devait pas presser les choses.

Alors qu’il était plongé dans ses pensées, un tapotement le fit sursauter. Il se tourna rapidement vers la source de ce bruit pour découvrir un homme d’une trentaine d’années, la peau mate. Il ne se souvenait pas l’avoir jamais vu dans les couloirs de l’institut. Il ne prononça pas un seul mot, l’observant, attendant que l’homme prenne en premier la parole, ce qui ne tarda pas. “ Salut, Danny, ” Bon, il connaissait son prénom ce qui n’était pas son cas. Il se recroquevilla un peu sur lui-même avant de lui faire un signe de tête, signifiant qu’il l’écoutait mais qu’il n’allait pas lui répondre tout de suite. Qu’est-ce qu’il lui voulait ? “ Je suis le professeur Doe. J'enseigne la philosophie et le close quarter combats depuis... eh bien, je suis arrivé à peu près en même temps que toi, en fait (il esquissa un gloussement incontrôlable). J'ai pas encore pris tous mes repères ici. Il fait un peu peur cet Institut, non? ” Que lui répondre ? Oui, c’était sûr tout cela l’effrayait. Nouvel endroit, nouvelles habitudes, mais c’était normal non ? « Oui… » Sa voix était rauque, preuve qu’il ne l’avait pas beaucoup utilisé ces derniers-temps. Peut-être était-ce l’occasion de « s’intégrer » ? Même si c’était auprès d’un professeur. Le professeur Doe le fixa comme s’il cherchait quelque chose dans son regard, s’il avait fini par le trouver il n’en montra aucun signe et s’approcha du jeune homme avant de s’asseoir sur le lit en face de celui de Danny. “ Tu dois peut-être te demander pourquoi je viens te voir. ” Ça, c’est le moins que l’on puisse dire… Il n’avait jamais vu ce professeur et ne l’avait pas eu durant ses cours de remises à niveau.  “ C'est le professeur Xavier qui m'envoie. Il m'a parlé de mon don et il a pensé que... peut-être je pourais t'aider à le développer. ” Ben voyons ! Qu’est-ce que pouvait bien mijoter boule de billard ? Okay, il l’avait suivi mais il n’avait pas confiance en lui. Il lui faisait un peu penser à Dumbledore, le même côté manipulateur, les jambes en moins. Danny sentit ses sourcils se froncer sous la réflexion. Bien sûr, Xavier ne devait avoir que de bonnes intentions à la base : l’aider à contrôler son pouvoir. Il se savait trop dur avec les gens, les jugeant trop vite sur une impression, un sentiment qui se révélait parfois faux à cause de son passif. Mais il ne pouvait empêcher la petite voix dans sa tête lui hurler de se méfier, toujours, rester sur ses gardes. L’homme pinça les lèvres et baissa les yeux un instant avant de reprendre la parole. “ Tu peux maîtriser le déroulement du temps, n'est-ce pas? ” Au moins, c’était clair il n’y avait pas de faux semblant. Il commençait à apprécier ce professeur. Il disait les choses clairement, sans détour. Danny l’observa quelques instants avant de lui répondre. Il se sentait en confiance, pour l’instant, mais il gardait quand même ses distances. « Maîtriser le temps… C’est un bien grand mot pour dire que je peux figer le temps à peine une ou deux minutes. Cela me permettait de survivre, voler de la nourriture, tout simplement. » Il releva la tête et fixa son regard dans celui de son vis-à-vis, cherchant à le sonder face à son discours. Il ne cherchait pas la pitié des autres. Il annonçait juste des vérités et il le défiait des yeux d’avoir pitié de lui. « Alors, Xavier vous envoie pour quoi ? Comment allez-vous réussir à m’aider pour le maîtriser ? », Répliqua-t-il de manière presque insolente, seule défense qu’il avait face à l’inconnu. « Quel est votre pouvoir, professeur ? » Il savait qu’il manquait de respect. Mais toute forme d’autorité l’effrayait. Il se rappelait encore des parents des familles d’accueil qui s’étaient occupés de lui. Ils étaient la forme d’autorité, à l’époque, et depuis, il se méfiait. Il attendait calmement que le professeur lui réponde, les bras croisés comme signe de défense.
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Le gamin semblait méfiant, ou peut-être effrayé, Aneesh ne savait pas trop. Il avait une voix rauque, quelque chose d'animal au fond de l'oeil: une lueur suspicieuse et méfiante, qui ne dérangeait pas le moins du monde Aneesh en apparence. Depuis longtemps, il revêtait un calme serein, comme s'il était en paix avec lui-même; parfois, il était immobile comme une statue, ses traits fermés, sa mine sereine. Il gardait un calme olympien, aurait-on dit, en toutes circonstances. Et ce n'était pas un pauvre petit gamin dont il ignorait tout qui allait fendre cette carapace.

Il y eut quelque chose qui radoucit Danny, que son vis-à-vis ne comprit pas tout à fait. « Maîtriser le temps… C’est un bien grand mot pour dire que je peux figer le temps à peine une ou deux minutes. Cela me permettait de survivre, voler de la nourriture, tout simplement. » Son ton était dur, définitif. Il était distant, mais sincère. Aneesh pencha légèrement la tête sur le côté en l'écoutant, le spasme d'un sourire sur les lèvres quand il évoqua le fait d'arrêter le temps. Pour lui, le temps filait à toute allure. Lui seul était arrêté et le reste ne cessait de changer. Il avait appris à aimer les petites choses de la vie, les petits instants ridicules que la mémoire avalait goulûment; il avait oublié trop de choses importantes pour ne pas se concentrer sur les petits détails. Il pouvait passer des heures à regarder les autres. Peut-être était-ce de là que lui venait son calme apparent à toute épreuve? Il pouvait passer des heures assis à regarder les autres, vivre et mourir.

Mais il s'égarait. Le moment présent, se rappela-t-il. L'Institut Xavier. Danny. Le temps. Xavier ne lui avait pas indiqué le passé du jeune homme, mais en l'entendant, Aneesh comprit qu'il devait être trouble et compliqué. Voire malheureux. Toutefois, la pitié n'était pas de mise, vu le regard dur que lui jetait le gamin. “ C'est un grand pouvoir. Depuis quand l'utilises-tu? ” lui demanda-t-il poliment, sincèrement intéressé, sourcils arqués et corps penché légèrement en avant. Mais Danny ne répondrait pas encore à ses questions. Il préférait, apparemment, les poser: « Alors, Xavier vous envoie pour quoi ? Comment allez-vous réussir à m’aider pour le maîtriser ? Quel est votre pouvoir, professeur ? » Il y avait quelque chose de faussement arrogant à son expression. Une fausse assurance, d'où naissait l'insolence dont il faisait preuve. Aneesh se contenta de sourire, un peu amèrement, un peu doucement. “ Tu peux m'appeler monsieur, si le mot professeur t'écorche les lèvres à ce point ” lui répondit-il tout d'abord, l'air plus malicieux qu'il ne l'était réellement.

Danny Cavannagh était un gamin direct et Aneesh décida qu'il l'aimait bien. Il semblait un peu crispé, un peu énervé, un peu cru, à vif. Si il avait été sentimental, Aneesh aurait presque pu dire qu'il voyait un peu de lui en Danny. Mais Aneesh n'était pas un sentimental. “ Je dois t'avouer que les desseins du professeur Xavier me laissent un peu perplexe, mais il doit avoir de bonnes raisons de m'avoir demandé de te parler. Comme je viens de te le dire, je suis professeur de philosophie. Peut-être la compréhension de ton pouvoir peut se faire grâce à cela. La philosophie. ” Il haussa les épaules, l'air de dire qu'il n'en savait foutrement rien. Un sourire, toujours, étirait légèrement ses lèvres. “ Quant à mon pouvoir... je comprends pourquoi le professeur Xavier a fait un rapprochement entre nous. Tu maîtrises le temps, tu peux l'arrêter.  Moi je ne peux pas. Il continue, inlassable, autour de moi; il ne s'arrête jamais. C'est lassant, vraiment, et un peu déprimant quand on y pense. Vois-tu, les choses n'ont pas la même saveur quand elles changent pas ou, au contraire, quand elles changent trop vite. As-tu déjà entendu dire que les meilleures choses avaient une fin? Que les dieux enviaient les mortels de leurs mortalités justement, parce que chaque moment des mortels est peut-être leur dernier? Chaque chose est plus belle quand elle est condamnée. ” Lui-même était beau. Il avait des yeux sombres et un visage fermé et ce truc qui chatouillait la conscience d'Aneesh. Danny était un gamin bien intéressant.

Je suis immortel, Danny. Je suis né il y a très longtemps. ” Semblant se souvenir de quelque chose, il se redressa pour fouiller dans la poche de son jean et en ressortir une petite pièce antique d'argent. “ Voici un denier, c'est une pièce de la rome antique. Il a servi à m'acheter sur le marché des esclaves de Rome. ” Il lui montra le dessin engravé sur la pièce —  le profil d'un empereur mort il y a très longtemps. La pièce était plutôt mal conservée, les subtilités de la gravure effacées avec le temps. Aneesh passa pensivement le doigt sur la pièce, avec un mouvement si naturel qu'il expliquait à lui-même pourquoi le denier semblait passé. Il souriait toujours, quoique c'était de plus en plus forcé et ça se voyait. “ Le temps m'a toujours fait défaut. Parlons plutôt de toi. Sais-tu utiliser ton don sans réfléchir? ” Et puis, sans prévenir, Aneesh lui envoya au visage la pièce qu'il avait dans les mains depuis tout à l'heure.
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Le professeur Doe ne se laissa pas impressionner par son comportement de sale gosse. Au contraire, il sourit, un peu amèrement mais il sourit quand même. Franchement, ce n’est pas la réaction à laquelle s’attend Danny qui penche la tête sur le côté comme s’il l’étudiait. Qu’allait répliquer l’homme ? “ Tu peux m'appeler monsieur, si le mot professeur t'écorche les lèvres à ce point ”, lui répondit-il avec un air malicieux. Mais cet air sonne faux. Danny comprend d’un coup que le professeur Doe a vu plus de choses qu’il ne veut en montrer. Comme lui, ne peut-il s’empêcher de penser. “ Je dois t'avouer que les desseins du professeur Xavier me laissent un peu perplexe, mais il doit avoir de bonnes raisons de m'avoir demandé de te parler. Comme je viens de te le dire, je suis professeur de philosophie. Peut-être la compréhension de ton pouvoir peut se faire grâce à cela. La philosophie. ” Aneesh hausse les épaules, presque de manière désinvolte, comme s’il avait été forcé à venir ici et à parler au jeune homme. Celui-ci le scrute. Quelque chose le dérange dans le comportement de ce professeur. Il n’a pas l’air… à l’aise. Comme s’il ne s’accommodait pas à ce temps, cette époque, comme s’il n’avait pas l’habitude de tout cela. Mais le jeune homme n’a pas le temps de s’appesantir sur le sujet que son vis-à-vis reprend déjà la parole. “ Quant à mon pouvoir... je comprends pourquoi le professeur Xavier a fait un rapprochement entre nous. Tu maîtrises le temps, tu peux l'arrêter.  Moi je ne peux pas. Il continue, inlassable, autour de moi; il ne s'arrête jamais. C'est lassant, vraiment, et un peu déprimant quand on y pense. Vois-tu, les choses n'ont pas la même saveur quand elles changent pas ou, au contraire, quand elles changent trop vite. As-tu déjà entendu dire que les meilleures choses avaient une fin? Que les dieux enviaient les mortels de leurs mortalités justement, parce que chaque moment des mortels est peut-être leur dernier? Chaque chose est plus belle quand elle est condamnée. ” Danny comprend tout de suite et un seul mot lui vient en tête : immortel. Cet homme en face qui avait l’air d’avoir une trentaine d’années en avaient peut-être des centaines, voire plus. Il ne peut pas s’empêcher de penser à tout ce qu’il avait dû voir, vivre. Le jeune homme ne s’imagine pas vivre éternellement, voir les gens qu’ils aiment mourir, voir les époques changer et lui, dans tout ça, rester bloqué. Non. Il ne le souhaiterait à personne. Et il commence à mieux comprendre le comportement de cet homme. Dans un geste inconscient il décroise les bras et l’observe plus attentivement et voit au fond de son regard une fatigue qu’il n’avait jusque-là pas remarqué.

Danny repense à ce qu’il a dit. Est-ce que si, lui aussi, avait eu ce don (ou cette malédiction, c’était selon le point de vue) il aurait eu cet espèce de complexe de Dieu que le professeur Doe décrit ? Un sourire moqueur ne peut s’empêcher de fleurir sur ses lèvres. En tout cas, l’homme ne se prenait pas pour de la merde, c’est le moins que l’on puisse dire : se comparer à un Dieu, et puis quoi encore ? Mais, malgré tout, il écouta le discours du professeur jusqu’au bout. “ Je suis immortel, Danny. Je suis né il y a très longtemps. ” Il avait l’air de se souvenir de quelque chose. Il se redressa avant de fouiller dans la poche de son jean et d’en ressortir une espèce de petite pièce en argent. Quoi ? Il allait le payer ? Comme un gamin qui perd sa dent ? Danny soupira. Mon Dieu, mais où l’emmenaient ses pensées ? “ Voici un denier, c'est une pièce de la rome antique. Il a servi à m'acheter sur le marché des esclaves de Rome. ” C’est à ce moment que le jeune homme réalisa à quel point l’homme en face de lui était vieux. Beaucoup plus que ce qu’il avait pensé au départ. Et, apparemment, il n’avait pas eu une vie simple et facile. Le professeur Doe caressa pensivement la pièce, comme si cela était une habitude chez lui. “ Le temps m'a toujours fait défaut. Parlons plutôt de toi. Sais-tu utiliser ton don sans réfléchir? ” Et puis, sans prévenir, Aneesh lui envoya au visage la pièce qu'il avait dans les mains depuis tout à l'heure. Danny sursauta avant que la pièce ne se fige devant leurs yeux. Oh putain de merde… Le jeune homme écarquilla les yeux surprit avant que la pièce ne reprenne son chemin et lui arrive sur front. Putain ! Il l’a envoyé fort ce con ! Le jeune homme lui lança un regard noir, énervé et gêné de s’être fait avoir comme ça. Il ne s’attendait pas du tout à ce que son pouvoir réagisse instinctivement. Il pensait que, maintenant qu’il le maîtrisait un minimum et qu’il pouvait l’utiliser comme bon lui voulait, que son pouvoir instinctif, comme quand il était enfant, n’était plus présent. Il s’était apparemment trompé. Il était au moins clair que le professeur Doe en savait plus que lui sur son pouvoir. Remarque, pas étonnant vu son âge. Quel était son âge réel d’ailleurs ? « Vous êtes un grand malade, vous le savez ça ? C’est ça votre méthode d’apprentissage ? Votre cerveau s’est dégradé avec l’âge, le vieux ? Quel âge vous avez d’abord ? » On avait largement dépassé le stade de l’insolence mais, merde, Danny n’était pas venu là pour qu’on lui envoie des objets dans la tronche sans le prévenir à l’avance. Il était conscient que son entraînement ne serait pas de tout repos, notamment pour la partie combat dont lui avait vaguement parlé le professeur Xavier. Mais là, il était dans sa chambre, ou en tout cas ce qui y ressemblait le plus, il pensait être tranquille au moins ici. Il se tâta pendant quelques instants à renvoyer la pièce dans la tronche d’Aneesh mais se retint. Il se redressa, soufflant pour se calmer, tout en se frottant le front. S’énerver ne servirait à rien et il le savait. Il se contenta de pencher la tête sur le côté, gardant la pièce fermement au creux de sa main. « Vous voulez récupérer votre pièce, Monsieur ? » Il serrait à nouveau son poing, le défiant d’une certaine manière de venir la chercher lui-même. Comment allait-il réagir ? La prendre de force ? Il attendait avec impatience de voir sa réaction.
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C'était imperceptible.

Juste... quelque chose. Un instant, Danny était là et puis... oui, c'était comme regarder une image animée sur internet (un gif) (Aneesh était vieux, mais pas dépassé!) où l'objet dessus ne bougeait presque pas. Et au moment de la césure, quand l'animation tirait à sa fin, qu'elle revenait au début... juste un infime mouvement, d'un ou deux pixels, mais une césure tout de même. C'est exactement ce qui arriva sous ses yeux. Un instant, Danny se tenait comme ça et, un instant plus tard, il se tenait autrement, imperceptiblement, comme si l'image sous les yeux d'Annesh avait sauté.

Il savait qu'il avait arrêté le temps. Peut-être respiré une ou deux secondes. Avait légèrement bougé. Puis c'était reparti, sans qu'il n'arrive à récupérer la pièce à son grand désarroi. Aneesh aurait imaginé quelqu'un de plus puissant, peut-être, à prendre sous son aile. Peut-être qu'il l'avait surestimé. Peut-être que la dureté dans son regard n'était pas de la force, mais un manque de confiance, un manque de pouvoir, quelque chose de cru et de dur qui n'avait rien à voir avec ses capacités. Il eut l'air un peu bouleversé un moment, déçu; mais ravala bien vite son expression, garda un visage calme et fermé.

Une certaine colère s'alluma ensuite dans les yeux de Danny Cavannagh. Quelque chose de sombre qu'Aneesh n'est pas sûr d'apprécier. Ses sourcils se froncent puis il soupire légèrement quand il comprend qu'il y est peut-être allé trop fort. Est-ce que tous les jeunes de l'Institut ne supporte pas la moindre petite secousse? « Vous êtes un grand malade, vous le savez ça ? C’est ça votre méthode d’apprentissage ? Votre cerveau s’est dégradé avec l’âge, le vieux ? Quel âge vous avez d’abord ? » Aneesh pince des lèvres en toute réponse. Il se considère trop grand, trop sage, trop vieux pour daigner se sentir insulté — mais tout de même. Les Anciens, les Sages, ne sont-ils pas les plus âgés? Ne mérite-t-il pas son respect, même si apparemment il ne vient pas de faire bonne impression? Aneesh a envie de le prendre par le col pour le secouer mais il reste immobile, figé et tendu. Aneesh ne répond pas et laisse le silence planer, quelque chose de tempétueux et de lourd, qui annonce peut-être un orage. « Vous voulez récupérer votre pièce, Monsieur ? » Un nouveau sourire se dresse sur les lèvres d'Aneesh. Glacial.

La pièce qui se trouvait au creux de sa main disparaît dans son poing fermé. Aneesh le regarde un instant — les veines sur le dos de sa main, ses phalanges qui blanchissent, le léger tremblement quand le muscle de son bras se serre. Il a la peau un peu pâle et mal entretenue, remarque Aneesh.  Ses mains ne sont pas délicates mais larges, des mains de survivant. De futur combattant. Xavier, quand il a sommé Aneesh de rencontrer le jeune homme (une très mauvaise idée, rétrospectivement), a aussi laissé entendre que Danny n'y connaissait rien au combat au corps-à-corps et que la formation des jeunes éléments et aussi de ceux voulant s'améliorer sur le plan individuel, passerait par lui. Cavannagh a l'air plutôt grand et même s'il n'est pas du tout épais, robuste. Aneesh voit ça d'un coup d'oeil, de haut en bas, avant de se rappeler qu'il vient de l'insulter.

Il a de la chance qu'il ait fait la promesse d'être calme et patient.

Il tend la main. Paume ouverte vers le plafond. Une demande silencieuse mais impérieuse, qu'il lui redonne sa pièce, son souvenir, le prix de sa vie. N'était-ce pas par là que tout avait commencé? Par lui, esclave? Le terme semble désuet. Étrange, maintenant, sur sa langue. Disons que beaucoup d'eau a coulé sous les ponts. “ Je ne sais pas si c'est ta fierté, ou ton arrogance, qui modifie ta colère, mais tu ne me parleras plus jamais de cette manière, ni à aucun autre professeur. Sais-tu si peu du sort que te réserve l'extérieur, si peu de la vraie vie, que tu t'offenses de quelque chose d'aussi futile? Tout semble me dire non et pourtant, te voilà. ” Il martèle ses mots avec assurance, un calme dangereusement sourd. Il a toujours la main tendue. “ Peut-être que le professeur Xavier s'est trompé sur ton compte. Peut-être que ton don ne te servira jamais qu'à voler ou à arrêter les objets qui volent, alors qu'il pourrait être tellement plus. Enfin, soupira-t-il. Je m'en lave les mains.

Il ne lui laisse pas le temps de réagir, encore une fois. Aneesh bouge vite, la dextérité d'un voleur, l'assurance d'un vieil homme; il tend la main, serre le poignet de Danny, glisse un doigt dans son doigt fermé pour l'ouvrir et lui arracher le denier de la main, vu qu'il ne semble pas disposé à le lui donner de gré. Il lui adresse un regard plein d'une colère contenue, puis se redresse d'un coup. “ Je vais te faire le don d'une leçon, et seulement d'une. On se reverra en salle de classe, de toutes manières, mais cette leçon s'adresse seulement à toi. ” Il lui tourne le dos, a un ton toujours un peu pédant. Il a fait le tour du lit, en se demandant ce que dira Xavier, se dirige déjà vers la porte: quelle perte de temps, si on peut dire. “ Arrête de penser que tout le monde est ton ennemi. Tu finiras par exclure chaque personne, une à une, et à la fin il ne te restera qu'un ennemi: toi-même. C'est une leçon difficilement apprise, ” lâche-t-il finalement, amer, et il y a comme un ou mille souvenirs qui flotte dans ses yeux. “ Je te verrai en classe, Danny.
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Il voit le professeur pincer les lèvres, sous la contrariété. Oui, Danny était un petit con c’était sûr. Il avait toujours eu un talent certain pour énerver les gens, pour les faire sortir de leurs gonds et, malgré la longévité d’Aneesh, il ne faisait pas exception à la règle. Mais son irrespect n’avait sûrement pas aidé. Le professeur devait avoir l’habitude d’un ancien temps. Un temps où des jeunes comme lui n’existaient pas, où les le respect était quelque chose d’important, surtout celui qui est dû aux aînés. Il le provoque à nouveau avec la pièce. Il sent que c’est quelque chose qui le définit, qui fait partie de lui, donc le jeune homme n’hésite pas et fonce tête baissée. Il referme son poing autour de l’objet. Un sourire glacial s’installe sur les lèvres du professeur. Pas bon. Pas bon du tout. Danny le sait. Il ne peut s’empêcher de frissonner face à ce spectacle. Merde… Peut-être est-il allé trop loin ? Mais il se reprend très vite face à cette pensée. Le respect n’est pas quelque chose que l’on a dès la naissance, dès une rencontre. Non. C’est quelque chose que l’on obtient, que l’on acquiert. Et Danny ne peut pas s’empêcher de ressentir de la colère devant le comportement d’Aneesh. Pour qui se prend-t-il pour penser que son respect lui est dû ? C’est quelque chose que l’on peut avoir en étant respectueux soi-même avec l’autre. Point.

L’homme tend la main dans une demande implicite, presque brusque, impérieuse. “ Je ne sais pas si c'est ta fierté, ou ton arrogance, qui modifie ta colère, mais tu ne me parleras plus jamais de cette manière, ni à aucun autre professeur. Sais-tu si peu du sort que te réserve l'extérieur, si peu de la vraie vie, que tu t'offenses de quelque chose d'aussi futile? Tout semble me dire non et pourtant, te voilà. ” Chaque mot est martelé avec assurance, dans un calme froid, presque effrayant, faisant accélérer le cœur de Danny à chaque seconde. Les paroles d’Aneesh s’insinuent en lui, augmentant sa colère. Il pense qu’il ne sait rien du danger de l’extérieur ? Comment peut-il oser le juger sans rien connaître de lui ? Car, il le sait au fond après avoir rencontré le professeur Xavier que celui-ci n’aurait jamais raconté son passé. Il lui a toujours laissé le choix. Le choix de raconter son histoire aux autres ou non, alors pourquoi cela changerait-il avec Aneesh ? Il observe cette main, toujours tendue, alors que l’homme reprend la parole. “ Peut-être que le professeur Xavier s'est trompé sur ton compte. Peut-être que ton don ne te servira jamais qu'à voler ou à arrêter les objets qui volent, alors qu'il pourrait être tellement plus. Enfin, soupira-t-il. Je m'en lave les mains. ” Danny a comme une espèce de sentiment de fierté face à son discours mais aussi de doute. Le peut-il ? Vraiment ? Peut-il utiliser son pouvoir pour autre chose que tout cela ? Il n’est pas sûr d’en avoir la force. Il n’est pas sûr d’être capable de contrôler assez son pouvoir pour sauver les autres comme le font les x-men. Il avale difficilement sa salive. . Je m'en lave les mains. ” Alors, c’est tout ? Il abandonne comme ça ? Comme tous les autres ? N’est-il pas assez intelligent pour comprendre que le jeune homme a une carapace ? Danny sait qu’il va parfois trop loin dans la provocation, et apparemment cette pièce était la limite à ne pas dépasser, mais il aimerait vraiment que quelqu’un insiste, qu’une personne voit en lui quelque chose qui lui donne envie de s’acharner sur son cas. C’est comme une sorte de teste pour lui, savoir si la personne  peut dépasser cette façade.

Mais alors qu’il est plongé dans ses pensées, Aneesh en profite et bouge vite avant d’attraper le poignet de Danny. Il le força à ouvrir le poing d’un seul doigt et de récupérer son dernier. Le jeune homme relève les yeux vers ceux de son vis-à-vis pour y voir une colère contenue avec difficulté avant que celui-ci ne se relève d’un coup. “ Je vais te faire le don d'une leçon, et seulement d'une. On se reverra en salle de classe, de toutes manières, mais cette leçon s'adresse seulement à toi. ” Danny fronce les sourcils. Le professeur lui tourne le dos gardant un ton pédant. “ Arrête de penser que tout le monde est ton ennemi. Tu finiras par exclure chaque personne, une à une, et à la fin il ne te restera qu'un ennemi: toi-même. C'est une leçon difficilement apprise, ” lâche-t-il finalement, amer. Le jeune homme peut sentir qu’il lui adresse ses mots à lui mais que ses souvenirs à lui, de mauvaises décisions prises, le hantent. C’est peut-être à lui qu’il dit cela mais c’est comme s’il parlait au jeune lui. “ Je te verrai en classe, Danny. ” Il sent son sang battre à ses tempes. Sa respiration s’accélère. Il sent son corps refuser l’air qui entre dans ses poumons. Il ne comprend pas ce qui lui arrive et sent son souffle qui se coupe. Il ne peut s’empêcher de repenser à ses parents, à Wolfang… Tous ces gens qui l’ont abandonné. Alors, il ne mérite vraiment pas qu’on s’intéresse à lui ? Il n’est rien, il l’a toujours été, juste une erreur qui ne mérite même pas que l’on s’acharne à transpercer sa carapace. Ses parents lui ont prouvé dès sa naissance en l’abandonnant, sans mot pour expliquer leur geste, sans preuve de leur existence. « Non… » Sa respiration se coupe tandis que la brûlure du manque d’air se fait durement sentir dans son corps. « Je… » Un nouveau souffle « mérite tout ça… Je me suis battu pour tout ça… Vous… Vous n’avez pas le droit de dire ça… » Des larmes commencent à apparaître au coin de son regard. Il baisse la tête et ferme les yeux durement. Il finit par apporter sa main vers son sweat, là où se situe son cœur et s’y agrippe, priant silencieusement que son souffle lui revienne. En vain. Il n’est pas sûr qu’Aneesh ait entendu ses paroles. Il les a murmurés pour qu’il l’entende mais surtout pour lui-même. Il veut se prouver qu’il est fort, qu’il mérite tout ça même s’il est méfiant avec les gens, il essaye. Il est là, non ? Il a accepté de venir. Non ?... Non…
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a big ball of wibbly-wobbly timey-wimey... stuff People assume that time is a strict progression of cause to effect. But actually from a non-linear, non-subjective viewpoint it's more like a big ball of wibbly-wobbly timey-wimey... stuff.

Il est dans son bon droit. Oui. Oui. Il n'a pas tort. Il ne peut pas avoir tort. Face à quoi? Face à rien: juste un petit gamin mal dans sa peau, qui se pense tout seul, qui finira tout seul. Aneesh s'en lave les mains. Des fois, il se lave les mains de tout — il l'a déjà expliqué à Xavier. Comment s'intéresser aux cendres et à la poussière? Comment s'intéresser à ce qui finira inévitablement par périr? C'est plus simple de se dire qu'il s'en fiche; qu'il s'en fiche; qu'il s'en fiche. Rien ici ne lui manquera; certains pas un petit gamin comme lui. Mais... alors qu'il s'apprête à passer la porte, quelque chose le retient. Il ne sait pas trop ce que c'est, si c'est un souvenir indéfinissable ou une impression impérissable qui s'impose à lui, trop vite envolé pour être compris; ou si c'est juste un instinct du fond de ses tripes, qui l'arrête, juste une seconde, pour qu'il jette un regard par-dessus son épaule.

Oh. Le gamin souffre. Il n'arrive pas à respirer. Aneesh le voit articuler des mots mais il ne les entend pas — juste des murmures indiscernables, mais il devine une sorte de supplique de la part du gamin, à moins que ce ne soit de la lamentation. Une prière silencieuse sur ses lèvres, et Aneesh n'arrive pas à partir — c'est pourtant si simple, fermer les yeux et la porte, remettre les murs et les carapaces en place. Tellement plus simple que de regarder et d'aimer la cendre et la poussière, le mortel qui finira invariablement sur son lit de mort, à lui murmurer d'une voix silencieuse quelque promesse désuette; oh, ses yeux le piquent maintenant. Il voit dans la silhouette du petit Danny un garçon oublié il y a longtemps, avec le poids du monde sur les épaules et les parents les plus présents de tous les temps; il revoit son fils, le seul, l'unique, celui mort trop tôt car mort tout court. Oh. Oh. Il y a des plaies qu'on oublie parfois mais qui reste douloureuse. Avec quelque chose comme de l'amertume, Aneesh se souvient de sa réaction après la mort du gamin, son vieux fils; oh.

Danny ne lui ressemble pas le moins du monde. Il est grand et fin, il est brun et sombre, il se tient le coeur d'une main et il n'arrive pas à respirer. Aneesh doit se mordre la lèvre inférieure au sang pour retrouver contenance et se redresser, s'approchant du garçon avec un peu de réticence et un peu de peur — oserait-il? Il n'est pas trop brusque ou trop cruel; il est dans son bon droit; ce n'est pas de sa faute si il ne supporte pas les secousses; mais pourtant, oui, disons-le: il s'en veut. Aneesh s'en veut suffisamment pour s'approcher et se rasseoir en face de Danny, sur l'autre lit, se pencher en avant et poser sa main sur son épaule. Le jeune homme refuse toujours de le regarder. Il a les yeux fermés mais ses paupières n'arrêtent pas les larmes qui s'accrochent à ses cils et à ses pommettes. Il lui serre l'épaule. “ Hé. Hé, Danny, ” dit-il doucement, et sa main suit la ligne de son cou pour se poser sur sa joue, sa paume épousant sa mâchoire pour l'inciter à relever la tête. Il a toujours les yeux fermés. Il a presque envie de le moquer gentiment en lui rappellant que ce n'est qu'une pièce mais il se retient. Dans sa bouche, il y a le goût du sang.

Maladroitement, Aneesh tapote le visage du jeune homme puis remet sa main sur son genou. “ Tu es en sécurité ici, ” dit-il, en perte de mots. “ Je- je m'excuse pour mon comportement. ” Sa voix est rapide, son ton un peu hésitant; il n'a pas l'habitude, ni l'envie de faire des excuses, et elles ne sont pas tout à fait sincères. Mais est-ce que cela compte vraiment? Il est devenu maître dans l'art de mentir et de jouer; et de toutes manières, ce n'est certainement les mots qui vont réconcilier Danny avec ses larmes. “ J'ai déjà rencontré un jeune homme, comme toi, ” reprend finalement Aneesh, car il est connu qu'il ne sait que raconter des histoires quand il ne sait plus quoi dire. “ Il y avait beaucoup de choses extraordinaires à son propos mais le plus impressionnant, c'était sa capacité à ne jamais abandonner. Il n'abandonnait, pour ainsi dire, jamais. Il se relevait toujours car il avait compris, malgré son jeune âge, que la vie ne s'arrête pas, alors pourquoi devrions-nous? Il parlait avec passion et rage et envie et impatience, il se battit comme un diable mais il n'était certainement pas le plus talentueux. Il était simplement le plus fort, car il n'abandonnait jamais.

Il ne savait même pas pourquoi il racontait tout cela. Quand il repensait à cet homme — son fils son fils son fils, oh — il se sentait fort et inspiré, triste et fatigué. C'était le genre de souvenir qu'il gardait pour les journées froides et mornes et douloureuse; c'était un souvenir qui lui réchauffait le coeur et maintenant qu'il lui en avait fait don, un peu naïvement, Aneesh espérait que ça apaiserait aussi Danny.

Il se redresse lentement, et se releve.

Son regard est troublé. Un peu vague, un peu lointain, un peu triste. Il a sur les lèvres un goût doux-amer et il se sent un peu nauséeux. Les souvenirs font ça aux gens. “ Je-- ” il ne finit pas sa phrase. Baisse les yeux. “ Je te verrai en cours, Danny, ” répète-t-il.


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 Danny sentit son souffle se raréfier. Il resserra un peu plus sa main au niveau de son cœur formant un poing. Il ne savait pas si le professeur était parti. Il s’en fichait un peu à l’heure actuelle. Il essayait juste de respirer, de calmer cette foutue crise de panique. Il n’entendait que son sang battre au niveau de ses tempes. Mais alors qu’il se pensait seul, il put sentir une main se poser sur son épaule et il sursauta sous la surprise. Il gardait les yeux fermés, se concentrant sur sa respiration laborieuse. Puis, Aneesh lui serra l’épaule attirant son attention avant de prendre la parole. “ Hé. Hé, Danny, ” Il parlait d’une voix douce, rassurante, alors que sa main suivait la ligne de son cou pour la poser sur sa joue qu’il tapota légèrement afin d’attirer son attention avant de reposer sa main sur son genou. Il rouvrit les yeux et les plongea dans ceux de son vis-à-vis. Il était resté… Danny put sentir le pincement au creux de son estomac se desserrer un peu. “ Tu es en sécurité ici, ” dit-il, en perte de mots. “ Je- je m'excuse pour mon comportement. ” Sa voix était rapide, son ton un peu hésitant, on sentait qu’il n’avait pas l’habitude et cela amena un sourire doux aux lèvres de Danny. Aneesh faisait l’effort pour lui, pour le pauvre petit étudiant qui s’est laissé entraîner par ses émotions, par ses peurs d’enfant. Il se sentait si pathétique et, en même temps, il ne pouvait s’empêcher de sentir de la joie au fond de lui. La joie que quelqu’un s’intéresse à lui, se préoccupe assez de lui pour faire l’effort de mettre ses convictions et son mauvais caractère de côté. Un sourire doux orna ses lèvres. Oui . Malgré tout ce qu’il disait, Aneesh était resté et était là pour lui.

Le professeur reprit la parole. “ J'ai déjà rencontré un jeune homme, comme toi, ” Danny releva la tête vers lui, se concentrant sur sa voix, sur ce qu’il disait et priait pour que sa respiration se calme. “ Il y avait beaucoup de choses extraordinaires à son propos mais le plus impressionnant, c'était sa capacité à ne jamais abandonner. Il n'abandonnait, pour ainsi dire, jamais. Il se relevait toujours car il avait compris, malgré son jeune âge, que la vie ne s'arrête pas, alors pourquoi devrions-nous? Il parlait avec passion et rage et envie et impatience, il se battit comme un diable mais il n'était certainement pas le plus talentueux. Il était simplement le plus fort, car il n'abandonnait jamais. ” Son poing commença à se desserrer convulsivement. La voix d’Aneesh était douce, comme perdu dans ses souvenirs – des souvenirs qui devaient être douloureux mais agréables s’il s’en référait au visage de l’homme. Son ton commença à l’hypnotiser. Il se concentra sur le mouvement de ses lèvres, son ton, sa voix qui se faisait douce… Sa respiration se faisait plus lente. Le sang ne battait plus à ses tempes. Il pouvait sentir une goutte de sueur glisser lentement sur sa joue, arrivant sur son menton et faisant un show d’équilibriste. Tombera ? Tombera pas ? Elle finit par s’échapper, s’éclatant sur le dos de la main du jeune homme qui serrait son jeans à s’en faire mal aux jointures.

Il releva ses yeux, les plongeant dans ceux de son vis-à-vis. Il y vit de la nostalgie, presque de la tristesse. Danny fronça les sourcils, se demandant qui était cet enfant ? Ce jeune garçon qui n’abandonnait jamais ? Lui ? Il pleurait sa jeunesse perdue ? Son innocence disparue ? Quelqu’un qu’il avait connu ? Le jeune homme n’aurait sûrement jamais les réponses à ses questionnements. Son professeur n’était pas du genre s’épancher sur sa vie, ça se voyait, dès la première fois où tu le rencontrais. Le jeune homme eut une bouffée de compassion pour cet être immortel qui était seul. Il avait sûrement dû voir tant de personnes mourir – des personnes qu’il aimait, sa famille peut-être ? Danny ne connaissait pas ce sentiment. Il n’avait jamais connu le plaisir d’avoir une famille, de connaître les lèvres  d’une mère qui se posaient sur son front ou sur un genou écorché pour consoler un enfant, l’étreinte d’un père fier de son fils, jouer avec celui-ci à un sport… Il n’a jamais connu ce sentiment – le connaitrait-il un jour ? Peut-être. Surement pas. Il l’espérait. Mais Danny n’avait jamais eu de chance dans la vie : pourquoi cela changerait-il ? Il n’avait même jamais aimé quelqu’un. Il avait apprécié des gens, les avait supporté, mais jamais il n’avait aimé quelqu’un au point de s’oublier soi-même, au point de penser aux besoins de l’autre avant les siens. Même s’il était immortel, Aneesh avait eu le bonheur de connaître tout ça. Il l’enviait. Un peu. D’un côté. “ Je-- ” La voix du professeur Doe le tira de ses pensées, relevant la tête vers lui. Il le voyait baisser les yeux, comme s’il n’était pas sûr de ce qu’il voulait dire. “ Je te verrai en cours, Danny, ” répèta-t-il. Le jeune homme acquiesça, ne sachant pas quoi répondre. Il vit l’homme se lever, prêt à partir. Mais avant qu’Aneesh n’ait pu franchir la porte, Danny prononce une phrase. Une seule. Mais qui signifie beaucoup. « Merci, professeur. » Il ne dit rien de plus. Il baissa les yeux, essayant de cacher sa gêne évidente. Il montrait ainsi qu’Aneesh avait un peu gagner de sa confiance, de son respect. Bien sûr, il y avait encore beaucoup de chemin à parcourir. Un pas après l’autre. Peut-être pourraient-ils même être, un jour, espérer se respecter et communiquer sans mépris ?

Un sourire doux naquit sur les lèvres de Danny : peut-être arriverait-il à faire confiance à un adulte ?


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