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 ICECLOPS. THERE'S NO PLACE TO RUN AND NO GASOLINE.

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I wondered at him, so wise and so foolish, to have lived with me all these months and not know that the worst storms break inside a man.
John s'est enfermé dans la chambre dès qu'ils ont été poussés dans l'appartement, et a verrouillé la porte derrière lui, en hurlant de joie dès qu'il a trouvé une feuille et des crayons.
Robb s'est assis sur le bord du lit, et il regard le sol. On dirait qu'il va vomir.
Je l'observe. Je me rends seulement compte de combien il me semble... maigre. Ou vide, alors; c'est peut-être cette lueur dans ses yeux, ou alors sa mâchoire plus dessinée, ses tics nerveux, ses sens paranoïaques habitués aux attaques surprises des démons, à la vie infernale des Limbes.

Ils nous ont tirés à l'intérieur et enfermés dans ce petit appartement. J'imagine qu'ils essaient encore de comprendre pourquoi et comment on est là. J'ai rapidement expliqué à Xavier qui nous étions, et d'où nous venions. Je pense qu'il va venir nous examiner.
J'ai vu Xavier.
J'ai vu Logan.
J'ai vu... j'ai vu tous ces gens.
Tous ces gens morts. Je me demande si Jean est morte aussi... et le Scott de cet univers? Je ne l'ai pas vu. Et le Robb de cet univers? Et le John de cet univers? Et Jea--

Je me force à arrêter de penser trop et me détend lentement, muscle par muscle. J'ai envie d'une bonne douche chaude, oh mon dieu, de l'eau chaude... mais John est dans la chambre et j'entends qu'il a eu la même idée, parce qu'un autre hurlement de joie résonne et que j'entends l'eau couler et battre le sol.
Robb n'a toujours pas bougé. “ Robb-- ” Il lève la main. Pas maintenant.

Je me doute et explore la pièce. Je suis déjà venu ici. Il y a très longtemps, à la première alliance de la Confrérie et des X-Men, et Magneto a été obligé de me révéler toutes les planques de la Confrérie quand il nous a rejoint. Il n'a pas pu en garder pour lui: Emma était avec moi quand il l'a fait. Je connaissais la planque de Decay. Decay... je l'ai vu, lui. Toujours aussi louche. Je coche une case mentale. Il va falloir que je fasse une liste.
Il n'y a pas de fenêtre, bien évidemment, et j'observe la lumière sans rien dire jusqu'à ce que Robb bouge un peu. Je tourne mes yeux sur lui.
Il a une profonde blessure à l'épaule qu'il s'est fait il y a... j'en ai aucune idée. Je me rends compte que mes souvenirs des Limbes s'étiolent, lentement. Combien de temps sommes-nous restés dans cet enfer? Était-ce un rêve?
Je repense aux tripes de Magik sur le sol noir. Ce n'était pas un rêve.
Il a l'air si vieux, mais il a toujours la tête du gamin qu'il a un jour été. J'aimerais lui dire quelque chose pour le rassurer. Pour le réconforter, ou sortir une blague nulle, comme avant.

Mais je sais ce que je lis dans son regard, et je sais que maintenant, ce n'est plus une question de survie. Je m'attends presque à ce qu'il me saute au cou pour m'étrangler, ici et maintenant. Sweet Robb. Je sais que c'est moi qui ai mis cette douleur dans ses yeux et sa silhouette. Je ne sais pas comment me faire pardonner. J'ignore si je pourrai un jour. “ There's a million things that I could try to say to you but it's useless and it won't change a damn thing. ” Je reste silencieux, l'observe, le sang que je vois à travers son t-shirt sale, sur son épaule, ses traits durs, émaciés. “ But Robb. I'm sorry.

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Qu’est-ce qu’ils foutent là ?
Qu’est-ce qu’ils foutent dans un monde qui n’est pas le leur, dans un monde visiblement en retard, dans un monde où Logan a l’air plus jeune que la dernière fois qu’il l’a vu, dans un monde plein de mutants qui n’ont encore rien vu, dans un monde où le Professeur—

Il a envie de pleurer mais il n’a même plus de larmes à verser, ses yeux sont désespérément secs. Il est vivant. Il est vivant et en bonne santé et lui non plus n’a encore rien vu même s’il sait.  John s’est enfermé dans la chambre et c’est mieux comme ça, parce que Robb sait qu’il n’a pas l’énergie de l’empêcher de foutre sur la gueule de Scott. En a-t-il vraiment envie ? Après tout s’ils sont ici, c’est de sa faute.

Tout est de la faute de Scott.

« Robb-- » Commence-t-il et le jeune homme lève la main. Qu’il se taise. Qu’il se taise parce que la dernière chose qu’il veut, c’est entendre sa voix. Il ne veut même pas le regarder. S’il parle, il n’arrivera pas à garder son calme et comme ils sont coincés dans cette pièce, comme il ne peut pas partir faire un tour et casser quelque chose, hurler jusqu’à ce que ça passe, il a peur de faire un massacre. Il se concentre sur le bruit de l’eau de la douche sous laquelle John a l’air de prendre tout son temps et s’imagine à sa place. Mais ça ne dure qu’un temps, ça ne le calme même pas, au contraire, ça l’énerve encore plus, parce que ça lui rappelle l’état dans lequel il est, ça lui rappelle qu’il n’a pas goûté au luxe d’une douche depuis si longtemps qu’il en a oublié la dernière fois que c’est arrivé et ça lui donne à nouveau envie de tout casser.

De casser Scott.

Enfin, ce qu’il reste de Scott.

Alors Robb lève les yeux vers l’autre mutant, il inspire profondément et enfin, il le regarde. Il est maigre, pâle, salement amoché, entre les bleus, les coupures, les plaies profondes qui entaillent son corps. Il est dans un état pire que le sien et d’un côté, ça le soulage, de voir que Scott a plus morflé qu’eux. Il le mérite après tout, pas vrai ? Et puis il encaisse ça si bien. « There's a million things that I could try to say to you but it's useless and it won't change a damn thing. » Et il parle, bien sûr qu’il parle et ce n’est toujours pas ce que Robb veut entendre, ce n’est pas ce qu’il veut voir, il n’a toujours rien compris. « But Robb. I’m sorry. » Ses poings se serrent et un peu malgré lui, se recouvrent de givre et deviennent translucides. La glace craque, se brise à chaque fois qu’il remue un doigt, dans un bruit terrible, avant de se reconstruire.
Il n’a aucun mal à imaginer ces poings s’écraser sur le visage de Scott, ces doigts enserrer son cou. C’est déjà arrivé tant de fois, mais ça n’a jamais rien arrangé. Parce qu’à chaque fois, Scott encaisse, Scott joue à celui qui le mérite.

Mais Scott ne craque jamais.

Et c’est ça, qu’il veut. Il ne veut pas ses excuses, il ne veut pas de son regard hanté, il ne veut pas de ses sacrifices idiots parce qu’il mérite plus de souffrir qu’eux. Il veut que Scott s’effondre, il veut qu’il hurle, pleure, qu’il sanglote ses excuses parce qu’il a enfin réalisé qu’il avait tort, parce qu’il est désolé d’avoir fait ce qu’il a fait, et pas désolé de voir que ça blesse Robb.

Il veut qu’il arrête. D’encaisser.

« You’re right. It’s useless and it doesn’t change a damn thing. Don’t apologize, ever again. » Unless you mean it, il ne le dit pas, mais il n’a pas besoin de le dire. « John was right, I should have let you die, » siffle-t-il entre ses dents. « This world, it’s— you know what ? » Il se redresse, grimace parce que son épaule lui fait un mal de chien, il ne se sent pas bien, il a envie de vomir et il a trop chaud, ce n’est pas normal, pas pour lui, il commence à se demander si ça n’est pas infecté. « Low profile, Scott. You shut your mouth, and you let them take care of their world, it’s not yours, so if you do anything, anything like that shit you put us through back home, I swear I’ll break your face. » Et cette fois, il le fera.

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Quand sa main devient translucide, je me souviens du gamin qui avait tué son bully de son petit lycée de NYC. Je me demande si il est en vie, lui, avant de décider que je m'en fiche. Il n'était pas mutant, de ce que je sache. Et je me fiche de ceux qui ne sont pas mutants; pas de la manière avec laquelle Magneto pense qu'ils sont supérieurs aux homo sapiens... mais d'une manière proche tout de même.
Toujours est-il que je pense à ce bully qu'il a tué, en voyant ses mains translucides. Il a grandi, il a vieilli sans vieillir. Avant, je riais beaucoup en disant que j'avais l'impression d'être un fossile malgré mes jeunes années: tout s'était enchaîné si vite dans notre monde, cette Civil War, la mort de Jean, Wanda Maximoff, la Super Sentinelle et puis Hope... suffisamment d'évènements pour remplir une vie entière.
Et ce n'était pas fini. Ça ne finissait jamais. Où qu'on aille, les mutants seraient maltraités, tués, torturés, exilés.
Pourquoi ne voyait-il pas que je faisais ça pour nous? Le pouvoir du Phoenix m'avait corrompu, et j'avais fini par être aveuglé par le pouvoir. Je le savais et je le regrettais chaque jour. Mais tout partait d'une bonne intention. Je voulais juste un meilleur futur pour la cause mutante.
Oh god. Je sonne comme un tyran essayant de se chercher des excuses.
Je suis un tyran en train de se chercher des excuses.

Robb ne veut pas les entendre. « You’re right. It’s useless and it doesn’t change a damn thing. Don’t apologize, ever again. » Il pense que je ne suis pas sincère; je le suis. Je suis désolé qu'il ait souffert ainsi (non sans me dire, un peu méchamment peut-être, que c'est de sa faute aussi; il n'aurait pas dû faire un pas dans le pentacle de Magik). Je ne suis pas désolé pour ce que j'ai fait, même si je regrette amèrement tout ce que la Force m'a fait faire. Je ne réponds pas, penche la tête sur le côté après l'avoir lentement hochée. Très bien. J'ai appris à le connaître après ces années, ces millénaires passés sous Terre; il est énervé. Furieux.
Je le suis aussi. « John was right, I should have let you die. » Sweet Robb, je pense de nouveau. Sweet Robb. « This world, it’s— you know what ? » Je remarque qu'il grimace quand les muscles de son épaule bougent et malgré moi, fais un pas en avant; je me stoppe parce que ses poings serrés sont toujours recouverts de glace. « Low profile, Scott. You shut your mouth, and you let them take care of their world, it’s not yours, so if you do anything, anything like that shit you put us through back home, I swear I’ll break your face. » Sweet Robb. Je sais qu'il le ferait. Je reste immobile un instant, réfléchissant intensément. Il a raison, bien entendu, mais devrais-je lui dire la vérité?

You saw the news. ” Le temps que je prenne mes repères, nous avions eu le temps de voir ce qui se déroulait dans ce monde... je connaissais les réalités de la Civil War, mais ça n'avait jamais été ainsi. Juste Cap et Iron Man se tapant sur la figure. Pas toutes ces choses avec les mutants... surtout que je ne reconnaissais même pas le président. “ I can't-- ” Je ne peux pas laisser les homo sapiens faire ça. Je ne peux pas les regarder parquer nos frères mutants, les tuer... Robb, s'il te plaît. Je m'éclaircis la gorge. “ I can't promise you anything about not getting involved. But what happened back then will never happen again. ” J'ignore si c'est vrai, ce que je dis. Mais j'y crois fermement. Il le faut. Je ne peux pas... je ne peux pas faire ça de nouveau. Pas avec ces conséquences.
Et tout ça? Ça a été à cause de Wanda Maximoff.
Wanda Maximoff... je me demande si elle existe dans ce monde. Je me demande si on peut l'arrêter avant qu'il ne soit trop tard. J'ai l'impression d'être Wolverine. Qui veut tuer tout le monde avant qu'ils fassent des choses horribles. “ Your shoulder, je dis finalement, d'une voix égale. Let me see it. You're in pain, ” j'indique. A study of survival. Si on ne prend pas soin l'un de l'autre, qui le fera à notre place? Je fais un pas de plus en avant, malgré la glace et ses poings et ses pouvoirs tellement plus forts que les miens, puis un autre, attendant qu'il me donne la permission pour tenter quelque chose d'autre.

Rebirth.
Always rebirth.

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« You saw the news. » Oh oui, il les a vues. Il a parfaitement vu qu’ils avaient atterri dans un monde qui traite les mutants comme de la vermine, un monde à deux doigts de sombrer dans une guerre civile. Robb était gosse quand c’est arrivé chez eux, il n’a pas exactement connu la Civil War, mais il connaît les détails, il sait les dommages et les morts qu’elle a causés. Et dire qu’en sortant enfin des Limbes, il a été soulagé. Et dire qu’ils ont échangé ce regard, ce sourire avec John, en se disant qu’enfin, c’était terminé. Qu’ils allaient pouvoir arrêter de survivre et peut-être commencer à vivre. Mais l’illusion n’a pas duré longtemps et à présent, Robb réalise qu’ils n’arrêteront probablement jamais de courir et de se battre. Il est fatigué. Tellement fatigué. Et bien sûr que ce qu’il a vu le révulse et le met en colère, bien sûr qu’une partie de lui a envie de se battre. Robb n’a jamais supporté l’injustice, après tout. Mais ce n’est pas leur monde. Ils ne sont pas chez eux ici, ils n’ont aucun droit d’agir comme si c’était le cas. Il y aura des combats à mener, mais ce n’est pas à eux de le faire. Ce n’est définitivement pas à Scott de le faire.
« I can’t-- » Le jeune homme serre les dents. Qu’est-ce qu’il croit ? Que l’idée de rester terré ici pendant qu’à la surface, d’autres mutants souffrent lui plaît ? Qu’il a envie de rester passif, spectateur d’autres désastres et de nouveaux massacres ? Il le connaît mieux que ça, il sait que Robb ne souhaite rien de tout ceci. Mais ça ne l’empêche pas de se demander s’ils ont le droit de s’impliquer. Ils savent des choses que personne dans ce monde ne connaît ni ne devrait connaître, des choses qui ne sont pas encore arrivées. Et même si la situation dans laquelle se retrouve ce monde ressemble beaucoup à ce qu’ils ont vu chez eux, ils n’ont aucun moyen de savoir pour sûr que la suite des événements sera la même.

« I can't promise you anything about not getting involved. But what happened back then will never happen again. » Robb ferme les yeux et soupire. Il ne veut pas penser à ce qui est arrivé avant, chez eux. Il ne veut pas penser à Scott qui tue leur mentor parce qu’à chaque fois, ça lui donne envie de vomir. « Your shoulder. Let me see it. You’re in pain, » fait-il avant de s’approcher et malgré lui, le jeune homme se crispe. Là-bas, la question ne se posait même pas. Mais maintenant qu’ils sont sortis, Robb n’est pas certain de vouloir laisser Scott l’approcher. Il ne se sent pas de lui montrer la moindre vulnérabilité. Mais John est probablement occupé avec ses propres plaies et ils ne savent pas si on va les laisser sortir d’ici et si oui, quand. Ils ne savent pas non plus s’ils ne vont pas les foutre dehors, dans un monde où les mutants sont traqués comme des rats.
Ses mains redeviennent chair, os et peau, puis frottent son visage d’un air las, mais Robb tourne le dos à Scott. Il n’a pas besoin de dire quoi que ce soit, l’autre sait ce que ça veut dire, il peut approcher. « I’m not telling you to do nothing, » murmure-t-il enfin en fixant un point vide devant lui. « And you’re right, what happened back then will never happen again, because you’re going to be a soldier. » Il sait Scott juste derrière lui, si proche qu’il peut presque  sentir son souffle dans sa nuque, mais il ne se laisse pas démonter. « A soldier, Scott. Not a leader, not a fucking Messiah with a martyr complex. They have their own leaders, they need to take their own decisions, because it is their world. You can fight alongside them, but I won’t watch you take any decision for them because the last time you had such responsibilities, we both know what happened. » Ils aideront, parce que rester sans rien faire, ce n’est tout simplement pas eux. Parce qu’ils sont des X-Men et ça veut dire que quoi qu’il arrive, ils se battront toujours pour un monde meilleur.

Mais Scott a perdu son droit de mener qui que ce soit il y a bien longtemps maintenant.

Il déglutit avec difficultés et tressaille, lorsque les doigts de Scott bataillent avec les lambeaux de son t-shirt coincés dans la plaie pour y voir plus clair. « Let me guess, it’s infected ? » marmonne-t-il entre ses dents serrées.

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Après un instant de crispation et de silence, les mains de Robb redeviennent de chair et de sang, et il se détourne pour me montrer son dos. C'est bien pire que ce que j'ai pu voir de face; je vois clairement les tâches de sang, presque noires à travers le tissu de son t-shirt. Il a dû être griffé, ou mordu, par un des abominations des Limbes. Et il doit avoir si mal, en cet instant précis. Je m'approche lentement, m'asseyant à côté de lui au bord du lit en observant la plaie à travers le tissu. « I’m not telling you to do nothing. » Je m'immobilise à ces mots, surpris. Je m'attendrais presque à ce qu'il m'emprisonne ici et jette la clef dans les Limbes. Il faut que j'arrête de penser aux Limbes, elles m'obsèdent. Normalement, je suis un cartésien, un homme logique, un stratège, qui prend des données et en sort quelque chose. Mais cette fois-là? Cette fois-là, tout comme j'ai cru que le Phoenix nous était envoyé pour une raison, j'ai l'impression qu'on a été amené sur cette planète-là pour une raison. Je ne peux pas dire ça à Robb. Il ne comprendrait pas, et il tenterait de m'arrêter. « And you’re right, what happened back then will never happen again, because you’re going to be a soldier. »

Un... soldat. C'est bien un terme qu'emploierait Wolverine, et c'est avec une pointe d'agacement que je me souviens qu'il m'a traqué en compagnie du glouton avant que l'ont soit envoyés dans les Limbes. Je me souviens qu'il a pris son parti à lui. Et il est son héros, quelque part. Il faut dire que Wolverine force à l'admiration. Je l'ai toujours estimé et admiré, même si il a souvent eu tort.
Comment ose-t-il me lancer les mots de mon plus fidèle rival à la gueule? « A soldier, Scott. Not a leader, not a fucking Messiah with a martyr complex. They have their own leaders, they need to take their own decisions, because it is their world. You can fight alongside them, but I won’t watch you take any decision for them because the last time you had such responsibilities, we both know what happened. » Je reste silencieux. Je me souviens que Wolverine a quitté la X-Mansion, un jour. Avant la mort de Jean; je n'avais que vingt-trois ans. J'étais puissant, heureux, entraîné et je me perfectionnais chaque jour. Il avait dû partir, pour une longue mission, retrouver un vieil ennemi et l'étriper, d'après ses dires. J'avais paniqué en apprenant la nouvelle. Xavier n'était que le directeur, pas le leader des X-Men, Storm était en Wakanda, et il n'y avait presque pas d'adultes! Logan avait ri. Qui prendra ma place quand je serai parti, Binocles? Il est grand temps que tu te prépares.

Un soldat. Pas un leader. Je ne réponds pas. Je ne peux pas lui promettre quoique ce soit alors à la place, je lui touche le milieu du dos pour qu'il ne sursaute pas trop violemment quand mes doigts s'approchent des rebords de la plaie. Il tressaille tout de même, et je devine que c'est douloureux, alors que méthodiquement, je déchire le t-shirt (enfin! nous allions enfin pouvoir nous débarrasser de nos vêtements crasseux, déchirés, en lambeaux presque, desquels on n'avait pas pu se séparer malgré tout, des reliques de notre humanité) autour de la plaie, avant de m'occuper du tissu qui est accroché à la blessure. « Let me guess, it’s infected ? » Mes doigts tâtent toujours la peau, rose, observant la profonde blessure carmine se teinte du gris et du noir des cendres. “ Yes. You're burning, ” je lui indique, même s'il doit sans doute le savoir, vu qu'il a un total contrôle sur sa température corporelle. Mieux vaut savoir qu'il a de la fièvre qu'autre chose, cependant, ça veut dire que son corps se bat encore.
Il a dû être griffé par une abomination, je présume. Je pose une main sur son flanc opposé pour l'inciter à rester immobile alors que mon autre main hésite au-dessus de la plaie. Il sait ce qui va se passer ensuite: je dois chercher la plaie pour des éclats de griffes. C'est sans doute ça qui a provoqué l'infection.

J'enfonce mes doigts dans sa chair, peu importe la saleté, l'important est d'enlever l'éclat. Mon autre main se crispe sur son flanc, les doigts s'enfonçant dans la peau pour le maintenir immobilisé; je parviens à retirer trois éclats, difficilement, et retire ma main désormais plein de sang de la plaie. En temps normal, on demanderait à Pyro de cautériser la plaie. Mais cette fois, on aura peut-être accès à une vraie infirmerie... c'est si beau, rien que d'y penser, que j'en pleurerai presque.
Pas devant Robb.
La douleur extrême l'a tendu au maximum, il a les mâchoires serrés et le regard fixe quand je le fais se retourner vers moi pour prendre la température de son front avec la main qui n'est pas recouverte de sang. “ Stay with me, ” j'indique quand je le sens faiblir, d'épuisement, de douleur ou d'autre chose, en claquant des doigts devant son visage pour attirer son attention. “ We'll get you a medic. Stay with me, Robb. ” Ces mots tant prononcés dans les Limbes ont un autre sens maintenant. C'était une histoire de survie mais maintenant...? Maintenant je sais que j'ai besoin de lui. “ I can still feel it, ” je dis brusquement, mes yeux évitant les siens depuis derrière mes lunettes, se braquant sur le sol. Mon ton douloureux attire son attention. “ The Phoenix. It's on Earth. It's pulling at me. ” Je le sens dans tous mes os. J'ai l'impression qu'ils vont s'enflammer. J'ai l'impression que je vais m'envoler. Je le sens aussi sûrement que l'épuisement dans mes muscles, le sang sur mes doigts. Mes yeux se focalisent sur ça.

J'ai tué Charles Xavier. Il n'a pas saigné, mais ma main recouverte du sang de Robb me le rappelle.
Si il s'était mis entre moi et quiconque, j'aurais tué Robb aussi. Cette pensée m'insupporte. “ I know you'd do it anyway but I need to hear you say it, je dis lentement, chaque mot me coûtant plus que je me laisse le montrer. Whatever happens, no matter how much I beg, don't let me... ” Je ne finis pas ma phrase. Il sait, mieux que personne. “ Kill me if need be. Look at me and promise, Robb. ” Sweet Robb. Je relève les yeux vers les siens. J'ai besoin de sa promesse, parce que j'ignore si, malgré tout ce qu'on a vécu, il serait bien capable de me tuer.

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« Yes. You’re burning. » Autrefois, ça l’aurait fait rire parce que Robb n’a plus eu de fièvre et n’est plus tombé malade depuis l’âge de treize ans. Après tout, sa mutation l’immunisait complètement aux virus et autres bactéries, ces choses-là ne résistent pas au zéro absolu. Mais les Limbes lui ont appris à nouveau ce que c’est de saigner, de tomber malade, d’avoir du poison dans les veines et oui aussi, les risques d’une infection. Parce qu’il n’est pas seulement question de bactéries là-bas, mais surtout de Magie et même lui ne peut rien contre ça. Alors ça ne le fait pas rire du tout, parce qu’il sait que même s’ils sont sortis de là, ça ne veut pas dire qu’il est tiré d’affaire. Et Scott le sait aussi. La main sur son flanc lui tire un frisson qui lui remonte le long de la colonne vertébrale, mais la sensation disparaît dès que l’autre mutant enfonce ses doigts dans sa plaie. Il a beau serrer les dents, il ne peut retenir le grognement de douleur qui lui échappe. Yeux clos et tête baissée, Robb serre les poings de toutes ses forces pour empêcher son corps de bouger mais surtout, la glace de se former automatiquement pour le protéger de la douleur. Plus que la souffrance, c’est ce qui épuise le peu d’énergie qu’il avait encore. Il lutte contre un réflexe, une réaction naturelle de son corps à tout ce qu’il juge être une attaque et ça lui demande plus de force que jamais. Mais s’il ne le fait pas, Scott perdra ses doigts, ou pire encore.
Alors il se concentre sur l’autre main, enfoncée dans son flanc, celle qui ne fait pas mal mais qui l’ancre dans le monde réel, lui rappelle où il est et avec qui, qu’il est en sécurité et n’a pas besoin de se défendre. Enfin, Scott arrête de fouiller dans ses chairs et Robb laisse échapper un soupir tremblant, alors qu’il cesse de lutter. Son épaule devient translucide, faite de glace parce qu’il ne cherche plus à empêcher son corps de se protéger. « Stay with me, » lui parvient la voix de Scott et il ouvre faiblement les yeux, pour croiser les siens, cachés derrière ses lunettes. Il veut juste s’allonger, dormir, il veut juste dormir.

Les doigts claquent, le font presque sursauter. « We'll get you a medic. Stay with me, Robb. » « I’m here, I’m here, » qu’il marmonne sans vraiment s’en rendre compte. « I can still feel it. » Les mots n’ont pas tellement de sens, c’est sa voix chargée de douleur qui alerte Robb, le force à rester concentré sur Scott. « The Phoenix. It's on Earth. It's pulling at me. » Il déteste. Ce monde. La gorge du jeune homme se noue alors que l’aveu de Scott lui fait l’effet d’une gifle. Pas encore. Il croit qu’il préfère retourner dans les Limbes, plutôt que de se retrouver face à un autre Phoenix. Plutôt que de perdre encore Scott. « I know you'd do it anyway but I need to hear you say it, » Et il sait ce qu’il va lui demander. « Whatever happens, no matter how much I beg, don't let me... » Cyclops qui supplie, c’est quelque chose qu’il a déjà vu (Please, please, please, Jean, please, don’t—don’t be—you can’t be--) et Robb ne veut plus jamais voir ça. « Kill me if need be. Look at me and promise, Robb. » Il le déteste. Il le déteste tellement.
Il s’est juré de le tuer, lorsqu’il a compris que Charles ne se relèverait plus jamais. Il s’est juré de lui faire payer. Il ne l’a pas fait. Parce que ce n’est pas ce qu’il est. Peut-être aussi parce qu’une part de lui ne sera jamais capable de tuer Scott Summers. Robb lutte pour garder les idées claires et les yeux ouverts. Son regard accroche celui de Cyclops. « We went through Hell – litterally – and we survived. You took everything without flinching back there. So you’ll fight this too. I’m not a killer. Don’t turn me into a killer. » Elle est là, la promesse. Oui, s’il voit que tout est sur le point de recommencer, il le tuera.

Mais Scott a intérêt à faire en sorte que ça n’arrive pas.

La porte de la chambre s’ouvre sur un John plus propre et souriant que jamais. Il a même des vêtements neufs sur le dos, trop grands pour lui, mais ils sont propres et en parfait état. Son sourire disparaît dès qu’il pose son regard sur eux, remarque leur proximité et l’état plus que déplorable de Robb. « What did you d-- » commence-t-il mais Iceman lève une main, las. « Nothing. I need a doc, can you go see if that’s an option ? » demande-t-il et John pince les lèvres, visiblement guère enchanté à l’idée de les laisser tout seul, surtout maintenant qu’il sait que l’égratignure de Robb n’est pas qu’une égratignure – mais il aurait dû s’en douter, Robb n’est qu’un idiot, après tout. Mais un échange de regards lui suffit pour comprendre que Scott et lui n’en ont pas terminé, alors John lève les yeux au ciel et soupire, mais il quitte quand même la pièce.

Robb se lève sur ses jambes, chancèle un peu, mais parvient à trouver un équilibre précaire. Il se débarrasse des derniers lambeaux de son t-shirt et se dirige vers la salle de bain. « I need to clean that wound, give me a hand, » marmonne-t-il à l’attention de Scott. Il a besoin d’une douche, aussi, mais il n’a clairement pas l’énergie pour ça, alors il se contentera de se décrasser un maximum avant d’aller s’effondrer dans un lit.

Oh bon sang oui, un lit.

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I wondered at him, so wise and so foolish, to have lived with me all these months and not know that the worst storms break inside a man.
« We went through Hell – litterally – and we survived. You took everything without flinching back there. So you’ll fight this too. I’m not a killer. Don’t turn me into a killer. »

Je déglutis difficilement. J'hoche la tête par mécanisme, bien entendu. Je ne le ferai pas devenir un tueur. Ce n'est pas sa place, ce n'est pas qui il est. Robb est... Robb est un formidable X-Men. Un sauveur. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il est innocent, inconscient ou naïf... mais j'aimerais que ce soit le cas. C'est pour ça, peut-être, que je ne pourrais jamais être un soldat, que j'ai la trempe d'un leader. Parce que je sais que je le veuille ou non, dans noter position, on devient tous des tueurs. Et que parfois, aussi horrifiant que cela puisse paraître, ce n'est pas seulement la seule solution... mais la meilleure.
C'est pour ça que t'as tué Xavier?
C'est toi qui as tué Xavier.
I won't, ” je dis, la gorge encore serrée, d'une voix rauque, en continuant d'hocher la tête et détournant les yeux machinalement, incapable de soutenir son regard. Ma peau a encore du mal à s'habituer à l'air frais de l'atmosphère sur Terre (les Limbes étaient un Enfer, j'ai cru mourir trois mille fois de la chaleur étouffante, de la cendre; John et Robb n'étaient pas affectés, bien entendu, j'ai essayé de le leur cacher, en vain) et la température gelée qui provient de Robb dont l'épaule s'est transformée en glace, ainsi qu'une partie du torse, me rafraîchit encore plus, si bien que je m'éloigne. C'est la seule raison pour laquelle je m'éloigne, non pas parce que je me sens faible, stupide, attiré par la Force et parce que je ne peux pas supporter son regard une seconde de plus. On a tant vécu, dans les Limbes et avant, et maintenant? Et maintenant nous sommes de retour dans un monde presque normal, et il me voit tel que je le suis: non pas quelqu'un à sauver, ou un outil de survie, mais l'homme aux milles failles et aux erreurs plus nombreuses encore, et je déteste ça.
Mes pensées sont décousues par l'arrivée de John. Je n'aime pas le regard qu'il jette dans ma direction. Je vais devoir m'y habituer. Encore une fois, nous ne sommes plus les trois mutants qui devaient se serrer les coudes à cause des circonstances. Nous pourrions tout aussi bien être des étrangers maintenant.

« What did you d-- Nothing. I need a doc, can you go see if that’s an option ? » John n'a pas l'air d'approuver mais il s'en va tout de même. Je n'ai pas l'énergie pour me battre avec lui, pas ici, pas maintenant. Je suis content de ça, et m'apprête à m'allonger sur le canapé pour m'endormir et le laisser se doucher, quand Robb se lève un peu trop brusquement à mon goût. Il chancèle et je fais déjà un mouvement pour le réceptionner, aucune envie qu'il se brise en mille morceaux sur le tapis devant moi, je ne supporterai pas de le perdre après tout ça. « I need to clean that wound, give me a hand. » Je me lève sans rien dire pour le suivre, me glissant sous son épaule quand la glace recède un peu, pour le supporter jusqu'à la chambre puis la salle de bains. Elle est encore pleine de la buée de la longue douce de Pyro. C'est une baignoire, pas une douche, et je me demande comment John et pu résister à l'envie de prendre un long bain...
Inutile d'enlever le reste de ses vêtements, ils finiront à la poubelle; à la place, je lui fais enjamber le rebord de la baignoire sans prendre la peine de l'aider à se déshabiller, et s'asseoir dans le fond de la baignoire. Aucune raison d'être gêné aussi. C'est une histoire de survie. Je prends le pommeau de la douche et fais couler de l'eau sur son autre épaule, mon autre main appuyant sur la peau froide pour faire glisser la poussière, le sang séché et la cendre collés à son épiderme.
L'eau se rapproche de la plaie encore ouverte. La peau est chaude autour de la plaie, mais il arrive à réguler le reste de son corps, donc j'imagine que ça va un peu mieux, sans les éclats d'os. “ Warning, ” je marmonne quand l'eau froide arrive sur la blessure, l'eau s'insinuant dans les sillons laissés par les griffes; cette fois, il est soit plus faible, ou alors c'est plus douloureux qu'avant, mais il ne peut pas empêcher son corps de se transformer en glace. Je retire ma main juste à temps. “ Dude. ” Il y a un certain amusement dans ma voix, parce que l'eau tout autour de lui a gelé en retour et commence à agripper l'humidité de l'air, rendant la pièce glacée, les étoiles de glace remontant le long de la baignoire de laquelle je m'éloigne un peu, au cas où. “ Robb, stay with me. Breathe in, breathe out, stay with me, we need to clean that, Robb, listen to me...

Je continue à parler d'une voix douce pour le rassurer, pour qu'il cesse d'être crispé et tendu et en train de souffrir; la glace fond, ou alors récède lentement, jusqu'à ce qu'il soit de nouveau humain, complètement humain, dans la baignoire. Je m'assure que la plaie est plus ou moins propre, pour éviter une autre infection, et coupe le courant. Il est luisant d'eau et c'est suffisant, il pourra mieux se baigner plus tard; pour l'instant, il doit se reposer. Je le fais tourner sur lui-même et, sans lui demander son avis, je le fais se plier sur mon épaule et me lève, une main protectrice posée sur le creux de son dos. “ If you turn me into a Popsicle, I'll be the one to kill you, ” je grommelle, rajustant mes lunettes sur mon nez après m'être assuré que j'avais mon équilibre.
En temps normal, je l'aurais amené au lit sans mal; mais je suis faible, épuisé, choqué, horrifié, j'ai mal partout et je veux juste dormir. Je mets un temps interminable à aller jusque dans la chambre, à m'approcher du lit, à l'y allonger et à le retourner pour qu'il soit sur le ventre et que la plaie ne touche pas le lit. “ You still with me, Iceman? I can't do this without you. ” Je rabats la couverture sur le bas de son dos, évitant soigneusement la plaie. “ Rest, I'll make sure you're alright, ” je dis en m'allongeant à côté de lui, les yeux fixés sur le plafond, bien décidé à le veiller.

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Il manque encore une fois de s’écrouler mais Scott est déjà là, se glisse sous son bras pour l’empêcher de tomber et l’entraîne jusqu’à la salle de bain. Avec son aide, il arrive à enjamber le rebord de la baignoire et à s’asseoir dans le fond, non sans une grimace. Et enfin, il sent l’eau qui coule sur sa peau, la main de Scott qui chasse la poussière, le sang et les cendres, la crasse qu’ils ont ramenée des Limbes. Un soupir rauque lui échappe et il ferme les yeux, savoure d’être enfin débarrassé de toutes ces saloperies qui lui collent à la peau. « Warning, » lui parvient la voix de Cyclops et Robb sait ce qui va suivre alors il essaye de contrôler les réactions de son corps, mais lorsque l’eau froide passe sur ses plaies, la douleur le surprend quand même et il n’a plus assez d’énergie pour empêcher la glace de se former. « Dude. » Il grogne, entrouvre un œil et voit l’eau qui a gelé tout autour de lui. La pièce est glaciale tout à coup et c’est normal, il a entièrement perdu sa consistance de chair et de sang pour ne plus être qu’un bloc de glace translucide. « Yeah, I know, sorry, » marmonne-t-il faiblement. Le contrôle, il l’a normalement. Ça fait des années qu’il ne se transforme plus en glaçon à la moindre petite émotion, qu’il ne craint plus de faire du mal à ses proches par accident. Et puis, le temps passé dans les Limbes a rendu son contrôle plus précis, plus redoutable encore. Mais la douleur, la fièvre et la fatigue l’empêchent d’être aussi efficace et il ne peut pas y faire grand-chose. « Robb, stay with me. Breathe in, breathe out, stay with me, we need to clean that, Robb, listen to me... » Il écoute, se concentre sur la voix de Scott, même si ça devient de plus en plus dur de garder les yeux ouverts.
Il arrive à convaincre son corps que même si c’est douloureux, c’est nécessaire et ça ne veut pas lui faire de mal, alors la glace laisse place à la peau et Scott peut terminer ce qu’il fait. Lorsque la pièce se retrouve brusquement à l’envers, Robb a un grognement rauque, agacé et peut-être même un peu embarrassé d’être trimballé ainsi, surtout par Cyclops. Et puis il y a la main dans le creux de son dos, la paume chaude contre sa peau, qui rend tout ça encore plus gênant. « If you turn me into a Popsicle, I'll be the one to kill you, » Il n’a pas la force de rire, alors il émet juste un son étrange, alors que les coins de ses lèvres se soulèvent un peu. Yeah, right, a-t-il envie de répliquer, avant de se souvenir que Scott qui essaye de le tuer, ce n’est plus une plaisanterie si drôle que ça.

Enfin, il quitte l’épaule de Cyclops et se retrouve sur le lit, il le sait parce que c’est doux et moelleux et il avait oublié ce que c’était, doux et moelleux et il pourrait presque en pleurer tellement c’est bon. Il est encore trempé, mais les gouttes d’eau deviennent du givre que son corps absorbe aisément, le laissant enfin sec. Robb frotte son visage contre l’oreiller sous sa tête et lâche un soupir de satisfaction. « You still with me, Iceman? I can't do this without you. » « Shut up, I’m sleeping, » grogne-t-il en réponse, comme il a pu le faire tant de fois, avant, quand Scott venait le tirer du lit, quand tout était beaucoup plus simple. « Rest, I'll make sure you're alright, » Le pire, c’est qu’il sait qu’il le fera, le pire c’est que malgré tout, il n’a aucun mal de s’endormir.

Il se réveille en sursaut lorsque John le secoue doucement et le brun lâche un juron lorsqu’il manque de finir empalé par un pic de glace. Confus et contrit, Robb marmonne des excuses et écoute vaguement Pyro qui lui dit qu’il a trouvé un médecin, lance un regard en coin au mutant qui le fixe avec méfiance à présent. John promet que tout va bien, maintenant qu’il est réveillé et assez alerte pour savoir que celui qui le touche n’est pas une menace. Alors le mutant s’occupe de la plaie sur son épaule et quand il en a terminé, Robb sombre à nouveau.  

Quand il ouvre à nouveau les yeux, c’est la gorge nouée et les tripes douloureuses, avec la certitude que quelque chose ne va pas et qu’il est en danger. Son dos est à découvert et son dos ne doit pas être à découvert, toujours pressé contre un corps plus chaud que le sien, John ou Scott, et si ce n’est pas le cas, c’est qu’il en manque un et il ne peut pas en perdre un. Robb se met debout et fouille la pièce du regard avant d’en sortir précipitamment, pour se figer brusquement lorsqu’il croise un regard qu’il connaît bien, un regard qu’il ne pensait plus jamais revoir. « Yo Sleeping Beauty, » lui parvient la voix de John. Lui et Scott sont installés sur le canapé, le plus loin possible l’un de l’autre et en face d’eux se tient Charles Xavier, qui l’observe calmement. « I, err-- » bafouille-t-il. « Why don’t you put some clothes on ? » lance Pyro d’un ton morne et Robb baisse les yeux sur son torse nu et son pantalon en lambeaux. « Yeah, good idea. » Il fait demi-tour et une fois dans la chambre, voit les vêtements que John a laissés sur le lit, alors il se change et retourne dans le salon où il n’hésite pas avant de s’asseoir entre John et Scott. Le canapé est petit, alors il a les genoux pressés contre ceux de Pyro et Cyclops. A travers les vêtements, il perçoit leur chaleur, plus élevée que la sienne et c’est bien, c’est très bien comme ça. Alors enfin, il lève les yeux vers Xavier, plonge son regard dans le sien.

Il ne sait pas s’il est heureux de le voir, ou si ça lui donne envie de pleurer.

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Impossible de s'endormir sans la respiration de Robb ou de John à côté de moi. Je connais ce sentiment. C'est étrange mais c'est ainsi; encore aujourd'hui, même à l'air libre, je sais que ça va être impossible pour moi de fermer l'oeil sans les avoir à mes côtés et je me demande déjà comment on va s'arranger, vu que l'appartement n'a qu'une chambre et qu'un seul lit qui ne nous fera pas tenir tous les trois... Je ne sais même pas si on va rester dans cet appartement. Ou ce QG. Si ça se trouve, ils vont nous virer de là ou nous tuer, ça m'étonnerait pas que Logan tente un truc du genre.
Je suis épuisé mais je ne ferme pas l'oeil. Je lui ai promis que je ferai en sorte qu'il aille bien, et je me suis promis de le veiller alors c'est ce que je fais, me forçant à compter à l'endroit et à l'envers en regardant le plafond, essayant de ne pas calquer ma respiration sur celle de Robb qui s'endort profondément au bout de quelques secondes seulement. Le lit est froid, et le corps de Robb n'aide à monter la température... mais je ne bouge pas. Je n'ai que deux envies: dormir, ou prendre un bain. Mais je ne fais rien, j'attends patiemment, me répétant des théorèmes appris il y a longtemps grâce à Xavier, puis à l'université par correspondance, jonglant avec les chiffres dans ma tête jusqu'à ce que John revienne, entrant dans la pièce quand je ne réponds pas aux trois coups frappés à la porte (je ne veux toujours pas réveiller Robb, qui de toutes façons ne moufte pas malgré la légère agitation). Je me lève lentement en laissant le mutant faire son oeuvre, et m'apprête à prendre une douche en laissant la garde de Robb à John quand celui-ci m'attrape le poignet.
Je crois qu'il va me frapper. Je le vois dans son regard, pendant un instant, et la subite chaleur qui se répand le long de mon bras, me faisant grimacer. “ Let me go. ” Il me lâche, et je dois me retenir pour ne pas frotter mon poignet. “ Xavier will see us soon, ” me crache-t-il, comme si c'était des injures, au visage. “ I'm going to tell him everything. He's going to see everything anyway, ” je réponds d'un ton placide, en me reculant, osant enfin frotter mon poignet. “ If you hurt him-- ” Je pense qu'il parle de Xavier. “ Leave me alone. ” Il va réveiller Robb et laisser l'autre mutant le soigner pendant que je prends une longue douche chaude après avoir attrapé des vêtements nettement trop grands pour moi dans l'armoire.

On a pu un peu se laver, grâce à la glace de Robb, qui nous a fait survivre la plupart des jours dans les Limbes. Mais il y a quelque chose d'intensément libérateur à laisser l'eau chaude couler, couler, couler, à glisser du savon et du shampoing sur ma peau et dans mes cheveux et à juste... rester là. Pendant ce qui me semble être des heures, même si je suis trop épuisé pour rester longtemps, et finis par sortir rapidement. Il y a un rasoir électrique sur le rebord de l'évier et après une hésitation, je l'utilise pour tailler l'impressionnante barbe qui s'est développée ces derniers mois — les griffes d'abominations font des bons rasoirs, mais disons que ce n'est pas très agréable sachant que la moindre griffure peut vite s'infecter — et hésite à me raser complètement la tête avant de renoncer. Plus tard, peut-être.
Je me sens un peu plus humain quand je ressors de la salle de bains. John s'est allongé près de Robb, je lui adresse un petit hochement de tête avant d'aller m'installer sur le canapé du salon, peu désireux d'entamer une nouvelle dispute chuchotée avec lui au-dessus de la tête dormante de Robb. Je m'endors aussitôt que ma nuque s'effondre contre l'accoudoir, les bras croisés et tous les muscles tendus, peu rassurés à l'idée de dormir seul.

Quand Xavier pénètre dans la pièce, je saute sur mes pieds, instantanément réveillé et anxieux, prêt à me battre, mes mains montant presqu'aussitôt à mes lunettes pour les retirer. Elles ont tout vu, mes lunettes, mais ne se sont jamais brisées, merci Dieu. Enfin, merci Charles. C'est lui qui les a construites, il y a une éternité, dans un autre monde.
Celui de ce monde me regarde longuement. Il n'est pas exactement comme dans mes souvenirs, tout comme tous ceux que j'ai vu aujourd'hui ne sont pas exactement comme dans mes souvenirs. Il a les traits plus doux, le corps plus fin. Le regard voilé d'un chagrin impossible à décrire. “ This is you, ” dit-il simplement, après un temps interminable.
Je déglutis. “ Let me get John. ” Il semble sur le point de dire quelque chose, mais renonce; je retourne dans la chambre, et le regard que j'adresse à John parle pour moi. Il hésite un peu à laisser Robb seul mais on sera dans la pièce d'à côté, donc il finit par abandonner pour m'accompagner.

Il a un temps d'arrêt quand il est confronté à Xavier.
Puis il vrille un regard furieux vers moi, et je sens sa rage monter, et l'odeur caractéristique de l'oxygène qui s'excite, prêt à s'enflammer, m'envelopper... “ John... let me look at you. ” La voix de Xavier est si... étranglée, d'une certaine manière. Je n'ai jamais connu telle émotion chez lui, pas si ouvertement montrée en tout cas.
John non plus, vu le visage qu'il a. Il se tourne pour faire face à notre professeur et héros et sauveur. Il y a une faiblesse sur le visage de Charles, une faille. Je me demande ce qu'a fait le John de cet univers pour qu'il le regarde ainsi. Je vois la main de Xavier se lever, comme pour se poser sur la joue de John, mais finalement il nous indique juste de s'asseoir en face de lui sur le canapé qui fait place à son fauteuil. Je reste immobile jusqu'à ce que John bouge, m'asseyant à un coin et lui à un autre. Le regard de Xavier ne nous quitte pas. John est nerveux, je suis étrangement pris d'un calme total. “ Shall we wait for Robb? No. Yes. ” Je jette un regard en coin à John. Il montre les dents. “ You'd be too tempted to lie, ” dit-il, comme si je n'oserais pas face à Robb.
Hm. Il a sans doute raison. Charles a ce sourire pacifique et placide sur les lèvres. Le médiateur, le diplomate. Ce sourire m'avait manqué. “ Why don't you just tell me how-- ” Mais Robb s'est levé et débarque dans la pièce. Petit aller-retour et puis il est assis entre nous deux. Je n'ose ni le regarder lui, ni regarder Xavier, maintenant. J'observe la télévision éteinte.

Now, b- gentlemen, if you could tell me-- Start with me, ” je dis aussitôt, en regardant toujours la télévision éteinte qui grésille. “ Go through my memories. ” Je sais qu'il ne le fait quasiment jamais, même avec une autorisation expresse. Mais il doit entendre quelque chose dans ma voix.
Je n'ai pas envie d'en dire plus. Je ne dirai jamais la réalité à haute voix. J'ai tué Charles Xavier. Peut-être que c'est cette pensée qui me traverse l'esprit qui l'intrigue et le fait s'approcher. Je me penche obligeamment en avant quand il tend la main et à l'instant où sa paume touche mon front, ses doigts s'entremêlant à mes cheveux bouclés, je vois avec lui tout ce que j'ai vécu.

J'ai envie de pleurer.
J'ai envie d'hurler.
Je ne sais pas si c'est l'embarras brûlant et brillant de revoir tout ce que j'ai pu faire, en tant que Scott, en tant que Cyclops, en tant que Phoenix. Je ne sais pas si c'est la colère ou le regret ou le chagrin. Mais j'ai l'impression que je vais me briser et quand il retire sa paume, je retombe presque en arrière. J'ignore combien de temps j'ai passé en transe, à revoir tous mes souvenirs avec lui; j'ignore combien de temps j'ai été perdu.
Je le vois souvent dans mes rêves, Xavier. Il me reproche de l'avoir tué. Mais il comprend, quelque part. Il comprend les implications, il comprend ce que ça veut dire. Dans mes rêves et mes cauchemars, il finit toujours par comprendre. Il me donne raison. Je me donne raison dans mes rêves et mes cauchemars.
Mais cette fois-là, quand je croise le regard de Xavier qui ramène sa main contre lui lentement, je vois quelque chose d'horrible. Je vois le choc et la tristesse, la peur et la colère, l'incompréhension et la curiosité.
Je vois le dégoût aussi. Un dégoût manifeste et horrible.
Il était tellement fier de moi. Il comptait tellement sur moi, il comptait tellement pour moi.
Et je l'ai tué. Je l'ai tué. Je l'ai tué. Je l'ai tué.
Je l'ai tué.

Il recule son fauteuil, comme en réponse à ma supplique silencieuse.
Je me lève aussitôt et quitte la pièce comme une furie pour retourner dans la chambre et m'enfermer dans la salle de bains. Dès que le verrou est dans le loquet, je m'accroche à l'évier, en sentant déjà mes jambes me trahir et flageoler, se rompre sous moi. Il n'y a plus la buée bienvenue qui est venue après la douche, et je ne peux que regarder mon reflet, mes bras tremblants me supportant à peine. Je me détourne presque aussitôt, me laissant brusquement retomber contre le carrelage, me recroquevillant entre les toilettes et la baignoire, dans l'espace le plus étroit possible. Il n'y a pas de grottes étroites dans les Limbes, juste des immenses caves, dont il est parfois presque impossible de voir le plafond. Ça me fait du bien, un petit endroit comme ça. J'essaie de m'arrêter de trembler mais je n'y arrive pas. J'ai envie d'enlever mes lunettes et d'hurler en détruisant tout autour de moi. À la place, je les enlève et ferme les yeux, les écrase contre le talon des mes paumes jusqu'à voir des lumières sur mes paupières. J'aimerais bien que les rayons optiques me consument. J'aimerais bien n'être plus rien, un tas de cendres. J'aimerais bien avoir eu le courage de me jeter dans la lave quand je le pouvais encore, ou d'avoir laissé John me tuer.
Ils sont en vie maintenant. Ici. Et en sécurité. Ils n'ont plus besoin de moi.
Je repense à mes doigts couverts du sang de Robb. Je sens qu'ils tremblent, et je me mords le poing pour arrêter la main droite. Mes yeux clos, pour éviter de tout détruire, ne laissent pas filer les larmes. J'étouffe un gémissement contre mon poing quand on frappe à la porte. Qui que ce soit, je ne veux pas qu'il soit là. “ I'm fine. I'm fine! ” je dis un peu plus fort, d'une voix étranglée. “ I'll be there in a minute.

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« Now, b- gentlemen, if you could tell me— » « Start with me. Go through my memories. » Evidemment. Si John lève les yeux au ciel, visiblement agacé de constater qu’encore une fois, Scott se jette sans hésiter sur une nouvelle occasion de se faire du mal, Robb lui a la mâchoire qui se crispe. Il sait ce que le Professeur va voir et il n’est pas certain de vouloir qu’il sache, qu’il assiste à tout ça. C’est beaucoup trop, même pour quelqu’un d’aussi bon et sage que Charles Xavier. Mais il ne peut pas empêcher que ça arrive, alors il se contente de rester immobile. Il peut presque deviner ce que le télépathe voit dans les souvenirs de Scott au froncement de ses sourcils, à la tristesse et à l’horreur dans le fond de ses yeux. Il n’est pas celui qui voit toute sa vie défiler devant ses yeux à cause de Xavier qui fouille dans sa tête, mais les émotions qui passent sur le visage du Professeur suffisent à replonger Robb dans des souvenirs qu’il ne veut pas revoir.
Comme son mentor qui s’effondre, tué par un de ses précieux élèves, tué par Scott. Il sait qu’il n’a qu’à fermer les yeux une microseconde, pour voir le corps de Xavier dans la poussière et il sait aussi que c’est ce qu’ils viennent de voir et revoir tous les deux. Robb est presque surpris, lorsque Cyclops se lève d’un bond et disparaît dans la pièce d’à côté. Il ne s’attendait pas à ça. Très franchement, il s’attendait à ce que Scott encaisse, encore. A ce qu’il continue à fixer le vide, poings et dents serrées, impassible.

Robb avait arrêté d’espérer voir la moindre réaction humaine chez Scott. Le jeune homme déglutit avec difficultés et glisse un regard en direction de Charles, qui semble plus pâle et sonné que jamais. La gorge nouée, il accroche le regard du vieil homme. « I’m sorry, » murmure-t-il d’une voix rauque. Désolé de ne pas avoir su arrêter Scott. Désolé de ne pas avoir fait plus. Désolé de ne pas avoir pu le sauver. Désolé de ne pas avoir été assez fort pour empêcher tout ça. « Bobby-- Robb, » se corrige Xavier et le jeune homme tressaille, parce que Charles ne l’a jamais appelé Bobby, ce surnom c’était Logan qui l’employait pour l’agacer, certainement pas le Professeur. « There’s nothing you could have-- » Il se lève d’un bond lui aussi. Ce n’est pas ce qu’il veut entendre.
Certainement pas de la bouche de quelqu’un qui l’appelle Bobby, parce qu’il ne le connaît pas. « I have to— I’m gonna check on him, » lance-t-il précipitamment. Il croise le regard de John et le brun fait cette tête. La tête qui veut dire tu fais encore n’importe quoi parce que c’est Scott, tu ferais jamais tout ça si c’était pas Scott, j’espère que tu le sais, Robert Louis Drake et il déteste cette tête, alors il détourne le regard et quitte la pièce lui aussi.

Il s’arrête devant la salle de bain, hésite quelques secondes, puis ses phalanges viennent frapper la porte. « I’m fine. I’m fine ! » lui parvient la voix étouffée de Scott à l’intérieur. « I’ll be there in a minute. » Mais Robb n’a aucune envie de lui laisser le temps de tenter de se recomposer. Le givre se faufile sous la porte et de l’autre côté, il la déverrouille habilement. Le jeune homme pénètre dans la pièce et avant d’accorder un regard à Scott, referme la porte derrière lui. Puis il lève les yeux et le voit, mains tremblantes sur le visage, posture de celui qui prend conscience de ce qu’il a fait, de celui qui ne tient plus debout parce que c’est trop. Ça y est, enfin, c’est trop.
« You’re not fine, » lance Robb en s’approchant enfin. « Thank God you’re not fine. » Parce que ça veut dire qu’il y a encore de l’espoir pour Scott Summers. Il s’arrête devant lui, s’accroupit là. « I fucking hate it when you’re fine. » Parce qu’il sait que c’est faux, mais surtout, parce qu’il a besoin que ce soit faux. Il a l’impression qu’il pourrait s’effondrer n’importe quand, Scott n’a pas le droit d’aller mieux, pas après ce qu’il a fait.

Et Robb se déteste un peu plus, parce qu’il sait que John a raison de lui lancer ces regards qu’il ne supporte pas. Si c’était quelqu’un d’autre, il aurait déjà laissé tomber, parce que personne ne mérite une autre chance après tout ça. Mais ce n’est pas quelqu’un d’autre, c’est Scott. D’une main, il attrape les lunettes de Cyclops et de l’autre, le force à écarter les mains de son visage. Il ferme les yeux si fort que Robb ne peut pas s’empêcher de sourire un peu. Il ne sait pas si c’est parce que Scott craint encore de lui faire du mal, ou si c’est parce qu’il fait de son mieux pour se retenir de pleurer. « Aren’t you exhausted ? » De tout garder pour lui, de se retenir sans arrêt, de faire semblant, de ne jamais faillir. Personne ne saurait être aussi fort. Personne d’encore humain.

Il n'a pas lâché sa main.

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Je ne vais bien. Quiconque se trouve de l'autre côté de la porte doit le savoir, que ce soit John ou Robb, même si je penche plus pour la seconde solution, John s'en fiche de moi, tout comme Robb devrait s'en fiche de moi. Il devrait n'en avoir rien à foutre mais il a toujours été le premier à empêcher John de me trucider, même si parfois c'était lui qui se jetait sur moi. J'ai toujours eu une tendresse pour Robb. John était trop... inaccessible, étrange, froid, paradoxalement. Robb était différent. Robb avait toujours été différent.
Le craquement de la glace me force encore plus à me prostrer. C'est Robb, évidemment que c'est Robb, je connais ce craquement par coeur et il m'angoisse, il m'angoisse plus que tout parce que Robb ne peut pas me voir comme ça. Je m'en fous de ce que John peut bien penser de moi mais Robb, c'est différent. Ça a toujours été différent. J'imagine que j'ai essayé d'être pour lui ce que Storm était pour moi, le mutant plus âgé et pas trop, l'exemple et le modèle, le mentor et l'ami, le frère. J'imagine que j'ai essayé d'être autre chose qu'un fuck up et que, comme toujours, ça n'a pas marché.
Je me force à respirer, à ce que mes dents se détachent de la chair, laissant derrière elles des marque autour des jointures des poings, qui disparaîtront dans quelques minutes. Je me force à respirer, lentement, in and out, il ne peut pas me voir dans cet état, mes mains se plaquent sur mon visage, effacent rageusement les larmes... déjà j'entends le déclic du verrou, et la porte qui s'ouvre, et mes mains restent là alors que je ramène mes jambes contre moi, tremblant plus que je ne devrais, plus faible qu'il n'aurait jamais dû me voir.

Broken and breaking.
« You’re not fine. » Je le déteste. En cet instant précis, je le déteste, parce qu'il voit mes failles et mes erreurs de plus près qu'il ne les a jamais vues. Parce qu'il y a une dure réalité dans ses mots, parce que je n'ai pas le droit d'être faible, parce qu'il n'a pas le droit d'avoir raison. « Thank God you’re not fine. » Ce serait presque drôle. Sweet Robb, quel bon ami...! Mais je comprends ce qu'il veut dire, bien entendu. Il me veut faible, broken and breaking, pour tout ce que j'ai fais. Il veut me voir ainsi et je comprends pourquoi. Il m'a tellement méprisé, tellement haï pour mes actes, qu'il pensait, et pense encore injustifiables, violents et cruels, aveugles. Comment lui faire voir les choses telles que je les ai vues? Telles que les vois?
Puis je repense au regard de Charles qui a vu les choses telles que je les ai vues, telles que je les vois. Je repense à son regard et je ne peux pas m'empêcher de laisser échapper un petit son pitoyable de gorge, surtout que Robb s'approche, je le sens et l'entends bouger dans la pièce et je ne le supporte pas. Je pourrais ouvrir les yeux. Non. Ce serait inutile. Robb se transformerait en glace sans y penser et moi, je ne pourrais jamais me tuer avec ces rayons. « I fucking hate it when you’re fine. » Je vais jamais bien, pourtant. Je ne me souviens pas d'un seul moment de fine depuis la mort de Jean. Oh si, évidemment. Il y a eu les rires et les conversations et Emma et le pouvoir vertigineux du Phoenix. Il y a eu les naissances et les mariages et les moments d'harmonie parfaite, il y a eu les blagues maladroites de Piotr et les cris enthousiastes de Robb quand il gagnait sur un jeu vidéo contre Illyana, il y a eu les sourires chauds d'Emma et la main protectrice et rassurante de Logan sur mon épaule.

Mais il y a toujours eu la mort terrible de Jean, le début de la fin si vous voulez mon avis. La mort de Jean, ses yeux révulsés et les flammes du Phoenix léchant le ciel, son pouvoir incandescent et son regard qui ne me reconnaissait pas.
Il n'y a plus vraiment de fine, dans une vie où il y a eu l'Enfer littéral et figuratif. Je n'ai plus de souffle quand il me force à retirer mes mains de mon visage, et essaye de cacher ce dernier contre mon épaule, incapable de reprendre correctement ma respiration, soufflant par saccades, mes yeux fermés tellement hermétiquement que ça crispe et plie et froisse tout mon visage. Je suis anxieux et paniqué, je n'arrête pas de trembler et il y a la main de Robb qui m'ancre à peine dans le monde, jusqu'à ce que ses doigts s'enroulent un peu plus fermement autour des miens. « Aren’t you exhausted ? » Quand il parle, ma tête remue de tous les côtés, comme pour écouter plusieurs voix à la fois, alors qu'on est seuls, définitivement seuls, mais j'ai l'impression que Xavier écoute et que tout le monde écoute et que tout le monde sait, tout le monde sait l'embarras et la honte terrible qui me torturent, le douloureux regret autant dégoûté que fier d'avoir accompli autant, d'avoir fait quelque chose d'aussi terrible que de tuer avec mes propres mains la personne la plus importante de ma vie.
Je n'arrive toujours pas à respirer. “ I slept a few hours, ” je marmonne entre deux halètements, faisant mine de ne pas comprendre sa question, mes doigts tremblants finissant enfin de rendre leur étreinte à ceux de Robb.

Mon autre main tremble elle aussi comme une feuille quand je la lève pour récupérer ma paire de lunettes, explorant un peu l'air au niveau d'où je pense qu'il a son autre main, sans trouver; ma main trouve son cou, sa clavicule, son épaule, son bras, son coude, son poignet; mais il ne veut pas lâcher les lunettes. Peut-être qu'il aime me voir ainsi, sans mon masque, sans rien, vulnérable, à sa merci. Ces pensées m'étouffent, je vais pleurer, je peux pas pleurer, pas devant lui, jamais, je peux pas être faible, j'ai pas le choix, je suis un leader, un leader ne doit montrer ni faiblesse, ni rien, il ne demande rien, il ne supplie pas, il ne- “ My glasses, Robb, please, my glasses, ” je marmonne d'une voix chevrotante, mes doigts gourds et tremblants ayant arrêté de batailler à l'aveugle avec les siens pour récupérer mes binocles, alors que les ongles de mon autre main s'enfoncent dans sa peau sans merci. “ Robb, please. Please. ” Et puis je pleure, c'est plus fort que moi, la main qui ne broie pas dans la mienne se portant aussitôt à mon visage parce qu'en même temps que les premières larmes tombent, mes yeux s'entr'ouvrent pour les laisser passer et quelques éclats rouges s'échappent de mes orbites, instantanément absorbés à moitié par mes paupières et la paume plaquée à mes yeux.
Je pleure et je n'arrive pas à m'arrêter, essayant toujours de m'éloigner de lui, mes jambes se détendant brusquement pour le frapper, le chasser, l'éloigner de moi autant que possible; mais il reste là, il ne bouge pas, et sa main ne lâche pas la mienne.

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Ce n’est pas qu’il tient absolument à voir Scott s’effondrer. Ce n’est pas une question de vengeance, de plaisir sadique qu’il pourrait prendre à voir celui qui a fait tant de mal souffrir à son tour. Robb n’est pas comme ça, il n’est pas assez rancunier, c’est le boulot de John, ça. Non, Robb c’est celui qui n’a jamais cessé d’espérer que ses parents l’acceptent un jour alors qu’il a très clairement vu son père s’écarter pour laisser passer les types qui voulaient le tuer ce jour-là. John n’a jamais rien dit à ce sujet, mais il sait très bien ce qu’il en pense. De même qu’il n’a jamais eu rien besoin de dire concernant Scott pour que Robb sache parfaitement qu’il désapprouve. Alors non, il ne prendrait aucun plaisir malsain à voir Cyclops s’effondrer. C’est juste que Scott semble avoir versé toutes les larmes qu’il avait en réserve quand Jean est morte et depuis… depuis plus rien. Depuis il les ravale et elles l’empoisonnent. C’est aussi que Robb ne peut pas s’empêcher de se dire qu’il est passé à côté de quelque chose. Que si Scott ne lui avait pas caché tout ça, ses faiblesses, peut-être qu’il aurait su quoi faire avant qu’il ne soit trop tard. Il se dit que s’il n’était pas parti, peut-être qu’il aurait pu aider Scott à comprendre que le Phoenix ne pouvait pas, en aucun cas, représenter une solution. Nul doute que s’il pouvait voir dans sa tête à cet instant précis, John lui mettrait deux baffes pour se sentir coupable de ce qui est arrivé à Cyclops. Et probablement qu’il fait une erreur, quand il se dit qu’il serait prêt à aider Scott à porter ses multiples fardeaux, si ça pouvait l’empêcher de refaire les mêmes erreurs.
Mais Summers est une constante dans sa vie, sans laquelle Robb se sent dysfonctionnel. Et il a beau lutter contre ça, il semble toujours en revenir au même point. « I slept a few hours. » Et c’est parce qu’il serre ses doigts à son tour qu’Iceman ne lève pas les yeux au ciel et comprend que c’est la seule réponse qu’il aura. Il le regarde fouiller le vide de sa main tremblante et il sait ce qu’il cherche sans trouver, mais ne fait rien pour l’aider. Même lorsque les doigts de Scott frôlent son cou, puis tout son bras jusqu’à son poignet, il cache un peu plus la paire de lunettes dans le creux de sa main. « My glasses, Robb, please, my glasses. » Non, il ne le laissera pas les chausser sur son nez pour se parer de cette armure ridicule en espérant que ça suffise. Les ongles qui s’enfoncent dans sa peau lui tirent une grimace, mais Robb ne bouge toujours pas.

« Robb, please. Please. » Et puis finalement, elles sont là. Il a à peine le temps de les voir que déjà, Scott se couvre le visage alors que Robb sent son cœur se serrer. Il a prétendu être indifférent à la souffrance du mutant quand ils sont arrivés dans les Limbes, au début. Il l’a fait pour se convaincre que Scott le méritait et surtout, qu’il n’avait pas à éprouver la moindre peine à le voir souffrir. Il l’a fait pour John aussi, parce que la dernière chose dont il avait besoin, c’était de voir que Robb ne pouvait pas s’empêcher de s’inquiéter pour Scott, malgré tout ce qu’il avait fait. Mais Iceman n’a jamais été indifférent à la souffrance de Cyclops, ne le sera jamais.
Alors même si l’autre mutant étend ses jambes pour l’éloigner, se débat comme le ferait un enfant pour qu’on le laisse tranquille, Robb refuse de s’en aller. Il sait que Scott ne veut pas qu’il le voie ainsi, mais s’il n’y a personne pour le voir pleurer, qui restera-t-il pour lui rappeler qu’il est humain ? Il ne lâche pas les lunettes, mais son bras s’enroule autour de la nuque de Scott et il ne lui laisse pas le choix, il le ramène contre lui, jusqu’à ce que le visage du plus âgé se retrouve caché dans le creux de son épaule.

S’il ne veut pas qu’il le regarde, soit. Mais Cyclops n’a pas besoin d’un masque pour se cacher derrière avec lui parce que le pire de Scott Summers, Robb l’a déjà vu et ce n’est pas quand il pleure, ce n’est pas quand il a mal, ce n’est pas quand il ne sait plus quoi faire ni penser. Et si le gamin est tombé sous le charme de l’assurance du meneur et du mentor, Robb est resté pour l’homme caché derrière. « You’re not fine, » murmure-t-il d’une voix rauque. « But you will be. » C’est une promesse. Même s’il ne sait pas encore comment, même s’il ignore quand, même si ça paraît impossible. Mais il n’a pas dit heureux. Il n’a pas dit parfait. Parce qu’heureux s’est envolé avec Jean, parfait n’a jamais été une option. Mais un jour, ce sera peut-être juste bien et quand rien ne va, juste bien c’est plus que suffisant.

Et puis, surtout, c’est la promesse qu’il sera là pour le voir.
C’est la promesse qu’il reste, cette fois.

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« You’re not fine. But you will be. » La promesse de Robb m'arrache un autre soubresaut, un sanglot étouffé. Il a mis sa main froide sur ma nuque et j'ai eu un mouvement de recul au début, mais finalement, me presser contre lui a été un aubaine. Je garde les yeux fermés, ma main entre mon visage et son torse, pour ne pas le brûler... même si je sais que son corps réagirait avant lui, je ne veux pas lui faire de mal.
Je n'ai jamais voulu lui faire de mal. Je n'ai jamais voulu faire de mal à quiconque, je n'ai jamais voulu... tout ça. J'ai du mal à l'avouer mais j'ai été trompé, fourvoyé, assourdi par le pouvoir du Phoenix, par la force qu'il me conquérait. Je regrette avoir perdu le contrôle... et au final, les conséquences de mes actions ont été bénéfiques.
Mais à quel prix? Au prix de la mort de Xavier. Au prix d'un milliard d'années passées dans les Limbes. Au prix de Robb, qui me tient contre lui et qui supporte mon coeur qui lâche, mon corps qui tremble, qui me tient avec férocité, détermination et cette force insoupçonnée. Hier encore, il n'était qu'un gamin, ai-je l'impression, comme si les Limbes n'étaient jamais arrivées. Hier encore, nous étions tous des gamins.

Je veux plus être un mutant. Je veux plus être un soldat, je veux plus être un leader, je veux plus rien, je veux juste rester là, les yeux fermés, contre Robb, et oublier le monde. Je veux plus du monde. Je veux plus le sauver, je veux plus y vivre, je veux plus rien faire. Ma mission a été accomplie: dans mon univers... l'univers qu'on a laissé derrière nous, en tout cas, il y a des mutants de nouveau. Il y a des mutants de nouveau, Rebirth. Il y a des mutants, et Robb et John sont en vie... ils sont en vie, et ils ne méritent pas ce qu'ils ont vécu, mais ils sont en vie, ils sont vivants, le coeur de Robb bat dans sa poitrine et quand mes tremblements et mes sanglots étouffés se calment, quand je cesse de me débattre et de le repousser tout en ayant férocement besoin de lui, je peux presque les entendre, ou les imaginer en tout cas.
Ils doivent retourner à la maison. Ils doivent retourner à la maison, ils ne méritent pas ça... moi, je ne peux pas. Je ne peux pas affronter un monde sans Xavier. C'est ma punition. Je dois affronter celui où il existe, et où il sait ce que j'ai fait.
Je le dois. Je dois le repousser et me lever et l'affronter, je dois me faire pardonner, je dois, je dois...

You can't promise that, ” je marmonne, ma voix étranglée contre son t-shirt propre, mon nez toujours vissé contre ma paume, appuyée contre son torse. “ You can't- you can't just-- ” me dire des mensonges, me mentir, me promettre l'impossible, il peut pas, il a pas le droit, je peux pas, je peux pas, je peux pas, c'est impossible, je mérite pas, je sais que qu'il pense que je mérite pas. Je le sais, tout comme je sais qu'il me déteste avec autant de force qu'il me tient contre lui. Il ne comprendra jamais et ne me pardonnera jamais pour ce que j'ai fait. J'ai pensé que j'avais la force en moi de le faire pour lui, je pensais que j'avais la force en moi d'accepter mes actions, je pensais que je l'avais fait... mais le regard de Xavier... “ Let me go. Robb, let me go. We'll find- we'll find Strange... Illyana... we'll send you back, you and John. Let me go, Robb. Let me go! ” Je frappe son torse une fois. Une seconde fois. Une troisième fois. Je m'arrête. Je n'ai pas envie de lui faire mal. Je peux pas faire tout ça sans lui mais je n'ai pas le droit de lui demander de rester. Il ne le mérite pas.
Ou plutôt: je ne le mérite pas. “ I can't- I'm not strong enough- I can't go back in there, Robb.

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Robb n’est pas certain de vouloir ressortir de cette salle de bain un jour. Pas parce qu’il y est particulièrement confortable avec Scott qui mouille son t-shirt neuf de ses larmes, mais parce qu’il sait que dès que John posera son regard sur lui, il saura. Comme s’il s’était tenu dans cette même pièce et avait été en mesure de tout entendre, il lui suffira de jeter un coup d’œil à Robb pour savoir qu’il en a encore trop fait, trop dit, qu’il s’est à nouveau impliqué alors qu’il avait juré qu’il ne le ferait plus. Iceman s’en veut de comprendre ce que Cyclops a voulu faire. Ça ne veut pas dire qu’il pardonne, ni même qu’il accepte ce que Scott a fait, il n’est pas du genre à penser que la fin justifie les moyens et l’autre mutant est allé beaucoup trop loin. Mais il comprend ce qu’il a voulu faire. Il sait pourquoi il a voulu le faire et c’est probablement ça le pire, les intentions de Scott étaient bonnes. Cyclops n’a pas fait tout ça pour lui-même, dans un délire égoïste, il l’a fait pour les siens, pour l’avenir de la race mutante et Robb comprend ça.

Mais il ne peut pas lui pardonner ce qu’il a fait.
Et Scott ne peut pas se pardonner à lui-même, de toute manière.

« You can’t promise that, » lui parvient la voix étouffée du brun qui a toujours le visage caché contre son torse et Robb soupire. C’est à lui de décider quelles promesses il fait, à lui de faire en sorte de les tenir. Scott n’a pas son mot à dire là-dedans et il serait temps qu’il le comprenne. «  You can't- you can't just— »  Il serre un peu plus son étreinte, parce qu’il ne voit pas ce qu’il pourrait dire pour convaincre Cyclops qu’il pense ce qu’il vient de dire. « Let me go. Robb, let me go. We'll find- we'll find Strange... Illyana... we'll send you back, you and John. Let me go, Robb. Let me go! » Le jeune homme fronce les sourcils, mais il tient bon lorsque Scott tente de le forcer à le lâcher. Il grimace un peu, mais il ne bouge pas, il sait que Cyclops se lassera avant lui et il ne tarde pas à avoir raison. « I can't- I'm not strong enough- I can't go back in there, Robb. » Et ça, ça l’énerve assez pour qu’il écarte Scott suffisamment, pour qu’il lui attrape les poignets et l’observe durement.

Il a l’air furieux Robb et c’est peut-être une bonne chose que l’autre mutant soit forcé de garder les yeux fermés et ne puisse pas voir une telle colère sur son visage. « Shut up, » siffle-t-il sèchement. « Right now, we have no idea where are Strange and Illyana, right now, no one’s going anywhere. We don’t even know if it’s possible, » poursuit-il avec hargne. « I didn’t save your sorry ass again and again back there to watch you collapse with your own guilt. I’m not listening to you saying you’re not strong enough or whatever bullshit you feel right now. » Il a envie de le frapper, bon sang ce qu’il peut avoir envie de le frapper, quand il est comme ça.
« You don’t get to just feel sorry for yourself and take all that guilt to carry it forever and let it kill you. You can feel like shit Scott, but you can’t make it last forever. You’re going to be strong and you’re going to try, and try, and try to make it better. » Il ne laissera pas Scott abandonner, il n’en a pas le droit. C’est trop facile, de juste accepter la culpabilité et de la laisser le ronger jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien de lui. Robb n’acceptera pas qu’il fasse un truc pareil. « I know you’re tired, we’re all tired, but you’ll keep fighting anyway. » Il lâche un des poignets et sa main file dans la nuque de Scott, ses doigts agrippent les cheveux trop longs et encore humides. « Because I don’t hate you, but if you give up, I will, » crache-t-il durement.

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Il se détache brutalement, aussi vite qu'il m'a attrapé tout contre lui. Je déteste cette étreinte, je déteste la faiblesse qu'elle me fait ressentir; et pourtant, je n'ai pas envie de me détacher, brusquement, sensible à la force qu'il me communique. Il est si fort, Robb. Il force l'admiration, parce qu'il est fort — on l'est tous, à notre manière, avec nos mutations — mais surtout, qu'il est honorable. Honorable et fier et tellement... tellement meilleur que moi, tout messie que je suis, tout leader incroyable que je pensais être. Il se détache brutalement et j'ai presque un mouvement pour l'empêcher de nous séparer entièrement, que je réprime bien assez tôt. Il n'a pas besoin de savoir que j'ai besoin de lui, de sa force et de son énergie et de sa chaleur, plus encore que j'avais besoin de lui dans les Limbes. « Shut up. » La colère vibre dans sa voix, je n'ai pas besoin d'ouvrir les yeux pour imaginer l'expression de son visage. Je grimace, malgré moi, essaie de me reculer; en vain, il y a le mur derrière, et les mains de Robb autour de mes poignets, qui m'empêchent d'aller trop loin. « Right now, we have no idea where are Strange and Illyana, right now, no one’s going anywhere. We don’t even know if it’s possible. » N'a-t-il pas envie de rentrer chez nous? Chez lui? À la maison? À la maison. Quelle maison? J'ai tout détruit sur mon passage. J'ai tué Xavier (blessure au coeur). J'ai tué Xavier. J'ai tué Xavier. Je le répéterai autant de fois qu'il le faudra jusqu'à ce que ça cesse de me faire si mal. « I didn’t save your sorry ass again and again back there to watch you collapse with your own guilt. I’m not listening to you saying you’re not strong enough or whatever bullshit you feel right now. »

Mais je ne suis pas assez fort. C'est juste un état de fait. Je n'étais pas assez fort quand la Force Phoenix m'a envahi et je ne suis pas assez fort, maintenant, pour supporter toute cette douleur, les remarques de John, le regard de Xavier, cette culpabilité, nouvelle et alien, qui m'étreint et me met plus bas que terre. « You don’t get to just feel sorry for yourself and take all that guilt to carry it forever and let it kill you. You can feel like shit Scott, but you can’t make it last forever. You’re going to be strong and you’re going to try, and try, and try to make it better. » Il peut pas être sûr de ça. Il peut pas promettre ça. Pourquoi il le fait? Pourquoi il y croit? Je ne comprends pas d'où il puise cette force, d'où lui vient cette confiance en lui — et en moi. Il reste un mystère. Une force de la nature, mystérieuse et presque mystique. « I know you’re tired, we’re all tired, but you’ll keep fighting anyway. » Il lâche un de mes poignets et glisse sa main dans ma nuque et machinalement, ma main se lève en suivant le mouvement pour s'accrocher à son avant-bras, mes doigts s'enfonçant dans la peau pour trouver une ancre. Je me calme un peu, malgré moi, la peau froide de Bobby contre ma nuque, mon poignet et mes mains me permettant de me concentrer, lentement et sûrement, sur ma respiration jusqu'à ce que mes inspirations et expirations cessent d'être inégales. « Because I don’t hate you, but if you give up, I will. » Et ça, je ne le supporterai pas.

Je ne dis rien pendant un moment, me forçant à respirer, la tension sur mes paupières et dans mes épaules s'adoucissait à mesure des minutes, lentement mais sûrement, jusqu'à ce que je sois complètement immobile, mes doigts toujours enfoncés dans le bras nu de Robb. “ I just wish there was a way-- ” to turn back time. Mais c'est impossible et je le sais. Robb a raison. Je ne peux pas laisser ce que j'ai fais me détruire. À la place, je dois me concentrer sur comment réparer mes méfaits. Ça semble si simple, dit comme ça, mais je sais que ça va être complexe et douloureux, pour lui comme pour moi. “ I guess we should get back. Can I please have my glasses now, Drake? ” je demande, en essayant d'être un peu sarcastique (et de retarder l'échéance, aussi, de notre retour face aux yeux gris et acérés de Xavier...) dans une tentative minable de le faire sourire. “ You got bossy, down there. I'm not sure I like it. ” Mes doigts finissent par trouver mes lunettes, qu'il me donne, et je les enfile, ouvrant seulement les yeux quand je suis sûr de ne pas blesser Robb.
J'ai des larmes sur les joues, dont je me débarrasse hâtivement, sans cesser de le regarder. J'aimerais changer l'émotion sur son visage. J'aimerais effacer tout ce qu'il sait sur moi, sur mon passé et mon caractère. J'aimerais recommencer à zéro. J'aimerais qu'il me regarde comme avant, quand il était qu'un gamin et que j'étais le X-Men plus âgé qu'il admirait. Je donnerais tout pour retourner à cette époque-là. Je détache ma main de son bras pour la poser, brièvement, sur son épaule, la tapant légèrement maladroitement. “ Thanks, Iceman. I-- Jesus, when did you get so wise? Thank you. I don't know... ” Je ne sais pas grand chose, en toute honnêteté. “ We'll find a way home, if that's what you want, or we'll stay put, I don't know. But. Yeah. Sorry for breaking down.

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