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 KIDDO † ENDURE AND SURVIVE.

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There are a million ways we should've died before today. And a million ways we can die before tomorrow. But we fight... for every second we get to spend with each other. Whether it's two minutes, or two days... we don't give that up. I don't want to give that up. My vote? Let's just wait it out. You know we can... be all poetic and just lose our minds together.


Logan... j'ai besoin que tu ailles à l'étage. Porte ton meilleur sourire. ” Ça lui prend parfois, Charles, depuis qu'on est arrivés dans ce QG: il veut plus en sortir. C'est vrai que ce n'est pas l'endroit le plus adapté pour un mec en fauteuil roulant, mais quand même: il adore m'envoyer faire ses courses, récupérer les mutants qui ont oublié qu'ils avaient pas le droit de sortir, courir d'un bout à l'autre du QG pour exaucer quelque voeu de sa part. Je le fais, toujours, en grognant, mais je le fais. Cette fois, j'hésite. Je m'explique: c'est le milieu de la nuit et tout le monde est en train de dormir, donc ça me fait un peu chier de me tirer du lit pour aller... faire quoi, déjà? Je ne peux pas lui répondre, donc je grogne; il doit l'entendre, parce qu'aussitôt, sa voix s'impose de nouveau à moi: “ c'est très important... un mutant vient chercher refuge parmi nous. Elle vient de très loin, et elle a besoin que tu la fasses entrer et que tu l'accueilles parmi nous. ” Il y a un certain... amusement, oserais-je dire? dans sa voix. J'aurais presque envie d'aller le secouer dans son appartement pour lui dire de m'expliquer ce qui se passe; à la place je grogne, il reste silencieux, donc je m'habille rapidement en sortant brutalement de ma chambre, attrapant au passage un cigare dans mon blouson. Si j'dois aller récupérer le mutant dehors, au moins je pourrais peut-être fumer un coup, vu qu'on m'a dit que j'avais pas le droit à l'intérieur. Pour la santé et les poumons des gamins, m'a-t-on dit. Conneries.

Je grimpe rapidement le passage secret jusqu'à la cave du chalet de Tadeusz, montant les escaliers menant à la petite habitation qui sert de couverture au QG de la Confrérie. Il est désert mais on est alertés à chaque fois que quelqu'un se présent devant grâce aux caméras. Charles a été plus rapide que l'alarme, cette fois, donc j'imagine qu'il voulait un peu de calme pour le mutant, vu que la dernière fois, c'est Scott, Bobby et John qui sont arrivés... et ça a failli finir en rixe.
Bref. Tout ça pour dire que je suis du mauvais poil mais que cette histoire m'intrigue, sans compter que je sens que Xavier est toujours dans ma tête, silencieux observateur satisfait et amusé. Après avoir filé silencieusement dans le chalet obscur, je déverrouille et ouvre la porte d'entrée.
Y'a une gamine et un cadavre.

Logan, je te présente Laura. Elle a besoin de notre aide. ” Je regarde la gamine. Elle est vraiment jeune. Elle me regarde d'un air défiant, mais je suis plus intéressé par le cadavre. Pas la peine de faire comme si elle était en vie: je sens déjà que ça fait déjà quelques heures que son coeur a cessé de battre. Je me demande comment une gamine si petite et aux bras si fragiles a pu traîner cette masse jusqu'en haut de la falaise.
La froide détermination dans son regard me rappelle quelque chose. Il y a des airs de désespoir dans ses yeux. “ Laura? ” je grogne, comme si il y a avait quelqu'un d'autre aux alentours. “ C'est qui? ” Une chose est sûre: je vais pas la laisser traîner le cadavre à l'intérieur. Je m'avance de quelques pas, me souciant peu de l'obscurité ambiante, pour mieux observer la nouvelle venue et son lugubre compagnon. C'est une femme, mexicaine peut-être, latine en tout cas. Ouais, j'estime que ça doit faire plusieurs heures qu'elle est morte. Une nuit, peut-être. “ Tu l'as tuée?

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Trois semaines, dix, seize jours. Je sais même plus quel jour on est, quelle heure il est. Je suis fatiguée, épuisée, exténuée, déprimée. Je viens de perdre la personne la plus chère à mes yeux, je sais pas où je vais, ce que je vais faire. J'ai peur, je tremblote, son corps frêle contre le mien. Elle est morte, je le sais bien. Son coeur ne bat plus, elle ne respire plus, ne bouge plus, elle est gelée et toute pâle mais je ne pouvais pas la laisser n'importe où. Elle méritait mieux que ça, personne ne mérite de rester dehors comme un chien crevé. Quand je la regarde, quand je lui adresse un petit sourire discret comme si j'avais envie de lui dire "eh, regarde, grâce à toi on a trouvé un refuge", elle ne me répond pas. J'ai l'impression que c'est de ma faute, j'ai l'impression que j'aurais pas dû sortir des laboratoires. Je m'en veux.

J'ai escaladé cette foutue colline avec difficulté pendant un très long moment, écoutant cette voix d'homme qui s'adressait à moi mais à laquelle j'osais à peine répondre. Même si je l'écoutais, même si je suivais ses instructions, je me demandais si je pouvais lui faire confiance. Durant des années, j'ai laissé des scientifiques jouer avec mon corps, m'implanter des liquides verts étranges, des puces bizarres... J'étais faible, je ne savais pas ce qu'ils faisaient de moi et ça ne m'étonnerait même pas de me rendre compte qu'ils étaient en train de prendre le contrôle de mon corps.

J'apparais devant l'entrée de ce qui semble être un chalet. La voix dans ma tête me confirme que je suis bien arrivé à destination et qu'un homme va venir m'ouvrir, m'accueillir et me souhaiter la bienvenue. Mon cœur se serre un peu plus dans ma poitrine alors que je referme mon emprise sur Gabriella dont le regard n'a pas bougé, dans mes bras. Je ne sais pas ce que je vais faire d'elle, je ne sais pas ce qu'il va se passer. J'ai jamais eu à gérer une mort, ni une vie d'ailleurs.

Puis la porte du chalet s'ouvre enfin. Je grelotte, il fait affreusement froid là-dehors, mais je fais comme si de rien n'était. Il ne faut jamais paraître faible devant les autres. Je fixe froidement l'homme largement plus âgé que moi. Cet homme ? Il ne m'inspirait pas confiance, il me faisait même un peu peur. Pourtant, je ressentais quelque chose quand je le regardais, j'avais cette impression de déjà-vu. C'était bizarre. "Laura ?", il connaissait mon prénom. J'hochais simplement la tête sans pour autant le lâcher du regard, soulevant un peu Gabriella qui commençait à me glisser des bras. La pauvre. "C'est qui ?" me demandait-il curieusement, son regard posé sur la jeune femme que je serrais contre moi, mes mains recouvertes de sang. "Un amigo... una enfermera." je lui soufflais. Je savais bien qu'il me parlait anglais. Je parlais aussi cette langue, mais j'avais largement plus de notions d'Espagnol que d'Anglais, langue avec laquelle j'éprouvais encore quelques difficultés.

Je fis un, deux, trois pas vers lui, je le regardais toujours avec ce regard froid, coléreux qui pouvait s'avérer repoussant. Je n'étais pas une méchante fille, c'était juste... dans ma façon d'être, dans mon caractère. Je ne me fiais que très peu, voire pas du tout aux inconnus. Je me doutais que ça le ferait probablement rire, lui. Mais j'm'en tape. "Un mutante... Un mutant l'a tuée. Elle a besoin d'aide." Je commençais en espagnol mais je me rectifiais, réalisant à quel point ça pourrait être compliqué à comprendre pour lui. Je m'adressais à lui avec mon petit accent espagnol dégoûtant, essayant de prononcer correctement ces mots qui, je le savais, étaient corrects.

"Por favor." Je fis un pas de plus, je lui faisais face, j'étais juste à ses pieds, ma tête levée pour le regarder dans les yeux, mais cette fois-ci avec ce regard que toutes les gamines devaient probablement utiliser pour avoir la dernière poupée sortie en magasin. Ce regard que j'utilisais pour le supplier de m'aider. Mierda, qu'est-ce qu'il me faisait peur.

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Elle commence à me parler espagnol, et je la regarde en attendant qu'elle comprenne que je suis pas mexicanos et que je parle l'anglais moi, merde, je suis canadien, j'ai l'air de quoi? Amigo, ça va, j'ai compris, ça veut dire ami, hombre, hasta la vista, une dos tres, OK. Le reste... Je m'approche d'un autre pas, sur mes gardes. Si la gamine a été amenée télépathiquement par Charles, je me doute bien qu'elle n'est pas dangereuse — enfin, hostile en tout cas — mais il y a un truc dans son regard qui me fait douter, qui me fait avancer lentement, sur mes gardes et mes appuis, prêt à sortir les griffes si besoin. Elle est petite et toute frêle, c'est une gamine après tout, mais je sais mieux que quiconque que l'on doit toujours se méfier des mutants, aussi petits et misérables soient-ils. Je me doute bien que c'est une mutante: autrement, pourquoi Chuck l'aurait-il amenée ici? "Un mutante... Un mutant l'a tuée. Elle a besoin d'aide." OK donc elle n'avait pas toutes ses neurones. “ L'est morte. Rassure-toi, elle n'a plus besoin d'aide. ” Je parle plus lentement que d'habitude, essayant de prononcer toutes les syllabes correctement en adoucissant un peu mon accent. Celui avec lequel parle la petite gamine me dit bien que sa langue préférée n'est pas l'anglais, et je veux bien qu'elle comprenne que fatalement, avoir traîné le cadavre jusqu'à ici l'a plus desservie qu'autre chose. Elle aurait mieux fait de le brûler et de l'oublier plus tôt, son amigo. Amiga? Non, elle a dit amigo. "Por favor."
Por favor. Please. Elle est tellement petite, réalisais-je. Tellement petite, et pas aussi frêle que je l'aurais pensé: il y a aussi, dans son regard, cette qualité indescriptible que l'on retrouve parfois chez certains jeunes mutants, ceux qui ont été livrés à eux-mêmes pendant trop longtemps. Quel âge a-elle? Dix? Onze ans? Elle n'est pas plus vieille que ça, en tout cas. Elle est toute petite, et me regarde d'en-dessous avec une expression sombre, ses sourcils légèrement froncés. “ Bouge, ” je finis par grogner avant d'avancer vers l'enfermera je sais pas quoi.

Ouais, bien morte. Je la prends tout de même dans mes bras, fronçant le nez machinalement — il n'y a rien d'agréable à transporter ainsi un cadavre, croyez-moi, surtout quand il a été mis à mort violemment — avant de l'emporter à l'intérieur, m'arrêtant sur le seuil de la porte pour adresser un regard à la gamine. Et puis Charles, qui jusque là observait silencieusement, enfin: “ sois patient. ” Fils de pute, c'est simple à dire depuis le fond de ton lit. “ Tu viens? Je vais pas attendre trois plombes, ” finis-je par lancer à la gamine dans un grognement bourru, avant de m'avancer dans le chalet sans vérifier si elle me suit ou non; de toutes manières, si elle veut voir ce que j'allais faire de son amigo, il va falloir qu'elle m'emboîte le pas.
Inutile d'aller bien loin et de transporter le cadavre jusqu'au QG, on n'en a aucune utilité. À la place, je commence à fouiller ses poches. J'aurais pu le faire dehors, mais je veux que la gamine soit à l'abri du froid, et le cadavre est un peu comme une carotte pour elle, genre un appât, laissez-moi, ça fait longtemps que j'ai pas pêché. J'ignore combien de temps elle a passé dehors, cette nuit ou avant, et je ne veux pas qu'elle tombe malade. Manquerait plus que ça! Charles va me tuer si elle attrape un rhume, je le sens déjà. Quand finalement, la gamine me rejoint dans la salle principale du chalet, je suis à genoux à côté de l'amigo en train de retourner ses poches, ce qui ne sembla pas trop lui plaire. “ Ça fait combien de temps que tu voyages? Montre moi ton sac. Et puis, après un temps de retard, comme pour lui inspirer confiance: Laura.

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Parfois, Gabriella me racontait sa vie, du moins les quelques moments de vie qu’elle avait lorsqu’elle ne traînait pas dans les laboratoires. Elle m’en parlait pour faire passer le temps, pour m’aider à m’endormir, pour essayer de me mettre en confiance plus que je ne l’étais déjà. Ses anniversaires, ses soirées pleines d’alcools avec ses copines, la gueule de bois, les frissons, l’énorme mal de crâne et l’absence d’envie de faire quoi que ce soit le lendemain matin, quand elle était censée travailler. Eh bien croyez-le ou non, j’étais dans le même état à l’heure actuelle, avec l’alcool dans le sang en moins bien entendu. J’avais froid, très froid. J’étais fatiguée, je frissonnais comme personne et qu’est-ce que j’avais envie de pleurer. Je venais littéralement de passer les pires semaines de ma vie, et je peux vous dire que quand on a passé sa vie enfermée dans une cellule, c’est dur. Avec Gabriella, on a passé notre temps à courir, à nous cacher, à devoir enlever les putain de bâtons qu’on nous mettait dans les roues. J’aimerais dire que je préférais quand j’étais enfermée parce que j’étais logée et nourrie mais j’aime aussi ces nouvelles choses que je suis en train de découvrir. Le ciel, le vent, l’herbe, la pluie, les oiseaux… J’ai tellement vu, tellement découvert depuis que je suis sortie que je ne sais même pas par où commencer. Je suis en train de découvrir le monde.

Je l’observe attentivement, ne connaissant pas vraiment ses intentions. Puis il s’approche de moi, me grognant de bouger de son chemin. Du calme, papy. Je ne souffle pas, je me retiens en tout cas, totalement amusée mais aussi dérangée par la façon dont il se conduit avec moi. Monsieur s’est levé du mauvais pied ?

L’homme me prend Gabriella des bras, et je peux voir qu’il a clairement moins de difficultés de moi à la porter. C’est pas compliqué en même temps quand on voit sa carrure qui est loin d’être comparable à la mienne. Il a des muscles, des énormes bras. Moi, j’suis aussi fine qu’un stylo bic. Est-ce qu’il compte l’emmener à l’intérieur pour s’occuper de sa dépouille, est-ce qu’il veut juste m’en décharger ? No sé ! « Si. Je dois l’enterrer. » Elle n’a plus besoin d’aide ? J’ai bien conscience qu’elle n’est plus vivante, qu’elle n’a plus aucune chance, merci. Mais c’est pas un animal, j’allais pas la laisser allongée au milieu de nulle part pour se faire bouffer par ces vilains oiseaux noirs.

J’ai rencontré quelques humains, de vraies personnes avec des sentiments depuis mon évasion. Des femmes, des hommes, des vieux, pas des médecins ou autres, et je me pose de vraies questions à leur propos. Pourquoi sont-ils toujours sur la défensive, pourquoi ils parlent sans arrêt comme s’ils avaient un couteau sous la gorge, comme si leur temps était compté ? Passez onze putain d’années enfermés dans une cellule à vous ennuyer, on verra si vous aurez toujours cette attitude de merde.

Je te suis, pas besoin de me faire de remarques à la con. « T’inquiète pas. » je me soupire à moi-même, suivant l’homme et le cadavre à l’intérieur. Tant qu’il a Gabriella, je ne le lâche pas des yeux. Je ferme la porte du chalet derrière moi puis je m’approche d’eux. Il est en train de lui fouiller les poches. Quoi, t’as peur qu’elle fasse semblant d’être morte et qu’elle sorte tout à coup un flingue magique de sa poche pour t’exterminer ?
Je me jette sur eux, retirant immédiatement sa grosse main hideuse de ses poches qu’il venait déjà de vider. Grognant comme un animal sauvage (quelque chose que je sais très bien imiter, de ce qu’on m’a dit), j’essayais de le repousser, de lui faire comprendre que j’étais pas là pour rigoler même si, du haut de mes 1m20 je ne lui faisais probablement pas peur. « Touche pas ! » Je reprenais Gabriella dans mes bras puis reculais de quelques pas, la reposant à terre, juste derrière moi, j’allais m’en charger à partir de là. Pas besoin d’une grosse brute pour porter quelqu’un.

On m’avait promis un endroit où je pourrais me reposer, où je serais tranquille et j’avais déjà l’impression de m’être prise une grosse carotte. J’étais pas prête de retrouver un lit bien chaud et je m’en doutais. « Pourquoi ? » Mon sac. Il voulait me piquer mes affaires, voir si j’avais peut-être une arme ou une autre connerie du genre. Mis à part un peu de bouffe, deux balles en plastique et un vieux lecteur MP3, il était vide. Je ne lui répondais pas, il insistait et se mettrait sûrement à hurler encore une fois parce que monsieur est un adulte et qu’il a le droit de faire des caprices sans que ce ne soit relevé. « Tiens. », je penche mon épaule pour délicatement m’en décharger puis brutalement lui jeter au visage. « Y a rien à toi dedans. Pas touche. »

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« Touche pas ! Oh putain! ” je grognais en réponse, agacé par son comportement de petite fille sauvage. Elle ressemblait à un petit animal sauvage, indompté et indomptable, me regardant avec une paire d'yeux vicieux trop noirs et des dent qui pourraient bien trop vite se transformer en crocs. Il y a quelque chose de sauvage chez cette gamine, qui ne manque pas de me rappeler qui j'étais avant de rencontrer Xavier — à cette pensée, j'entends l'handicapé s'amuser dans mon esprit, sans pour autant m'expliquer: il a toujours aimé les mystères, et si il fait ça, je sais que je découvrirai bien assez tôt la source de son hilarité —, perdu et sauvage et prêt à être sauvé. Sauf que j'étais déjà un homme fait, quoiqu'amnésique; là, c'est une gamine que j'ai sous les yeux. Juste une petite gamine, les traits creux et le regard hanté par des choses qu'elle n'aurait jamais dû voir. Elle écarte l'infirmière de moi et je roule des yeux, agacé, la laissant faire pourtant. Très bien. Très bien! « Pourquoi ?C'plutôt à moi d'te demander pourquoi je devrais t'faire confiance. ” Parce que j'ai appris, surtout ces derniers semaines où il a commencé à perdre la boule, que Xavier n'avait pas toujours la (bonne) réponse à tout. Il avait des défauts, comme chacun d'entre nous, et parfois des gros. Sa quête éternelle de la paix avec la Confrérie, par exemple... il était un idéaliste, et je ne serai pas surpris qu'il ait ramené ici un mutant perdu et dangereux dans l'espoir de le faire virer de bord.
Moi, je n'accepterai jamais ça. Il n'était pas question que je laisse une bombe ambulante rentrer dans la maison où les enfants dormaient.

File moi ton sac! ” je répétais et enfin, elle obtempéra, me le lançant presque au visage. « Tiens. Y a rien à toi dedans. Pas touche. » Je grogne comme toute réponse, retournant le sac parterre sans aucune forme de pitié, laissant les deux balles rebondir, la bouffe emballée tomber et le vieux lecteur MP3 finir par terre dans un bruit sourd. Y'a un comic, aussi. Qui date de plusieurs années, d'après le style. X-MEN. Un tissu de conneries. Je grogne encore plus fort en le voyant, renvoyant le sac, désormais vide, à la tête de la gamine, Laura, avant de me pencher pour m'emparer de la BD, allant vite à travers les pages pour les observer.
Nos visages sont différents, et nos noms et les histoires sont tirées par les cheveux et c'est stupide. On en a entendu parler, ça a commencé après Alcatraz, il y a toutes ces années, mais ça n'a jamais été un mouvement suffisamment important pour nous mettre vraisemblablement en danger. Je suis.... surpris, pour être tout à fait honnête. Ça me fait bizarre. Ça me rappelle aussi pourquoi on se bat. “ C'est des conneries, tout ça, tu sais, ” je dis, sans pouvoir lâcher des yeux les dessins caricaturaux avant un long moment, laissant ensuite retomber sans vergogne le comic au sol. “ C'quoi ta mutation? C'est Charles qui t'a conduit jusqu'ici, hein? Foutu Chuck. P'tain. Tu sais que ça sert à rien de l'enterrer, ta mignonne, elle s'en fout, elle est morte, autant la laisser dehors, on la foutra au feu demain. Elle t'entend plus, de là où elle est. Elle est partie pour de bon. Tu piges c'que j'te dis?

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Il y avait quelque chose chez lui qui me semblait familier, j’avais l’impression de le connaître, mais d’où ? J’avais passé onze années enfermée, et c’était clairement pas un infirmier ou un scientifique ce mec… Je sais pas, peut-être que je me trompais. En tout cas, il me rappelait vaguement quelque chose, quelqu’un. Ce caractère de merde, cette agressivité… Il m’énervait. Si j’étais pas venue ici puisqu’on m’avait invitée, je l’aurais sûrement déjà tué. Ouais, un monstre. C’est ce que j’ai toujours été. Une petite bête qui plante ses griffes dans tout et n’importe quoi, parce qu’on l’énerve, parce qu’on lui dit des choses qu’elle ne veut pas entendre… parce qu’elle a peur. En suivant cette vieille voix dans ma tête, je ne m’attendais pas à trouver un trésor. Je pensais pouvoir trouver un endroit où passer la nuit, un refuge où je pourrais rester cachée l’espace de quelques jours avant de filer à nouveau. Mais non. Je m’étais visiblement trompée puisqu’on me provoquait encore une fois. Un homme de trente ou quarante ans de plus que moi.

Pourquoi est-ce qu’il voulait mon sac ? Il me pensait armée, il croyait que j’étais un danger pour lui ? Si je voulais cacher quelque chose, je ne le cacherais sûrement pas dans mon sac… Franchement, quelle cachette débile. « T'es quoi, un mutant ou un agresseur de petites filles ? T'as envie de me voler mes affaires ? »  Je le fixais, me retenant de grogner. J’avais pas ressenti autant de haine envers quelqu’un depuis que j’avais découverte Gabriela morte, pour vous dire… J’aurais pu me débrasser de lui, repartir. Mais, je sais pas, j’avais envie de suivre les instructions que cette voix dans ma tête me dictait, quitte à me faire piéger. J’avais confiance en elle sans vraiment savoir pourquoi. Le barbu a vidé mon sac, laissant mes deux balles rebondir, ma nourriture emballée s’étaler sur le sol, mon lecteur tomber à terre puis… mon comic, celui que je lisais à ce moment-là. J’avais une connexion mais j’ai pas pu la prendre lorsque j’ai fui. J’ai toujours adoré les X-Men, parce que même si ce n’était que de simples personnages de bandes-dessinées pour moi, ils étaient aussi comme moi, ils étaient ma famille en quelques sortes. J’avais une famille.

J’attrapais immédiatement le sac alors qu’il me le lançait en pleine figure, grognant brièvement. Je l’écoutais me dire que toutes ces histoires étaient fausses. Des conneries, des bêtises, des âneries, rien de vrai. Sans déconner ? Je sais ce qu’est une bande-dessinée, et sur celle-ci, c’était pas écrit qu’ils racontaient des histoires vraies… Alors oui, je m’attendais à de la fiction en les lisant. Merci Einstein. Je ne lui ai pas répondu. « C'quoi ta mutation? C'est Charles qui t'a conduit jusqu'ici, hein? Foutu Chuck. P'tain. Tu sais que ça sert à rien de l'enterrer, ta mignonne, elle s'en fout, elle est morte, autant la laisser dehors, on la foutra au feu demain. Elle t'entend plus, de là où elle est. Elle est partie pour de bon. Tu piges c'que j'te dis ? »  J’avais l’impression de subir un interrogatoire, et je détestais ça. Je voulais parler à l’homme qui se trouvait dans ma tête, pas à cette brute. « C’est toi qu’on va foutre au feu. » je lui lançais, évitant ses premières questions tout en jetant mon sac derrière. « Je veux parler à Charles. Pas à toi, retourne te coucher, papy. » Je lui faisais encore et toujours ces yeux méchants, ce regard que je savais mieux faire que personne. « On m'avait promis un meilleur accueil. »

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« C’est toi qu’on va foutre au feu. » Je grognais légèrement, levant les yeux au ciel dans un mouvement exagéré, espérant que ma barbe bouffe suffisamment mes joues pour qu'elle ne puisse pas voir le léger sourire qui apparut pendant quelques battements de coeur sur mes lèvres. Qu'elle essaie! Même si elle était une mutante à la force décuplée, je la verrai bien essayer, elle est toute petite, elle me fait pas peur. C'est une gamine, juste une gamine. Pourtant elle parle avec assurance et hostilité, avec quelque chose de violent et de sûr dans la voix. Elle a vu trop de choses pour son jeune âge. Je comprends pourquoi Charles l'a menée jusqu'ici... « Je veux parler à Charles. Pas à toi, retourne te coucher, papy. » En parlant de lui. Il a vraiment un soft spot dans son coeur pour les petits choses brisées. Wait, est-ce qu'elle vient de m'appeler papy? Fils de pute. « On m'avait promis un meilleur accueil. » Je ne peux pas m'empêcher d'aboyer un long rire qui résonne dans le petit chalet où on se trouve. Y'a toujours le cadavre de l'infirmière dans un coin. Va falloir s'en occuper de ça, apparemment, la gamine veut pas juste s'en débarrasser proprement. Fait chier, on va devoir l'enterrer. On le fait maintenant ou on le fout au frigo en attendant le lendemain matin. “ Logan. ” Fait chier. “ Désolé gamine mais c'est moi le comité d'accueil, deal with it! ” que je lui ris au visage. Sans doute qu'elle s'attendait à mieux, et sans doute qu'elle n'aura pas le droit à grand-chose d'autre que ma mauvaise humeur, mon comportement brusque et sauvage et mon agacement de tous les instants.

Bon tu sais quoi? Chuck veut qu'on enterre ta mama donc on va faire ça puis on va te trouver un lit et te faire un p'tit chocolat chaud, les mômes, ça aime les chocolats chauds non? ” Je me fous de sa gueule bien entendu. Tout le monde aime les chocolats chauds. Même moi. Mais j'aime bien être condescendant pour faire genre je n'aime pas les gamins mutants, genre je ne m'attache pas à eux, genre ils ne sont pas les êtres les plus importants sur terre à mes yeux. “ T'as pas froid, hein? Mais nan, t'es forte, t'as pas froid, allez, on va se trouve rune pelle, creuser un p'tit trou pour ta mama et on n'en reparle plus. Après j'te mènerai à Chuck, lui aussi a envie de te voir apparemment. ” Je devrais sans aucun doute être plus sympa avec elle mais quelque chose m'intrigue chez elle, me dérange, au plus profond de moi. Elle est familière mais je ne l'ai jamais rencontrée, ça j'en suis sûre. Peut-être sa mère? Nan, sans doute pas. Mais ouais y'a un truc qui me dérange, dans son comportement et il y a aussi un truc dans son regard. Elle me fait penser à Shane, bizarrement. Mais d'une manière qui me met pas du tout à l'aise. Je suis sûr que Charles sait comment et pourquoi mais que, comme d'hab', il garde ses mystères pour lui. Pourquoi il est comme ça? Mystérieux mais sage mais pas du tout helpful. “ Pour la nourriture t'en fais pas, on en a la balle en bas. On te nourrira à ta faim. ” Elle a l'air un peu mal nourrie, pauvre gamine. Je me dirige de nouveau vers le cadavre, dans l'optique de m'en emparer... avant de la regarder, mes yeux sombres et intenses dans le clair-obscur du chalet. “ Tu veux le faire toi-même? ” Ma voix est un peu plus douce. MERDE. Je commence déjà à m'attendrir. Fait chier.

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Dernière édition par Logan Doe le Jeu 8 Juin - 16:56, édité 1 fois
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J’ai faim, j’ai froid, j’ai sommeil mais on a décidé de m’envoyer un petit rigolo, un emmerdeur qui me donne encore plus envie de dormir. Les adultes sont pas censés être plus sympas avec les enfants ? C’est ce que me disait Gabriela avant, mais je me suis vite rendu compte que c’était pas réel. Quand on est sympa, on enferme pas une gamine contre son gré, on lui fait pas subir un tas d’examens débiles, on la force pas à faire des choses qu’elle ne veut pas faire. Les adultes sont censés être ceux qui doivent nous rendre la vie facile, nous aider à grandir et à être de meilleures personnes… c’est ce qu’elle disait Gabriela, un beau tas de conneries sorties de sa bouche ça, encore. C’est la seule personne en laquelle j’ai eu confiance jusque-là, et je pense pas réussir à m’attacher autant à quelqu’un que je l’étais à elle. Tous les autres gamins sont fans des mutants, ils les adorent et rêvent d’en voir, de pouvoir parler à certains d’entre eux… Mais bon sang, qu’est-ce qu’il y en a qui sont têtes à claques. Le barbu que j’avais devant moi, si j’étais libre de mes mouvements, si j’étais pas livrée à moi-même là-dehors et que je pouvais me passer de cet abri qu’on m’offrait, je lui aurais foutu deux, trois coups de griffes dans la poitrine et ça aurait été réglé. Bon, il a l’air balèze, mais ça ne change pas le fait que j’avais envie d’en terminer là avec lui. J’ai soupiré quand il m’a répondu que c’était lui qui était chargé de faire mon accueil… merci. Soit il est tout le temps d’humeur à emmerder le monde, soit je l’ai réveillé en pleine nuit et il a pas trop aimé ça. J’aurais aimé que ce soit la seconde option.

« Tu me montres enfin ton côté simpatico. Si seulement le reste suivait… », un chocolat chaud et un lit ne sont pas des choses qu’on peut refuser, surtout pas dans mon état, dans ma situation. Habituellement, j’ai pas à me poser ce genre de questions : où est-ce que je dors ce soir, qu’est-ce que je mange, qu’est-ce que je vais faire… ? Parce que tout est planifié pour moi. Je suis un monstre, une machine qu’on contrôle. Mais plus aujourd’hui, ils ont perdu ma trace et j’espère ne jamais retourner dans ces chambres, ces cellules affreuses. « J’ai pas froid, merci de t’en soucier. » C'était pas forcément vrai, mais bon. Je grognais puis m’approchais du corps de mon infirmière pour la regarder, j’avais l’impression que ses yeux me fixaient… putain, la mort, y a rien de plus affreux. J’écoutais le vieux me dire qu’il avait de la bouffe en bas, que je pourrais manger selon mes envies et bizarrement, j’ai soupiré de soulagement. J’allais pouvoir me remplir mon petit ventre avant d’aller au lit, et y a rien de mieux à faire.

À genoux près de Gabriela, je me retenais de pleurer. J’avais bien trop de choses en tête, j’étais trop crevée… j’avais pas envie de pleurer, j’avais juste envie d’en finir et de lui dire au revoir. J’ai posé mon doigt sur ses paupières pour les refermer, je n’arrivais pas à supporter son regard sur moi. Je la savais morte, partie pour toujours mais j’avais l’impression qu’elle me regardait, qu’elle me jugeait pour mon comportement, mon caractère qu’elle ne supportait pas mais qu’elle comprenait vis-à-vis de mon passé, de la vie que je vivais. « Je m’en occupe. » je lui ai répondu d’un ton neutre, pas énervée mais pas calme non plus. J’ai passé un bras derrière sa nuque, un autre sous ses jambes puis je l’ai soulevée comme une simple peluche, me relevant sur le coup pour faire face au mutant. « Je veux l’enterrer dans un endroit calme, près d’un arbre. » Je sais que c’est ce qu’elle aurait voulu. Le lendemain, je serais allée lui amener des fleurs, des roses comme elle les aimait tant… Putain, Gabriela, qu’est-ce que tu me manques.

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« Tu me montres enfin ton côté simpatico. Si seulement le reste suivait… » Je me contente de renifler en levant les yeux au ciel. Je comprends pas pourquoi Xavier n'a pas envoyé Ororo à ma place parce qu'il sait bien que je déteste les jeunes mutants récalcitrants, et que je déteste aussi être réveillé au beau milieu de la nuit. J'ai besoin de mon sommeil de beauté! Mais d'un autre côté... pff, autant qu'elle m'agace, cette gamine, j'avoue que j'ai été un peu dur avec elle. Elle a l'air si jeune, elle mérite pas d'être là, d'être arrivée ici comme ça en tout cas. J'aurais mieux aimé la trouver avant, avant qu'elle n'ait à se traîner avec le cadavre de sa mère pendant whatmille miles. « J’ai pas froid, merci de t’en soucier. Bien. ” Inutile de se chamailler encore plus. Je suis fatigué, j'ai envie de retourner me coucher, et il est grand temps de finir les conneries. La pauvre gamine doit être affamée et certainement terrifiée. Je le serai à sa place.

Elle s'approche du cadavre et moi je dis rien, l'observe. Y'a un truc chez elle, et j'arrive pas à mettre mon doigt dessus. Mais je suis attiré par elle. Plus que les autres, bizarrement, (et c'est beaucoup dire) j'ai envie de la protéger. « Je m’en occupe. » Je reste immobile alors que je sens son émotion, quasiment palpable dans la pièce, sans rien dire quand je la vois passer ses petits bras sous le corps mort de sa mama, pour la soulever. Étrange vision que cela, mais j'ai vu plus étrange encore. « Je veux l’enterrer dans un endroit calme, près d’un arbre. » Près d'un arbre. Évidemment, elle pouvait pas l'enterrer sur le pas de la porte. Putain. “ Il va falloir marcher, ” je la préviens. Cette perspective ne m'enchante pas, mais que je devrais-je lui dire? que j'ai la flemme? que je ne respecte pas ses souhaits? Je pince des lèvres, avant de rouvrir la porte du chalet, ignorant le froid pour aller dans la réserve du propriétaire, aller récupérer deux pelles que je pose sans mal sur mon épaule. “ Par là, ” je dis simplement pour qu'elle me suive. Il fait nuit et il fait froid et pourtant je ne commente rien, ni ne me plains, la laissant dans ses pensées alors qu'elle transporte le corps de l'adulte qui a veillé sur elle jusqu'à l'arbre le plus proche qui se trouve à une poignée de miles du chalet isolé.

Quand on arrive à la zone que j'avais en tête, mes muscles se sont endormis à cause du froid et je me sens étrangement très conscient de tout ce qui se passe autour de nous. L'endroit est désert et il y a effectivement une poignée d'arbres. Je lance une des pelles à ses pieds, avant de poser le bout de la mienne sur le sol, la tenant à bras tendus. Je ne l'aiderais que si elle me le demande. Mieux que quiconque, je peux comprendre la nécessité de faire quelque chose tout seul. “ T'es en sécurité ici, ” je lui dis brutalement. “ Avec nous. T'es en sécurité. ” Elle m'agace et elle fait chier à venir au milieu de la nuit, mais je veux qu'elle sache pas. Que nous, elle n'aura pas besoin de nous enterrer et qu'on sera là pour elle quoiqu'il arrive. On est tous des mutants après tout. “ C'est ce qu'elle aurait voulu, ” je dis en désignant le cadavre d'un coup du menton, “ non?

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Je la tenais là, contre moi. Cette femme qui avait tant pris soin de moi durant toutes ces années, qui m’avait couverte comme pas possible et qui s’était prise des sanctions pour m’avoir parfois un peu trop couvée. Son corps frêle, faible, froid contre le mien. J’aurais aimé pouvoir la réchauffer, lui faire ouvrir les yeux et lui dire que tout va bien, qu’elle n’a pas à avoir peur. C’est drôle quand même, quand on sait qu’elle craignait secrètement que c’était moi qui mourrait la première face à ces soldats qui sont à nos trousses. Je leur en veux de nous avoir fait vivre un enfer, puis je m’en veux aussi de ne pas avoir pu la protéger comme il le fallait. Elle a su illuminer mes journées quand celles-ci étaient bien sombres, elle l’a fait pendant très longtemps et moi, j’ai pas pu la protéger durant à peine une dizaine de minutes. Moi, une gamine qui a des griffes, qui a une force surhumaine. J’ai pas pu protéger une femme, une simple humaine. Je me hais.

« D’accord. » Marcher, j’en avais pas envie, et vu la gueule qu’il tirait, je dirais que lui non plus. Il était tard, il faisait froid, la fatigue était en nous. Pourtant, il ne montrait pas de réel désaccord et ça, ça m’a fait esquisser un bref mais réel sourire sur le coin des lèvres. Monsieur grincheux avait finalement décidé de m’écouter ? J’ai attendu qu’il aille chercher ces pelles puis je l’ai suivie à l’extérieur à son signal, le laissant fermer la porte du chalet. J’avais pas envie de marcher dans ce froid, j’avais pas envie de l’enterrer mais j’avais pas vraiment le choix. Qu’est-ce que je pouvais bien faire ? La laisser là, par terre jusqu’au lendemain matin ? C’était inhumain, et je sais qu’elle serait aussi passée par cette mauvaise étape si j’avais été à sa place. Alors, je me suis tu et j’ai fait mon petit bout de chemin sans broncher. Aucun de nous deux voulait être là, pas besoin de le partager pour comprendre qu’une fois rentrés, on pourrait tous les deux souffler.

Puis on est finalement arrivés à destination, près de cet arbre que j’avais demandé. Je m’en suis approchée puis je l’ai délicatement posée contre celui-ci, me raclant la gorge avant de finalement passer ma main sur mon visage pour me frotter un œil. J’avais envie d’éclater en larmes, je sais même pas pourquoi je me retenais. Peut-être parce que j’adorais me donner cette image de fille forte ? Pleurer, c’est pour les faibles. J’ai trop pleuré.

Cesse de moments gênants. Je me retourne pour attraper cette pelle qu’il a posé à mes pieds, puis je me mets au travail. Une, deux, trois, quatre. J’essaye de faire un bon trou, quelque chose de grand, de pas inconfortable même si je sais que de là où elle est, elle doit bien s’en foutre. « C’est ce qu’elle a toujours voulu. », j’ai répondu sagement d’un simple haussement d’épaules, essuyant les quelques gouttes de sueur qui coulaient sur mon front avec la manche de ma veste. J’avais du mal et ça, il pouvait bien le voir. « Tu peux me donner un coup de main… ? »

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