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 En t'attendant.... Primrosae (maybe).

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Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge.

Cela fait des années que je ne suis pas revenu ici. Assis au dernier rang de l’amphithéâtre, j'écoute d'une oreille peu attentive l'orateur en bas. Mes premiers cours de théologie ont eu lieu ici mais c'est dans l'Église située à quelques kilomètres d'ici que je passais le plus clair de mon temps. La première fois que je suis venu ici, je savais bien ce que je voulais faire mais j'avais conscience que j'y parviendrais sans mal, mais j'ignorais encore qui je deviendrais. J'ai enchaîné les bilans, entre la remise en question et l'entêtement. La remise en question pour pouvoir reculer, pendant qu'il en était encore temps. L'entêtement pour ne pas devoir faire face à mes erreurs. J'ai attendu des signes pour me guider et jamais je n'ai envisagé le retour de Lewis, la trahison de Sarah ou la mutation d'Aaron comme des messages potentiels, seulement des épreuves que je devais surmonter. Et pourtant nous sommes une famille et je pensais que ces liens surpassaient tout. J'ai anéanti le concept de famille au moment où la pointe de mon couteau a franchi la peau de Rony, quand il a pris conscience que je venais de le tuer. Quand son regard plein d'espoir s'est assombri, a disparu. Devant moi, un carnet de notes sur lequel j'ai noté quelques mots, pour une lettre que je ne parviens pas à terminer. Quand le cours se termine, je vois l'orateur lever les yeux sur moi. Je prends le carnet et le fourre dans mon sac avant de descendre les marches à sa rencontre.

Marche après marche. J'ai réfléchi à tellement de possibilités pour retrouver la foi. Pas la foi en Dieu, mais celle que je portais à notre cause. Stryker connaît du monde, j'aurais pu lui demander de trouver une solution comme il sait le faire. J'aurais voulu oublier tout ce qui m'a amené à douter, j'aurais voulu une bonne raison d'avoir poignardé Aaron. J'aurais voulu le voir comme le monstre qu'il est derrière ce regard de gamin effrayé. L'homme rassemble ses notes derrière un grand bureau, situé non-loin du tableau laissé vide de toutes notes. J'aurais voulu trouver les réponses que je cherchais, savoir si je faisais fausse route. Mais je l'ai dit, je l'ai répété. Il est trop tard. Et Primrosae se dit la même chose, où qu'elle se trouve maintenant. Presque arrivé à son niveau, je m'assieds sur l'une des tables et l'observe silencieusement. Il continue de s'affairer puis ferme sa serviette qu'il prend contre lui. « Je peux vous renseigner ? » me demande-t-il en s'approchant. Je tourne mon regard contre lui, silencieux et il passe près de moi en prenant la direction de la sortie. Ils n'ont pas de détecteurs de métaux ici, mais sont déjà passés à ceux qui empêchent l'accès aux mutants qui ne sont pas recensés. Je joins les mains entre mes genoux puis soupire et lance à voix haute pour qu'il puisse entendre : « Ils ont des doutes, pas vrai ? » Un bref silence, je pivote vers lui et note qu'il s'est arrêté dans sa montée des marches mais me tourne toujours le dos. Je continue donc : « Tous ces élèves ont des doutes à un moment donné. Ils se demandent s'ils seront à la hauteur, comment ils feront s'ils se mettent à douter, comment ils surmonteront les épreuves. Et vous leur dites que tous ces questionnements sont normaux, qu'ils permettent de garder leur libre-arbitre ou de ne pas se prendre pour Dieu. C'est bien ça que vous leur dites ? » Il se retourne finalement, soupire et pose sa serviette sur le coin d'une table avant de s'y appuyer à peine. « Je sais qui vous êtes, Pasteur Reagan. Est-ce qu'on peut encore vous appeler Pasteur ? Qu'est-ce que vous voulez ? Qu'est-ce que vous êtes venu faire ici ? » Sa réaction m'arrache un sourire. Simplement parce que son animosité m'agace. Je mets les mains dans mes poches puis entreprends de le rejoindre doucement. « Et vous ne répondez pas à mes questions. Ce n'est pas votre rôle, de répondre aux questions ? N'êtes-vous pas un enseignant avant tout ? Oh oui, et moi ? C'est ce que vous vous demandez ? Qu'est-ce que je suis ? »

Une fois près de lui, je prends à mon tour appui sur la table qui débute la rangée de l'autre côté de l'allée. Je sors une cigarette de mon paquet et pendant que je cherche un briquet, je lui dis que je sais qu'on ne fume pas ici. Je joue avec ma briquet après avoir calé ma cigarette sur le coin de ma bouche. Finalement je la retire et lève les yeux sur lui. « Et pourtant, vous êtes ici. Je me pose une question depuis plusieurs jours, et elle m'empêche de savoir où je vais. À quel point peut-on être éprouvé ? Je veux dire... » Finalement, je replace le petit bâton de nicotine dans ma bouche et l'allume. « J'ai répondu à chaque appel. J'ai écarté l'ignorante. J'ai puni le traître. J'ai sacrifié le monstre et Dieu a continué, il a continué de m'éprouver. Je lui ai donné tout ce que j'avais et il a continué de m'éprouver. Une personne, qui n'était pas de mon sang, et que j'aime sincèrement. La perspective d'un avenir différent qu'il a tourné en dérision mais je me demande pourquoi... » Je fronce les sourcils, tire une bouffée et le vois lancer une œillade vers la porte. Inutile de se presser, vous le saurez bien assez tôt quand le danger sera là. Vous vous en rendrez compte. Essayant probablement de gagner du temps, il cherche mon regard puis me conseille d'arrêter, de tout arrêter pour m'accorder un temps de réflexion. J'esquisse un sourire moqueur et reprends : « Ma venue ici n'est pas innocente, vous vous en doutez bien. Pensez-vous que Dieu vous protège ? Je veux vous montrer que nous sommes en guerre, c'est une croisade contre le mal. Vous êtes recensé n'est-ce pas ? » Je tire une nouvelle bouffée. Nous sommes presque à la porte, à proximité des détecteurs de fumée. Alors que ma question lui donne une sueur froide, l'alarme se met à retentir. Je lui saisis le bras avant qu'il ne monte les marches et lui fais signe de la tête de ne pas s'en aller. Il s'arrête. Je lève ma manche de chemise, écrase ma cigarette contre mon bras puis laisse le mégot tomber au sol. « Bien sur que vous l'êtes, elle le saura. Quand elle viendra ici. Et elle viendra. »

Il s'est ratatiné contre le bord de la table. « Je pensais que vous pourriez m'aider, mais... Un enfant qui naît n'est-il pas le dernier des coupables ? » Mes doigts viennent serrer un pan de sa veste alors qu'il me fixe, entre la peur et l'incompréhension. Je crie, pour couvrir le bruit de l'alarme incendie. « Pourquoi ? Pourquoi je ne peux pas... J'ai échoué à la dernière épreuve que Dieu m'envoyait et je n'arrive pas à regretter. Je lui ai demandé de protéger mon petit frère, je me disais que s'il survivait, ça voudrait dire qu'il n'était pas comme les autres. Pas comme vous. » Je l'amène contre moi. « Elle va venir et vous comprendrez qui elle est, mais ce sera trop tard. Je l'ai trahie, j'ai trahi mon engagement et je ne sais pas encore si je mérite de continuer ma mission. Mais je ne peux pas regretter. Si elle vient vous trouver, et elle le fera, dites-lui que changer sa peine et sa douleur en haine n'atténuera aucune des deux. Dites-lui qu'elle aurait regretté son choix. Peut-être pas demain, pas dans un an, mais elle aurait regretté. Cachez-vous ou dites-lui ça. »

Je veux qu'elle ait le temps d'y penser, d'y réfléchir... Je le lâche, pose ma main contre son épaule puis sors de l’amphithéâtre. J'ai retiré de l'argent au distributeur de la faculté il y a vingt minutes et il est le seul qui enseigne la théologie dans l'établissement. Autant dire qu'elle viendra le trouver. Un mutant, même recensé, reste un mutant. Si je ne le tue pas, c'est que ce n'est pas ce que je cherche actuellement mais s'il croise sa route à elle... Je peine à croire qu'elle pourra le laisser vivre. Il paiera pour le bébé, ils paieront tous.

Moïse répondit au peuple : « Ne craignez rien, restez en place, et regardez la délivrance que l’Éternel va vous accorder en ce jour; car les Égyptiens que vous voyez aujourd'hui, vous ne les verrez plus jamais. L’Éternel combattra pour vous ; et vous, gardez le silence. »
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Vous avez pour père le diable, et vous voulez accomplir les désirs de votre père. Il a été meurtrier dès le commencement, et il ne se tient pas dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui. Lorsqu'il profère le mensonge, il parle de son propre fonds; car il est menteur et le père du mensonge.

Trois semaines plus tard... Me voilà de nouveau au volant de la voiture. Présentement, la meilleure façon de ne pas être retrouvé – notamment par Primrosae – est de ne pas savoir où je vais moi-même pour l'instant. Et je ne sais pas si je souhaite qu'elle me retrouve ou pas. Je pose mon coude contre la portière, profite de la vitre baissée. Que va-t-il advenir ? Si elle me tue, elle sera soulagée. Si elle ne le fait pas, toutes les barrières qu'elle a construites au fil des années et ces dernières semaines voleront en éclats. Elle sera détruite. Avant de lui laisser cette décision, je dois simplement pouvoir faire le point sur ce que j'ai fait, sur ce qu'il me reste à faire.

Je me laisse aller à plusieurs heures de route avant de finalement m'arrêter dans... une ville, un village, un trou ? C'est coquet mais il est vrai que comparé à New York, ce n'est pas la même... ambiance. Je laisse passer quelques jours et j'envoie finalement un courrier dans une église non-loin de là, demandant simplement au prêtre en charge du lieu de culte de la garder précieusement et de passer quelques appels pour moi. Ces appels sont destinés à mon domicile, à New-York, à l'Église Saint-Etienne puis à mes parents, pour des prétextes un peu stupides mais j'ose espérer que Prim remontera ces pistes. Ce qui compte, c'est qu'elle réclame la lettre qui lui revient de droit. Je veux savoir ce qu'elle pense, je dois savoir si elle a un tenu à savoir qui aura été cet enfant, au-delà du mutant.

Cette lettre, je l'ai rédigée près de la fenêtre, regardant les gens passer sans se douter de ce qui les attend un beau jour. En me disant que parmi eux, il y a mutants et autres créatures et je ne sais pas encore si je saurais à nouveau les défendre contre cette menace. Je ne veux pas me laisser influencer, juste besoin de réfléchir et de tirer les enseignements des derniers événements.

« Chère Primrosae, dans cette enveloppe tu trouveras le test de paternité que j'ai fait réaliser. J'espère que tu sauras être honnête envers toi-même. Si son sort t'a importé ne serait-ce qu'une seconde, ouvre cette enveloppe et lis son contenu. Si elle n'a été qu'une cible que tu as ratée par ma faute, tu peux profiter des cierges tout autour de toi. À bientôt. Jeremiah. »

« Si tu lis ces lignes, c'est alors que tu as ouvert l'enveloppe. Le test de paternité ? Quelle importance parce qu'il a s'agit de ton enfant et qu'en dépit de ta rage, tu es consciente que je t'aime. Mais comme tu as fait la démarche d'ouvrir, tu pourras me trouver à Aspen, dans le Colorado. Tu n'auras aucun mal à me trouver, il paraît qu'ils n'ont pas beaucoup de visiteurs, surtout à cette période de l'année.

Tu penses que je t'ai trahie. Et tu te trompes. Je t'ai menti, c'est exact. Parce que je t'avais auparavant promis de veiller sur toi. Auparavant, alors que nous parlions de l'avenir des Watchers, je t'avais dit que ma décision n'était pas un manque de confiance ou une punition. C'est toujours le cas, Primrosae Dahl. Tout ce que tu vois, c'est que tu as laissé parler la femme en toi avant le soldat et tu te sens blessée. Mais c'est le soldat que j'ai trahi, j'ose espérer que la femme en toi est encore à l'abri derrière ses murailles.

Quoiqu'il soit advenu de cette enfant, ce n'est plus ton problème. Ça ne le sera jamais. Je t'ai dit que je m'en occupais, et je m'en suis occupée. C'est tout ce que tu as besoin de savoir, crois-moi. Les détails ne te concernent pas, même si j'imagine qu'accepter de céder un peu de pouvoir te fait souffrir, viscéralement. Si tu ne viens pas à ma rencontre, sache que je reviendrai à New York et nous aurons l'occasion de nous revoir. Notre combat n'est pas terminé, bien au contraire. Jeremiah »

Moïse répondit au peuple : « Ne craignez rien, restez en place, et regardez la délivrance que l’Éternel va vous accorder en ce jour; car les Égyptiens que vous voyez aujourd'hui, vous ne les verrez plus jamais. L’Éternel combattra pour vous ; et vous, gardez le silence. »
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