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 russian dreams (YELENA)

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MessageSujet: russian dreams (YELENA)   Jeu 20 Avr - 21:42
russian dreams
“L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés.” Δ Georges Courteline.



« C'était bien plus facile la dernière fois » murmura t-il, avec un sourire victorieux qui fit tressaillir ses moustaches de chat. Adossé au mur, il inspira lourdement et crispa la main droite pour détendre son muscle touché. Rien de grave, d'ici quelques heures il serait remis en état. Les sentinelles devenaient de plus en plus compliquées à semer. Pourtant, quand son regard noir se posa sur le bâtiment abandonné autour de lui, Aramis fut certain que cela valait le coup. Un peu d'intimité ne faisait pas de mal ; il était reconnaissant à la Confrérie d'aider les autres mutants de la X-Mansion, mais il aimait disparaître parfois. Les sous-bassements de Brooklyn et les immeubles proches de la ruines lui servaient de repaire, jamais deux fois au même endroit. Quand bien même il serait trouvé, que se passerait-il ? On lui tirerait dessus, mais il ne pourrait mourir. Réduit en cendre, lapidé, il réintégrerait la conscience des heures douloureuses plus tard. Peut-être avait-il envie que cela se passe ; cet état de status quo, de pacifisme exagéré et de camouflage lui portait sur les nerfs, lui le soldat, habitué à agir plutôt qu'à rester caché.

Il sortit de son sac une vieille bouteille poussiéreus. Un fond de whisky aux couleurs ambrées et dorées, qu'il se servit assit dans un siège défoncé, ses pieds bottés de cuir posés sur un meuble. Il ne semblait pas spécialement nerveux, et la rasade d'alcool brûla même les derniers vestiges de son angoisse possible. Aramis avait peut-être bien trop confiance en lui. Il était également possible que ce moment seul avec lui-même soit le seul instant où il pouvait rester seul avec ses souvenirs. Il ferma ses yeux aux longs cils et retira son chapeau qu'il posa au sol près de lui, soulevant un nuage de poussière qui manqua de le faire éternuer.

Aramis, habillé comme à son habitude de sa tenue de cuir et de laine, ressemblait plus à un mousquetaire sorti tout droit d'une faille spatio-temporelle qu'à un homme moderne. Il se fichait totalement de la mode possible : ses mouvements amples, souples comme ceux d'un félin, étaient plus habitués au contact rude du cuir, à l'odeur de la laine, du coton et du lin. Ses mains trouvèrent sous sa chemise ample le collier qu'il cherchait, et ramena au bout de ses doigts la chaîne d'argent. Le pendentif tournoya sur lui-même, reflétant les rayons timides du soleil. Avec un sourire terriblement humain, il pencha la tête de côté, s'efforçant de ne garder que la joie de détenir un tel objet. « Tant d'années, Marie » et il soupira. Combien avaient disparus ? Femmes, hommes, amis et ennemis : il n'avait eu à attendre que quelques années pour voir leurs visages se flétrir et leurs forces décliner, quand lui-même gardait la jeunesse et la vie. Il avait aimé des reines et des paysannes, mais la perte de ses trois femmes, durant cinq siècles, et de ses quatre enfants, avait anéanti l'espoir de fonder une famille. Il n'avait nul héritage à léguer - jusqu'à ce que Charles-Xavier lui démontre le contraire. Il serait lui-même son héritage, et sa mémoire, son histoire seraient les trésors qu'il offrirait au monde.

Il prit son verre vide, fit jouer le reste d'alcool dans la bouteille, puis entonna d'une voix douce aux inflexions amusées dans l'air frais : « Souhaitez-vous vous joindre à moi ? Il en reste bien assez pour deux. » Il sentait la présence, plus comme par instinct que par réelle conviction. Cette sensation d'être observé. Ou peut-être devenait-il fou ? Le poids de son sabre de cavalerie à sa hanche l'ancrait à la réalité, quand ses pensées louvoyaient parfois des années auparavant. Son corps était là, dans cette dimension, mais la folie l'avait autrefois gagnée ; on ne pouvait sortir de cinq siècles de pertes et de combats totalement indemne. Il était parfois décalé, déphasé avec ce qui se passait. Avait-il imaginé tout cela ? Il se souvint d'un cheval, et rêva une seconde de se retrouver de nouveau sur une selle en cuir dur, avec des hommes d'armes qu'il aurait dirigé. Il secoua la tête calmement, passa une main libre dans ses cheveux après avoir reposé la bouteille et se leva. Il aurait sûrement dû avoir peur - il n'était après tout pas recensé. Il craignait pour sa vie - théoriquement. Avait-il réellement envie de se battre ? Non. Pas cette fois. Pas encore. Son épaule lui faisait mal, là où une sentinelle l'avait touché ; la chair se reconstituait lentement, drainant ses forces. Il aurait été capable de se battre, mais il n'en avait pas envie. Il souhaitait juste boire et oublier, dans un endroit où il n'aurait pas sous les yeux les restes de ses élèves, comme autant de trophées qui se seraient ravis à la mort. Tant ne s'en étaient pas sorti ... « Ce n'est guère poli de ne pas se présenter » s'amusa -il encore. Il haussa les épaules, esquissa une grimace de douleur qui hérissa les poils de son bouc, et adossa ses hanches et ses fesses au meuble branlant, avec l'air totalement nonchalant. Il y avait dans sa voix des accents de ses origines gitanes ; son ton roulait houleux et chaud, et on sentant la capacité d'un homme à raconter des histoires aussi vivantes que faites de chair et d'os. Il y avait dans les ramures des sons de sa gorge des vibrations musicales, douces et basses, qui formaient un ton calme et amical, bien qu'interrogateur. Ami ou ennemi ?

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MessageSujet: Re: russian dreams (YELENA)   Ven 28 Avr - 14:21
Aramis ∞ Yelena
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Il n’est pas rare qu’elle se retrouve ainsi, face à une situation qui lui est plus difficile à comprendre. Sans doute est-ce l’accoutrement qui lui fait perdre pied l’espace d’un instant. Ne seraient-ils pas à tous surveiller leurs arrières pour guêter l’arrivée des sentinelles qu’elle croirait volontier à une soirée déguisée. Pourtant à l’heure qui l’est ce n’est plus la fête mais la peur qui règne chez les mutants. Et seul dans un bâtiment abandonné, l’on ne peut dire que l’homme s’amuse de quelque façon qui soit. Au contraire, il se contente d’une bouteille d’alcool, Yelena doute qu’il s’agit là de jus de pomme, et du silence qu’accorde un lieu tel que celui-ci. Rien de passionnant, mais que peu bien l’être quand on ne vieillit point. Une question à laquelle elle ne peut répondre, ou plutôt à laquelle elle ne pourrait plus répondre. Un de ses biens les plus précieux lui a été enlevé, à même titre que son corps était devenu son gêolier. Gagner une capacité plus qu’extraordinaire pour en perdre une autre. Amertume cruelle. Bien trop présente pour qu’elle soit capable d’un jugement objectif, neutre sous toutes ses formes et dénué d’intérêt personnel.

L’homme semble tout ce qui a de plus normal, si on en oublie une nouvelle fois cet accoutrement ridicule au vue de la mode actuelle. Un mutant non recensé qui peut passer pour n’importe quel autre mortel, se faufiler dans la foule et espérer qu’aucune sentinelle ne passe par là. Les quelques photographies qu’elle possède, récentes et datant d’une époque bien plus reculé que la sienne, ne sont qu’une preuve visuelle de ce qu’elle sait possible en ce monde. Et ce n’est l’A.I.M. qui commet les erreurs que d’autres amateurs rencontrent. Non, eux ont su voir au-delà des différences pour comprendre qu’il n’était question de supercherie ou d’une simple coïncidence. Certes il va une rumeur comme quoi tous ont des copies plus au moins conforme en ce monde, mais au fil des siècles et ce depuis l’invention de la photographie ? Impossible d’en arriver là sans qu’un seul et même élément n’en soit finalement la cause. Pourtant l’Adaptoid, envoyé pour contrôler les dire des scientifiques ne peut distinguer de don à copier. La blonde a beau se concentrer sur le tresaillement léger de ses membres lorsque ses cellulles s’activent et se divisent, rien ne se passe. Rien si ce n’est que quelque chose prend lieu et qu’elle est incapable de dire quoi. Enfin, n’aurait-elle pas eu idée de ce à quoi elle venait se frotter. Aujourd’hui elle sait que peu importe son don, il ne fait certainement pas son âge et elle veut, oui, elle veut la même chose. Quitte à ne pas rester dans l’ombre quand l’individu remarque sa présence. Pourtant le silence s’installe, l’invitation à se joindre à lui n’est pas aussi tentante que de la voir se préparer à un affrontement.

Le mutant est soit inconscient soit peu enclin à en arriver aux mains. Si la jeune femme en est agréablement surprise, c’est parce qu’elle se rend compte qu’elle non plus n’y tiens pas particulièrement. Pas encore. Sans doute plus tard, s’il refuse d’optempérer. Tôt ou tard ça en revient toujours à ça, cet instant où la plupart commètent l’erreur de la sous-estimer. L’habitude l’oblige à jouer un rôle, l’ennuie la pousse à risquer sa véritable nature. Le ton qu’emploie l’homme se veut amusé, tantôt presque amical mais la blonde y trouve la connotation désirée. Alors elle sort de l’ombre que lui procurait une fenêtre condamnée pour s’approcher de celui qui a su la repérer. Elle aussi porte des bottes, bien que plus modernes et aux talons plus prononcés, seul points commun qu’elle puisse trouver. Ne doivent-ils pas faire la belle image, lui vêtu d’habits digne d’un film d’époque et elle d’un long manteau noir quant à lui digne d’un mauvais film d’espionnage.  Quant au sourire qui se dessine sur ses lèvres, il vacille entre amusement et gêne faussement ressentie. « Pardonnez donc mes manières, mais il est rare que l’on me repère. » Vérité teintée, la première règle à retenir pour les espions, la vérité est plus facile à façonner qu’un mensonge inventé de toute part. On ne la repère que si elle souhaite l’être et si on arrive à la surprendre, elle ne se montre généralement pas aussi généreuse. Plus enclin à user de ses capacités physiques qu’à tenter la moindre négociation. Ce n’est que parce que l’homme semble posé et qu’elle le sait blessé à l’épaule qu’elle garde ses mains dans ses poches, à croire qu’elle subit la morsure du froid au début du printemps. Alors qu’elle se rapproche, c’est le sabre du mutant qui l’oblige à garder une certaine distance. On ne peut jamais être assez prudent et son regard se pose un instant sur ce qui n’est d’autre qu’une arme, elle aussi en cache un bon nombre et pas seulement des armes blanches. Ce même si c’est son corps qui l’est d’avantage aujourd’hui. Quand son regard croise celui de l’immortel, elle ne cherche pas à le berner comme elle aurait pu le faire chez un autre. Pourrait-il voir la différence ? Tant d’années devraient apporter certains avantages, peut-être en est-ce un.  Peut-être pas.

« Vous n’êtes pas facile à trouver, monsieur Reinhart. » Ses cellules trouvent rapidement la matière à reproduire. Quelle étrange mutation. Mais l’espionne ne peut être autre que simple humaine aux yeux de l’inconnu, c’est ainsi qu’est le jeu. Et une femme d’affaire, car elle ici avant tout pour représenter et non pour son propre compte, quel dommage. « Mais après tout, aucun mutant non recensé ne l’est. » Sa voix se veut bien trop légère, amusée sans dévoiler si c’est une simple constatation ou un jugement quelconque. Pourtant elle lui tend la main et ne lui laisse pas le temps de croire avoir à faire à un agent du gouvernement. « Yelena Belova, je représente le groupe Adarco. Vous en avez sans doute entendu parler ? » Question inutile, elle doute qu’il s’intéresse de près ou de loin aux avancées technologiques.

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Dernière édition par Yelena Belova le Dim 7 Mai - 23:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: russian dreams (YELENA)   Ven 28 Avr - 20:32
russian dreams
“L'alcool tue lentement. On s'en fout. On n'est pas pressés.” Δ Georges Courteline.



Qui donc pouvait bien avoir pénétré le bâtiment ? En larges briques grises, abandonné au temps, il n'était que ruines. Vestiges dangereux d'anciens quartiers, c'était là son territoire. Il n'était pas spécialement inquiet. Quiconque était là n'avait de toute évidence pas l'envie de s'en prendre à lui, sinon cela aurait été déjà fait. Debout, la tête penchée de côté, le chapeau posé sur la table bancale, il attendit patiemment. Il avait tout le temps du monde, de toute façon.

Glissant dans l'ombre comme un fantôme, une jeune femme à l'adorable minois, à la chevelure de miel, vêtue d'un manteau noir et de grandes bottes à talons, s'amena à son regard aux longs cils. Il cilla calmement - elle lui faisait penser, étrangement, à Mata Hari, avec sa gabardine. L'inconnue a une voix agréable. Aramis a presque un goût sucré sur les lèvres. Idiot. C'est l'alcool. Il l'observe, aucunement méfiant ni même agressif. Ils se jaugent comme deux prédateurs, bien qu'il ne se sente nul besoin de sauter à une si belle gorge pâle. Pourtant, elle s'arrête à quelques pas. Sa main, frôlant la poignée de son sabre par réflexe, l'a peut-être stoppée dans son avancée. Il lève les bras devant lui, dans le geste quasi naturel des êtres prouvant qu'ils ne veulent aucun mal. Ses prunelles noires happent celles plus pâles, et il fronce les sourcils. Quelque chose ne va t-il pas ? Pourtant, elle n'a pas l'air de lui en vouloir sur quelque sujet. Elle ne pointe nulle arme, blanche ou létale, dans sa direction.

La vocalise de son nom le surprend. Sursaut involontaire, mouvement réflexe vers l'arme. Il arrête son geste, porte ses mains à ses hanches entourées de ceintures, de baudriers et d'écharpes colorées. Il déteste ce nom, débris d'une vie qui n'est plus la sienne. Son air amical a laissé place à un pli amer sur ses lèvres, comme un chat prit la patte dans le bol de lait. Aramis ne se doute nullement de qui il a en face de lui, néanmoins, qu'elle en sache déjà autant sur lui l'amène sur la voie de l'inquiétude teintée d'amusement. Elle n'a l'air nullement dangereuse. Plus petite que lui, gabarit plus léger. Pourtant, il sait de source sûre, pour l'avoir expérimenté lui-même, que certaines femmes n'avaient aucun mal à lui arriver à la chevile, autrefois, en terme de combat. Il semble distinguer chez elle cette agilité de l'être, cet équilibre de l'âme de celle qui a l'habitude de se battre, mais peut-être s'imagine t-il des choses, à présent qu'il la voit non plus comme un doux divertissement mais comme une possible menace. L'homme a tendance à peupler ses cauchemars ténébreux de crocs et de griffes inexistants.

Cette fois, il recule d'un pas. Comme si elle l'avait giflé. Bien sûr - si elle connait son nom, pourquoi pas son statut de rebelle, de mutant chassé ? Que sait-elle au juste ? Cela a t-il la moindre importance ? Il n'a toujours rien ajouté, et a brusquement envie d'un second verre. Il n'arrive pas à savoir ce qu'elle désire - elle a semblé presque amusée de lui annoncer son savoir. A quoi joue t-elle ? Y jouent-ils tous les deux, sans qu'il le sache ? Sans règles du jeu, difficile de gagner. Le nom se pose entre eux, comme un courant d'air, et il hoche la tête avant de hausser les sourcils, surpris par la question.

Il prend la main, après avoir déganté la sienne ; le contact peau contre peau le rassure un minimum. Au moins partage t-elle le commun des mortels, le sang et la chair, et la mortalité - pour certains.

« Adarco » prononce t-il en une répétition moins aisée, les consonnes roulant plus fort. L'accent gitan. Ancestral, viscéral, ancré dans sa chair. Il secoue la tête. « Même si de toute évidence cela n'a aucune utilité, laissez-moi me présenter, mademoiselle Belova : Aramis Reinhart. » Et il lève la main féminine jusqu'à ses lèvres pour un baise-main - il ne fait en réalité que frôler du bout des lèvres la peau douce, les poils de sa moustache et de son bouc y formant un chatouillis. Autant y aller à fond. Cela fait bien trop longtemps qu'il n'a pas joué. La demoiselle est belle, et nullement effarouchée par son approche - à moins qu'elle ne le cache. Il se recule d'un pas - politesse, éthique chevaleresque. « Que me veux votre groupe ? » Il a déjà entendu ce nom, mais ne s'y est pas intéressé. Ce qui n'a pas trait à la survie, ou ne présente pas d'intérêt, il l'oublie. Sa mémoire n'est pas élastique, hélas.

Il retourne servir un verre, l'avale d'un trait, puis en propose un à la demoiselle d'un geste sans un mot, avant de reprendre la parole. « Vous semblez parfaitement informée de ma situation. Rude coup bas, pour moi qui ne sais rien de vous. Comment pourrait-on seulement jouer à votre jeu, ou à celui de votre groupe, si nous ne sommes sur un pied d'égalité ? Vous avez su me trouver, malgré les difficultés apparentes. Un bon point pour vous. » Sa voix est grave, basse, musicale, aux consonnances chaudes, comme un conteur sur le point de conter. Sourire mutin, dévoilant des dents blanches. Regard qui pétille. Etrange personnage, qui ne voit que ce qu'il veut voir, sans dénicher la tigresse derrière la femme. Il n'a jamais entendu son nom, ou en tout cas, rien qui lui connecte les neurones. Il passe son pouce et son index droits pour lisser les poils rebelles de son bouc, et il y a quelque chose chez lui de félin, d'ancien et d'antique.

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MessageSujet: Re: russian dreams (YELENA)   Dim 7 Mai - 21:00
Aramis ∞ Yelena
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Il lui semble que c’était hier, pourtant près de deux années se sont écoulées. Lorsqu’elle gisait au sol, l’agonie la poussant à s’impatienter face à l’attente de la mort. À se demander ce qui avait bien pu mal tourner. Ce dont Yelena se souvient, outre la douleur dont elle supporté le poids durant de longs mois, ce sont les masques des scientifiques s’apprêtant à lui sauver la vie.

Si sa colère avait été immense, un sentiment d’abandon dictant ses moindres mouvements, c’était la rage qui l’avait envahi lorsqu’on lui apprit la nouvelle. La version du sérum administré aux Veuves Noires n’était plus, absent de son sang, son organisme à ce moment précis aussi banal que celui d’un humain sans importance. Un véritable drame, outre la guérison facilitée, c’est avant tout les autres particularités du sérum qui lui avaient tenu à cœur. Entraînée pour devenir l’arme fatale, réduite à n’être plus qu’une créature entre d’autres, de celles qui ne parcourent pas plus d’une vie avant de rendre l’âme. Elle n’était plus une Veuve Noire en devenant l’Adaptoid. Ne l’était certainement plus si d’ici trente ans, elle ferait partie des cinquantenaires peuplant ce monde.

Cet homme était une de rares solutions. Évidemment, l’A.I.M. était intéressé par de telles capacités, eux qui cherchaient LE sérum d’immortalité. Quel meilleur investissement, au prix inestimable et dont la valeur ne pouvait réellement être calculée. L’espionne est bien placée pour savoir ce qu’il en est, membre du haut conseil depuis près d’un an, représentant d’avantage les  intérêts communs. Le gêne X est en lui-même une merveille, cependant peu décidée à livrer ses secrets.

Yelena ne feint pas, ne cherche pas à duper l’homme car en fin de compte, cette vérité est peut-être la plus douce. S’il vient à comprendre, peut-être qu’alors ceci aura été une erreur. Pourtant rien n’est moins sûr, il semble se méfier, ne pas apprécier ce nom qu’elle prononce et qui est bien le sien. La méfiance vient s’ajouter au tableau, semble envahir l’espace qui se trouve entre eux. Il répète le nom qu’elle dit représenter, semble avoir cet accent qu’elle n’arrive pas à placer. Étrange, elle qui parle tant de langues et qui est censée s’adapter. Ses souvenirs la perdent un court instant, avant que l’homme ne se présente à elle d’une façon qu’elle n’a que très rarement toléré. Pourtant elle le laisse faire, le gain est bien trop important et cette fois-ci, ce n’est pas à contrecœur qu’elle accepte cette marque de galanterie. Soit le mutant ne se fie pas à son sourire en coin, soit il agit selon un principe qu’elle ignore encore. La tentation présente de lui annoncer ainsi qu’en cas de refus, il n’en s’en porterait pas mieux lui vint un instant. Yelena n’a jamais eu la prétention de ne pas apprécier la souffrance d’autrui le moment venu. Ou encore la surprise et l’effroi qui s’installe en comprenant le sens même de sa venue.

Rien ne lui est refusé pour l’instant, ni les réponses qu’il souhaite obtenir, ni le verre qu’il lui propose. L’espionne sait qu’elle aurait pu avoir une autre approche et que ça lui aurait déplut, non à lui mais à elle, le jeu en valant la chandelle. « Nous n’aurions pas pu nous rencontrer si vous n’aviez pas eu à faire aux sentinelles. » lui dit-elle en s’avançant vers ce qui dû un jour être un plan de travail d’une cuisine alors moderne. « Mon groupe s’investi à l’avancée et au foisonnement des produits technologiques. Nous cherchons à créer un monde meilleur... » Son regard se pose sur Aramis et un sourire qui se veut complice et amusé lui est adressé. « La chanson habituelle, on a dû vous la chanter à maintes reprises depuis le début du 19ème siècle. » Provocation délibérée, lui faire savoir qu’elle en sait bien plus que le fait qu’il n’est qu’un mutant, le laisser dans l’ignorance quant à l’exactitude de ses connaissances.

« Il n’est nullement question de jouer un jeu, la vie est trop courte pour s’y risquer, ou du moins… la mienne l’est. » Sur ces paroles, elle goûte enfin à l’alcool qui pour elle n’a rien d’exceptionnel. Yelena n’a jamais aimé toutes ces choses dont le commun des humains peut devenir de véritables esclaves. Alcooliques dont elle se souvient que bien trop des cris, poumons saccagés par la fumée de tant d’années de pêchés. Détails perturbant quand un meurtre lui semble plus justifié. Elle pose son bras sur le plan de travail, s’y appuie et penche légèrement la tête pour mieux observer le mutant. Il serait vraiment dommage d’en arriver à un rapport de force pour obtenir ce qu’elle souhaite. Ce que l’A.I.M. souhaite. « J’admets que nous ne sommes en rien sur un pied d’égalité. Mais je ne suis qu’une représentante, rien de plus ni de moins qu’une messagère. Adarco est fort intéressé par vos capacités et estime pouvoir trouver un accord quelconque… Peut-être exhaussé l’un de vos souhait, vous devez bien en avoir qui sont hors de votre portée ? »

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