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 (FB) Derian + Perfect Strangers

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Derek Morgan & Jillian Walker
Ils étaient là depuis une semaine.
Sa fille et son mari étaient rentrés, il étaient parmi eux depuis plus d’une semaine.
Jillian n’en revenait pas. Elle avait espéré ce moment pendant des mois, avait prié, s’était fait les pires scénarios pendant des jours et ils étaient enfin . Avec elle.

La télépathe était restée assez distante avec eux depuis leur arrivée, pour ne pas les brusquer et risquer les choses se passent mal. Elle avait très rapidement compris que quelque chose n’allait pas avec Derek. Il était distant avec elle, ne lui adressait pas la parole, comme s’il ne la reconnaissait pas. Il avait toujours été assez froid avec elle, depuis qu’elle était partie à la Confrérie mais ce comportement là ? Il n’avait jamais été comme ça avec elle.
Elle n’avait même pas eu besoin d’utiliser sa télépathie pour comprendre ce qui n’allait pas. Il la regardait comme une étrangère et elle en avait rapidement déduit qu’il avait perdu certains de ses souvenirs. Elle ne savait pas comment ça avait pu se produire -c’était sûrement dû au portail qu’ils avaient empruntés- mais elle savait qu’elle pouvait l’aider. Elle avait juste attendu le bon moment pour lui proposer son aide.
Et ce moment était arrivé.

Depuis combien de temps est ce qu’elle était immobile face à la porte donnant sur les quartiers de son mari et de sa fille ? Elle n’en savait rien.
Elle restait là, sans bouger, à fixer un point invisible, l’une de ses mains triturant sans cesse l’anneau qu’elle portait en pendentif autour du cou. L’anneau que Derek lui avait offert le jour où ils s’étaient mariés. Ce n’était pas officiel et il ne serait jamais reconnu mais ça leur avait suffit à tous les deux. Ils n’avaient pas eu besoin d’un prêtre et de toute une cérémonie pour valider cet acte.

Jillian se décida finalement à toquer à la porte et attendit que la voix de Derek ne l’invite à entrer. Elle prit une grande inspiration et ouvrit lentement la porte, sa main toujours agrippée à son alliance avant d’entrer. Derek était là, assit sur le lit avec leur fille assise à ses côtés, en train de lire un livre. La brune força un sourire se voulant rassurant et souffla un petit. « Hey. » Tout en saluant Aela d’un petit signe de la main. « J’espère que je ne dérange pas ? » Sa voix était hésitante, presque un murmure.

Son autre main libéra son alliance et elle la posa sur son autre bras pour le serrer tout en appuyant son épaule contre l’embrasure de la porte, son visage prenant un air gêné. « Est ce que… » Elle se sentait ridicule à être aussi hésitante mais Derek la prenait pour une étrangère. Elle ne voulait pas risquer de le brusquer. Ça réduirait à néant toutes ses chances de reconstruire quelque chose avec eux. « Est ce que je pourrais te parler ? » Elle força un nouveau sourire, plus gêné qu’autre chose. « S’il te plait ? » Elle espérait vraiment qu’il accepterait. Elle voulait lui laisser le choix mais elle en avait vraiment assez qu’il la considère comme une étrangère. Elle voulait retrouver retrouver son mari et sa fille.
Retrouver une famille. Sa famille. Oui elle avait fait des erreurs, beaucoup trop. Elle les avait abandonné pour se lancer dans une vendetta dans aucun sens aux côtés de Magneto mais à présent qu’elle les avait retrouvé, qu’ils pouvaient à nouveau être réunis dans cet univers là…
Elle voulait tout effacer -si c’était possible- et repartir de zéro.

Jillian posa son regard sur Aela qui la fixait avec un air méfiant depuis son arrivée. Elle parvint difficilement à retenir ses larmes et lui offrit un sourire, plus franc que les précédents. « Est ce que tu veux bien nous laisser ? Il faudrait qu’on parle ton papa et moi. » Elle ne se présentait toujours pas comme sa mère parce qu’elle savait ce qu’Aela pensait d’elle. Elle savait qu’elle était sa mère mais l’avait toujours considérée comme une étrangère, une inconnue qui les avait abandonné alors qu’elle n’était qu’un bébé. Mais Jill espérait toujours que les choses pourraient changer.

Ça ne dépendait que de Derek.

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St Derek Morgan & Jillian Walker
De la nourriture, un toit, un lit, et même des vêtements… un refuge.
Tout ce dont j’ai eu besoin pour me refaire un peu depuis notre arrivée dans cet univers. Moi et Aela.
Une coalition entre la Confrérie et les X-Men ? Je n’arrive toujours pas à y croire. C’est là tout ce que nous avions besoin dans le futur, et pourtant, nous n’avions jamais réussi à y parvenir. Le seul terrain d’entente que nous avions eu nous avait amené à prendre une décision, à tout sacrifier pour venir ici. Tout ce que j’aspirais maintenant était de panser les blessures de ce monde… pour que ça ne se reproduise pas. Que le point de non retour ne puisse être franchi.

L’excès d’optimisme n’est pas de rigueur, il n’y a qu’à voir le visage de ces jeunes… qui en ont déjà trop vu. Des visages qu’il me semble avoir déjà vu, pour avoir moi-même eu cette incertitude imprimée sur mes traits serrés. Aujourd’hui je jouissais d’un réalisme engagé — se battre était la seule option.

Après avoir aidé Logan avec les jeunes cet après-midi, (je le vois encore mort mais le retrouver sain me comble d’une joie muette), j’ai fini par retourner voir Aela. Aela qui, naturellement, avait encore du mal à s’intégrer. Son jeune pouvoir ne l’aide pas non plus au vu de la quantité d’êtres et d’émotions présentes en ces lieux, c’est pourquoi je lui autorise de rester dans notre chambre lorsqu’elle en éprouve l’envie - ou le besoin - et réponds présent lorsqu’elle a envie d’en parler.

Lorsqu’elle me revoit arriver, son visage s’éclaircit d’un sourire. Elle est en train de dessiner sur un morceau de papier soutenu par un livre épais, coincé sur ses jambes. Je referme la porte derrière moi. « Qu’est-ce que tu dessines de beau ? » « …c’est pas beau ! » qu’elle me répond d’emblée et je lève un sourcil. « Pas beau, pas beau… tu sais comment il dessine, ton père ? » je venais m’assoir à côté d’elle, sur son lit. La petite me suit des yeux et ne pipe pas mot, jusqu’à ce que je lui dise, une fois installé… « Comme ses pieds. » Ça la fait pouffer un peu. Je souris doucement. « Tu me montres ? » et après une courte hésitation, elle tourne son support et son papier vers moi. Je reconnais dans ses traits quelque chose que j’ai connu. Je suis un peu trop silencieux dans ma contemplation, aussi pensa t-elle que je n’aimais pas. « Tu vois que c’est moche ! Tu dis rien !! » et ramena son prétendu échec artistique à elle, baissant un peu le menton et fermant son visage. « …hey, non, j’ai pas dit ça ! » puis me reprends. « Je réfléchissais juste à ce que tu avais dessiné. C’est la maison, non ? » me rattrapai-je, un peu gauche. « Hm… » en hochant la tête à la positive. « C’est très beau. » et elle me croit pas. Je penche un peu ma tête vers elle, me rapproche. « Allô allô ? Miss ? C’est-très-beau. » puis me jeta un coup d’œil en coin avant de se remettre à sourire, puis à rire. Elle accepte pendant quelques secondes avant de revenir à la charge, butée. « Mais… tu dis ça parce que t’es mon papa. » et je soupire en laissant ma tête retomber un peu. « Bon, donne-moi ça miss-tête-de-mule. » et lui emprunta son crayon et un autre papier qui était encore dessous. Intriguée par le saugrenu de ma demande, elle me laissa faire… « Qu’est-ce que tu fais papa ? » et tenta de voir ce que je faisais, ramenant mon oeuvre d’art à moi. « Non, on ne regarde pas. » et elle croisa les bras en affichant une moue contrariée.

À peine cinq minutes plus tard, j’ai terminé mon ouvrage, que je lui présente comme un tableau à vendre. « Alors ? » je vois ses traits se froisser un peu et ses yeux faire un va et vient entre moi et le dessin. « Euh… » petit silence. Elle craint que je sois blessé par son jugement. « Mais papa, j’arrive pas à savoir ce que tu as essayé de faire ! » et rien que ça, ça me fait rire. Un peu jaune mais ça me fait rire. « Tu vois ? ton père est pas né avec un fusain dans la main. » déclarai-je en lui rendant ses outils. « Mais je vais m’entraîner pour pouvoir m’améliorer. T’en penses quoi ? » et elle secoua la tête à la positive. « Ce serait bien ! » et lui sourit des yeux. Elle savait quoi faire maintenant : persévérer.

Les minutes qui suivent sont passées à discuter, jusqu’à ce qu’elle me demande de lui lire un livre. Elle m’a toujours bassiné pour ça parce que, soi disant, elle avait l’impression d’être dans l’histoire grâce à ma lecture.
Lecture que j’entamai, jusqu’à ce que nous soyons interrompus par deux petits coups contre notre porte. Sans m’en rendre bien compte, je me mets aussitôt sur le qui-vive, jetant un coup d’œil vers la porte. (Il ne manquerait plus qu’Isaak revienne à la charge - je l’aurais terriblement mal prit cette fois-ci.) « Oui ? » et la porte s’ouvre, mon regard s’acère à la vue d’Elisabeth. « Hey. J’espère que je ne dérange pas ? » j’inspire doucement, le plus calmement du monde avant de répondre dans une expiration longue - et sans cacher mon ironie acerbe. « …pas du tout. » Je ne comprends pas comment El- …enfin, Jillian, puisse être aussi fébrile en notre présence. Je n’ai pas souvenir d’une femme fragile ou du moins… pas d’une femme réellement… humaine. Et c’était tout le contraire que j’étais en train d’apercevoir en cet instant.

La question qui suivit fut ponctué par un haussement de sourcil, au moment même où elle sembla hésiter. Elle sourit difficilement - et pour cause, je n’étais pas vraiment accueillant. Aela me regarde à ce moment-là, cherchant une réponse chez moi. En réalité, elle était déjà happée par mes émotions négatives — étant proches, elle prenait parfois la mauvaise habitude de concentrer son pouvoir sur moi. Et s’en retrouvait affectée. Et là, je sentais bien qu’elle n’aimait pas que je sois comme ça. « Ok. » et déposai un baiser sur le haut du crâne de ma fille. « Je reviens vite. » ça c’était ce que je voulais, ne pas prendre dix ans en face de cette figure sombre qui animait mes souvenirs.

Je la laissai en refermant un peu la porte derrière moi, avançant jusqu’où moi j’avais décider d’aller… c’est à dire, pas très loin. Je stoppai ma marche dans un coin du couloir, croisant mes bras après avoir effectué un mouvement de pivot pour me mettre en face d’elle. Mon regard s’échoua sur son visage — et une impression étrange s’empara de moi. Une impression que je tentais de réprimer au mieux. « Je t’écoute. Qu’est-ce qu’il y a ? »
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Derek Morgan & Jillian Walker
Ça lui faisait mal. Vraiment mal d’entendre Derek lui parler sur ce ton, de cette façon. Elle avait presque l’habitude qu’il soit froid, distant, avec elle. Mais qu’il lui parle comme ça ? Avec un tel détachement ?
Elle n’arrivait pas à s’y faire.

« Ok. » Jillian serra la mâchoire en le voyant embrasser Aela, souffrant en silence. Ça aussi ça lui faisait mal. Mais elle n’avait pas perdu l’espoir qu’ils puissent recoller les morceaux. « Je reviens vite. » La brune fit un bref hochement de tête à sa fille et mima un "merci" à l’attention de Derek quand il se releva du lit pour la rejoindre. Elle se recula, le laissant fermer la porte et le suivit sur quelques mètres dans le couloir jusqu’à ce qu’il s’arrête et ne se tourne vers elle, les bras croisés dans une posture clairement défensive.

« Je t’écoute. Qu’est-ce qu’il y a ? » Qu’est ce qu’elle était censée lui dire à présent ? "Hey ! Je sais que tu as des problème de mémoires alors laisse moi t’aider qu’on puisse s’aimer à nouveau ?" Non. Elle n’était même pas sûre qu’il y ait une bonne façon de lui annoncer ce qu’elle comptait lui dire.
Elle était complètement perdue, se sentait complètement démunie.
C’était la première fois qu’elle ressentait ça, une telle impuissance. Elle s’était souvent sentie perdue mais elle avait toujours réussi à relever la tête et se dire que ce qu’elle faisait en valait la peine, surtout du temps où elle était à la Confrérie. Mais se retrouver comme ça, face à Derek ?
C’était une première. Et elle n’avait pas l’excuse de la Confrérie pour l’aider cette fois.
Elle était seule et devait se débrouiller seule.  

Elle croisa elle aussi ses bras sur sa poitrine et baissa un instant la tête, ne supportant plus de croiser le regard de son mari. « Je… » Elle déglutit avec difficulté avant de s’éclaircir la voix. Elle était vraiment pitoyable. « Je sais ce que tu vis. » Elle releva la tête et plongea son regard dans celui de Derek. « Je sais que passer ce portail t’as effacé en partie ta mémoire et… » Elle n’avait pas voulu être aussi directe avec lui mais c’était le seul moyen qu’elle avait trouvé pour lui parler et lui dire ce qu’elle comptait lui dire. Des larmes remontèrent jusqu’à ses yeux alors qu’elle reprenait.
Putain pourquoi est ce que c’était aussi difficile ? « Et j’en ai assez que tu me regardes comme une étrangère. » Sa phrase se ponctua par un sanglot et elle détourna le regard pour essayer de reprendre ses esprits et se calmer.
Elle ne comprenait comment elle pouvait se laisser aller comme ça.

Elle ferma ses yeux et inspira et expira plusieurs fois afin de se calmer pour reporter finalement son attention sur Derek. « Je peux t’aider. D’accord ? Je sais que tu ne veux probablement pas de mon aide et que tu veux que je te foute la paix mais… » Elle décroisa les bras et l’une de ses mains vint saisir son alliance. « Mais je veux retrouver mon mari. Le père de ma fille. Je veux te retrouver. » Sa voix tremblait et menaçait de se briser à chaque instant mais elle parvint à se contenir. C’était la première fois qu’elle se sentait aussi démunie et aussi faible.

« Je me doute que tu ne voudras probablement pas de mon aide et que tu vas m’envoyer chier. » Elle haussa les épaules et lui lança un sourire attristé, presque résignée à l’idée qu’il ne veuille pas de son aide. « Mais je ne veux pas te laisser comme ça. Je ne peux pas. » Qu’est ce qu’elle pouvait dire de plus ? Si avec ça il ne voulait pas de son aide elle ne voyait vraiment pas ce qu’elle pourrait faire de plus. Elle en avait assez d’attendre, de se dire que le bon moment viendrait plus tard. Ça faisait plus d’une semaine qu’ils étaient réunis et elle n’en pouvait plus de repousser continuellement l’échéance.
Elle voulait le retrouver. Retrouver sa fille et reprendre où ils s’étaient arrêtés. « J’en ai assez Derek. Je veux juste… » Elle haussa une nouvelle fois les épaules, dépitée. « Je sais pas ? Qu’on se retrouve ? » C’était tout ce qu’elle souhaitait.

« Alors… S’il te plait laisse moi t’aider. D’accord ? » Qu’est ce qu’elle pouvait faire de plus ? Elle ne savait vraiment pas comment elle réagirait si Derek refusait son aide. Est ce qu’elle serait capable de continuer sans lui ? Elle en doutait fortement. Elle s’était toujours battue et s’était toujours définie comme une femme forte mais Derek n’avait jamais eu une place aussi importante dans l’équation. S’il refusait, elle savait qu’elle ne s’en remettrait pas.

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S’il y a bien quelque chose que je n’apprécie pas, c’est quand la personne en face de moi ne me regarde pas. Une personne qui m’a, en plus de ça, dérangé pour soi-disant discuter. Qu’est-ce qui pouvait bien lui arriver, là ? La purée de ce midi est mal passée ? Je ne comprenais pas son comportement, là où j’avais toujours connu une personne franche du collier et intraitable.
Elisabeth commence difficilement sa phrase et… me laisse un peu con face à la suite. Je sais ce que tu vis. Mais de quoi elle parle à la fin ? J’arque un sourcil et commence à inspirer doucement, tentant d’appliquer au mieux les exercices de relaxation que j’avais dû apprendre à la X-Mansion… et accueille enfin ce regard qui ne fuit plus.

Une étrangère…

« Pardon ? » ne pus-je contenir, tout comme la suite. « Ravi que tu t’en préoccupes mais ma mémoire se porte très bien El-…Jillian. »
(Je n’arriverais probablement pas à m’y faire.)

Elle était en train de pleurnicher parce que je la prenais pour…

…une étrangère ?!

C’était ça qu’elle était devenue, non ? Elle n’avait absolument rien fait pour que ça se passe autrement. À préférer partir dans le camp adverse pour soulager ses ambitions particulièrement meurtrières. Est-ce que je devrais encore la considérer comme la mère de ma fille plutôt qu'une étrangère, à votre avis ? Protéger Aela d’une telle influence me paraissait aussi naturel que de lui faire faire ses devoirs. Notre fille n’est pas dupe, et c’est sans doute pour ça que sa méfiance est encore bien ancrée à son égard. Une méfiance que je partageais également. Le sensible que je suis vois pourtant une quantité astronomique d’émotions sous son nez… non, je ne comprends vraiment pas… pourquoi un tel revirement de situation ?

Est-ce qu’elle essaie de me rouler dans la farine ?

Je ne suis pas un grand observateur, je ne l’ai jamais été. Vous savez pourquoi ? Parce que j’ai jamais réussi à rester plus de dix minutes sans rien faire. Ça m’a valu des échecs comme des succès selon les contextes. Non, j’observe peu et ça me suffit. J’agis avant tout et récolte les fruits de mes erreurs, si j’en ai commises. Et m’emporte très vite, d’autant plus si je ressens une certaine rancoeur envers mon interlocuteur.

Une rancœur comme celle-là.

« Bien sûr que j’en veux pas, de ton aide. Et n’essaie même pas de… » …de me triturer la tête ? non mais à quoi elle s’attendait ? Que j’accepte qu’elle aille trifouiller ma cervelle sans broncher peut-être ? Elle même semble suffisamment me connaître pour avancer le fait que je n’accepterai pas. La seule raison pour laquelle elle continuait, c’était par pur égoïsme. Rien d’autre. Je sais. Je veux. Je ne veux pas. Égoïste. Égoïste. Elle continue, elle continue et je bous, quand c’en est trop. « Arrête de me parler comme si j’étais en souffrance, je suis PAS en souffrance ! » grondai-je à son attention, mes yeux se noyant dans une teinte jaune-orangée.
Mes bras se sont démêlés et reposent désormais le long de ma carcasse. « T’as attendu que notre monde soit en ruines pour te réveiller ? » je sais qu’Aela pourrait entendre si je me décidais à hausser le ton davantage. Aussi je baissai à nouveau le son de ma voix, tentant de me contrôler au mieux. Je murmure fort, « T’as un sacré culot… » sauf que ma voix ne chuchote plus à la seconde phrase. « Tu crois pas qu’il est un peu tard pour se ‘retrouver’ ? Où t’étais quand j’étais seul à m’occuper d’Aela ? » où était-elle, hein ? Là-bas, à briser ses propres espoirs de former une famille un jour.
…où t’étais quand j’avais besoin de toi ? murmure mon for intérieur, sans que je ne daigne m’en préoccuper.

Je penche un peu la tête, faisant mine de réfléchir avant de la bombarder. « Oh attends, je sais ! T’étais en train de lécher les bottes à cet assassin, Magneto ! » Je m’approche un peu. « C’est la seule chose que t’as réussi à faire : nous abandonner !… la seule chose… et là, tu veux recoller les morceaux ? Parce que brutalement, tu te sens seule et conne, sans ton maître spirituel pour te prendre la main ? » J’ignore pourquoi, mais j’ai mal au cœur. « Tout ce que t’as fait, c’est là-haut et je l’oublierai pas, jamais, alors ne viens pas me dire que je me souviens de rien ! »

Un moment de silence, particulièrement pesant, un moment où je la fixe longuement dans le blanc des yeux, les miens crachant des éclairs blessés.

« C’est trop tard. Tu piges ? »

Est-ce que des excuses suffiraient ? J’en doutais sérieusement.
Essayer de ramper après tout ce qu’on a vécu ? J’étais pas d’accord pour que ça se passe comme ça. « J’ai pas besoin d’aide. » réitérai-je, la voix moins orageuse. Ce que je me force encore à faire… « C’est tout ce que t’avais à me dire ? » alors que je reculai d’un demi-pas, jetant un coup d’œil en biais, secouant un peu mes mains pour faire disparaître les quelques manifestations de ma mutation.  
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Derek Morgan & Jillian Walker
« Arrête de me parler comme si j’étais en souffrance, je suis PAS en souffrance ! » Jillian sursauta et fit par réflexe un pas en arrière, terrifiée par le ton que venait d’employer Derek. C’était la première fois qu’il s’en prenait à elle de cette façon, la première fois qu’il la menaçait de la sorte.
Comment est ce qu’ils avaient pu en arriver ? Elle le savait bien sûr, c’était de sa faute à elle parce qu’elle les avait abandonné mais elle avait l’impression d’avoir atteint le point de rupture, que tout se déciderait maintenant.

« T’as attendu que notre monde soit en ruines pour te réveiller ? » Elle déglutit avec difficulté mais soutint son regard sans prononcer un mot. Qu’est ce qu’elle pouvait répondre à ça ? « T’as un sacré culot… Tu crois pas qu’il est un peu tard pour se ‘retrouver’ ? Où t’étais quand j’étais seul à m’occuper d’Aela ? » Elle ouvrit la bouche pour répliquer mais se ravisa. Qu’est ce qu’elle pouvait bien répondre à ça ? Qu’elle au moins s’était battue pour essayer de changer les choses alors que Xavier et ses protégés étaient restés cachés dans leur institut en priant pour que les choses s’arrangent d’elles-mêmes ?
C’était ce qu’elle avait pensé oui. C’était ce qui l’avait motivé à rester aux côtés d’Erik pendant toutes ces années. Mais elle avait eu tord. Elle s’en était rendue compte en voyant sa propre fille s’éloigner d’elle et ne plus la reconnaître.  
Mais elle ne pouvait pas lui répondre ça. Pas maintenant.

« Oh attends, je sais ! T’étais en train de lécher les bottes à cet assassin, Magneto ! » Il se rapprocha un peu d’elle et Jill se crispa sans le vouloir, apeurée par ce qu’il pourrait faire. « C’est la seule chose que t’as réussi à faire : nous abandonner !… la seule chose… et là, tu veux recoller les morceaux ? Parce que brutalement, tu te sens seule et conne, sans ton maître spirituel pour te prendre la main ? » C’était vrai. Tout ce qu’il disait était vrai, il avait raison et elle le savait mais ça lui faisait vraiment mal de l’entendre de sa bouche. « Tout ce que t’as fait, c’est là-haut et je l’oublierai pas, jamais, alors ne viens pas me dire que je me souviens de rien ! » Elle ferma les yeux, la mâchoire serrée, incapable de répondre. Elle les rouvrit finalement et se crispa une nouvelle fois quand elle réalisa qu’il la fixait avec un regard mauvais. Un regard dont elle n’aurait jamais pensé être victime.

« C’est trop tard. Tu piges ? » Sa phrase fit l’effet d’une gifle à la jeune femme. Elle sentit son cœur se comprimer dans sa poitrine et des larmes remonter jusqu’à ses yeux. Alors c’était comme ça que ça allait s’arrêter ?
« J’ai pas besoin d’aide. » Est ce qu’elle s’était trompée alors ? Est ce qu’elle s’était enfoncée dans cette illusion pendant des mois, des années, espérant que les choses pourraient s’arranger ? C’était l’impression qu’elle avait. Elle n’était même pas énervée d’être aussi impuissante, d’être une simple spectatrice.
Elle était juste...
Désespérée.

« C’est tout ce que t’avais à me dire ? » Elle recroisa les bras, enserrant son torse le plus possible et baissa la tête en le voyant se reculer.
Qu’est ce qu’elle pouvait faire de plus ? Il n’y avait absolument rien qu’elle pourrait dire pour essayer de le convaincre. Derek avait déjà tout dit. Et il avait raison.

La tête toujours baissée, elle souffla un. « Derek… » A peine audible et releva les yeux vers son amant.
Qu’est ce qu’elle espérait encore ?
« Tu as raison. Je vous ai abandonné tous les deux. Parce que je voulais essayer de changer les choses et que j’étais persuadée que c’était la seule chose à faire. Parce que je voulais que notre fille vive dans un monde meilleur. » Elle resserra un peu plus ses bras. Elle était vraiment partie avec cette intention là, une bonne intention. Mais elle s’était perdue en cours de route. « J’avais tord. Je savais que je faisais une erreur mais je ne pouvais pas faire marche arrière. » Même si ça ne changerait rien, elle voulait faire ses excuses. « Je sais que ça ne va rien changer, que c'est beaucoup trop tard et que tu vas continuer à me haïr pour ça mais je suis désolée. » Elle fit un pas en arrière, résignée et laissa passer quelques secondes avant de reprendre.

« C’est tout ce que j’avais à dire. Alors si tu ne veux plus me parler ni même me voir, je m’y plierai. » Elle se mordit la lèvre inférieure, presque jusqu’au sang, hésitant sur les prochains mots qu’elle allait prononcer. « Et pour Aela… Je ne sais pas ce que tu comptes lui dire ou faire avec elle. Je sais que je ne l’ai pas vu grandir et que tu as dû t’occuper seul d’elle et que tu ne veux probablement pas que je m’approche d’elle. Mais c’est aussi ma fille Derek. » Elle s’apprêtait à continuer à essayer de plaider son cas mais s’interrompit en voyant la porte des quartiers de Derek s’ouvrir dans son dos et Aela passer sa tête dans l’ouverture pour les regarder. Jillian posa son regard sur sa fille, sans prononcer un mot, incapable de continuer. Qu’est ce qu’elle devait penser à ce moment là ? Comment est ce qu’elle la voyait ? Elle avait toujours été une étrangère pour elle alors maintenant qu’elle la voyait dans cet état, qu’est ce qu’elle pouvait bien penser et surtout ressentir ? Elle ne maîtrisait pas encore son don d’empathie alors elle n’imaginait même pas ce qu’elle devait traverser avec les émotions tellement contradictoires qu’ils devaient transmettre.

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St Derek Morgan & Jillian Walker
Le silence, pesant, presque empreint d’une violence muette, un nœud émotionnel ligaturant notre espace vital.
Et nous par la même occasion.
Le recul, je n’arrivais pas à en avoir suffisamment. Je sais que j’ai douté, de moi, de mes idées, de mes souvenirs… de mon esprit. Je sais que j’ai douté mais je ne l’admettrai pas, parce que je savais que le danger pouvait rôder n’importe où. Que cette confiance, placée en elle, je n’avais jamais réussi à la regagner. À la retrouver. Parce que j’avais peur de ce qu’elle était capable de faire. Je me souviens de nos affrontements, je me souviens du sang sur ses mains, de ces yeux incapables d’être raisonnés, ou de transpirer une once d’humanité.

Je me bats malgré moi pour essayer de la croire mais n’y parvient pas.

Alors que je pensais que notre conversation allait se terminer, Elisabeth recharge. D’abord à tâtons… bon sang, je n’y arrive pas. Mes canines s’allongent dans ma bouche alors que mes mâchoires se compriment. Les yeux dans les siens.

Ses arguments, ses paroles, elles arrivent comme un flot imprévisible. Ma cage thoracique se comprime un peu alors que je m’essaie à reprendre des respirations lentes et à rythme régulier.

Elle admet ses tords.
Se plie à mes mots…
À moitié.

J’aperçois l’anneau qui pend à son cou. Je n’y avais pas fait attention. Je… crois que je le connais. D’où vient-il ? Est-ce que j’avais…
Pendant qu’elle parle encore, je semble être perdu dans mes pensées. À chercher désespérément le fil d’Ariane…
J’essaie de reprendre mes esprits, secoue un peu la tête et replonge mes yeux ambrés dans les siens.

« Oui, c’est ta fille. » qui n’a qu’un seul parent à l’heure actuelle. Qu’est-ce qu’elle voulait de plus ? Devenir une mère, là, brutalement ? Tout ce qu’elle avait vu d’elle, c’était des photos ou des excès de froideur. Comment pouvait-elle s’imaginer un seul instant qu’elle puisse devenir une figure maternelle, saine qui plus est, par le seul pouvoir de la volonté ? « Dans un monde où tu lui aurais appris à tuer sans hésitation. » Mon regard, sévère, est pourtant fêlé. « À haïr qui est différent. » Car je ne suis pas insensible à ses émotions, et ce malgré tous mes efforts. « Ou à abandonner sa propre famille. » le silence de Jillian m’interpelle, et l’axe de ses yeux aussi. Son attention était alors accaparée par quelque chose dans mon dos, ou plutôt quelqu’un. Je tournai ma tête dans la direction dite, refermant mes mains griffues, enfonçant ces prolongements bestiaux dans mes paumes qui se mirent à saigner. Aela.

Aela qui commençait à pleurer doucement, avant de se recacher dans la chambre. Quel idiot…

J’appuie mon regard dans cette même direction, baisse un peu la tête… j’entends la voix d’Elisabeth qui résonne à nouveau. « S’il te plaît, tais-toi… » avec le moins d’agressivité possible, ce qui sembla être un échec. Ma voix avait tremblé. Mon visage s’oriente alors vers le sien. « Je veux juste… » recommencer ? tout effacer ? comprendre ? je ne sais pas ce que je voulais vraiment, là est le dilemme. Un soupir forcé alors que je baisse à nouveau la tête. Je sens le liquide chaud envahir ma paume et s’égoutter en petites cascades entre mes doigts. « Je veux… » je desserre l’une de mes mains en grimaçant, ravalant discrètement ma salive. « …je veux arrêter de penser à tout ça. Va t-en… » et mes épaules s’affaissèrent doucement. Il fallait que je me calme. Que je pose la barrière avant que notre fille ne soit meurtrie pour de bon. (Je me faisais violence pour ne pas aller la rejoindre tout de suite dans notre chambre. Je n’aimais pas la laisser ainsi, en proie à son pouvoir encore jeune.)

Quand soudain, j’ai l’impression d’être tiré vers l’arrière. Ma deuxième main se rouvre, faisant disparaître le dernier poing de mon extrémité. Je suis pris de cours et ne cherche même pas à attaquer. « Qu’est-ce que tu… » j’ai une sensation désagréable au niveau du crâne, comme si mes données internes étaient en train de s’entremêler. Puis quelque chose qui écrase. Ce n’est pas douloureux, mais c’est suffisamment déplaisant pour que j’en sois un peu bousculé. Je me laissai aller contre le mur doucement, sentant une pression sur mon avant-bras. C’est sa main. J’en fermai les yeux. Cette impression d’être piégé dans un train à grande vitesse… avant d’être stoppé au premier arrêt. Hors du temps.
Je vois un soleil magnifique. Des chaînes de montagne. J’entends ma voix qui sourit… est-ce que tu veux m’épouser, Elisabeth Braddock ? Encore un. Avec toi pour toujours ? Tu penses vraiment que j’ai assez de courage pour ça ? Un froissement d’ailes et de tissu. Qu’est-ce que c’est ?Je sais pas… du courage ? Un sentiment d’apaisement crevé par une joie sans nom. Un anneau qui brille sous les rayons du soleil. Tu n’as pas…Bon, c’est oui ou c’est non ? Je crois que je ressens de l’appréhension, et ce malgré la pureté de nos sentiments… un court silence où le vent joue avec nous. Un cocon qui se referme. Oui… oui, je le veux.

Des yeux qui se voilent de larmes. Les miens. Sous le souvenir retrouvé, et l’incompréhension d'avoir pu l'occulter.

Distrait, je finis par jeter un coup d’œil sur cette main qui était toujours agrippé à mon avant-bras.

Sans parvenir à la regarder en face. Elle, Elisabeth Braddock.
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« Oui, c’est ta fille. » La jeune femme reposa son regard sur Derek, quittant Aela des yeux. Le regard qu’il lui lançait… Il n’allait pas… « Dans un monde où tu lui aurais appris à tuer sans hésitation. » Elle continuait de le regarder dans le blanc des yeux. « À haïr qui est différent. » Elle détourna le regard pour le poser à nouveau sur sa fille qui n’avait pas bougé. « Ou à abandonner sa propre famille. » Jillian n’avait même plus la force de lui répondre ou d’essayer de se justifier. Elle avait bien compris que c’était peine perdue d’essayer de raisonner Derek. Et l’état de sa fille, qui commençait à pleurer silencieusement et dont les pensées lui parvenaient, n’arrangeait en rien ce qu’elle pensait.

Aela retourna rapidement dans la chambre et Derek la suivit du regard alors que Jillian faisait un pas dans la direction de son mari, soufflant à nouveau son prénom. Il la coupa instantanément d’un. « S’il te plaît, tais-toi… » Et se retourna vers elle. « Je veux juste… » Quoi ? Qu’elle les laisse tranquille ? Ne plus la voir ? Qu’elle n’approche plus sa fille ? Qu’est ce qu’il voulait ?
Le regard de la brune fut attirer par les gouttes de sang s’écoulant de la main de Derek et elle écarquilla brièvement les yeux avant de relever la tête vers son visage. Est ce qu’il la haïssait au point de devoir se contrôler pour ne pas laisser sa mutation sortir et risquer de s’en prendre à elle ?
« Je veux… » Elle attendait la sentence. « …je veux arrêter de penser à tout ça. Va t-en… » Alors c’était comme ça que ça allait se terminer ? Elle refusait d’y croire. Elle refusait d’accepter l’idée qu’elle ne pouvait pas les retrouver.
C’était impossible pour elle.

Alors sans aucun mot, elle se rapprocha un peu plus de Derek et saisit l’un de ses poignets pour l’empêcher de partir. Elle activa dans le même temps sa télépathie et se concentra sur son mari, cherchant dans sa mémoire les souvenirs qu’il avait occulté.
Elle s’était toujours promise de ne jamais utiliser ses pouvoirs sur quelqu’un sans son accord mais elle n’avait plus le choix. Il devait se souvenir de qui elle était pour lui, qu’elle n’était pas seulement la mère de sa fille. Il devait se souvenir qu’il l’aimait.  

« Qu’est-ce que tu… » Elle ne répondit pas, trop concentrée sur les souvenirs qu’elle essayait de reconstituer et ferma les yeux, serrant toujours l’avant bras de Derek dans sa main. Elle reconstitua l’un des souvenirs les plus forts qu’ils avaient et le lui transmit, rouvrant les yeux pour essayer de déceler une réaction de la part de son mari.
C’était le souvenir de leur mariage.
Il n’était reconnu par personne et ils n’avaient même pas fait appel à un prêtre pour le valider. Ils n’avaient été que tous les deux avec leurs témoins. Jimmy pour Derek et Jean pour elle.
Elle revoyait les images défiler devant ses yeux et ne pouvait pas s’empêcher de pleurer silencieusement. Elle avait l’impression que ça s’était passé dans une autre vie. Ce qui n’était pas totalement faux.

Elle releva les yeux vers le visage de Derek et se surprit à sourire en voyant qu’il pleurait lui aussi. Est ce que ça voulait dire que ça fonctionnait ?
Sa main libre vint délicatement saisir celle de Derek pour la serrer doucement et elle se reconcentra sur d’autres souvenirs tout en refermant ses paupières.

____________________

Ils étaient assis sur l’un des bancs dans les jardins de l’Institut. Elisabeth avait les bras croisés sur sa poitrine et avait le regard perdu sur le lac alors que Derek était assit à côté d’elle. La jeune femme tourna la tête dans la direction de son voisin et se raidit brièvement en voyant la façon dont il la regardait.

Ça faisait bien trop de temps qu’ils se tournaient autour pour pouvoir l’ignorer et le fait que Derek soit venu la rejoindre sur la banc après une nouvelle manifestation des pouvoirs de la brune ne faisait que le confirmer. Ils s’étaient déclenchés en plein cours et avaient fait voler plusieurs tables à travers la salle, manquant de blesser certains de ses camarades. Alors elle était sortie le plus rapidement possible de la salle et était allée s’exiler sur l’un des bancs, espérant qu’on la laisserait tranquille.

Mais Derek était venu la voir.

Il n’avait pas prononcé un mot et s’était contenté de s’asseoir à côté d’elle et de la regarder.
Elle ne savait pas depuis combien il étaient assis là, à se regarder dans le blanc des yeux, mais Eli savait une chose. Il fallait qu’ils arrêtent de nier l’évidence.
Alors elle leva lentement l’une de ses mains jusqu’au visage de Derek, la glissant sur sa nuque et se rapprocha de lui pour déposer un bref baiser sur ses lèvres.
Elle recula son visage, soutenant son regard et ne put réprimer un sourire.  

« Eli. C’est pas… » Elle le coupa en se rapprochant à nouveau de lui tout en murmurant un. « Tais toi. » Contre ses lèvres avant de revenir presser ses lèvres contre les siennes.

____________________

Jillian rouvrit les yeux, plongeant son regard dans celui de Derek et libéra sa main qu’elle tenait toujours pour poser la sienne sur la joue de son mari, lentement, pour ne pas risquer de le brusquer. Elle déglutit avec difficulté, bien plus touchée qu’elle ne l’aurait pensée en revivant ces souvenirs, et parvint à articuler un. « Derek s’il te plait. » D’une petite voix, attendant une réaction de sa part.

_________________

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Mes griffes ont disparues, ce qui est aussi le cas des blessures que j’avais pu creuser dans mes paumes. Le sang les salit toujours mais je n’ai plus mal. Je n’ai plus rien. Si ce n’est sa main contre la mienne, qui se tacha à son tour de ma sève vitale.
Incapable de la regarder en face en cet instant.
Des yeux qui papillonnent un peu, l’air abasourdi. Et j’ai à peine le temps de me ressaisir qu’une nouvelle vision s’impose à moi, me forçant à nouveau à clore les paupières.
Pourtant cette fois-ci, je suis beaucoup moins agité. Je retrouve même, pendant la splendeur du souvenir, un semblant de quiétude.

À revoir, à ressentir à nouveau, ce que j’avais pu connaître autrefois. Ma paranoïa n’était pas aussi développée et n’allais pas imaginer qu’elle puisse inventer tout ça. Ça ne pouvait pas avoir été crée de toutes pièces, seulement vécu. Parce qu’il n’était pas question de réfléchir à tout ça : sous mes yeux se déroulait quelque chose que je connaissais vraiment. La clé de ce coffre avait été trouvée et Elisabeth était en train de l’utiliser, parvenant ainsi à inciter mon esprit abîmé à récupérer le reste de lui-même. Une prospection presque trop rapide, presque trop simple pour ce qui avait pu me manquer. J’en ai la boule à la gorge, des émotions contraires s’enchevêtrant sous ma poitrine.
« Derek s’il te plait. » fit sa voix, me tirant de mes divagations en second plan. Je ravalai ma salive et rouvrit doucement les yeux, libérant une seule larme qui s’était coincée dans sa commissure. Je sentis une main sur ma joue mais m’occupai encore à reprendre mes esprits. Je pris alors une grande respiration, (qui fut plus douloureuse que je l’imaginais), et allai  enfin chercher ses prunelles.

Je ne sais que dire les premiers instants, secouant la tête un peu de droite à gauche, fuyant un peu son regard. Des instants brefs après lesquels je vins récupérer sa main avec la mienne. Je ne sais pas quoi te dire, Eli, pensais-je sans espérer un seul instant qu’elle ait maintenu le contact et qu’elle puisse l’entendre. Elle était pourtant l’une des rares télépathes d’exception que j’avais pu connaître dans mon existence. Je me sentais terriblement mal à me rappeler ce que j’avais pu lui cracher au visage il y a de ça… à peine quelques minutes.
Je regarde brièvement dans la direction de la chambre, là où Aela se trouvait. Je n’avais pas idée de ce que j’avais pu provoquer. Pas idée à quel point mes mots, mes émotions avaient pu être violentes pour l’une comme pour l’autre.

Une fois armé d’un courage qu’on me connaissait bien, je retrouvai à nouveau son visage et lui avouai avec franchise. « Je… je suis désolé. Je suis désolé pour tout. Je sais pas ce qui a pu… hmpf, mais quel con… ! » avant de lâcher sa main et ne pas chercher à contenir mon envie de la prendre dans mes bras, maculant malencontreusement le dos de son haut dans l’opération. Je t’aime, je t’aime tellement, sans parvenir à le lui dire.
Une fois son corps contre le mien, je continuai à me perdre dans mon flot de culpabilité, que je ne parvenais pas vraiment à contenir. « J’aurais pas dû dire autant de conneries… je m’en veux. » j’ai honte de moi sans le dire mot pour mot — de ce que j’ai pu dire ou faire, devant notre fille qui plus est. C’est dans un emballement naturel que j’allais récupérer ses lèvres le temps d’un baiser.  Le premier fut bref et ponctué par un… « Merci… » des plus sincères, et pesé. Le second s’affirme un peu plus.

Combien de temps cela faisait ? Combien de temps avions-nous gardé les yeux bandés ?

Je prends un peu de recul et la laisse un peu respirer. L’une de mes mains glisse sur sa joue… puis je réalise la marque que je viens de laisser sur elle et son teint de porcelaine. « Je-… oh, merde, » encore une fois, j’avais l’air bien finit comme type. Je regardai mes mains en vitesse et cherchait quelque chose pour la nettoyer, mais de toute évidence, j’allais tout salir — en plus d’inquiéter quelqu’un d’autre. Nous étions suffisamment sur les nerfs pour avoir à laisser du sang sous les yeux des gosses. Du sang inutile.

J’essuyai d’un geste vif et précis la larme qui s’était accrochée à la peau de ma joue, digérant la situation. Mon regard avait complètement changé.
Ce qu’elle avait fait m’avait permit de régénérer les tissus immatériels de ma mémoire. Et j’aurais pu l’en empêcher, dans un excès de colère. Et si je l’avais appris ? Bien plus tard ? Les regrets… et Aela… non, je ne préférais même pas y penser.  

Là, j’avais l’air aussi secoué que coupable, et ma maladresse qui ressortait était là pour en témoigner. Je lui confiai. « Est-ce que… tu peux lui dire qu’on arrive ? » lui demandai-je, sans réaliser que c’était la première fois que je lui amenai ça. D’instaurer un contact télépathique - même bref - avec sa fille, pour lui parler directement. Elle comprit parfaitement là où je voulais en venir, et si ce n’était pas le cas, il n’y avait qu’à lire en moi pour le savoir.

Deux misérables minutes… qui me suffirent amplement.

Et l’emmenai avec moi, une main dans la sienne, jusqu’à nos appartements. Je toquai doucement contre la porte en jetant un regard entendu à Eli. Puis ouvrit. « Ma puce… est-ce que ça va ? » lui dis-je à peine entré. J’avais peine de la voir aussi attristée. J’étais bien sûr inquiet, et ne lâchai pas la main de Jillian malgré tout - au contraire, je resserrai ma poigne sur cette dernière, prenant soin de ne pas abuser de ma force titanesque. J’appuyai un peu mon regard et elle finit par acquiescer avec un petit sourire contrit. « Oui ça va. Enfin ça va mieux. » et je laisse un soupir de contentement - discret au possible - s’échapper de ma cavité nasale.

Elle vit alors le sang et son inquiétude se raviva. J’ouvris ma seule paume vers elle. « C’est rien, regarde. Je me suis blessé et ça s’est refermé. J’ai plus mal. » la rassurai-je. Ça semblait marcher, mais l’interaction télépathique l’avait certainement surprise. Comme tout le reste à vrai dire…

Je pris place à côté d’elle sur le lit, remarquant que Jill n’avait pas daigné s’assoir à son tour. J’avais encore ma main dans la sienne. Je l’interrogeai des yeux avant de reporter mon attention sur Aela. Un silence que je finis par crever, ramenant ma fille tendrement contre moi. « Je sais que c’est dur pour toi. Que ça l’est pour nous tous… mais faut que tu saches qu’aujourd’hui, il n’y a pas que moi. Maman et moi on… je levai les yeux à nouveau dans la direction de Jill. Je ravalai péniblement ma salive. J’avais jamais dit ça. Les temps difficiles ne nous l’avait jamais permit. Et ma rancœur aussi. On est prêts à… être une famille. Qu’est-ce que tu en penses ? » parce que sa voix comptait tout autant.
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