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 When us leads to everything. || OS

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secret avengers • not. okay.
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When us leads to everything.


Nuit. Silence. Les quelques heures de paix que chaque soir, la base pouvait s'offrir. Et je savais pertinemment que nous pouvions subir la même visite explosive que la Confrérie, mais il fallait bien continuer. Jour, nuit, travailler, s’entraîner, aider, dormir. Se reposer, tant que possible. Je ne dormais pas. Je ne dormais plus. Comme durant la mafia, à peine un an plus tôt. La nuit était pour moi aussi vivace que le jour et je tournais en rond en m'interdisant de réveiller la moindre âme. Il y en avait toujours qui se baladaient, qui essayaient de tuer le temps pour repousser l'heure d'aller au lit. Dormir c'est pour les faibles. Dormir c'est du temps perdu. Dormir c'est... Une nécessité. Et je n'y parvenais pas. Nous étions là depuis des mois et je n'avais pas fermé l’œil. Pas plus de quelques jours, mis bout à bout. Je ne me posais même plus de question, je ne faisais que prendre les choses comme elles venaient et celle-ci venait avec une profonde solitude et le besoin de hurler pour compenser ce silence pesant.

J'avais pris l'habitude de marcher, si je n'allais pas m’entraîner pour passer le temps. Je me baladais, je croisais parfois quelqu'un. Ça occupait un temps. Ce soir comme les autres, j'avais dû m'occuper et en plein milieu de  la nuit lorsque j'avais enfin refermé la porte de métal froissé, mon soupir avait été plus que clair. Une lassitude me tenait, le soupçon du dégoût, le gout de la frustration et cette boule dans mon ventre. Je voulais sortir. Au lieu de ça je me déshabillais et m'allongeais sur le lit, le regard rivé sur le plafond. Je ne comptais pas dormir. J'avais abandonné cette simple mais ridicule idée. Je fermais seulement les paupières pour reposer mes yeux mais mes oreilles, elles, ne faisaient que gagner en efficacité aussitôt le noir tombé. Et malgré les murs épais, j'entendais. Les pas. Les ronflements. Les voix et même des pleurs. Nous n'étions pas en camp de vacances et je me tournais en attrapant mon oreiller entre mes bras, repliant légèrement mes jambes.

Dans cette position embryonnaire, je plissais les paupières, gêné par la lumière artificielle, et sans bouger j'actionnais l'interrupteur mais rien n'y faisait et je soupirais en ouvrant les yeux, vite stoppé par la surprise. Face à moi, l'écran allumé d'une télévision allumée. Sauf que je n'avais pas de télé ici. Au lieu du tissu pas cher de mes draps, je sentais sous mes doigts la texture usée d'un tissus plus doux. Mon regard se posait ci et là, intégrant chaque élément l'un après l'autre comme une fondue sur image avant que je me redresse, sans oreiller entre mes bras. Le regard brumeux, la scène floue, je sentais un courant d'air frais sur mon dos nu et accrochais du regard une silhouette qui disparaissait derrière une porte du petit appartement. Je ne voyais rien de plus que la lumière de la télé mais j'en entendais le son et les voix. Des informations nocturnes sur les derniers événements dans le monde. Qui avait été tué. Où l'armée était intervenue. Je n'en entendais qu'une partie, comme si le son était couvert par autre chose, et je me levais du canapé, sentant sous mes pieds la fraîcheur du carrelage.

Un frisson courrait dans mon dos alors que je ressentais une chaleur irrationnelle sur ma peau et le son de la télé qui se retrouvait couvert d'un brouhaha incessant. Je me rapprochais de la porte, doucement, où la silhouette avait disparue et appuyais mon épaule contre son encadrement. Je sentais l'eau couler le long de ma peau, je sentais le jet du pommeau de douche percuter ma nuque. Je sentais l'odeur fraîche du flacon de gel douche ouvert qui se répandait dans l'air. Je scrutais ce dos que je connaissais par cœur et délaissais l'encadrement de la porte pour me rapprocher de la douche. - Alan... - Car c'est bien là que je me trouvais cette fois. Pas en terrasse d'un quelconque bistrot. Pas dans la cellule de la prison ultime. Mais dans ce petit appartement de New York. Je m'invitais. Je le rejoignais. Je sentais l'eau sous mes pieds, sa peau contre mes lèvres et son dos contre mon torse. Le rebondi de ses fesses contre le tissus de mon boxer mouillé. - Tu me manques tellement... - J'embrassais sa nuque et posais mon front contre alors que je le sentais se raidir à mon contact. Je redressais la tête. - Comment... - Il s'était figé et levait sa main et la glissait sur son épaule, hésitant, jusqu'à sa nuque. M'avait-il senti? - Tu m'entends, Babe?

Le souffle coupé, raidi par l'impossible, j'avançais ma main vers son épaule. - Babe? - Mais ma main traversait et je subissais la chute d'un énorme poids au fond de mon estomac alors que je voyais son corps s'évaporer sous mes yeux. Son corps. Les meubles. Les murs. Comme si tout disparaissait en fumée au profit d'une lumière bien trop vive. - Alan! - Je voyais le frisson remonter le long de son dos mais son dos s'évaporait avant que je puisse réagir et le temps que je cri son nom une dernière fois, le paysage avais changé. Drastiquement.

Le carrelage avait laissé place à une terre claire et sableuse. Les murs et les meubles à des pierres et une végétation sèche. Le soleil plombant me forçait à couvrir mes yeux le temps que mon regard s'habitue et je pouvais prendre conscience de ce nouvel environnement. Environnement qui n'avait strictement rien à voir avec l'appartement d'Alan. Rien à voir avec New York. Et à vrai dire, rien à voir avec l'époque à laquelle je me trouvais si je m'en tenais aux vêtements des gens qui je pouvais voir... Et à ceux que je portais. Aillons empoussiérés, tissus usé par la vie et la chaleur. Nouveautés en comparaison de mes précédentes "visions". Mais tout ça semblait différent. Je ne reconnaissais rien ici. Je ne connaissais personne. Et si j'avais bien remarqué une chose dans tout ça, c'est que mes visions m’entraînaient toujours vers une personne que je connaissais. Une personne que j'aimais. Et là? Non.

Je ne ressentais rien ou alors de façon diffuse. La sensation des cailloux sous les semelles usées des sandales que je portais, comme lointaine. La chaleur des rayons du soleil, comme atténuée. Le vent qui secouait mes cheveux mais que je ressentais tout juste. Je percevais au loin une foule en bas d'une colline. Des silhouettes, et ça, leur peine, leur joie et leur désespoir, je la ressentais. Pas une seule, mais toutes. Ça me serrait le cœur, assez pour manquer d'air, avant qu'un cri de douleur ne vrille ma gorge. Je sentais le métal traverser mes chairs. Je sentais les clous rouillés frôler mes os. Une main d'abord, puis l'autre. Je sentais mes pieds être maintenus contre le bois et une nouvelle douleur vive les transpercer. Je chutais au sol, rivant mon regard vers la colline et les grandes croix de bois qui s'y tenaient. Je ressentais la souffrance, la difficulté à respirer. Je ressentais la brûlure de l'air dans mes poumons et ça, des heures durant. Mais je ressentais également la paix. Une paix étrange. Seulement la sensation d'une main sur mon épaule et d'une profonde liberté au fond de moi. Et cet amour...

Il est en paix. Je levais mon regard. L'ombre d'une lueur éblouissant mon regard. Il a fait ce choix. Je sentais sa chaleur, proche et familière. Il l'a su toute sa vie et il a suivi ce chemin sans reculer. J'étais incapable de me lever, le corps parcouru des spasmes de l’asphyxie et de mes muscles vidés de leur énergie. Il se sacrifie pour l'humanité. Je tournais la tête vers la colline, vers ces croix, vers la silhouette dessus.
Il est toi. Était. Il a eu toute sa vie pour se préparer. Des années pour apprendre et accepter. Il a poursuivi ce choix sans avoir besoin de le comprendre car il lui apparaissait avec une parfaite clarté. Tu es lui, mais tu n'as pas fais ce choix. Tu n'en as jamais eu l'occasion et maintenant tu dois vivre avec. Essayer. Apprendre et accepter. Comme lui l'a fait jadis.
Comme tu devrai le faire.
Car tel est le chemin que tu prendras, fils. Chemin semé d’embûches et de sacrifices. - Et si je refuse? - Ce sera ton choix. Mais tu sais comme moi que ce choix, tu l'as déjà fais.

Le sol se dérobait sous mon corps, comme si la terre était aspirée par les abysses et tout s'étiolait. Le paysage, les gens, la colline et les croix. Le ciel trop bleu et le soleil trop lumineux. Tout disparaissait, dévoré par le néant et cette lueur à nouveau. Lueur éternelle au fond du tunnel. Les aillons n'étaient plus, seule ma quasi nudité dans la pénombre de l'infini et la difficulté de mes gestes encore perturbé par la douleur vive qui s'estompait doucement. - Qu'est-ce que c'était que ça..? - Rien. Rien de plus que le silence impossible. Et puis je l'entendais. La vibration. Tout vibrait, tout ce vide. Et moi. Mais ce n'est pas mes oreilles qui la percevait. C'était tout mon être, comme si mon esprit l'entendait. Comme si je pouvais le comprendre. La sensation d'une émotion. Un sentiment après l'autres. Traduite en ressenti. L'odeur des pages d'un vieux livre. La nostalgie d'un être regardant une ancienne photo.

Un souvenir.

Le souvenir d'un passé lointain et perverti par l'homme depuis. Le souvenir d'un fils, montré à un autre fils. Je ne m’embarrassais pas à me lever et préférais rester assis, assis dans le néant. Je n'osais dire son nom mais je savais parfaitement ce que j'avais vu. Je connaissais son histoire. Je ressentais ce que la vibration voulait partager. Ce que la lueur voulait dire car je comprenais enfin sa façon de communiquer. Pas de mot, pas de signe ni d'images mais un langage tout à fait particulier. Un langage qui s'adressait à mon âme. Mon âme et elle seule.
Et mon père? Pourquoi m'avoir empêché de le sauver? - Je ne criais pas. J'avais crié par le passé mais cette fois ma question était simple, ma voix posée et calme. Mon père ne pouvait être sauvé. Car il était déjà parti. Je ne lui avais offert qu'un impossible temporaire. Quelque chose qui n'aurait pas dû être accompli. Pas ainsi. Et d'une certaine manière, je comprenais. Et je m'apaisais.

Les choses étaient différentes. J'étais différent de lui. Je n'avais pas eu toute ma vie pour me préparer. Je n'avais pas appris à accepter. Ma vie avait été bien différente de la sienne, et en un sens, tellement similaire. Et lorsque j'ouvrais les yeux, allongé sur mon lit dans la base du SHIELD, je réalisais. Je fixais le plafond, le corps humide d'une révélation libératrice. Tout semblait plus clair désormais.

Car j'étais lui.
Il était le fils.
Son fils.
Et je comprenais enfin.
Je comprenais quelles voix impénétrables investissaient mes pensées.
The-one-above-all
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