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 Le ciel est à nouveau mien || Kay

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Tu as échoué, encore échoué. Kayden. Je me redresse sans douleur, adressant mon regard clair aux premiers rayons d'un jour pluvieux et gris. Le bruissement des lames de métal qui s'entrechoquent ne me fait plus sursauter et leur poids démesuré ne courbe plus mon dos. Elles se calent parfaitement les unes contre les autres, animées d'un ordre sans pareil et je ne peux que me dire que Kayden a échoué, une fois encore. Alors que les portes battantes se sont fermées, qu'il a disparu de ma vue, je pensais me réveiller à nouveau vêtu des plumes blanches que j'avais perdues. Je me dirige vers la fenêtre, lève les yeux sur le ciel arrogant qui ne voulait plus de moi. Mes doigts enserrent la partie supérieure du balcon et je frotte nerveusement mes mains l'une contre l'autre. Mais peu importe, il ne compte pas. Il ne compte plus. Il a tout fait pour que ce moment arrive et son heure n'est toujours pas venue. Il est dangereux, très dangereux et si nos routes se croisent, peut-être qu'il me tuera cette fois. Enfin. Au lieu d'inlassablement me faire souffrir. Qu'a-t-il cherché tout ce temps ? Toujours me pousser aux confins du supportable pour enfin m'interdire de mettre fin à la douleur. Pourquoi faire, prolonger les supplices ? Je porte la main au pendentif qui m'accompagne. Nous étions amis lorsqu'il me l'a offert, nous étions frères et ensuite... Il a tout détruit.

J'enjambe la rambarde pour m'y asseoir quelques instants. Pourquoi a-t-il autant changé ? Je me laisse tomber dans le vide, à peine quelques instants avant qu'elles ne se déploient. Une mécanique parfaite qui s'harmonise à chaque instant avec mon corps, comme si elle en avait toujours fait partie. Sous mon regard, une ville grise et morne, privée d'une partie de sa population. Ils se terrent dans leur District, ils se meurent dans leurs cellules, ils ont baissé les bras, ont abandonné, ont été vaincus. Je ne resterai pas vaincu.

J'entre dans le couloir, cherchant celui qui me doit des réponses. D'autres vont venir, d'autres viennent mais je veux être le premier. Je veux croiser son regard, celui qu'il avait quand il tombait jadis, je veux qu'il sache que cette fois, je ne le rattraperai pas. Je pénètre par une fenêtre ouverte, personne dans le bureau du secrétaire. Dans son bureau à lui, des éclats de voix. Ils veulent avancer dans leur enquête, dans leur combat. Je pousse la porte et aperçois simplement quatre silhouettes. Une adossée à l'un des murs pendant que deux s'agitent autour d'une dernière. Elle est petite, si petite. Je la reconnais, ses mèches dansant dans un jeu de d'ombres nées des stores baissés. Je la reconnais, le visage vers le sol, abattue. La lumière entre à ma suite. Juste avant qu'un « Nous sommes les Purifiers, où sont-ils ? » ne viennent gueuler à mes oreilles. Ma silhouette à moi ne leur laisse pas entrevoir ce qui va se dérouler. Les humains, ils sont les seuls responsables de ce qui leur arrivera. Ils resteront à genoux sur ce sol qui se dérobera sous leurs pas. J'avance d'un pas décidé. Les humains, ils méritent ce qui leur arrive.

Une main s'élève, comme une menace silencieuse. Mon corps pivote et se balance vers l'avant. Une aile se déploie, les plumes sifflent alors qu'elles traversent la pièce. Ils méritent tous, mais pas elle. Elle. Elle lève les yeux, le bras du Purifier est cloué au mur derrière lui. Elle se tourne vers moi. Froidement, je lui somme : « Écarte-toi. » Comme surprise de me voir,  comme fascinée de me redécouvrir, elle se laisse guider. Mes doigts se posent contre son coude et je l'écarte doucement, plus délicatement que je ne l'aurais cru. Mon aile déployée forme un manteau autour de son corps, rendu plus frêle encore par l'inquiétude des derniers mois. Les alarmes retentissent en bas. Le métal l'entoure et j'accorde maintenant mon attention aux hommes présents. Qui espéraient-ils vraiment trouver, au siège des Worthington ? Que veulent-ils ? Des doses supplémentaires de bonheur ? Le sérum, sève de leurs espoirs ? Peu importe. Avant qu'ils ne disent quoi que ce soit, un second coup d'aile projette ce qu'il faut de plumes d'acier pour les clouer au mur, pour les blesser, pour les réduire au silence. Le dernier, celui qui levait la main sur « elle », je me le garde. Je progresse vers lui. Mon visage traduit une sorte de tristesse mais j'ai eu mal, j'ai eu bien trop mal.

Elle veut se dégager de l'étreinte. Elle se met à crier, elle veut les écarter. Que veut-elle faire ? Je passe mon bras autour de sa taille et saisis l'autre gars par la main. Je regarde de quelques pas. « Protège ton visage, maman. » Nous traversons le verre. Je la garde solidement contre moi pendant que d'autres entrent dans les locaux. J'entends une explosion dans les étages inférieurs, j'entends un brouhaha auquel je ne me mêle pas. Je prends un peu de hauteur, d'autres arrivent, traversent le ciel. Mon ciel. À jamais, mon ciel. Mon ciel, à moi. Je ferme les yeux. Sa main frôle ma joue. Je ne comprends pas, mes yeux sont froids, mes yeux n'ont jamais eu cette froideur. Je n'ai pas compris. Tout ce que je vois, c'est le battement des ailes qui me maintient dans mon monde. Kayden, en plein vol, dans ma direction. Mais quel genre de héros prétends-tu être, mon frère ? Les doigts de ma main gauche s'écarte. Le poids que je transportais disparaît sous mon propre corps. J'entends la voix féminine sur ma droite qui hurle. Je la garde fermement contre moi. Quel genre de héros es-tu, espèce de monstre ?
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Attention, derrière-toi! - Je déviais les tirs d'un automatique qui se dirigeaient vers le crâne de Steve et me projetais en avant pour rouler à couvert d'un mur explosé depuis tout juste quelques minutes. Nous faisions face à un groupe trop armé de militaire et nous n'étions que trop peu. Quelques alliés étaient tombés depuis que la fusillade avait éclaté. Steve et moi tenions cette position pendant que Sam survolait un bâtiment en ruine à une trentaine de mètres de là, essuyant d'autres tirs. En face, ils étaient encore une quinzaine et Steve ne pouvait approcher sans subir de nouvelles salves de tirs que j'étais trop occupé à dévier pour véritablement passer à l'offensive. Je savais me retenir mais je savais aussi mon potentiel et je tentais toujours d'éviter de puiser dedans. Les docks... Une seule fois suffisait. - On doit se replier, on peut plus rien faire ici. - « Ils nous barrent le chemin! Il faut faire une trouée! » - Tu peux pas foncer dans le tas cette fois, t'es résistant, pas invincible! - Je voyais son regard noir mais je l'ignorais, occupé à autre chose que m'inquiéter d'avoir blessé sa fierté. Je grattais mon torse, sentant la brûlure qui y naissait sans vraiment m'y appesantir. Je poursuivais la défense, tentant de trouver une issus viable, continuant de ressentir la brûlure jusqu'à ce que gratter ne soit plus suffisant.

RAAAH! - Fébrile, je soulevais le tissus de mon haut et observais la peau de mon torse, rouge écarlate, parsemée de points plus ou moins larges, impacts d'objets qui ne faisaient aucun sens. Je connaissais mes cicatrices, chaque marque qui hantait mon corps: ça n'avait rien à faire là. Je grattais encore, plus fort, paniqué. La brûlure gagnait du terrain et mes jambes fléchissaient alors que la douleur se faisait plus vive. Mes pupilles blanchissaient et je perdais le vert de mes yeux alors que ma conscience s'étiolait vers un ailleurs plus aérien et plus violent. Je voyais la silhouette, flottante, volante. Je voyais les ailes battantes et entendais le cri déchirant qui vrillait la ville, qui brûlait ma gorge.. Je sentais chaque salve, chaque tir, chaque trait qui traversait ma chair. Chaque blessure qui s'ouvrait dans mon corps, l'air qui s'y engouffrait, la douleur qui me détruisait.

Je hurlais à nouveau, mon cri raisonnant dans les ruines alors qu'un vent impossible se levait et soufflait tout sur son passage. Vague de mon pouvoir dévorant bâtiments et hommes, les militaires étaient par le souffle qui dessinait un cercle quasi parfait autour de nous et que Sam pouvait admirer dans l'horreur qu'il inspirait car tout disparaissait. Les bâtiments s'effondraient comme châteaux de sable balayés par les eaux, les hommes s'envolaient et finissaient piégés sous les décombres, impuissant face à la déferlante et lorsque je reprenais conscience, une froideur avait pris possession de mon esprit. Une froideur telle que les larmes qui coulaient sur mes joues semblaient provenir d'ailleurs. Je fixais Steve sans la moindre expression sur le visage avant que l'urgence ne se lise dans mon regard et que le sol ne tremble alors que je m'élevais dans les airs comme une bombe, la détonation de ma vitesse explosant dans le vide.

Je filais, boulet de canon à travers le pays et voyait le sol défiler en contre-bas sans m'attarder sur le moindre détail, flou directionnel, vent fouettant à mes oreilles m'interdisant le moindre son sinon celui que j'entendais au plus profond de moi: un cœur trop calme et une explosion dans le bâtiment plus bas. Sous moi je ne voyais que forets et champs: cette explosion venait d'ailleurs. Je prenais petit à petit le pas sur ces pouvoirs qui n'étaient pas véritablement miens. Maintenant que j'en avais compris l'origine, je parvenais à mieux les comprendre, à dissocier les sensations. Et si je me pressais c'était parce que je le voyais, son visage. Je les voyais ses yeux trop bleus.

Je savais vers qui je volais.

La banlieue défilait sous moi et je me rapprochais de Manhattan en voyant au loin une silhouette imposante dotée de deux grandes ailes de métal. Je voyais également les autres silhouettes propulsés dans le ciel qui se dirigeaient vers l'ange. Oui, car il était là, mon ange. Je le voyais enfin, je pouvais détailler son visage et me perdre dans son regard que je ne comprenais pas. Je pouvais voir Katheryn dans ses bras et l'homme qui chutait. Les sentinelles qui se rapprochaient. Les souvenirs des secondes précédentes qui continuaient d'affluer alors que je tendais la main vers l'homme qui tombait et l'autre vers l'homme qui volait. Je voyais ce qu'il avait vu. Je voyais ce qu'il avait fais. Je sentais ce qu'il avait ressenti et entendait ce qu'il avait pensé. Je mordais ma lèvre inférieure au sang et mon pouvoir se déployait.

Le Purifier se stoppait dans le vide au moment même ou un voile flou se dispersait autour de nous. Les sentinelles toutes proches. Mon bras droit partait vers la droite, envoyant le Purifier s'écraser contre la façade d'un immeuble et tomber sans la moindre douceur sur un balcon quelques mètres plus bas, vivant ou mort je n'en savais rien mais j'avais vu ce qu'il s’apprêtait à faire et je ne regrettais pas, pendant que mon bras gauche s'étendait vers la gauche, déployant le voile, bulle électro-magnétique qui grandissait à une vitesse impossible et éclatait, provoquant l'explosion de la dizaine de sentinelle dans le ciel, déflagration de flammes bien loin de nous atteindre avant que les débris ne chutent mais le bruit des explosions et la lueur des flammes avaient déjà attiré l'attention de la population en contre-bas. - Alors tu tues des gens maintenant? - J'avais tout vu, comme si j'étais lui, comme si ça avait été moi. Moi je venais peut-être de tuer cet homme mais il avait certainement annihilé les autres dans l'immeuble et même si je pouvais comprendre, ce n'était pas lui. Il n'était pas un meurtrier, il ne l'avait jamais été. Encore moins devant Katheryn dont je ne pouvais ignorer le regard horrifié. - Qu'est-ce qu'ils t'ont fait, mon grand... - Je voyais les ailes, je sentais le reste sans être capable de le distinguer réellement mais les exemples ne viendraient pas à manquer et plus bas dans l'immeuble, le regard féminin d'une chevelure brune nous observait, un sourire aux lèvres, abritée et invisible, satisfaite et curieuse...
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Il détruit tout sur son passage, il ne sait faire que ça, tout détruire sur son passage. Alors que les débris des Sentinelles s'effondrent, juste des morceaux, il s'approche comme si cette partie-ci de l'univers lui appartenait. Mon bras se serre autour de la taille fine et je suis du regard la trajectoire de l'homme qui s'écroule sur un balcon sans se relever, pas pour l'instant du moins. Je sens ses doigts qui se pressent contre ma peau.

Je ne fais qu'un long sur-place, le laissant agir, prendre des initiatives et se plaindre. Je le considère, comme si j'étais soudain tiré d'une longue rêverie. Oh oui, comme elle a duré longtemps... J'ai cru ne jamais m'en extraire mais maintenant je suis enfin vivant, je n'y retournerai plus. Je refuse désormais d'être cette ombre. Je ne le laisserai plus me mettre à genoux. Ma main gauche se noue autour du pendentif alors que je sens ma mâchoire se serrer malgré moi, une sorte d'envie de lui vomir au visage tout ce que je voudrais lui dire mais rien ne vient, je me contente de l'observer là. Dans mon univers silencieux. Plus aucun bruit ne nous parvient, pas même le son de la voix de ma mère qui me semble si lointain. Il a cet air suffisant, il a cet air arrogant, il a cet air faussement navré comme s'il ne me connaissait pas, comme s'il ignorait ce qu'il a fait. J'inspire doucement, ne desserre les lèvres que pour lui siffler : « Tu me juges ? »

J'aurais pu lui dire que oui, peut-être, comme il m'a tué. Comme il m'a empêché de mourir, comme il m'a laissé agoniser. J'aurais pu le lui dire mais à quoi bon, il le sait déjà tout ça. Mais son ton, comme si c'était lui qui avait subi les coups, les entailles, les blessures. Les leurs. À quoi bon cet air faussement désolé quand à cet instant, il ne l'est pas. Je jette une œillade sur le côté, mes pupilles suivent les battements réguliers les ailes d'acier et je me perds sereinement dans un cliquetis agréable et monotone. Elles m'amènent en arrière, plus près d'un toit et je ne le survole pas tout de suite, savourant la présence du vide sous mes pieds.

S'il n'y avait que les ailes... Ils ont cru que me priver de mes ailes me rendrait humain, me rendrait différent, mais il n'en fut rien. Je ne pense pas à elles comme une étape inférieure mais avec une tristesse et une colère qui me nourrissent chaque jour. J'ai l'odeur de la pluie ruisselant sur leur robe blanche au bord des narines chaque matin pluvieux, j'ai leur contact sous mes doigts au réveil avant de m'apercevoir que je n'enserre que le vide. Elles sont absentes mais leur perte a révélé ce que je n'aurais jamais appris sans ces événements.

Je descends doucement, juste assez pour que les pieds de ma mère puissent toucher une surface plane. Ses genoux se dérobent sous son poids et mon bras reste autour d'elle comme un filet de sécurité, comme une sorte de protection maintenant inutile. Elle fait quelques pas, loin du rebord et je pose un genou sur cet espace de pierre, avant d'accorder à nouveau mon attention à... lui. Pas de nouvelles sentinelles en vue, si elles peuvent nous rejoindre au moins. Elles peuvent me faire mal, elles peuvent me faire mal maintenant. Je n'y accorde aucune importance. « Je suis vivant. » Voilà. C'est cela, ce qu'ils m'ont fait.

La dernière fois que nous nous sommes vus, j'ai cru que c'était un pas vers ma vie d'avant, celle que je voulais retrouver. Et j'en ai construit une nouvelle, plus intéressante, plus puissante, et qui vaudrait la peine d'être vécue. À quoi bon jouer les professeurs si pour chaque pas en avant, le monde en faisait cinq en arrière ? Mais je suis vivant désormais, et comme pour appuyer mes propos, je déploie mes ailes pour les présenter à Kayden.

Aucun sourire n'anime mon visage, pourquoi serais-je heureux de le retrouver après tout ce qui s'est passé ? Mais c'est ce que je voulais, j'ai accepté le marché et j'ai provoqué ce changement. Je ne peux désormais que m'en féliciter. Je ne me rappellerai jamais ce que j'ai ressenti quand les ailes et moi n'avons plus fait qu'un, c'est un énorme flou dans mon mémoire et seule ma chair témoigne de ces heures. Mais c'est en moi, mon corps poussé à ses dernières limites a lutté pour me garder en vie. Les blessures ouvertes se sont refermées, les hémorragies se sont tues et le brouhaha d'un corps faible et blessé, pauvre petit oiseau que j'étais, s'est enfin terminé pour que je puisse ouvrir les yeux. Je me redresse et mets les mains derrière mon dos. Il serait inutile que je tente quoi que ce soit maintenant contre Kayden. Maintenant. « Je te hais assez pour te demander de rester mais je t'ai assez aimé pour te dire de dégager, maintenant. »
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« Tu me juges ? » - Je suis bien le dernier à pouvoir te juger... - J'étais un meurtrier de masse, techniquement, ne l'oublions pas. Et je battais chaque jour pour compenser mon oeuvre, même si j'avais bien confiance que c'était une pensée ridicule que de croire que c'était possible. Ces gens étaient morts, en sauver d'autres ne les ramènerait pas à la vie. Ça allégeait seulement ma conscience. Et ma conscience était bien lourde.

Je le suivais du regard, incapable de décrypter son regard si froid. Son visage était un livre ouvert à mes yeux, je pouvais en lire chaque trait, en déduire chaque pensée, il n'avait besoin que d'un regard pour que je sache précisément ce qui se tramait dans cette petite tête et si je commençais à me dire que c'était peut-être mon pouvoir qui jouait, ce lien était bien réel. Il était nous. Et là je ne voyais rien. Rien de plus que la froideur de ses traits tendus. La haine de son regard que je ne comprenais pas. Plus.

Il se rapprochait d'un toit et je flottais doucement vers lui sans trop m'avancer, seulement pour rester à portée de voix. Il déposait Katheryn dont les jambes fléchissaient avant de reporter son regard sur moi à nouveau. - « Je suis vivant. » - Oui, je voyais ça. Je ne disais rien cependant. Je l'avais sorti de l'Hudson, j'aurais su s'il était mort, je sentais sa vie en moi, raison de l'absence de réaction. S'il était mort, j'étais bien incapable de deviner ce que j'aurais ressenti ni comment j'aurais réagi. Ce que j'aurais fais. Qui aurait trinqué.

Je me rapprochais encore alors qu'il posait les pieds sur le toit et se tournait face à moi pour étendre ses ailes, m'en montrant la beauté. Elles étaient magnifiques et même si je préférais ses ailes d'origines, blanches et belles, j'étais tout de même heureux de le voir voler à nouveau. Même si je sentais bien que quelque chose n'allait pas. Je finissais par me laisser tomber sur le toit, le rejoignant en silence sans le quitter du regard, prudent, tenaillé par le besoin de le prendre dans mes bras mais terrassé par l'idée que quelque chose planait. Une ombre. Une menace. - « Je te hais assez pour te demander de rester mais je t'ai assez aimé pour te dire de dégager, maintenant. »

Je fronçais les sourcils, sentant l'air des hauteurs faire bouger le bas du manteau de cuir qui s'étirait jusqu'à mes mollets. Me haïr? Dégager? Un frisson désagréable courrait le long de ma colonne vertébrale pour venir faire souffrir ma nuque. - Me haïr? Pour quelle raisons tu pourrais bien me haïr? - J'étouffais une pointe d'amertume légitime. Je n'avais jamais fais moins que l'aimer comme mon frère, le sauver et le protéger au mieux de mes compétences - et échouer -, sauver sa vie lorsqu'il était au plus bas et l'aider à remonter la pente ensuite malgré mon départ forcé. Si j'avais une âme-sœur, c'était forcément lui. Et pas une seule seconde je n'avais attendu la moindre récompense, pas une seule seconde je n'y songeais car mon seul bonheur était de le voir là, debout, vivant et bien...

Mais il n'était pas bien. Il y avait autre chose.

Je le quittais du regard pour vérifier que la femme à quelques pas n'avait rien. - Katheryn, est-ce que ça va? - Elle était sa mère, mais elle était comme la mienne d'une certaine manière.  L'homme qui avait chuté plus bas sur le balcon était l'exemple type que Katheryn était hors-limite.
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« Tu me juges ? » - Je suis bien le dernier à pouvoir te juger... C'est exact. Qui est-il ? Il n'est plus rien, il n'est plus personne. Du jour où nous nous sommes rencontrés jusqu'à maintenant, ça n'a été qu'une détérioration de ce qui m'avait amené vers lui. Cette lumière qu'il dégageait et dont je me nourrissais, je ne la vois plus. C'est qu'il n'est plus lumineux à mes yeux, c'est que je ne dépends plus de cette lumière désormais.

Je me raidis alors qu'il s'approche encore, et je finis par l'avertir. L'avertir de partir avant que cette affection que j'avais ne fasse plus le poids face à la haine que je ressens à son égard, pour tout ce qu'il m'a fait. Parce qu'en dépit de ce que je sais, malgré tout ce dont je me souviens – ses sourires, ses paroles, ses moqueries, ses gestes, son plaisir – j'ai encore la bêtise de croire qu'il y avait une raison. J'ai la naïveté de croire qu'il pensait bien faire, dans sa tête de malade, il devait croire qu'il y avait une raison derrière tout cela...

Je baisse le visage lorsqu'il me pose sa question insultante. Je serre les poings, pourquoi faut-il qu'il réagisse comme ça ? Pourquoi ? Je marche doucement sur le rebord du toit, n'appréciant d'ailleurs pas qu'il s'adresse directement à Katheryn. Je tends le bras dans sa direction à elle, alors qu'elle commençait à articuler « Dayle, qu'est-ce que... qu'est-ce qu... » et sans la regarder, je lance simplement un « La ferme ». Il s'adresse à elle, il s'adresse à lui. Juste qu'ils se taisent, juste qu'il la ferme. Quelle ironie. Je relève les yeux sur Kayden, pince les lèvres avant de lui demander : « Comment ? Comment oses-tu te présenter devant moi et me demander ça ? »

Mes mains glissent sur mes plumes. Deux se détachent naturellement et je les prends en main, jouant doucement avec elles. Je dirige mon regard sur le ciel et lance un rictus amusé, la situation est ironique, ironique et cruelle. Kayden est celui qui m'a arraché les ailes. Il a brisé des os, il a fait couler le sang, il a tranché dans la chair. Et il ne comprend pas que j'aie simplement envie de le tuer.  « Laisse venir les Sentinelles, laisse-les venir. De quoi as-tu peur ? » Une de mes aimes se tord et je me tourne, pour lancer une série de plumes d'acier dans la direction de Kayden.

Une fois, deux fois, trois fois jusqu'à le rejoindre, qu'à peine un mètre nous sépare. « Tu t'en souviens, ce bruit que ça fait quand ça se brise ? » Mes traits se durcissent alors que je ne lui laisse pas le temps de répondre. Mes mains se dirigent vers lui, pour essayer de planter les plumes immobiles, insensibles aux souffles réguliers du vent, aucune légèreté, aucune vie. Mon ton se fait plus colérique, mon visage se ferme quand je lui demande à nouveau, à la limite de lui hurler au visage : « Est-ce que tu t'en souviens ? Mais qu'est-ce que tu attends de moi ? »
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« La ferme! » - Je sursautais en entendant l'éclat de voix, tournant la tête vers lui en cherchant à qui il s'adressait. Son regard je le croisais immédiatement. C'était à moi. A nous. A elle? Depuis quand lui parlait-il sur ce ton? ... Depuis quand tuait-il des hommes sous son regard? - « Comment ? Comment oses-tu te présenter devant moi et me demander ça ? » - Il ne faisait aucun sens. Oser? Je n'avais jamais rien fait de mal à son encontre, je n'avais pas à ramper pour l'approcher. Pourtant il semblait dire que je devrais me montrer plus prudent, et partir. Pourquoi? Oui, pourquoi était la question. Légitime. - « Laisse venir les Sentinelles, laisse-les venir. De quoi as-tu peur ? » - Je tournais la tête vers Katheryn et faisais quelques pas en silence pour me placer entre elle et lui. - Je n'ai pas peur pour moi. - Je le sentais le sentiment, l'intuition grandissante. Je la sentais pressente mais naïvement je l'ignorais.

J'avais tout juste le temps de dévier les plumes lorsque la première salve volait. Je levais les bras par réflexe pour protéger mon visage alors que la seconde salve arrivait. Je sentais le choc contre le bouclier electro-magnétique et à la troisième salve lorsque j'ouvrais les yeux, je le voyais lui. Un coup de vent, le bouclier cédait sous le regard noir et meurtrier. J'ouvrais la bouche pour inspirer l'air, surpris, coincé. - « Tu t'en souviens, ce bruit que ça fait quand ça se brise ? » - Oui. Je savais de quoi il parlait, et oui, je m'en souvenais. Mais pourquoi me dire ça? Pourquoi me demander ça? Je n'étais pas responsable et il ne savait pas que je l'avais subis. Il ne pouvait pas savoir. Seul Alan était au courant. L'avait-il vu? L'avait-il...

La douleur me tirait un cri lorsque les plumes s'enfonçaient dans mon torse et mes jambes cédaient sous mon propre poids. Un dans la clavicule gauche, l'autre à droite, plus bas que le cœur. Raté ou évité, ça n'était pas mon soucis du moment. Le sang coulait à travers mes vêtements et mes yeux rougissaient alors que je levais le regard vers Warren. Mon Warren. Où était-il? - « Est-ce que tu t'en souviens ? Mais qu'est-ce que tu attends de moi ? » - Mes oreilles bourdonnaient mais j'entendais quand même les pleurs et suppliques de Katheryn derrière moi. Ma respiration était devenue plus difficile, plus rapide. Mes poumons étaient intacts mais la douleur irradiait, dévorante et paralysante.

Je l'avais senti, le danger imminent. Je l'avais ressenti comme à chaque fois mais venant de lui, je ne m'étais pas méfié. Je lui faisais confiance, une confiance aveugle. Et il me plantait ses lames dans le corps? Si ce n'était pas un couteau dans le dos, c'était tout comme. Je ne comprenais pas. Mon cœur paniquait et mon cerveau bouillait. Des larmes brûlantes rampaient au-delà de mes paupières, résultat de la douleur physique et du flou total dans lequel je me trouvais. - Toi... - Qu'est-ce que j'attendais de lui? Rien. Tout. Son lui tout entier. Son cœur trop grand, bien plus grand que le mien. C'était lui le puit infini de bonté, pas moi... Et je me retrouvais à genoux et blessé de sa main? Quel était donc cet univers? Étais-je encore dans un de ces rêves? Ceux qui semblaient si réels? Et alors une silhouette se dessinait dans l'ombre du monde qui se floutait de plus en plus. Une silhouette aux courbes féminines. Des yeux à La lueur flamboyante. Les cheveux bruns tombant sur ses épaules. Un bracelet fin en argent à son poignet droit. Ses doigts se glissaient dans les cheveux de Warren sous les yeux médusés d'une Katheryn qui perdait pied face à l'arrivée de cette femme déroutante. Un quelque chose d’envoûtant dans la démarche.

Un quelque chose d'impossible.

He is mine now, Kayden. - Voix envoûtante d'un désir superficiel et brûlant à l'amour dérangeant. - Mum... - Mais je sombrais. Je sombrais devant son sourire satisfait. Je sombrais sous le regard de mon frère, entre colère et jouissance. Je sombrais face à l'impossible.
Mon père n'aurait pas pu me mentir à ce sujet.

Elle était morte.
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Il ne semble pas surpris, du moins quand je lui pose la question, il paraît se souvenir. Ses yeux ont un rapide mouvement, comme s'il avait fait un rapide voyage dans le passé. Je maintiens Kayden debout, en gardant les plumes fermement serrées entre mes doigts. Je sens mon corps se faire plus lourd à fur et à mesure que ses genoux plient. La voix de Katheryn s'estompe et il ne reste que l'expiration de Kayden, les lèvres encore entrouvertes, son cri perdu dans le vide.

- Toi... La tension dans mes bras retombe et il est bientôt à genoux en face de moi. Un instant, il me prend l'idée qu'il serait si simple de le pousser dans le vide, le voir s'effondrer, incapable de s'envoler. S'effondrer dans le vide, sans jamais pouvoir regagner le ciel, s'effondrer dans le vide, se briser le crâne tout en bas. Et mourir comme ça. N'est-ce pas la plus belle mort que de voir une dernière fois le monde depuis tout en haut, de sentir l’apesanteur une toute dernière fois, et lutter contre. N'est-ce pas le plus beau des derniers combats qu'on puisse livrer ?

Une femme. Cassandra Allen. Une autre femme, Katheryn qui m'attrape par le bras et me crie de le lâcher, comme s'il était de quelque façon que ce soit victime. Elle secoue, répète inlassablement de le lâcher et mon bras abandonne Kayden simplement pour la repousser. Mes doigts s'écrasent dans ses épaules mais un élan la projette dans ma direction, une fois encore. Partagé entre l'amour indéfectible que je lui porte et son intrusion ici, maintenant. « Pars, va-t'en ! Pars d'ici ! » Mes ailes passent autour d'elle, son corps se presse contre le mien. Mes lèvres toutes proches de son oreille : « Ça me fait aussi mal qu'à toi. » Une de mes plumes se détache et vient la rencontrer. Elle la retire avec le même étonnement que j'avais retiré cette dose de serum dans ma jambe et elle s'écroule au sol. Endormie, loin de pouvoir me retenir.

Je passe près de Cassandra. Elle avait eu raison, qu'est-ce que le temps avait été long... Je me rapproche de Kayden, je retire les flèches de son torse avec une sorte de douceur qui ne me ressemble pas, des gestes lents que je m'étais surpris à oublier. Je passe ma main contre l'une des blessures, je sais que je pourrais le soigner. Je pourrais essayer de le soigner mais le mal qui le ronge, celui qui l'a poussé à détruire tant de vies... puis-je vraiment le guérir ? Je serre les lèvres, le regard inconscient entre mes bras. Je sens sa cage thoracique se gonfler au gré des respirations difficiles.

Mes doigts passent doucement contre lui et je baisse le visage sur lui. Je pose mes lèvres sur son front. « Depuis le sol, le ciel doit paraître si lointain... » avait-elle dit lors de notre première rencontre. J'aurais dû m'arrêter sur le murmure de Kayden, j'aurais dû réagir mais ça n'a plus aucune sorte d'importance. C'est moi... c'est moi qui n'ai pas su te sauver Kayden. Pourquoi a-t-il fallu que tu commettes l'irréparable ? D'un geste brutal, je te serre contre moi. Ma main caresse mes plumes et je pose ma main contre ton torse, tâchant ta peau de mon sang. Je voudrais simplement que tu entendes tout ce que j'ai à te dire mais aucun mot ne parvient à franchir mes lèvres, juste un sanglot... Tu m'as fait tellement de mal. « C'est un peu comme faire un échange entre leur vie et la tienne... dis-moi Angel, laquelle compte le plus ? » La leur...

Je retire ma main, observe doucement ma peau se refermer sur cette blessure que mon corps a déjà oubliée. Je voudrais te dire tellement de choses. J'avais pensé te répéter cette phrase qui me hante encore « Bienvenue chez les humains » mais je n'en trouve pas la force. Je n'ai jamais été fort et maintenant, je ne me concentrerai que sur mes missions, pour mettre de côté tout ce qui me faisait si mal hier... « On se retrouvera en enfer... mon frère. » Mes doigts l'abandonnent et je le lâche doucement avant de le repousser, de l'autre côté du rebord. Et je reste assis sur le bord du toit alors que son corps disparaît dans le vide. Attiré par la pesanteur. N'est-ce pas la plus belle mort ? Je me redresse, cale mes pouce et index contre mes yeux avant de demander à Cassandra, comme une supplique. « Partons, maintenant. » Plus tard le temps des explications.
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Kayden? - Sommeil agité d'une tête châtain ébouriffée. - Kayden, mon ange, réveille toi! - Je sentais ses mains saisir mes épaules et j'ouvrais les yeux. Je les ouvrais tout juste le temps pour voir son visage alarmé avant de fondre en larme, me redresser pour m'y m'échouer dans ses bras. Elle les serrait autour de moi et je laissais mes larmes couler, évacuant la terreur que la nuit me faisait passer. Mes mots mourraient dans ma gorge serrée et je tremblais. Chaque parcelle de mon petit corps tremblait. - C'est fini, là... - J'entendais sa voix, elle m'apaisait malgré sa difficulté à articuler correctement. Elle savait que le simple son de sa voix, peu importe à quel point elle accrochait les mots, m'aidait. Le rythme de mon petit cœur diminuait doucement et je reprenais ma respiration avant de me redresser, l'air perdu et épuisé. Elle relevait mon visage de son index sous mon menton et je voyais dans la lueur tamisée de ma veilleuse son sourire bienveillant et ses yeux qui me scrutaient. - Racontes-moi, mon ange. - C'était... Le grand méchant... Et puis... Et puis... - Calme. Là, respire. - Sa main massait mon dos, prodiguant la chaleur qui manquait, et je ravalais mes sanglots le temps d'articuler mes mots pour qu'elle les lise. - Il y avait une ombre qui me courait après. Et je te cherchais mais t'étais partie. Je te trouvais pas et l'ombre s'est transformée en énorme monstre, et t'étais pas là, et... - Je suis là maintenant. - Ses bras m'entouraient encore une fois, je tremblais encore. Je tremblais de terreur, une angoisse persistante. Un abandon insupportable. - Jamais je ne te quitterais. Je serais toujours là, mon ange, quoi qu'il arrive je serais là...

Là... Elle serait là... Mon ange... L'ombre et la lumière... Mon ange...

J'ouvrais les yeux. Le froid saisissant mon corps comme s'il s'y était installé depuis des jours. La respiration lente, je sentais ma gorge sèche et serrée. Mon regard encore flou observait un plafond gris et fade bien trop proche de mon visage, frolant mon nez. Je voyais la vapeur s’échapper de mon souffle à chaque expiration d'air glacial que j'avais inspiré, qui avait cristallisé mes poumons, douleur désagréable qui me réveillait petit à petit. Je ne sentais pas mes membres, engourdis et lourds. Je ne sentais que l'air, la température trop basse. Un sursaut de mon corps coupait mon inspiration en deux, frisson qui hérissait chaque parcelle de ma peau et je tremblais un instant avant de parvenir à bouger un bras. Ma main saisissait faiblement le tissus, tirait dessus, linceul blanc étouffant mon regard enfin apte à distinguer les néons éteints du plafond. Je frissonnais à nouveau, me redressant avec difficulté, le drap tombant à ma taille. Je sentais l'attache à mon gros orteil droit, voyais l'étiquette marquée de mon nom. Mon regard balayais la pièce théâtre de mort. Corps et sacs mortuaires, brancards et outils de dissection. Une morgue, purement et simplement. Mon tombeau temporaire.

Je pivotais sur le côté mais m’effondrais au sol en emportant une tablette métallique avec moi, chute lourde et douloureuse, bruit désagréable et agressif qui m’effrayait le temps de ramper sous la table sur laquelle j'étais allongé. Ma respiration était devenue rapide, mon comportement méfiant. Terrorisé. Ma peau tirait, perforée, recousue, douleur désagréable camouflée par la froideur de mes chairs. J'observais les fils chirurgicaux qui fermais les plaies disparues. Les souvenirs revenaient par flash, l'image d'un homme aux ailes de métal, un Archange dans le ciel, ses yeux sur moi, sa haine en moi, sa voix vrillant chacun de mes sens. Je me recroquevillait sur le sol gelé, tirant sur l'étiquette à mon pied pour en faire céder l'attache et l'observer de plus prêt. Kayden Jefferson. Mon nom. C'était moi. Décédé le 23/10/17. Mort? J'étais mort?

Mon Ange. C'était moi. C'était lui.

Je rampais, m'accrochais à la table pour mieux me relever, jambes faibles et flageolantes. Je marchais, titubais, enfant perdu et esseulé, me déplaçais vers la double porte qui s'ouvrait lorsque je m'approchais.

Elle était morte.

Je me saisissais d'une blouse planche, en enveloppait mon corps grisâtre et nu, le regard dans le vague.

Il était mort.

Je passais les portes, le regard suivant le couloir désert que j'empruntais.

J'étais mort.

Je marchais, appuyé contre les murs, jusqu'à de nouvelles portes que je passais, encore, et encore. Le sang perlait aux portes des sutures de mes plaies et je poussais une dernier porte avant d'inspirer l'air extérieur, parfum boisé d'une foret insondée.

C'était nous.

Mes pupilles blanches se développaient lorsque l'iris se refermait, réflexe face à la lumière solaire intense. Quelques pas, je sentais la terre gelée sous mes pieds, herbe cassante d'une pellicule glacée. Quelques pas avant que des silhouettes n'approchent. Quelques pas avant le souffle terrible d'une vague de puissance. Quelques pas avant le bâtiment éventré, les hommes projetés, les arbres arrachés et couchés, les grilles électrifiés emportées. Quelques pas et je m'envolais, peu concerné par les dégâts que j'avais causé.

Ils étaient tout.
J'étais mort.
Il m'avait tué.
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