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 Je pense à toi

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MessageSujet: Je pense à toi   Dim 7 Jan - 1:20
Quand il ne fait plus froid et qu'un parfum fleuri vient chatouiller mon odorat, je pense à toi. Quand les rideaux dansent dans un courant d'air comme les pans d'une robe lors d'un premier rendez-vous, je pense à toi. Quand je ferme les yeux et que je me sens soudain en sécurité, loin de cette agitation assassine qui fait notre quotidien, c'est que je pense à toi. Mais je ne sais pas exactement qui tu es.

J'ai volé dans les bourrasques enneigées en espérant me perdre, me perdre si loin que le hasard me mènerait jusqu'à toi. Quand le froid s'est posé sur mes ailes insensibles, j'ai chassé le manteau blanc et ai souhaité qu'un automatisme perdu, un souvenir refoulé me conduirait jusqu'à ton regard confiant. J'ignore pourquoi j'ai cette sensation mais quelque part au fond de ma mémoire, il y a cette ombre qui marche le long du trottoir, ce ronronnement mécanique qui semble m'annoncer ton arrivée, quelque part au fond de mon cœur, il y a un pincement qui me fait penser que tu es là, quelque part. Un pincement au fond de mon cœur semble me crier que tu existes réellement. Mais qui es-tu donc ?

D'un bar qui ne m'inspire rien, je me mets à marcher sur le trottoir. Un long manteau couvre mes ailes disciplinées, mes jambes s'enfoncent dans la neige. Les conditions météorologiques empêchent les déplacements d'une partie des Sentinelles, réquisitionnées pour de basses besognes. Protéger les humains du monde qu'ils veulent tant contrôler. Je laisse l'instinct me guider, pas après pas. Je cotoyais le froid comme un compagnon de voyage jusqu'à présent et désormais, j'ai l'impression d'y être devenu insensible. Sur ma peau, pas le moindre frisson, sinon ceux qui me traversent lorsque je repense aux semaines passées. Je ne m'arrête pas, sur personne. Ils ne comptent pas. Les personnes que je croise n'existe pas, et la fille de mes rêves, elle... qui sait ?

Je me retrouve à monter les marches d'un grand immeuble, laissant choir quelques morceaux de neige qui viendront à disparaître bientôt... Je monte, sans m'essouffler et m'arrête à quelques mètres d'une porte. Mes yeux se baissent au sol, pourquoi étais-je ici ? Je m'approche, sans vraiment me préoccuper qu'on me voie. Mes doigts se posent sur la poignée qui se bloque lorsque j'essaie de la tourner. Seconde tentative vaine, j'ôte doucement l'une de mes plumes que j'enfonce dans la serrure. Encore, encore. Le métal pénètre dans un râle presque silencieux et je pousse enfin la porte.

Autour de moi, rien ne m'est vraiment familier. Je ne connais pas cet appartement et j'entre comme dans un musée muet qui ne souhaite pas encore révéler ses secrets. Les rayons de la lune se devinent derrière les rideaux fermés, je progresse jusqu'aux fenêtres et entrouvre l'un des pans de tissu léger, pour vérifier qu'aucun intrus ne fasse son apparition dans le ciel. Un bruit m'interpelle et je me retourne furtivement, espérant pouvoir me dissimuler dans la pénombre avant d'être surpris par le résident des lieux. L'une des plumes fend l'air et se loge dans l'un des interrupteurs. Un crépitement se faire entendre, puis à nouveau rien. Je ne dis rien, je le laisse s'approcher...
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MessageSujet: Re: Je pense à toi   Dim 7 Jan - 4:01
Symphonie sublime sous les paupières closes d'un sommeil trop léger. Pas vraiment réparateur, pas vraiment enclin à lui offrir la paix. Elle ne rêve plus depuis des mois. Elle cauchemarde des visages qu'elle fait enfermer. Ses songes ne dansent plus dans son esprit à peine reposé. Les chimères n'ont plus fait leur apparition depuis trop longtemps. La vie était ainsi faite, elle suivait son cours dans un carcan sans couleurs. Ses convictions s'étaient écroulées avec elle, écrasées par un gouvernement trop pressant, par une réalité qu'elle s'était prise de plein fouet. Elle n'avait pas eu le choix d'accepter pour le sauver, lui qui avait pourtant déjà bien vécu. Elle s'était enfermée dans l'esclavage et elle acceptait ce sort comme si tout devait finalement se dérouler ainsi, comme si le destin était tout tracé. Elle ne se battait plus pour sa liberté. Fatiguée. Exténuée. Respiration calme. Sommeil agité, froncement de sourcils marqué. Le craquement du parquet finissait par la réveiller. Esprit embrumé, habituée aux bruits de son appartement, elle ne réalisait pas tout de suite. Allongée sur le ventre, sa respiration se faisait plus profonde, signe qu'elle se réveillait lentement, prête à se rendormir.

Jusqu'à ce qu'elle le sente, jusqu'à ce qu'elle sache sans savoir l'identifier. Le cœur battant, le stress soudain la faisait se redresser sur ses bras tendue, comme si elle cherchait du regard sa provenance. Peut-être qu'elle se trompe, peut-être qu'il est en bas de l'immeuble, qu'il ne fait que passer dans la rue. Ce mutant qu'elle sent au creux de ses reins, celui qu'elle devine par son don en éveil, celui dont elle devine le don. Ses doigts cherchaient l’interrupteur au dessus d'elle, proche de la tête du lit, et quand son claquement se faisait entendre, rien. Aucune lumière en dehors de celle de la lune dont ses prunelles avaient bien du mal à s'habituer. Ce n'était pas un mutant en bas de chez elle à qui elle laisserait la chance de s'éloigner de New York avant que le gouvernement ne la force à le trouver. Elle en était certaine. Assez pour ouvrir discrètement le tiroir de sa table de nuit pour en extirper une arme blanche, de celle qu'elle maîtrise le mieux pour se défendre.

Un volant. Un régénérant. Elle ne réalisait pas, trop soucieuse de savoir comment elle allait pouvoir s'en sortir pour le coup. Ça pouvait être un mutant échappé d'une structure du gouvernement, venu se venger d'avoir été ainsi vendu par une sœur. Il ne serait pas le premier. Avalant difficilement sa salive, elle finissait par se lever. En débardeur noir et en short blanc, elle se maudissait de ne pas protéger son habitation mieux que ça. Se déplaçant lentement, elle se dirigeait vers l'autre interrupteur de la pièce. Rien non plus, à défaut que ses doigts rencontraient un morceau de métal. Elle ne devinait pas la plume, seulement persuadée un peu plus qu'une personne se cachait, cherchait à l'atteindre. S'il n'était qu'un simple voleur, il ne se serait pas amusé à lui couper l'électricité, il se serait enfuit dans un vacarme, n'est-ce pas?

Sa poigne se faisait plus pressante contre son couteau, son souffle se faisait plus lourd malgré elle. Elle n'osait pas vraiment bouger de peur de faire du bruit ou de louper un bruit justement. Sa vue restait trouble, son crâne terriblement douloureux mais elle ne s'en souciait pas quand ses paroles résonnaient dans l'écho de l'appartement. « Je sais que tu es là. » Quelque part où elle ne le distinguait pas. Quelques mots qui la faisaient tousser, résignée, ne sachant plus se retenir. « Qu'est-ce que tu veux? » Une nouvelle quinte poussée par l'hiver bien installé avant que le silence ne revienne se heurter à ses oreilles.
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MessageSujet: Re: Je pense à toi   Lun 8 Jan - 22:14
Une forme apparaît, craintive, prudente. Je m'immobilise pour la regarder de loin, pour la découvrir pour la première fois. Je regarde quand elle avance prudemment ses pieds sur le sol, m’accroupis quand elle semble fouiller les lieux du regard. Je fronce les sourcils quand je reconnais son visage. C'est elle.

Ses doigts touchent la plume sans qu'elle ne s'y arrête puis elle se stoppe. Elle a deviné ma présence, j'attends quand elle est secouée par une quinte de toux. Pas vraiment impressionné par son couteau, je me redresse et me déplace, laissant les rayons lunaires dessiner ma silhouette furtivement. Je la contourne, en restant hors de portée de son bras qui ne vise nulle part.

« Je sais que tu es là. » Est-ce vraiment moi qu'elle attendait, ici et ce soir ? Je tends les doigts dans sa direction, comme pour m'assurer qu'elle est bien réelle. Dans son intégralité. Chaque cheveu. Chaque trace d'oreiller. Chaque angoisse dissimulée sous ses yeux. Chaque râle dans ses poumons. Elle est réelle, alors pourquoi est-ce qu'elle n'a été qu'un rêve perpétuel depuis des semaines ? Pourquoi son visage me revient tout le temps ? Forcément, je pense à Kayden, et à son visage lorsque son corps basculait dans le vide. Pourquoi ? Parce que je devrais lui rendre des comptes à elle, peut-être ?

« Qu'est-ce que tu veux ? » Elle tousse, tousse fort. Je tends la main dans sa direction, anticipe un éventuel geste malheureux de sa part et viens serrer son poignet d'une de mes mains, pour qu'elle ne cherche pas à m'attaquer. Ainsi proche d'elle, j'ai l'impression d'entendre ici sa respiration hasardeuse. Je me penche sur elle, regarde son visage de plus près. Finalement, puisque j'ai le temps, je laisse mon observation et lui demande simplement : « Lâche ça. » pour qu'elle desserre les doigts et abandonne son arme de fortune.

Elle lâche, comme si elle n'avait jamais eu l'occasion de s'en servir. Je garde son poignet en main, et finis par le lâcher. Je m'éloigne à peine et lui demande directement, j'ai besoin de savoir : « D'où est-ce que tu me connais ? Qui es-tu ? »
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MessageSujet: Re: Je pense à toi   Lun 8 Jan - 22:52
La quinte était profonde, l'étouffait presque, bien ancrée dans ses poumons fragilisés quand elle ne devinait pas l'homme tout près. Elle avait perdu des réflexes, pourtant appris pendant des années près d'un père exigeant, les aimant assez pour les obliger à se protéger. Ce soir, elle avait perdu sur toute la ligne, elle le réalisait quand elle se faisait saisir le poignet, d'une pogne assez forte pour l'empêcher d'attaquer sans lui faire du mal pour autant.

La surprise était totale quand elle lui faisait face. Le souffle coupé, le palpitant en loupait deux ou trois battements. Ça s’effondrait dans tout son être, dans l'intégralité de ce qu'elle était, les fondements s'écroulaient les uns après les autres et se fracassaient dans une violence sans nom. Elle ne connaissait pas ce regard, elle n'en comprenait même pas la signification. Si dur, si froid, si neutre quand c'était pourtant lui qui était parti, sans un mot des mois durant.

Les roses avaient fanés, la colère s'était envolée, le couteau était lâché, elle avait abandonné quand les choses, du côté du Warren, avaient évoluées à un point dont l'idée ne frôlait même pas l'esprit trop fragile de Rachel. Ses questions finissaient de la persuader, de la détruire un peu plus. Cet homme, elle ne le connaissait pas. Il ne la connaissait pas non plus. Pendant des mois, elle avait bataillé pour sauver ce qui restait d'eux. Depuis des mois, elle pensait l'avoir oublié quand ce soir son cœur se serrait avec une intensité qu'elle n'imaginait pas possible. Elle l'avait pleuré, longtemps, intensément et elle ne pensait pas qu'elle en aurait encore envie des semaines plus tard.

« Ça n'a pas d'importance si tu ne t'en souviens pas. » Le murmure était étranglé d'une émotion palpable à en faire mal. La douleur transpirait par tous ses pores. Leurs souvenirs communs défilaient dans son esprit. Ils étaient tellement nombreux, tellement heureux la plupart du temps, souvent insouciants. Une perle salée ne quittait son regard que lorsqu'elle se détournait de lui, qu'elle retournait vers son lit pour enfiler un kimono. « Vas t'en s'il te plait, tu as assez fait de mal comme ça. »
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MessageSujet: Re: Je pense à toi   Lun 8 Jan - 23:14
Je la suis du regard, cherche à comprendre son regard sans y parvenir malgré tout. Mes mouvements suivent les siens avec un temps de retard et je la contourne sans penser partir, en dépit de sa demande. Simplement, comme si tout était normal, comme si elle n'avait pas cette expression sur son visage de poupée de porcelaine, comme si elle n'était pas prisonnière des derniers remparts de ma mémoire défaillante, simplement, je lui fais remarquer : « Tu sembles malade. »

Elle le sait, évidemment qu'elle le sait. Je lance un nouveau regard vers l'extérieur puis la laisse enfiler quelque chose. Je frotte mes mains l'une contre l'autre, réalisant soudain que j'ai les doigts froids. Je ne veux pas qu'elle aie froid, ça devrait m'être indifférent. Désormais, tout devrait me paraître indifférent. Je devrais abandonner Cassy, en dépit de tout ce qu'elle a fait pour moi, et voler vers un autre paysage, voler ailleurs pour recommander une vie. Une vie sans Kayden, sans le rêve flou d'une femme qui me demande maintenant de partir.

Finalement, je m'assieds sur le bord de son lit. Mes ailes parfaitement recourbées, à peine perceptibles. Que puis-je lui dire ? De quoi lui parler ? J'essaie de deviner dans ses gestes, j'essaie de deviner dans ses expressions, j'essaie de deviner dans les intonations de sa voix. « Je pourrais te soigner » lui dis-je naturellement. Après tout, je n'en ai pas après elle. Et bien qu'elle semble... déçue, elle ne paraît pas en colère non-plus. Je baisse le regard sur mes mains puis regarde la plume plantée dans son interrupteur. Ce serait facile, de la soigner. Du moins de soigner son mal physique. Je pourrais partir, comme elle me l'a demandé. Mais j'ai besoin de réponses pour clore les derniers chapitres de cette vie.

Sa présence apaise la colère qui gronde en moi, elle la met entre parenthèses. « Je suis Archangel. Dis-moi comment tu t'appelles. » Comme une injonction. Je n'ai pas envie de jouer, je n'ai plus envie de jouer. J'ai besoin de réponses... Je me redresse, la contourne pour l'air de rien m'interposer entre elle et la porte de sa chambre. Je n'ai pas envie de la menacer mais une envie de laisser tomber mon long manteau me vient, je n'en fais finalement rien. Ma main vient se poser contre sa joue : « Je ne te ferai pas de mal, ne crains rien. »
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MessageSujet: Re: Je pense à toi   Lun 8 Jan - 23:40
« Merci captain obvious. » La rancœur teintait sa voix. Elle le savait plus que personne qu'elle était malade mais son intérêt ne se portait plus vraiment là-dessus. Son équilibre précaire sur certains de ses pas lui donnait une image fragile, contrastait avec un caractère visiblement bien trempé. Combattante, elle pouvait l'être. Perdante, elle l'était trop souvent en ce moment. Elle se contentait de fermer un instant les paupières en l'entendant s'asseoir, de secouer la tête négativement quand il lui proposait de la soigner. Elle n'avait pas envie d'en parler, elle ne voulait parler de rien, juste le voir s'en aller sans jamais revenir parce que ça faisait trop mal de le voir là, de comprendre à quel point sa mémoire est défaillante, de comprendre que dans son regard qu'elle devine sur elle, elle n'est rien.

Elle finissait par se tourner vers lui après avoir chassé les larmes. Elle était fatiguée, trop fatiguée pour ça quand elle s'appuyait maladroitement à la tête de son lit. La seule issue était rapidement bloqué par le géant. Peut-être qu'inconsciemment, elle ne voulait pas le voir partir quand son cœur trop blessé lui hurlait le contraire à lui en faire mal aux tempes. Elle avait du mal à se positionner, du mal à comprendre pourquoi il cherchait tant le contact avec elle alors qu'il ne la reconnaissait même pas.

Son nom heurtait ses tympans à lui en faire froncer les sourcils. « Warren Worthington III, Angel. Est-ce que ça te parle? Je ne connais pas Archangel. » Était-ce nécessaire de préciser qu'elle n'avait pas envie de le connaître? Le contact de ses doigts froids contre sa joue lui faisaient clore les paupières, un instant, un trop court instant où sa tête se penchait naturellement un peu, à la recherche d'un contact plus franc. Son cœur pleurait les éclats qu'il lui avait asséné quand ce simple geste pansait maladroitement des mois de souffrance. « Rachel. » Un souffle entre eux quand elle se redressait, qu'elle attrapait son bras pour l'empêcher de la toucher. Malgré la pénombre, il était aisé de distinguer l'éclat d'une vieille colère dans son regard. « Je croyais que tu m'aimais et tu es parti. » C'était la vérité qu'il voulait, n'est-ce pas? Loin de se douter que quelque part en lui, c'était cet amour qu'il l'avait mené à elle, qui la maintenait tant bien que mal dans ses souvenirs aux allures de chimères de la nuit.
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MessageSujet: Re: Je pense à toi   Mar 9 Jan - 0:19
« Merci captain obvious. » Elle a manifestement mauvais caractère. L'appartement est spacieux, les pièces sont grandes et décorées avec goût. Je sais reconnaître l'argent sous ses différentes formes. Cette femme n'aurait pas laissé une mauvaise grippe empirer à ce point par simple plaisir, alors pourquoi est-elle dans cet état ? Y a-t-il quelque chose de plus grave derrière ? Cela ne me regarde pas vraiment, je pense. Elle refuse ma proposition, je n'insiste pas pour l'instant. Pourquoi est-ce qu'elle réagit comme ça ? Je fronce les sourcils quand elle cite mon nom, et Angel. Mais Angel a été mis à genoux quand Kayden a arraché ce qui faisait mon essence, mon être. Je sens ma mâchoire se serrer un instant, elle n'y est pourtant pour rien. Manifestement, elle est ignorante bien qu'elle connaisse mon nom. Je n'ai pas à m'énerver contre elle.

Ainsi, elle fait partie de ma vie avant Hydra. Pourquoi est-ce que je ne parviens pas à me la rappeler ? Elle pourrait être une simple connaissance. De ceux à qui on fait la bise un jour dans la rue sans parvenir à se remémorer leur nom... Mais elle n'aurait pas été si envahissante ces dernières nuits, ces dernières semaines. Est-ce la mort de Kayden qui me tracasse, m'envoie des messages sans sens, sans logique ?

Je balaie sa question d'un mouvement de la main : « Bien entendu, je sais bien comment on m'a appelé. Je ne suis pas stupide. » Ma voix est teintée d'agressivité, à l'image de la sienne. Angel est mort, c'est Hydra qui m'a sauvé. C'est Hydra qui m'a créé à nouveau. Je me rapproche d'elle, elle attend avant de répondre puis d'écarter ma main de son visage. « Je croyais que tu m'aimais et tu es parti. » Parti ? L'aimer, elle ? Je porte la main à mon front. L'aimer ? Rachel ? Qu'est-ce qu'elle me raconte ? À nouveau, je me saisir de son poignet, pour l'amener à moi et froidement, ma voix vibrant malgré moi sur la corde d'une colère latente, je lui demande : « T'aimer ? Quand est-ce que je serais parti ? Je ne suis pas parti ! » Je la relâche. Traîtres, Hydra avait raison, des traîtres. Je regarde vers l'extérieur, comme souhaitant que Kayden apparaisse pour pouvoir le voir tomber une fois encore. Qu'est-ce qu'ils ont fait ? Je me retourne sur elle : « Parle-moi de toi, Rachel. » Comme un parfum de fleurs, un parfum sucré flotte dans cette chambre. Un parfum que rien ne justifie. « Où est-ce que tu travailles ? Où m'as-tu croisé ? Quelle est ta relation avec Kayden ou avec les Purifiers ? Tu travailles avec eux ? »
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MessageSujet: Re: Je pense à toi   Mar 9 Jan - 0:47
Elle avait chercher, l'observer, appréhender ce qu'il pourrait dire. Elle n'y parvenait pas. Elle ne le reconnaissait pas. L'idée était tellement douloureuse qu'elle en avait parfois du mal à respirer, encore plus quand l'éclat d’agressivité se fait entendre dans sa voix. Elle ne sait pas ce qu'elle a dit pour le mettre dans cet état, elle cherchait à comprendre à ce qu'il lui était arrivé sans y parvenir. C'était quoi qui clochait chez lui bon sang? Qu'est-ce qui l'avait rendu comme ça? Indéniablement, elle repensait à son frère, Jacek. La dernière fois qu'elle l'avait vu, il était en colère contre elle, contre son père, comme Warren pouvait l'être à cet instant sans qu'elle soit capable de faire le lien avec Georges. Les coïncidences étaient trop grandes pour être possibles. Elle préférait se concentrer sur la vérité que de se monter la tête de choses inutiles.

Peut-être qu'elle aurait dû finalement. Son geste abrupt la surprenait plus que de raison, à la limite de la faire tomber. « Arrêtes, tu me fais mal... » Dans son regard, dans ses mots, dans ses gestes, tantôt doux, tantôt sauvages. Il avait tellement changé qu'elle finissait même par le craindre, par avoir peur des mots à employer. Et si elle le mettait trop en colère? Et si elle avait raison sur ce statut de mutant venu se venger? Et s'il portait le dernier coup? « De mon côté je t'aimais en tout cas avant que tu ne donnes plus de nouvelles depuis mai. » Elle marchait clairement sur des œufs, sur chacun de ses mots. Mai de l'an dernier. Des mois durant elle avait souffert, elle s'en souvenait comme si c'était hier.

Elle regardait indéniablement dans la même direction que lui, cherchant à savoir s'il attendait quelqu'un, s'il cherchait à faire quelque chose. Tellement énigmatique, tellement peu lui. Où était passé le Warren qu'elle avait tant aimé? Ses questions étaient précises mais elle n'en comprenait pas l'intérêt. Il semblait douter de tout ce qu'elle disait, pourquoi se souciait-il tant d'elle si c'était le cas? Il était en train de la perdre, dans tous les sens du terme. Son esprit était embrumé d'incompréhension quand son corps la lâchait de semaine en semaine. Avalant difficilement sa salive, elle ne savait pas quoi lui répondre, comment lui répondre, elle se demandait même si elle devait le faire. « Tu me fais peur Warren. » C'était là, la plus grande vérité qu'elle pouvait lui donner. Il détruisait chacun de leur souvenir heureux sans en avoir conscience, la marquait au fer rouge de la crainte qu'elle ressentait à cet instant. Alors pourquoi est-ce qu'elle ne s'éloignait pas? Pourquoi est-ce qu'elle restait là, à le laisser la briser? « Je veux juste comprendre ce qui s'est passé. » De son point de vue à lui, comprendre, tenter de faire des connexions entre ce qu'elle savait - autrement dit peu de choses - et ce qu'il avait vécu, ce qu'on lui avait dit. « Qu'est-ce qui t'as poussé à venir? Je répondrais à tes questions après ça. » Autant que la fatigue lui permettrait de le faire.
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MessageSujet: Re: Je pense à toi   Mar 9 Jan - 1:28
Je regarde ma main, quand elle dit que je lui fais mal. Et je ne sais même pas si je dois poursuivre le geste, si je dois insister, si je dois m'acharner ou simplement la lâcher. Je bous de ne rien savoir d'elle, et surtout maintenant que je l'ai sous les yeux. J'ignore ce qu'elle vaut, j'ignore si elle est vraiment la douleur qui transparait dans sa voix et dans son comportement ou s'il ne s'agit que d'un subterfuge. Je n'ai pas peur qu'elle me tue, Kayden s'en est déjà chargé. J'ai monté une forteresse, elle ne peut plus me tuer désormais. Et c'est à moi que revient le privilège de faire souffrir désormais. Mon poing se crispe alors que mon bras retombe le long de mon corps.

Le mois de mai. Je me dégage de son passage, pensant qu'elle ne fera pas la betise de courir vers la porte. Après tout, n'a-t-elle pas lâché son couteau qu'elle a pu ? Ne sachant pas vraiment quelle est la part d'informations qu'elle détient déjà, je lui réponds naturellement : « J'étais mort en mai. Puis j'ai recouvré mes ailes. »

« Tu me fais peur Warren. » « Et pourtant tu ne devrais pas avoir peur. Tu devrais ? » Mon regard l'interroge. Elle ne tremble pas, je me rapproche à nouveau d'elle. « Je veux juste comprendre ce qui s'est passé. » C'est ce que je souhaite aussi. « J'ai échoué à protéger mes étudiants, j'ai échoué à protéger mes ailes mais l'un des dangers qui nous guettait a été écarté désormais. J'aspire à trouver une solution pour aider les mutants qui en ont besoin. » Même si j'ignore encore comment. Je me tourne vers elle à sa question. Il neige dehors, fort mais je n'ai pas froid. Mon corps est chaud. Aussi, je retire mon manteau de mes épaules alors que je lui fais toujours face et je le dépose sur ses épaules à elle. Comme si j'allais fermer un ou deux boutons, je rapproche les deux pans du manteau contre la poitrine de la jeune femme.

Finalement, je la libère de mon contact. Mon pied dégage le couteau qui git contre le sol et je m'appuie contre l'embrasure de la porte. Le cliquetis métallique contre le bois ne me dérange pas et je croise les bras sur mon torse une seconde. « Je pense à toi, Rachel, souvent. Et je ne sais pas pourquoi je suis venu jusqu'ici, je... » Je pivote sur le côté, désigne la pièce voisine d'un large mouvement du bras. J'ai simplement suivi... mon instinct. Et mes pas m'ont mené jusqu'ici.

J'essaie de rassembler mes idées pour pouvoir les exprimer clairement : « Je pense souvent à toi, et jusqu'à tout à l'heure j'ignorais si tu étais un souvenir ou un rêve. Je... J'ai besoin de répondre à plusieurs questions avant de partir. Je n'aspirais pas à me venger, je l'ai fait. Maintenant je sais qu'on ne pourra plus m'atteindre, alors j'ai besoin de faire la lumière sur ceux qui nous ont nuis. J'ai pensé à toi, tellement souvent, sans savoir si je devais te laisser dans un coin de ma tête, te chercher ou te traquer... » Je baisse les yeux sur sa cage thoracique puis les relève sur son visage. Il fait froid, j'ai l'impression que la température a diminué dans la pièce. Je tends ma main vers elle, espérant qu'elle y loge la sienne.
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MessageSujet: Re: Je pense à toi   Mar 9 Jan - 2:55
Jamais elle n'aurait cru qu'elle serait incapable de le suivre, incapable de comprendre ses mots. Pour elle, l'histoire s'était arrêtée quand il lui avait laissé des roses qu'elle avait pris pour un au revoir au bout de plusieurs jours sans nouvelle, loin de s'imaginer que le crash d'hélicoptère le concernait, loin de s'imaginer qu'Hydra avait mis la main sur lui. « Non, je devrais pas et c'est bien ce qui fait le plus peur. » Elle ne le reconnaissait pas au point qu'elle avait peur de lui. N'était-ce pas assez suffisant pour qu'il comprenne que quelque chose clochait, qu'un grain de sable s'était mis dans le rouage? « De quel danger est-ce que tu parles? » Celui qu'il a écarté, celui qu'il a éliminé. Elle prenait des pincettes dans chacun de ses mots, craintive.

Ses lèvres se pinçaient quand il glissait son manteau sur elle. C'était si paradoxal. Tantôt il semblait prendre soin d'elle, presque tendre, tantôt il semblait déterminé à l'obliger à parler, à se présenter à lui. Son parfum n'avait pas changé, il lui avait tant manqué mais il cachait une note amère, celle qui se sentait à dix kilomètres sur la peau d'Archangel. Bientôt son couteau disparaissait sous le lit et le cri du bois contre le métal lui faisait relever les yeux. Ça s'éclairait un peu plus dans son esprit. Elle ignorait comment, elle ignorait par qui, elle constatait juste qu'il disait avoir recouvré des ailes, ce n'était pas vraiment les siennes. Substitut de métal. Sa langue la brûlait, elle avait envie de savoir, vraiment, dans le détail mais elle était persuadée qu'il lui répondrait que là n'était pas l'importance et qu'elle avait promis de répondre à ses questions quand il aurait répondu à la sienne.

Ce qu'il avait fait, employant des mots qui ne lui ressemblaient pas, une fois de plus. La traquer. Il terminait cette phrase en lui tendant la main. Lui briser le cœur pour mieux faire renaître un fragile espoir, il en avait le don. Hésitante, quelques secondes, elle finissait par glisser sa main dans la sienne et s'approcher lentement. « Je travaillais à l'hôpital en tant que neurochirurgienne. Ça t'a beaucoup étonné quand on s'est rencontré parce que j'ai été assez gauche pour casser le nez de mon partenaire que tu as gentiment remplacé. » Tout avait commencé par la boxe. Se penchant légèrement sur le côté, elle fouillait un instant dans son téléphone avant de lui donner, page ouverte sur des sms témoins de leur début de relation et de l'évolution de cette dernière. « Tu m'as emmené goûter la meilleure omelette de la planète en me promettant de me faire manger ton plat favori, le gratin de courgettes de ta maman. Tu m'as fait volé et tu m'a offert le toit du monde. Je t'ai promis des crêpes Polonaises que tu es venue manger ici même. »

Ses larmes commençaient à grimper, pas vraiment capable de les arrêter, ni même l'envie de le faire. Elle avait mal face à ses souvenirs heureux qu'il ne partageait plus avec elle et s'il fallait qu'elle souffre en contant leur histoire pour qu'il comprenne combien elle avait tenu à lui, elle allait le faire. « Tu m'as fait danser ce soir-là avant de m'embrasser même si on avait pas pu s'empêcher de le faire dès notre première rencontre. J'ai jamais pu t’emmener sur ma moto comme on s'était dit. J'ai appris ton allergie au Nutella, t'as compris mon péché mignon pour le vin blanc. » Un hoquet de larmes l'empêchait de continuer, lui coupant le souffle, inondant son visage et la faisant tousser une nouvelle fois. . « J'ai tenté de conserver ce "nous" quand tu as perdu tes ailes. Tu as disparu une première fois pendant plusieurs jours pour revenir vers moi imbibé d'alcool. Tu es resté une nuit et tu n'es plus jamais revenu. » Ce constat finissait par la briser complètement.

Elle ne cherchait même plus à essuyer ses larmes, les laissant creuser leurs sillons sur son pâle visage. « On a fait plus que se croiser, Warren. » Haussant les épaules, comme si ça n'avait plus d'importance parce qu'il avait oublié, elle rajoutait ces quelques mots. « On a partagé le même chemin pendant plus d'un an. J'ai connu Kayden parce que c'est un frère pour toi... c'était un frère pour Angel. » Maintenant, elle ne savait plus quoi penser parce que des nouvelles de Kayden, elle n'en avait pas non plus. « Depuis... ce monde là, travailler pour le gouvernement est le prix à payer pour garder mon père en vie, quitte à mettre la mienne entre parenthèses. » De toute façon, elle n'en avait plus pour longtemps maintenant alors à quoi bon conserver ses convictions?
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