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 Kayden T. Jefferson - The denied son of Hydra

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KAYDEN T. JEFFERSON
ROGUE NATION
Nom et Prénom : Kayden Tobias Jefferson Alias : J'ai été Dayle Strickland un temps, une fausse identité, mais c'est fini tout ça. Âge : 26 ans Lieu de naissance & nationalité : Je suis né à Londres mais malgré toutes mes péripéties, j'ai conservé ma nationalité britannique. Métier : Sans emploi à proprement parler Statut civil : En couple. Orientation sexuelle : Sans intérêt. Je vais où mon cœur et mes envies m'appellent. Homme ou femme, aucune différence. Particularités : Ma mère était sourde et m'a appris à signer et à savoir lire les visages. Mon père, et des amis à lui qui se sont révélés être des instructeurs du MI6, m'ont appris à me battre et à survivre.
En ce qui me concerne, j'ai toujours eu des facilités incroyables dans l'apprentissage des langues étrangères. De fait, je parle couramment l'anglais, le français, le russe, et le serbe et de façon correcte le chinois, l'allemand,  l'espagnol et le wakandais. Affiliation : Secret Avengers

Manipulation des forces fondamentales | Classe 6
- Force gravitationnelle [Acquis]: Il est capable de manipuler le poids, la masse et l'attraction de n'importe quel corps, organique ou non. En manipulant ces forces il peut par exemple voler, marcher sur les murs, créer une zone d'apesanteur... Son action peut se faire sur un élément précis ou sur une zone entière comprise dans les vingt mètres autour de lui.

- Force électromagnétique [Acquis]: Ce pan de son pouvoir lui permet de manipuler le métal, le tordre, le déplacer, mais aussi l'électromagnétisme au sens large. Il peut donc générer des champs ou des impulsions sans soucis. En prime il est immunisé contre toute forme d'électrocution.

- Force nucléaire faible et forte [Acquis]: Plus vaste, cette dernière partie a plusieurs effets. Ses deux premiers pouvoirs sont améliorés (zone d'action à vue, vol plus rapide, remodelage du métal, meilleure précision). Il est immunisé contre toute forme de toxine ou de radiation. Il peut générer autour de lui une micro-atmosphère pouvant acceuillir jusqu'à 2 personnes, lui permettant par exemple d'aller dans l'espace sans danger. Enfin, sa peau devient bioluminescente à volonté, de l'intensité d'un gros projecteur.

L'acquisition de la totalité de son potentiel a ouvert un passage dans son esprit. Son inconscient est désormais fusionné de façon quasi symbiotique avec un fragment de la conscience de Dieu, The one above all. Lors de transes, atteintes par la méditation, il peut communiquer avec Dieu et puiser dans ses pouvoirs illimités. De par cette connexion, si un télépathe va trop loin dans son esprit il risque un violent retour de flamme et Kay aussi. Dans le même principe, tout ce qui est impliqué dans le "force nucléaire faible et forte" est inatteignable pour un voleur/copieur ou suppresseur de pouvoir (ou autres), ces dons appartenant à Dieu et non à Kay. Enfin et pas des moindres, le "godsense". Sa connexion avec Dieu donne à Kay une conscience de ce qui l'entoure si bien qu'il peut sentir le danger quelques secondes à l'avance, sans aucune précision cependant. Cette sensation est aussi liée aux personnes qui sont vraiment proches de Kay, si bien qu'il peut aussi sentir s'il leur arrive quelque chose avec un peu plus de précision et d'avance. Plus le sentiment dure, plus le contexte se précise, si bien qu'il peut sentir ce que l'autre ressent ou même voir à travers ses yeux.


INTERVIEW
QUE PENSEZ-VOUS DE LA SITUATION ACTUELLE ET DES DERNIÈRES DÉCISIONS DU GOUVERNEMENT ?  Contre, absolument contre. Ce gouvernement prend une voie qui ne me convient absolument pas et j'en fais les frais. Je voulais aider, corriger mes frasques et mes erreurs. Et pour refuser de m'afficher aux yeux du monde et devenir un gentil petit soldat à la solde de personnes qui ne voient que l’intérêt, je deviens un criminel? Non, certainement pas.

QUELLES SONT VOS MOTIVATIONS ? J'ai choisi de fuir, de me cacher. J'ai choisi de rejoindre les Secret Avengers parce que je pense que c'est la bonne chose à faire et parce que j'ai confiance en le jugement du Captain. Même s'il n'avait pas été là pour nous guider, j'aurais fais ce choix.

Dans quelles circonstances avez-vous obtenu vos pouvoirs ? Comment avez-vous réagi ? Un homme qui court vite, une femme qui s'embrase de rouge, vous avez dû en entendre parler. Voyez-vous, ils sont ceux qui ont survécu, je suis celui qui a été renié. Le sceptre cosmique a fait des merveilles, sur eux, sur moi. Pourquoi pensez-vous que que Von Strucker était si prudent avec les jumeaux jusqu'à préférer les conserver hors des combats même lorsque les Avengers étaient à leurs portes? C'est simple: ils avaient déjà été trop vite avec moi.

IRL
Pseudo/âge/sexe ; Ectra, 25 ans, M Fréquence de connexion ; Quotidienne. Que pensez-vous du forum? ; Il est nul. Comment l'avez-vous découvert ? Demandez au juif qui brille. Célébrité choisie ; Theo James Credits (avatar, icon etc.) ; Ectra


Dernière édition par Kayden T. Jefferson le Mar 22 Aoû - 19:26, édité 20 fois
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BIOGRAPHIEThe denied son of Hydra.


Cette histoire pourrait commencer comme n'importe laquelle, par les cris d'un enfant qui vient tout juste de laisser entrer dans sa gorge la première bouffée d'air de son existence humaine. Je pourrais vous raconter comment Alden et Jane se sont rencontrés et quelle a été leur histoire jusqu'à la naissance de ce brailleur, mais non. Cette histoire va plutôt commencer par les cris d'un homme, la douleur d'un corps, l'atrocité d'une intimité bafouée aux rythmes des à-coups incessants d'une énergie maligne et incontrôlée. Une métaphore de la naissance certains pourraient dire, et bien laissez moi vous dire que vos métaphores m'emmerdent. Ce sont mes cris, c'est mon corps, et il a souffert. Enfermé dans cette minuscule cellule à voir les scientifiques se succéder derrière l'épaisse vitre sale, je ne faisais que tourner en rond, ma peau suintante et mes idées floues. Après l'exposition mon corps avait commencé à fondre, à se décomposer, à se déconstruire, comme si quelque chose changeait à l'intérieur, comme si sa simple constitution au sein de ce monde n'était plus suffisante. Je sentais constamment cette chaleur en moi, cette brûlante croissance que même les murs humides et froids ne savaient atténuer. J'avais déchiré mes vêtements lors de l'une de ces nuits où la douleur devenaient difficilement soutenable et leurs lambeaux gisaient sur le sol poussiéreux de mon espace de vie, six pieds sous terre.

J'étais venu en Sokovie avec une délégation américaine, des dignitaires, un ou deux ministres, tous présents dans ce petit pays avec un seul objectif: trouver un arrangement concernant les problèmes politiques qui nous opposaient tous. La Sokovie ne voulait pas des américains ici, la population le faisait suffisamment savoir entre les attentats et les manifestations plus ou moins pacifiques. Moi? J'étais un interprète. Originaire de Londres, j'avais choisi la voix des langues, profitant des commodités financières de mes parents pour voyager, apprendre et me payer une école d'études des langues étrangères hors de prix mais proposant un programme des plus alléchants. Entre mes voyages et mes études j'avais appris à parler couramment le français, le russe et le serbe et à me débrouiller en chinois, en allemand et en espagnol. J'avais une facilité déconcertante à assimiler la linguistique étrangère et ma capacité à lire les visages, les mimiques, la gestuelle aidait grandement à comprendre mes interlocuteurs et à poser des mots sur des sens. Ma mère avait toujours eu à cœur de m'obliger à utiliser mes yeux plutôt qu'à poser des questions. Je n'avais jamais vraiment compris pourquoi elle avait développé chez moi cette capacité d'observation jusqu'à ce qu'une surdité précoce ne frappe son audition. Elle m'avait alors avoué avoir toujours su que cette maladie hantait sa famille depuis des générations mais en fait, je me fichais du pourquoi, à ce moment, je n'en avais plus vraiment la curiosité. Et si ces réflexions intérieures étaient ce qui me restait de ma mère, c'est l'utilisation de mon corps qui était l'héritage de mon père. Lui de l'autre côté avait toujours tenu à ce que je travaille sur le contrôle de mon corps, de ma force, de mon équilibre et de la précision de mes gestes. A peine avais-je quitté l'école qu'il avait débuté avec moi un entrainement pour le moins imposant entre exercices de précisions et apprentissages de techniques de combat. Ma mère n'était pas vraiment d'accord mais mon père avait su la convaincre et il avait fallu que j'atteigne l'âge d'entrer dans cette école privée de linguistique pour avoir la liberté de me défaire de ces entraînements. Là encore, je n'ai jamais su pourquoi, et je ne le sais toujours pas à vrai dire, c'est un mystère qui jamais ne se dévoilerait je suppose. Est-ce que mes parents sont morts? Non, du tout, moi en revanche je le suis.

Dans ma petite cellule où l'air devenait étouffant on m'avait fourni un espèce de bac en métal régulièrement approvisionné en eau froide et en glace pour faire tomber cette chaleur qui me cuisait. Je n'avais pas toujours été enfermé là-dedans, je n'avais pas toujours été ce rat de laboratoire qu'on nourrit et qu'on observe. Jusqu'à l'exposition à l'énergie cosmique j'avais vécu avec les autres, ces autres volontaires qui comme moi s'étaient dit qu'Hydra valait peut être mieux que tout ces pantins qui jouaient les marionnettistes. Au moins eux nous proposaient une solution. A notre arrivée en Sokovie avec la délégation nous avions été escorté, militairement parlant, jusqu'à un bâtiment sécurisé et officiel pour rencontrer les dirigeants du pays. Nous devions parlementer avec eux, trouver un arrangement, une réponse au problème. Bien sûr les américains ne souhaitaient pas se retirer et en face l'opposition était rude quoi que politiquement correcte. Nous avions passé plusieurs jours à discuter et moi à traduire chaque mot, à jongler d'une langue à l'autre avec calme et en tentant de camoufler ma fatigue avec un succès partiel. A l'extérieur des cris montaient haut dans le ciel, des protestations, des citoyens en colère. J'avais peur de sortir. A chaque fois que nous quittions les lieux je n'avais de cesse que de repérer les positions de chaque garde du corps, de chaque militaire, de chaque échappatoire possible. A tout moment nous risquions une émeute et je ne voulais pas être au milieu de ce genre de mouvement de foule, moi, dans mon costume trop net avec mon regard trop jeune et trop naïf. Ils n'auraient fait qu'une bouchée de ce petit interprète. J'avais choisi ma voie, ça ne voulait pas dire que chacune de ses facettes me convenaient. Ce soir là nous avions terminé tard et j'avais moi même proposé une pause. J'avais pu voir que l'un comme l'autre, nous étions tous éreintés par cette conversation sans fin et je n'avais eu cure de mon petit statut d'interprète. Une fois tous le monde en marche j'avais quitté la salle pour aller me rafraîchir un peu, jetant sur mon visage fatigué une bouffée d'eau froide dans laquelle j'aurais aimé rester une éternité. Ça m'avais pris quelques minutes, le temps de noyer ma nuit entamée dans le lavabo des toilettes et de revenir mais à mon retour le ministre auquel j'étais rattaché n'était pas là. J'avais marché à travers quelques couloirs à sa recherche avant d'entendre sa voix dans une pièce voisine. J'avais fais quelques pas vers la porte entrebâillée, discret mais pas volontairement, jusqu'à ce que mon cerveau soit apte à comprendre ce que mes oreilles percevaient. - « Nous avons un accord alors. » - « Il semblerait que oui. » - Cette conversation se faisait dans un anglais parfaitement intelligible mais la seconde voix était habillée d'un accent local très prononcé. Un regard lancé à l'intérieur m'avait permis de constater qu'elle appartenait à un parlementaire sokovien. - « Voici un premier... Dédommagement. Tâchez de convaincre vos congénères. » - L'américain, mon ministre, venait de donner au parlementaire une enveloppe en papier kraft, classique, trop, et mon regard se noyait dans l'incrédulité. Qu'étais-je entrain d'observer là? N'étions-nous pas ici pour trouver une solution, pour négocier notre retrait ou au mieux notre présence dans de meilleures conditions? N'était-ce pas là un vulgaire pot-de-vin versé à ce ministre local pour qu'il fasse ce que le gouvernement américain souhaitait? Cette rencontre n'était-elle qu'une farce destinée à duper les citoyens? Toutes ces questions se mêlaient dans ma tête et je n'avais finalement pas eu le temps de voir ce qui me pendait au nez: mon indiscrétion. - « Monsieur Jefferson! » - Ma bouche était entrouverte, mon regard choqué, autant par ce que je venais de voir que par la surprise d'avoir été repéré. Je n'aurais pas dû être surpris pourtant, je n'avais pas cherché à être discret, mais mon sursaut prouvait bien mon insolente stupidité. Figé sur place, je ne pouvais que subir le regard grave de mon ministre alors qu'il se saisissait de son téléphone. - « Deuxième étage, aile ouest, il semblerait que Monsieur Jefferson en ait trop vu. » - N'avait-il aucun cœur? Venait-il d’appeler à une élimination sommaire sans ciller ni me quitter une seule seconde du regard. A quoi s'attendait-il? À ce que je parte en courant? Se régalerait-il de me voir fuir? Je l'espère, parce que c'est ce que j'avais fais, mes jambes suivant les ordres paniqués de mon cerveau effrayé.

Des jours, peut être des semaines durant j'avais subi cette affreuse douleur. Une période que je n'arrivais plus à déterminer tellement elle me semblait incertaine. J'avais peur que mon choix n'ait signé ma perte, peur que participer à ces expériences n'ait fait que précipiter ma chute, ma fin. En un sens, c'était le cas, mais à ce moment qu'en savais-je? J'avais fuis, purement et simplement, dans une terre étrangère à l'hostilité vivace contre ma simple présence. Je me sentais seul, abandonné, trahis par les miens. J'avais quitté mon pays natal pour quelque chose de plus grand, mû par des espoirs d'une vie encore meilleure, et tout ce que je récoltais au final n'était pas plus de considération qu'une balle dans la tête? Était-ce ça l’Amérique? J'avais erré dans les rues de Sokovia durant des heures après avoir réussi à perdre mes poursuivants dans la foule bruyante et mouvante. J'avais eu de la chance, mais je savais aussi qu'ils ne me laisseraient pas en paix. Cette nuit-là, enfin la fin de cette nuit, fût animée de grelottements, de peur et de quelques larmes. Mon costume si net avait pris les couleurs de la terre et le vent qui s'engouffrait dans le coin sombre où j'avais finalement perdu les dernières forces de mes jambes m'avait poussé à me recroqueviller sur moi-même, à tenter de ravaler mes sanglots de désespoir dans le silence. Si je rentrais, serais-je en sécurité? Je pouvais peut être revenir à Londres, mes parents pourraient certainement m'aider, me protéger, ils avaient les moyens, les connections. C'est après une bonne demi-heure à lutter pour me redresser que j'avais sorti mon téléphone pour appeler la City. Peu m'importait l'heure, j'avais seulement envie d'entendre une voix familière, une voix qui me rassurerait. - « Kay? C'est toi? » - J'avais du mal à parler, ma gorge était nouée, mais après quelques secondes, j'étais parvenu à articuler les mots. - Maman... - Je n'avais eu le temps que d'entendre sa voix se rompre en un sanglot lorsque le son de frottement m'indiquait que le téléphone changeait de main. - « Kayden est-ce que ça va? » - C'était mon père. - « On nous a dit que tu t'étais enfui. Ils ont appelé, ils nous ont posé des questions sur toi, ils nous on dit que tu avais trahis. » - Quoi?! Mais non, c'est eux. J'ai... Je n'ai rien fais! - « Je sais fils, je te crois, mais il s'est forcément passé quelque chose. » - Comment pouvaient-ils? Je n'avais jamais rien fait contre les Etats-unis, mon comportement, mon travail avaient toujours été irréprochables. On m'avait qualifié de traître, était-ce officiel? Ma voix, mes cris se perdaient dans le silence de la nuit et je tremblais de froid et de colère. - « Kayden que s'est-il passé? Dis moi, je peux aider. » - En fond j'entendais ma mère pleurer mais mon père semblait imperturbable et j'imaginais sans mal son regard dur comme de l'acier. J'inspirais pour répondre, voulant tout lui dire, tout révéler, mais un cliquetis sur la ligne m'interrompis. Si j'avais déjà été entrain de parler je n'aurais certainement rien entendu mais mon oreille cette fois l'avait perçu. J'inspirais à nouveau, ignorant ce hasard technologique, mais la voix de mon père me stoppa. - « Ne dit rien. Je ne veux rien savoir. C'est trop tard. Tu vas devoir te débrouiller seul... » - Un silence de mort s'était installé alors. Ma bouche entrouverte illustrait ma profonde chute dans le néant, je n'avais pas de mot, pas de pensée, je ne faisais que tomber et de l'autre côté de la ligne mon père ne disait plus rien. Ce silence avait duré de longues secondes qui m'avait paru une éternité avant qu'il ne raccroche sur ces mots. - « ... Bonne chance fils. » - En seulement quelques minutes mes espoirs de retrouver ma vie et la sécurité s'étaient tout simplement effondrés comme un château de cartes et les derniers mots de mon père raisonnaient dans ma tête comme un poignard que l'on tourne et retourne dans une plaie. Mes parents aussi m'avaient abandonné. Me croire traître avait-il été suffisant pour qu'ils ignorent ma détresse? Mon père avait-il était seul à prendre cette décision ou ma mère était-elle si bonne comédienne qu'elle était parvenue à me faire croire que ses pleurs étaient réels? Je n'arrivais pas à croire ce que je venais de vivre et ma conscience ne voulait pas accepter que ma famille la plus proche me laisse à mon sort.

En comparaison au froid nocturne, mon corps était un volcan et j'avais parfois l'impression que plongé dans mon bain gelé, de ma peau s'échappait une fine vapeur d'eau. Je n'attendais qu'une chose, que mon corps se disloque puisque c'est ce qu'il semblait souhaiter, que chaque cellule qui le compose se détache et fonde sous la chaleur dont mon sang bouillait. J'en étais là, à souhaiter mourir pour avoir essayé d'éviter d'être assassiné. Elle n'était pas si lointaine finalement l'époque où je rampais dans les rues sokoviennes pour survivre. J'avais passé plusieurs jours à ne pas manger, à dormir dehors et à utiliser la rivière pour m'abreuver. Mon état physique ne faisait que s’aggraver de jour en jour et j'en étais venu à comprendre tout ces manifestants qui hurlaient leur colère dans les rues de la ville. Je les comprenais et je les enviais. J'enviais leur chaleur, leur hardeur, leurs vêtements si chaud et leur énergie. Parfois je rodais autour de la foule, je volais un porte monnaie pour manger. En quelques jours, comme on ne pourrait pas vraiment l'imaginer, j'avais été réduis à ça, à voler pour manger. D'interprète du gouvernement américain à mendiant sokovien. C'était le seul moyen de me dissimuler et ici bas je n'avais aucun contact pour m'aider. Je ne pouvais pas utiliser les aéroports ni les trains. J'aurais pu chercher à partir en voiture, mais j'avais trop peur de tomber nez à nez avec un sokovien en colère. Et puis je n'en avais pas envie. Je n'avais plus envie. J'avais subi trop de trahisons en si peu de temps pour une trahison que je n'avais jamais commise. L'innocent était celui qui dormait à même le sol. J'étais en colère, j'étais perdu, je n'avais rien à perdre ou du moins j'en avais l'impression et mes ruminations solitaires m'avaient finalement conduites à ne plus faire que roder autour de la foule. Non, j'en faisais parti. Si c'était ça l’Amérique, je n'en voulais pas, je n'en voulais plus, ni pour moi ni pour eux, que mes maigres forces servent cette cause, la libération de ce bout de terre. J'avais rejoins les manifestants, j'avais crié, j'avais fais entendre ma voix noyée dans celle d'un tout, d'un ensemble. Ce jour là une tension particulière avait saisi la foule, peut être était-ce différent ou peut être était-ce simplement parce que pour la première fois je la ressentais de l'intérieur, la vigueur, la force de s'opposer. Ce jour-là je m'étais senti entier pour la première fois depuis des jours. Ce soir-là une nouvelle vie s'était pointée à l'horizon. L'envie de me remettre sur pieds, la conviction, l'appel d'une solution, d'une nouvelle vie. Ils n'avaient pas eu grand mal à me convaincre, je vivais dans la rue, j'étais en colère, et lorsqu'ils avaient dit qu'ils me proposaient un moyen de faire changer les choses, je n'avais pas vraiment fait le difficile. Ils me tiraient de ma misère, ils m'offraient un but et les possibilités de l'atteindre. Je me fichais de qui ils étaient ou de ce que je devrais faire. Je les suivais, c'est tout.

Un vieux château au milieu de la foret, c'était mon lieu de résidence. Je n'étais pas seul à avoir accepté cette proposition et nous étions tous là, ensemble. On nous avait fait subir des tests médicaux, psychologiques. On avait vécu quelques temps ensemble pour ainsi dire et si pour les autres ce n'était que par obligation, pour moi c'était le moyen de retrouver une place au sein d'un groupe. Ma solitude lavée par une douche chaude au beau milieu d'autres sokoviens savonneux... À une époque j'aurais probablement apprécié ce spectacle autant que j'en aurais ris mais ce jour-là je n'appréciais que l'eau ruisselant entre mes épaules, lavant la crasse et la poussière, apaisant mes maux et mes pensées. Nous avions eu cette routine jusqu'à ce que les choses sérieuses ne commencent. Ce regain de vitalité m'avait remonté à bloc et j'étais prêt à tout, et lorsque "tout" était arrivé, la certitude avait laissé la place à la souffrance. Depuis lors, depuis l'exposition, on m'avait enfermé dans cette cellule. Je savais que c'était pour mon bien, pour me protéger comme pour les protéger, mais ce cloisonnement me faisait parfois regretter mon coin de rue, et puis la douleur... J'avais perdu le fil du temps entre ces murs jusqu'à ce que l'eau glacée dans laquelle je baignais ne commence à s'élever dans les airs. D'abord quelques gouttes rondes puis bientôt des poches entières de liquide s'étaient mises à flotter dans les airs, me laissant nu dans mon vieux bac de métal. J'avais les yeux fermés et puis lorsque j'avais senti la chaleur regagner mes chairs j'avais posé mon regard sur l'eau qui s'élevait. Ma bouche s'était entrouverte devant la surprise autant que devant l'incompréhension et j'avais constaté après une minute que derrière ma vitre sale les scientifiques et les militaires courraient dans tous les sens. J'en avais l'habitude, quoi que leur hâte m'étonnait. Je m'étais levé, les pieds dans mon bac, entouré par tout ce liquide en suspension comme des bulles d'air dans de l'eau. J'avais approché ma main de l'une d'elle, un sourire presque amusé sur les lèvres, et lorsque ma main avait traversé le liquide, j'avais pu l'observer se détacher comme la matière d'une lampe magma qui se divise. Un rire s'était alors extirpé de ma gorge, le premier depuis longtemps, et c'est seulement là, à ce moment précis, que j'avais remarqué une chose: la douleur avait disparu. On m'avait expliqué que cette exposition me permettrait d'être meilleur, d'être plus fort, d'être plus qu'un humain. Qu'elle me donnerait les capacités de faire changer les choses. Je n'avais jamais pensé que ça aboutirait à quelque chose comme ça, j'avais toujours eu cette image en tête, malgré moi, de Captain America, de ses muscles et de sa force. De ce changement drastique. Physiquement j'étais identique, peut être étais-je un peu plus charpenté désormais vu que les seuls efforts physique que je pouvais produire dans ce placard de pierre étaient des pompes, des abdos et des tractions, mais concrètement, je n'avais pas changé. Les scientifiques qui m'avaient étudié par la suite avaient convenu que le changement s'était fait en interne, sans blague, et que cette chaleur, ces douleurs, c'était mon corps qui subissait la mutation vers quelque chose de différent. Le tout était maintenant de découvrir ce que j'étais devenu et surtout de quoi j'étais désormais capable.

Les jours défilaient depuis la fin de ma transition et on ne m'avait plus laissé une minute de répit. L'avènement de mes capacités et la fin de mes souffrances ne semblaient pas avoir laissé la moindre séquelle. Je n'étais pas fatigué. J'aurais dû dormir des jours entiers pour compenser mais non, mon corps était comme neuf, comme si rien ne s'était passé, comme si j'avais déjà dormi tout ce temps. Pourtant les séances de tests m'épuisaient comme si on me demandait de courir un marathon tous les jours et c'est en ça que je trouvais mon rétablissement si bizarre mais ça n'inquiétait que moi alors au bout d'un moment j'avais simplement décidé d'oublier ça. J'apprenais vite, mon corps semblait savoir quoi faire et je n'avais pas de mal à assimiler les mécanismes. On avait commencé simple, déjà vu, avec de l'eau et à ma présence elle s'était mise à flotter comme dans ma cellule. En fait le verre avait même commencé à trembler et l'observateur en avait conclu qu'en réalité je ne contrôlais rien, que j'étais constamment en état d'action. On avait alors plutôt travaillé à faire taire mon pouvoir. Pouvoir, je n'en avais jamais eu, peu importe sa nature, alors utiliser ce mot me faisait sourire. On m'avait dit que nombre d'entre nous avaient succombé à la transition et que j'étais l'un des rares à être encore en vie. J'en étais triste mais content à la fois, et je me concentrais d'autant plus sur les tâches qu'on me présentait. A chaque nouvel exercice, je devais comprendre en quoi mon pouvoir se manifestait, ce qu'il faisait précisément, et surtout je devais me concentrer pour le faire agir sur des objets de plus en plus lourds et imposants. L'eau n'était qu'un jeu d'enfant dont je n'avais même pas conscience mais le jour où tout le contenu du laboratoire c'était mit à voler, moi comme eux nous étions dit que je ne pouvais pas simplement faire flotter des trucs comme une bouteille à la mer. On avait alors utilisé de nouveaux appareils pour étudier les effets de mon pouvoir, d'abord sur moi, puis sur les objets que je manipulais, et finalement c'est une simple balance qui nous révéla le sommet de l'iceberg: lorsque je manipulais un objet, celui-ci perdait instantanément son poids. Cette information changea toute l'optique des expériences dont je faisais l'objet. On découvrit par la suite, comme un enchaînement improbable d’événements, que j'agissais comme la fusée dans l'espace, comme les astronautes, comme l'infini vide du ciel. Je me prenais à rêver de liberté et de voyages spatiaux et plus je gagnais en contrôle et en connaissance sur mon pouvoir, moins j'étais réceptif aux instructions. Je perdais mon idéaliste motivation au profit d'un esprit profondément plongé dans une capacité nouvelle et excitante si bien qu'un jour la session d'expérience fut écourtée. On m'avait demandé d'augmenter le poids d'un vase, j'avais écrasé le corps du scientifique sous la masse de l'atmosphère. Enfin techniquement je ne savais pas vraiment ce que je faisais, mais je l'avais fais, je n'avais pas pu m'arrêter, et si ça n'avait pas été pour le coups de matraque à l'arrière du crâne, ce pauvre gars serait aplati au sol dans une marre de sang et d'os broyés. Le problème? Ce que ce genre de débordement se répétait. Soit je n'écoutais pas, soit je laissais mon pouvoir n'en faire qu'à sa guise en restant simple spectateur de ses effets, soit j'en prenais le contrôle pour en assouvir les mêmes desseins. Dans ma cellule, les murs et le plafond étaient devenus de nouveaux sols sur lesquels je pouvais me promener et au bout d'un moment on ne vint plus. Les tests cessèrent, je restais dans mon carré de pierre à ne rien faire, à attendre. J'avais appris à contrôler ce pouvoir autant qu'il avait appris à me contrôler et je m'étais perdu en lui, en moi. Et si je m'étais perdu, Hydra aussi.

Une nuit j'avais entendu la porte de ma cellule coulisser et curieux, j'avais bougé, un simple mouvement pour observer avant que 50 000 volts ne parcourent mon corps. J'avais perdu connaissance un temps, le temps qu'on me transporte hors de chez moi, hors de ces murs et qu'on me jette sans manières sur le sol froid d'où l'on m'avait tiré des mois plus tôt. - « Tu étais si prometteur... » - Mon corps encore parcouru de spasmes, je n'avais pas pu articuler un seul mot, je n'avais pu qu'écouter. - « On t'as poussé trop loin, on sera plus prudent avec les autres. » - De quoi parlait-il? C'est là que mon regard s'était posé sur un objet, attiré par un reflet blanc lunaire. Un pistolet. - « Tu es devenu un fardeau désormais. » - Il avait alors levé l'arme vers moi, vers mon crâne. Des mois de souffrances, de mendicité dans le but d'éviter une exécution pour finalement en revenir au même point. Autour de nous trois soldats, armes au poings, formaient le plan B mais mon bourreau semblait déterminé. Peut être pensaient-ils que le choc électrique me tiendrait hors course suffisamment longtemps? Pour un humain lambda peut être, mais à l'évidence j'avais développé une bien meilleure tolérance à l'électricité. Je déployais alors mon pouvoir, une vague invisible qui écrasa les exécuteurs au sol alors que je me relevais, titubant un peu. Une fois de plus on me trahissait. Une fois de plus on m'abandonnait. Autrefois j'étais impuissant, mais plus maintenant. Je prenais alors l'arme qui m'était destinée et m'enfuyais dans la forêt, laissant derrière moi un tas de cadavres broyés, écrasés, mon cadeau d'adieu. Ma course avait été longue et effrénée mais j'avais rejoins la ville. Retour à la case départ, enfin pas tout à fait. Usant de mon pouvoir j'avais investi un appartement, décidant d'y passer la nuit, priant pour que ses propriétaires ne rentrent pas. Je ne pouvais pas rester, je le savais, mais je ne savais pas quoi faire. Après avoir dormi j'avais utilisé l'ordinateur de mes hébergeurs pour rattraper mon retard sur le monde, ce qui s'était passé durant mon isolement, et au fil de mes recherches j'avais finalement décidé de me chercher moi. Était-on toujours à ma recherche? Les Etats-unis me traquaient-ils toujours? Y avait-il des avis de recherches? Hydra c'était-il aussi placé dans le groupe fermé de mes poursuivants? En fait, la réalité était toute autre. J'étais mort. Je me tenais devant cet écran d'ordinateur, dans ce salon étranger, dans la pénombre de cet appartement aux volets fermés et j'étais mort. Mes yeux parcouraient l'avis de décès de Kayden Tobias Jefferson mit en ligne plus tôt dans la journée. J'aurais été retrouvé mort d'épuisement, d'inanition, en France. Mais j'étais là, j'étais bien là, vivant, mon coeur battait dans ma poitrine, mon sang coulait dans mes veines, et mon air ébahit n'en revenait pas. Pourtant j'aurais dû être moins surpris, j'en avais vu d'autres. Mon pays m'avait trahis, ma famille m'avait trahis, ma seconde famille m'avait trahis, et maintenant on me faisait passer pour mort. Était-ce une menace? Une annonce? Me prévenait-on, comme dans un jeu malsain, comme ce ministre qui s'était délecté de ma fuite, qu'on allait venir pour moi, pour ma vie, pour mon silence? Ils étaient après moi. J'avais troqué la CIA contre Hydra et mon corps c'était mit à trembler, les meubles à vibrer. Je n'étais pas en colère, plus maintenant, je sentais le désespoir poindre aux confins de mes pensées, encore. Comment allais-je m'en sortir? Le pouvais-je? Est-ce que tout ne serait pas plus simple si je me rendais? Si j'acceptais mon destin? Après tout ça faisait un an que je tentais de l'éviter mais peut être était-ce ainsi, peut être que j'étais supposé mourir. A ce moment-là l'appartement entier fut secoué d'une pulsion et chaque meuble s'oblitéra au sol, écrasés par une puissance invisible. J'espérais inconsciemment que seul cet appartement avait subi cette dévastation mais je ne pensais qu'une chose: il avait raison, maintenant j'avais le pouvoir de m'en sortir, de changer les choses, pour moi.

J'avais pris le risque d'une seconde nuit dans mon point de chute de fortune, le temps de me préparer. J'avais pioché dans les placards de cet appartement pour trouver des vêtements propres et quelques affaires que je pouvais emporter dans un sac de voyage que j'avais dégoté sous l'un des lits. Vu l'état des lieux, on ne m'en voudrait pas pour ces emprunts. Ou on m'en voudrait. Je n'étais plus à ça prêt. L'ancien moi serait probablement encore entrain de ruminer les meurtres de ces gardes à Hydra mais pas moi, plus maintenant. Peut être avais-je évolué, peut être était-ce mon pouvoir qui modifiait ma façon de penser, mais je me disais seulement que c'était eux ou moi et je n'en dormais pas plus mal. Au matin j'avais quitté l'appartement, j'avais quitté la Sokovie. Je m'étais fais passer pour un sokovien dans le besoin et on m'avait conduit jusqu'en Slovaquie. Je voulais m'éloigner, partir, disparaître. J'étais discret, prudent, je les savais sur mes talons et je préférais faire du stop et me déplacer grâce à des camions de marchandises plutôt que d'emprunter les transports classiques. Je ne voulais pas être vu, repéré, et j'avais pris la bonne ou mauvaise habitude de scruter les plafonds à la recherche de caméras, de scruter la foule à la recherche de personnes m'observant et quand ça arrivait je disparaissais aussi sec. Je n'étais pas un expert, je n'étais pas un espion, je n'étais pas entraîné pour ça et la nuit je me réveillais parfois dans un sanglot, subissant de plein fouet ma solitude regagné, ma cavale, la peur permanente. Il m'avait fallu une bonne semaine pour atteindre la frontière russe mais je ne m'attendais pas à ce que la traverser soit une promenade de santé. Non, je ne m'y attendais pas, et pourtant... Repéré bien malgré moi par une patrouille de garde je m'étais rapidement fait arrêter, trop fatigué pour me défendre. J'avais dû terminer le trajet à pieds et je n'avais pas la force de protester, je m'étais laissé faire, me disant que je trouverais bien un moyen de m'enfuir plus tard. Au moins dans une cellule, je pouvais dormir tranquille. On ne me ficherait pas immédiatement, j'avais un peu de temps, et tant que ma photo n'était pas entrée dans les serveurs de la police, je ne risquais rien. Ils n'en eurent pas l'occasion. A peine avait-on le poste frontière en visuel que le conducteur avait dégainé son arme et tiré sur son partenaire. Le coup de feu m'avait immédiatement tiré de ma fatigue, procurant à mon corps une bonne dose d'adrénaline mais le garde frontière ne me laissa pas le temps de quoi que ce soit et mon cerveau se câbla en russe aussi sec. - « Tout va bien, je suis là pour vous aider! » - Il avait même jeté son arme au sol côté passager pour me le signifier. Le comprendre était facile, le parler moins, mais j'avais tout de même répondu. - Pourquoi? - « Mon patron, il a demandé à ce qu'on vous amène à lui si on vous voyait. Je ne sais pas pourquoi. En tout cas vous ne risquez rien, détendez-vous. » - J'allais me détendre avec un cadavre encore chaud devant moi, bien sûr. Je n'avais pas eu le choix pourtant et au bout d'une heure de route j'avais compris que laisser un mort derrière attirerait bien plus l'attention. Pas bête le russe.

On avait changé de véhicule au bout d'une demi-heure supplémentaire. Je ne savais pas vraiment si je pouvais faire confiance à mon chauffeur mais pour le moment il était la seule personne depuis un moment à montrer un minimum d’intérêt à ma survie donc deux options: il jouait un double jeu et me menait à ma perte ou alors il était sincère... Je ne m'étais pas figuré que les deux étaient possibles alors qu'après Hydra, j'aurais dû. Notre route nous avait mené jusqu'à Moscou où il m'avait déposé devant le St. Regis Moscow Nikolskaya. Je l'avais remercié mais il avait rapidement décampé après m'avoir dit d'entrer. Curieux mais prudent, apeuré aussi, j'avais fait quelques pas et avait passé la porte pour me retrouver ébloui par l'immense et luxueux hall d'entrée. Des murs clairs, deux escaliers massifs montant en cercle vers l'étage, la salle entière surplombée d'un magnifique dôme de verre. J'étais resté là à admirer sans bouger la vision qu'on m'offrait avant de me souvenir de la raison de ma présence, cette raison que d'autres que moi semblaient connaitre. De l'un des sofas au centre se levèrent deux hommes vêtus de noir pour se diriger vers moi. - « Suivez-nous. » - Et je ne faisais pas prier pour leur emboîter le pas, enfin de l'un d'eux puisque l'autre fermait la marche. Nous avions rejoins l'une des chambres et étions entrés dans ce luxe sans mot. A l'intérieur la chambre était vaste, lumineuse, et à l'observer je me disais que c'était plutôt une suite qu'une chambre alors que je posais le regard sur un homme se levant du bureau de bois. Les cheveux grisonnants, les épaules hautes mais le corps fin. Sous sa chemise cintrée je pouvais deviner une musculature prononcée mais pas massive. - « Kayden Jefferson. » - Avec son accent russe, mon nom sonnait bizarrement. - « Ça fait des mois que nous te cherchons. » - Pourquoi? Qui êtes-vous? - « Je me nomme Ivan Pavlov et c'est ton père qui nous a demandé de t'aider. » - J'avais alors... craqué. Mon père. Non, il m'avait trahi, il m'avait laissé seul, il avait été clair. A mon regard Ivan avait dû comprendre puisqu'il s'était immédiatement mit à parler et m'avait expliqué que durant notre conversation mon père avait compris que nous étions sur écoute et avait coupé court. Il l'avait immédiatement contacté pour lui demander un service, celui de me retrouver, et Ivan avait utilisé tout son réseau à cette fin. Il avait pensé que ça prendrait moins de temps que ça mais il était tout de même content d'avoir réussi et moi... Moi ça m'indifférait. Mon père ne m'avait pas abandonné. - « Je peux t'offrir une nouvelle vie, une nouvelle identité. Je sais ce qu'ils t'ont fait là-bas, vaguement, et si tu acceptes, ils ne pourront plus te retrouver. Tu seras libre. La seule condition c'est que tu devras travailler pour moi, aussi simplement que ça. » - Je voyais enfin une petite lueur d'espoir, une qu'on ne prendrait pas cette fois. C'était ma chance, je pouvais repartir de zéro. Je pouvais être libre à nouveau. Travailler pour ce type ne devrait pas être si dur. Depuis Hydra j'avais appris à m’accommoder de certaines immoralités, et s'il me permettait de ne plus avoir à regarder derrière mon épaule à chaque instant... J'acceptais, d'un signe de tête. Mon espoir avait été officialisé au rythme des coups de feu d'un silencieux qui poussèrent à l'écroulement les hommes en noir qui m'avaient escorté jusque là. Ivan venait de les tuer, sans prévenir, sans s'expliquer, mais j'avais compris. Mon chauffeur aussi devait être mort. Je n'arrivais pas à me sentir désolé pour lui, quand bien même il avait été si sympathique. A partir de cet instant Kayden Jefferson était mort, je l'acceptais. Je démarrais une nouvelle vie, une vie dans laquelle le seul témoin de mon passé serait Ivan, une vie dans laquelle je serais Adrian Volkov.

Cette vie là me semblait bien plus belle depuis cette chambre d'hôtel. Ivan était le chef d'un réseau clandestin russe. Il se targuait de faire de l'ombre au SHEILD mais en vérité il n'était qu'un grand criminel à la tête d'un réseau de criminels. Il était puissant, mais il n'était pas bon pour autant. Et il ne faisait certainement pas d'ombre au SHEILD. Je ne pouvais pas le dire, je ne pouvais qu'obéir. Parfois je n'avais qu'un message à délivrer, parfois j'avais une vie à ôter. Je pensais parfois à partir, à fuir, mais il me rappelait à chaque fois d'une façon subtile que si je faisais quelque chose qui ne lui convenait pas, il mettrait Hydra au courant de ma présence. J'avais pensé à le tuer, mais j'avais toujours en tête qu'Ivan était un homme intelligent à ne pas sous-estimer et j'imaginais sans mal qu'il avait une solution de repli pour me faire payer cette traîtrise. Je n'avais pas pu le quitter depuis cette chambre d'hôtel, je n'avais même pas pu contacter mon père. Ivan n'avait pas voulu m'expliquer comment ils se connaissaient tous les deux et ça me travaillait vraiment. Le temps passait et les vols s'accumulaient, les corps s'empilaient, je devenais un homme que je ne reconnaissais pas et je ne m'en rendais même pas compte. Je n'étais qu'un mercenaire, un meurtrier. J'avais troqué ma survie pour ça, pour cette vie, pour le mal. Ce n'était pas moi, ça ne pouvait pas être moi. Mais si j'arrêtais de lui obéir il me rendrait à ma cavale. Que devais-je faire alors? Reprendre ma fuite? Ou continuer de prendre sur moi comme je le faisais depuis tout ce temps? J'avais inconsciemment déjà fait mon choix. Une dernière mission pour m'assurer que c'est ce que je souhaitais. A la tête d'une équipe de trois types, nous devions débusquer une dénommée Alyssa et la supprimer. C'était un témoin gênant des affaires d'Ivan et son silence était nécessaire. J'avais décidé d'envoyer les autres jouer les rabatteurs pendant que je l'attendrais dans la ruelle à côté de son immeuble. Elle ne pourrait sortir que par cette porte et lorsque j'avais entendu les bruits dans le bâtiment, je m'étais tenu prêt, à tout, à agir, mais pas à ça. Lorsque la porte s'était ouverte c'est une enfant qui était sortie en courant, une gamine d'une dizaine d'années, la peur dans les yeux. A ses talons les trois rabatteurs sortaient et dans mon regard je pense qu'on pouvait lire une forme de résolution. - Non. - J'avais alors traversé la distance pour saisir la gamine et m'étais envolé. Littéralement. Annulant son poids et le miens, j'avais inversé ma propre attraction gravitationnelle pour nous élever dans les airs, évitant les tirs hasardeux des abrutis d'en bas. Un sourire étirait largement mes lèvres. Je sautais le pas, je choisissais la fuite au profit du bien, de ce bien, de la vie de cette petite qui s'agrippait à moi.

Je l'avais déposé dans un centre de police et étais immédiatement reparti. Je ne pouvais pas retourner chez moi, je devais encore une fois repartir de zéro. J'avais traversé les terres pour m'éloigner le plus possible de l'influence et de la colère d'Ivan, par les airs ou les routes, de retour à Londres. On m'y chercherait peut être, on ne m'y trouverait pas. Mon premier souhait était de reprendre contact avec mes parents, de leur assurer que j'allais bien, même si je devais être discret, j'avais besoin de faire ça. Choisissant mon moment, j'étais entré par la fenêtre du haut de la maison, celle qui fermait mal et que personne n'avait jamais pensé à réparer, comme à l'époque. Tout me revenait, l'odeur de cette maison, l'odeur de mon enfance. Le plancher avait craqué, la lumière c'était allumée, nos regards c'étaient croisés et j'étais tombé à genoux en larmes sur le vieux chêne du couloirs. En quelques secondes mon père m'avait rejoint, ses jambes cédant sous le poids de l'émotion. Il m'avait prit dans ses bras, j'avais oublié ce que ça faisait, j'en étais venu à me dire que plus jamais je ne ressentirais ça, je me laissais aller. C'était la première fois que je le voyais céder à ses émotions. Il ne pleurait pas, pas une larme, mais je pouvais le voir à sa façon de se comporter, à ces tremblements presque imperceptibles. Et puis son étreinte s'était faite plus forte, plus solide, la joie laissant place à autre chose. - « J'aurais aimé que ta mère te voit enfin rentrer à la maison... » - Mon corps tout entier s'était raidi et du soulagement mon cœur avait sombré dans le deuil. Il m'avait alors expliqué qu'elle était morte, qu'elle avait succombé au chagrin de ma mort, que même si lui ne perdait pas espoir, elle avait arrêté de croire. Une dépression, elle ne l'avait pas supporté. Comment pouvais-je la blâmer. Même si peu de temps s'était écoulé, peut être deux ou trois ans, je ne pouvais lui en vouloir. Ou le pouvais-je? Je regrettais d'avoir tant tarder à rentrer, de ne pas avoir pu la voir une dernière fois. Désolé ne pas pouvoir discuter plus avec lui, j'avais rejoins mon lit, MON lit, et m'y étais assoupi, le vrai premier sommeil réparateur depuis des années. Le lendemain nous avions parlé, je lui avais raconté ce qui m'était arrivé, en partie, et il m'avait assuré pouvoir m'aider à revenir sur le devant de la scène. Je ne lui avais dit que le nécessaire, je ne voulais pas qu'il sache tout. J'avais enrobé la vérité, je l'avais même travestie parfois, mais certaines choses devaient rester secrètes. Je lui avais demandé de ne pas me ramener, de ne pas officialiser mon retour. Kayden était mort, il avait été rejoint par sa mère. Je souhaitais vivre, mais je voulais redémarrer une vie en oubliant le passé, tourner la page. Il n'avait pas compris sur le moment mais mon regard l'avait convaincu. Il savait que je ne lui disais pas tout mais il ne me forçait pas à cracher le morceau. Il avait fallu plusieurs jours avant qu'il ne revienne avec une nouvelle identité tout neuve, complète, solide, et des fonds sur plusieurs comptes tous reliés à cette identité: Dayle Strickland. En parlant de secret, je lui avais demandé comment il avait fait, comment il pouvait bien connaitre Ivan... En guise de réponse je n'avais eu qu'un vague sourire entendu. Sauf que moi je n'entendais rien du tout et il m'avait fallu insister pour avoir mon seul et unique indice. - « Je suis James Bond. » - Auparavant j'aurais pris ça pour de l'humour, mais maintenant? Il connaissait Ivan, il m'avait obtenu cette nouvelle identité, il m'avait entraîné à tout un tas de choses durant mon adolescence. Je ne le dirais jamais, je ne me le dirais jamais, mais toutes ces choses ne mènent qu'à une seule possibilité et son absurdité m'oblige à ne même pas la mentionner... Et pourtant.

J'avais ré-adopté Londres pendant quelques temps, me souvenant, me réhabituant à vivre, mais l'ombre de la vie qu'on m'avait arraché ne faisait que m'oblitérer. J'avais besoin de nouveauté, d'air frais, d'un véritable renouveau. J'avais alors décidé de repartir en Amérique, à New york cette fois. Mes griefs contre les Etats-unis étaient toujours vivaces mais je ne pouvais les éviter, ni eux, ni Hydra, ni Ivan. Le monde était plus petit pour moi maintenant, je devais apprendre à vivre avec. J'avais donc fait la traversé, première fois depuis longtemps que je prenais l'avion. Je m'étais installé, j'avais commencé à me construire une petite vie, mais une enveloppe glissée sous ma porte brisa tout comme le miroir de l'illusion qu'on laisse tomber sur le sol de la réalité. C'était Ivan. Il tenait mon père. Il me disait chanceux qu'il ait des affaires à faire à New York et je comprenais bien pourquoi: si je ne lui avais pas été utile ici, mon père et moi serions probablement mort. Je ne pouvais pas le permettre. Je travaillerais pour lui, encore une fois, mais cette fois je me le promettais, ça ne durerait pas. Je trouverais une solution pour me dégager de ses griffes, pour mettre mon père hors de danger. Même James Bond a parfois besoin d'un coup de main, je serais cette main, mais le réseau d'Ivan est vaste et je devrais être patient, patient dans l'attente de cet instant au combien savoureux où je pourrais sans conséquences aucune étreindre son corps battant dans cette main et l'écraser entre mes doigts.



Dernière édition par Kayden T. Jefferson le Ven 10 Mar - 17:33, édité 9 fois
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HYDRA :onfire: Arrow
Bienvenue par ici ! J'ai rapidement lu ce que tu avais indiqué dans la partie invité, et j'ai vraiment hâte de voir ce que ce personnage va donner :hé:
Bon courage pour ta fiche ! :hysteric:
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Bienvenue parmi nous!
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WILKOMMEN :onfire:
bien le coucou et bienvenue, en toute officialité, sur TNA ! I love you bon j'aime l'avatar choisi (pense d'ailleurs à aller le réserver :hé: ) et j'adore l'idée de personnage, on va trop, trop s'éclater :hysteric: si t'as d'autres questions, hésite pas à nous contacter par mp, et j'espère que tu vas t'éclater, sérieux merci Axel de nous ramener des gens comme ça ALLEZ MAINTENANT AU TRAVAIL, FAIS-MOI TA FICHE :youknow: :cutie:
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Huhuhuhu jsuis dessus! Merci les gens ^^

Je te mp pour le pseudo quoi qu'il en soit, dés que j'ai trouvé. Dés que j'ai décidé de la nationalité je m'attaque à son nom et tout suivra \o/
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Comme les autres, j'ai suivi la partie Invités et j'avoue que le personnage a l'air top :hysteric: :hysteric: J'ai hâte de lire ta fiche ! En attendant, bienvenue et bon courage :hero:
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On a presque tous suivi la partie invités à mon avis. :mdr: Ton personnage, juste... fhzaugfhaekghrze. Il promet d'être trop cool. :hé: :hé:

Bienvenue parmi nous du coup & bonne chance pour ta fiche. :keur:
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Bienvenue parmi nous, j'espère que tu t'amuseras bien ici :cutie:
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T'es nul.
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(il le fallait)
BIENVENUE PARMI NOUS. I love you personnage prometteur, membre de l'hydra, très sexy, pas trop regardant sur le sexe de ses partenaires... perfection? :grozyeu: bon courage pour ta fiche, jeune padawan, n'hésite pas à venir voir le staff si tu as la moindre question, on en profitera pour te baver dessus et te répondre! :pink: amuse-toi bien parmi nous. :cutie:
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Va falloir que je m'achète une combi de pluie et tout si vous me bavez dessus mais ok XD
Merci again les gens ^^

Tout le monde a suivi la partie invité quoi, c'est fou ça MDR Bon allé, un nom, un nom, vite, chauffe cerveau, chauffe!

Edit: et Axel? C'toi le nul!
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comme certains de mes camarades, j'ai stalké la parti invité

bienvenue parmi nous et bon courage pour ta fiche et ce perso de fifou :onfire:
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Contente de te voir parmi nous ! :rabbit: J'ai hâte d'en lire plus sur ton personnage (mais ouais, globalement, on a tous lu la partie invité alors c'est pas trop trop une surprise. :hahaha:) Bienvenue parmi nous, j'aime le pseudo, l'avatar, le pouvoir. Bref, TOUT. :inlove:
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Bande de stalkeurs curieux! MDR
J'en profite pour update: j'ai posté toute la première partie, je m'attaque à l'histoire dans deux minutes =D C'est la pause gazette de Deadpool :pink:
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Kayden T. Jefferson - The denied son of Hydra

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