Partagez | .
 

 ICESNOW#2 ≤ « Song of the caged bird. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2


Invité
avatar
it's a revolution, i suppose
Invité


song of the caged bird


Il pourrait être exaspéré. Il le devrait. Il lui propose son aide. Il lui propose son amitié. Elle continue à la repousser. Elle lui sert continuellement les mêmes arguments. Elle prétexte ne pas mériter son amitié. Elle assure ne pas avoir le droit. A force, oui, il devrait être exaspéré. Il est même prêt à baisser les bras. Il est prêt à abandonner l’idée de lui venir en aide. Elle se fatigue à le repousser. Il se fatigue à se rapprocher. L’un comme l’autre, ils ne parviennent pas à leurs fins. Tout ce dont ils sont capables est de débattre infiniment. Alors, oui, il est prêt à laisser tomber. Il est prêt à lui donner raison puisque c’est ce qu’elle veut. Ils éviteront des heures de disputes. Ils éviteront des débats inutiles. Il est à deux doigts de le faire. La réponse de Snow ne fait qu’accentuer sa certitude. “Je.. n’ai pas le droit.” Rien ne justifie qu’il se batte continuellement avec elle. Contre elle. Rien n’explique pourquoi il s’accroche à elle. A quoi bon ? Il devrait la haïr. Il devrait lui reprocher d’avoir failli le tuer. Il devrait éviter de lui parler ou même de la toucher. Il n’aurait même pas dû accepter de s’occuper d’elle. Alors, que fait-il ici, en pleine nuit, les genoux dans la neige ? S’occuper des autres est une échappatoire. Une issue pour ne pas penser à ses propres problèmes. Se concentrer sur les autres est plus simple. Plus simple que de s’affronter. Comme tout le monde, il a des soucis. La différence, c’est qu’il ne prend pas le temps de les régler. Lui aussi cherche des prétextes. Lui aussi se ment. Lui aussi est dans le déni. Il préfère aider les autres plutôt que s’aider. Un choix de vie. Un déni qui a probablement incité certaines décisions. Encore ce soir, plutôt que de se remettre de sa rupture, il écoute. Il conseille. Il réconforte. Encore ce soir, plutôt que de redresser la pente, il se plie au jeu de Snow. Il fait passer les besoins des autres avant les siens. Une vie de sacrifices. Une vie de privation. Il en oublie sa douleur. Il en oublie le visage de Malicia. Il n’y a que celui de Snow qui compte. Que les larmes gelées qui tombent. Que sa mémoire défaillante qui importe. Il se focalise sur elle pour ne pas penser à ses propres problèmes. Il se raccroche à elle. C’est elle, la bouée de sauvetage. Pas le contraire. “ils disent tous ça. Ils.. ‘’il ne faut pas avoir peur, je suis ton ami, tu me fais confiance, mh ?” Elle ne le croit pas. Elle ne pense pas qu’il soit capable de lui survivre. Elle a peur de perdre quelqu’un d'autre. D’être abandonnée. Trop blessée par les précédentes pertes. Trop angoissée à l’idée de se lier d’amitié. “Arrête ! Arrête d’être gentil, arrête d’être .. comme ça.” La violence de son rejet fait mal. Elle le secoue. Il se remet debout. Lui non plus ne veut pas se lier d’amitié avec une personne susceptible de partir. Les adieux ne sont pas faits pour lui. Elle n’est pas la seule dans ce cas. Le pire est probablement qu’elle a l’impression qu’il joue. Qu’il crée un rôle pour traverser ses barrières glacées. Qu’il calcule chaque parole, chaque geste. Qu’il est totalement faux. C’est la deuxième fois que l’on remet en cause son caractère. Trop amoureux pour Malicia. Trop gentil pour Snow. S’il résume la situation : il doit devenir un connard qui brise le corps et qui pousse les grands-mères. Il ferait peut-être mieux de s’entourer de personnes qui l’aiment vraiment pour ce qu’il est.

Tu ne devrais pas être capable de toute cette.. tendresse avec moi !” Mais avec Snow, ce n’est pas une question d’affection. Elle en a pour lui. Elle ne sait juste pas pourquoi il s’intéresse à elle. Pourquoi elle en mérite autant. Elle rejette ce qu’elle ne comprend pas. Comme les humains rejettent les mutants. Ils ne comprennent pas. L’amitié est trop surnaturelle pour elle. Quitte à blesser. Alors, il note. Il retient pour la prochaine fois. L’appeler Snow, pas Prudence. Rester à distance, ne pas la toucher. Ne pas la laisser le toucher. Peut-être que cela suffira. Une dernière chance avant l’abandon. Elle reprend le dessus. Elle efface les traces de sa faiblesse d’un revers de main. D’un coup de baguette magique, les larmes disparaissent. “Pars avec moi.” Quoi ? Il ne comprend plus rien. Mais a-t-il seulement compris quelque chose ? Snow est comme la météo. Changeante, fluctuante, inconstante. Elle refuse sa tendresse, mais lui demande de partir avec elle. C'est trop difficile de la cerner en quelques conversations. Trop difficile de savoir ce qu'il y a derrière ses grands yeux bleus. “Quoi ?” Il laisse tomber la question. Il ne comprend vraiment pas. La demande de Snow sonne comme la possibilité de s’enfuir. Elle sonne comme une invitation à la liberté. Let it go!, comme dirait l’autre. Elle veut l’emmener avec lui, dans ses aventures. Elle le veut à ses côtés. Mais ce n’est pas le genre de propositions que l’on fait à un simple ami. Dans les films, elle est plutôt faite à des personnes que l’on aime. “Je veux rentrer.. revenir au début de l’histoire.” On est loin de la fuite romantique qu’il a craint. L’idée est bonne. Revenir sur les traces du passé peut l’aider à recouvrer la mémoire. Cela peut lui être bénéfique. L’esprit terre à terre de Bobby est réticent. Il ne peut pas l’accompagner dans la quête ses souvenirs. Du travail l’attend à l’Institut. Sa vie, ses amis. L’égoïsme de la vie de célibataire. Il n’est pas sûr de vouloir quitter le confort de son bureau. Il n’est pas sûr de vouloir partir plusieurs jours avec Snow. Qu’en penseraient les autres ? Qu’en penserait Malicia ? L’idée est bonne. La mise en place est plus compliquée. “Et tu as besoin de vacances. Tu n’as qu’à dire que nous devons faire un travail avec des objets et environnements familiers.” Pourquoi a-t-il l’impression qu’elle a tout prévu ? Qu’elle le piège ? Qu’elle a anticipé ses réticences ? Il a besoin de vacances, certes, mais pas comme ça. Pas dans un manoir à courir après les vestiges du passé. Pas à s’occuper des autres. Pourtant, l’idée fait son chemin. Elle bouscule ses arguments. Elle piétine ses réticences. L’idée est plutôt attrayante. Partir. S’éloigner. S’occuper des soucis de Snow, avant de faire de même avec les siens. “J’ai besoin de mon ami autant que de mon psychologue.. j’ai besoin d’arrêter d’avoir tout ‘’ça’’ dans la tête. Si tu refuses, j’irai seule.. peut-être que tu préfères avoir tes démons accrochés à l’âme, toi aussi.” Elle n’a pas tort. Pour une fois. Il ne peut pas rester à se morfondre. Il ne peut pas rester enfermé. Une amie à besoin d’aide. On parle de Snow. La mutante avec qui il passe des heures depuis des années. Il ne peut pas la laisser affronter cette épreuve seule. Mais il y a toujours cette hésitation. Toujours cette envie de ne pas y aller. Il quitte Snow du regard. Il se perd dans la contemplation du lac. “Je t’accompagnerai avec plaisir.” Il mesure la confiance qu’elle lui donne. Il sait combien il est difficile pour Snow de s’ouvrir. Alors, qu’elle le choisisse, lui, pour retourner dans sa maison d’enfance est symbolique. Il connaît le chemin parcouru, de la mutante muette à la mutante déterminée à apprendre son passé. Mais, sa proposition est contraire à ses propos précédents. A sa certitude de ne pas le mériter. Maintenant, elle change d’avis. Encore. Il repose son regard sur Snow. “Laisse-moi quelques jours pour m'organiser.” Quelques jours devraient être suffisants afin de repousser les séances programmées. Assez pour prévenir ses collègues de son absence. Il n’a aucune idée de comment ils vont se débrouiller sur place. Tant pis. Ils ont déjà affronté pire. Ils affronteront plus atroce également.

Comme ça, tu auras le temps de contacter tes connaissances sur place.” Elle doit bien avoir gardé le contact avec certaines personnes. Elle doit bien avoir de la famille. Quelqu’un qui ressemble de près ou de loin à un proche. Elle ne peut pas être totalement seule. Il essaye de se rappeler ce que son dossier dit. Mais aucun détail sur ses liens de parenté ne lui revient. Il y a forcément quelqu’un. Il interroge Snow du regard. Mais il sent déjà qu’espérer une telle nouvelle est vain. Snow n'a pas d'attache. Snow ne se lance pas à corps perdu dans une relation. Snow est solitaire.

made by roller coaster
Revenir en haut Aller en bas


Invité
avatar
it's a revolution, i suppose
Invité
Song of the Caged Bird.
Iceberg ✧ Snow
« It's not easy to be Light when you've been Dark. It's almost too much to ask anyone. »
- Margaret Stohl, Beautiful Darkness

« Je t’accompagnerai avec plaisir. » Elle n’est pas certaine que le plaisir soit réel. Bobby avait le sens du sacrifice, Prudence le savait, et c’étant sans doute ce qui le poussait à accepter. « Laisse-moi quelques jours pour m’organiser. » Evidemment. Il n’allait pas s’évaporer en claquant des doigts, et elle devait vérifier l’état du manoir. Ce devait être une ruine. Un immense tombeau pour une famille ruinée par la haine. Elle en avait été l’espèce de Dame Blanche hantant parfois les lieux, bien que ce détail se soit effacé avec le reste, elle y était retournée, c’était son héritage après tout. Elle avait fait l’effort d’effacer l’aspect morbide, les premiers mois, puis avait abandonné - sans famille, sans attache. Snow hoche la tête, reconnaissante, et ne sait qu’ajouter. Qu’est-ce qu’il fallait dire ? Elle se redresse, touche le fauteuil du bout des doigts - il repasse à l’état de neige puis s’efface, fondant dans celle du sol. Effacer, c’était tellement simple. « Comme ça, tu auras le temps de contacter tes connaissances sur place. »

Elle était en train de récupérer les plats, d’empiler savamment, lorsque les mots sont parvenus à son oreille. Tes connaissances sur place. Le temps d’arrêt a été visible avant qu’elle ne choisisse de tout glisser sur un plateau glacé, pour le transport, pour rentrer ce repas catastrophique à l’intérieur. Un soupir s’extirpe de sa bouche. Qu’espérait-il ? Une famille heureuse qui l’aime ? Elle ne voulait pas détruire ses espoirs. Il avait besoin de lui imaginer une part de lumière, peut-être pour se rassurer ; elle lui avait fait assez de mal pour ne pas faire s’effondrer le château de cartes.

Les chaises disparaissent, le plateau est récupéré, la table se liquéfie. De cette soirée ne reste que leurs cicatrices mal refermées. La mutante ne sait comment préserver la bonté de l’homme brisé alors, doucement, elle dépose un dernier baiser sur sa joue, sans doute le dernier qu’elle lui offrira, mélange de tendresse et de mélancolie, arrière goût d’amertume contre la vie. Qu’elle l’accepte ou non, elle avait succombé au virus Bobby Drake et lui faire du mal comptait triple, lui renvoyait violemment toute l’ombre de son âme, toutes les erreurs commises. « Un jour, tu comprendras. » Un jour bien trop proche. Il s’évertuait à nier des évidences qui frappaient déjà le personnel de l’Institut : instable et dangereuse, il n’était jamais certain qu’elle demeure sur la route de la justice, de la protection d’autrui.

Tellement encline à tuer, à craquer. A briser, surtout, tout ce qui brillait par la générosité. Elle se sentait responsable de cette douleur qui scintillait au fond des si belles prunelles du psychologue. Le bleu était d’autant plus clair qu’il reflétait la lune. Elle finit par en lever les yeux au ciel - un peu de pragmatisme et de détachement, pitié. Ca n’était pas franchement le moment de faiblir. « Plus vite que tu ne le crois. » Il verrait par lui-même toute l’horreur de sa nature. Avait-il pu passer à côté de la mort des Rosebury ? Oui. Les journaux n’avaient pas cherché très loin. Dossier classé sans suites.. l’hypothermie soudaine, on la justifiait comment, quand il manquait deux corps ? Quand la seconde fille était introuvable ? On avait certes accusé une mutation.. mais laquelle, alors ? Prudence et Temperance s’étaient envolées. Constance avait agonisé dans le froid. Le père, aucun signe. Le scandale du meurtre avait laissé place au doute puis au silence.

« Bonne nuit, Bobby. » Un murmure. Elle s’en va, avec les plats qu’elle va nettoyer et ranger. Elle lui laissera le gâteau au chocolat, s’il a encore faim, s’il a besoin de réconfort. La nuit sera, comme toujours, longue et chaotique. Qu’importe : elle songe qu’elle va pouvoir partir, rentrer à la maison, couvrir d’un draps blanc les souvenirs d’un passé à recoller. Elle n’a pas dit au psychologue qu’elle ne comptait pas revenir ensuite. Il n’avait pas besoin de le savoir. Il avait, par dessus tout, besoin d'espoir.
 
© Starseed
Revenir en haut Aller en bas
 

ICESNOW#2 ≤ « Song of the caged bird. »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 2Aller à la page : Précédent  1, 2

 Sujets similaires

-
» [réservée]Le secret du Black bird...
» 04. Love you like a love song, baby...
» Love is a song of hope... [PV Eclair Sournois ]
» (03) BLUE ▽ i feel like a flightless bird
» “If you're a bird... I'm a bird...” MIA&SUTTON

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
THE NEW AGE :: PARTY HARD :: ALL THINGS COME TO AN END :: archives :: les rps terminés-