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 SPEEDKATE ·· weeping pirates

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Il avait eu besoin de réfléchir. Parler avec Noh-Varr lui avait fait du bien, et il se souvenait que ça lui faisait toujours du bien, d'être avec lui. L'autre lui. Mais il commençait tout juste à se faire à l'idée qu'il était dans un nouveau monde, dans une nouvelle dimension. Il acceptait à peine que Luna et lui aient le droit à une nouvelle vie. Alors inclure dans cette existence les fantômes de ses amis, leurs échos, c'était beaucoup. Il devait se vider la tête. Courir un peu, voler un repas de roi. Courir de toit en toit. Ce sentiment de liberté, que lui procurait la super-vitesse, s'était petit à petit estompé dans sa dimension. Peu importe où il allait, il voyait les ravages de son frère, il sentait les corps et la cendre et il aurait pu faire mille fois le tour de sa Terre que ça n'aurait rien changé. Depuis qu'il était venu ici – qu'il avait été amené de force, par Billy et Noh – il y avait repris goût. Doucement, un pas à la fois. Et debout sur ce toit, le vent froid sur le visage et les vêtements froissés d'avoir couru, il ferme les yeux, il savoure. Il est en vie. Les siens sont morts, son monde est mort, et l'espoir était mort aussi. Seulement l'espoir pour lui renaît. C'est agréable, comme sensation.

Il a le cœur léger aussi, plus léger que tout à l'heure. Il a déjà pleuré et hurlé et ses paumes sont encore douloureuses. Sous ses ongles, le sang a séché. Ses paupières un peu rougies, tant par la morsure du vent que par les sanglots de ce matin, s'ouvrent sur un regard nouveau. Les Young Avengers de ce monde l'ont confronté. Il a sorti une rage qu'il n'avait jamais pu exprimer auparavant. Il a revu Kate (ce n'est pas la tienne) et a plongé dans les yeux de Billy. La pire étape est toujours la première, mais une fois que celle-ci est franchie … Parler avec Noh a été moins difficile qu'il l'imaginait. Il aimerait pouvoir discuter avec Teddy aussi, apprendre à connaître celui de ce monde. Il voudrait revoir David, s'amuser à l'embrasser derrière l'oreille pour le faire rougir comme jamais. Il veut les convictions de Cassie mais elle n'est pas là, pas dans cet univers. Puis le sourire de Kate, l'humour de Kate, la répartie de Kate. Bon sang c'est si égoïste, de les vouloir pour lui, de chercher chez eux ce qu'il avait avec d'autres, avec ses vrais amis. Ne serait-ce pas trahir leur mémoire à eux, que de tenter de les remplacer de la sorte ? Il pensait être sec mais une larme coule encore. La dernière, semble-t-il. Ce matin était trop intense, émotionnellement, pour qu'il se laisse envahir par autre chose qu'une certaine fatigue. Une sorte de résignation.

Il a besoin de la voir. Elle était, après tout, sa dernière amie et son seul amour. Un amour de fin du monde, mais un amour quand même. Leur confrontation, ce matin, était publique et il avait encore le cœur au bord des lèvres. Il avait dit des choses... Révélé des secrets qui, peut-être, auraient dû rester tus. Dans quel état se trouvait-elle, désormais ? Elle avait peut-être tué Billy, avant qu'il ne la tue (ce n'était pas ton Billy) et l'idée plaisait autant qu'elle déplaisait à Tommy. Il se rappelait de sa Hawkeye, sa famille, ses amis, ses habitudes. De l'hôtel où elle avait une chambre, dans le Queens. Il lui fallut moins d'une minute pour être devant les grandes portes du Charleston. Moins d'une minute et un cœur affolé. Il était bien, sur son toit. Il avait les idées claires. Maintenant qu'il était redescendu dans les rues, qu'il s'apprêtait à franchir le seuil de l'hôtel, il était moins convaincu. Seule la possibilité qu'elle ne se trouve pas ici le poussa à entrer. Il ne pourrait pas dire qu'il n'avait pas essayé, et en plus, il n'aurait pas à la voir, à lui parler, à affronter ses propres démons. Ce serait parfait. Pourtant, alors que l'ascenseur grimpait, il ne pouvait s'empêcher de croire, dur comme fer, qu'elle était bien dans la chambre. Triste. Désemparée. Morte, peut-être. Après tout, Kate avait une fâcheuse tendance à mourir lorsque Tommy était là.

Le ding de l'ascenseur le sortit de sa rêverie. Il déambula un peu dans le couloir, chercha le numéro des yeux. Chambre 7 et il leva la main pour frapper. Il hésita. Elle avait fait le même manège le matin-même, devant la chambre de Tommy. Ils n'étaient pas amis pour rien (ce n'est pas ton amie) alors Speed frappa. Sans attendre de réponse, il tourna la poignée, il poussa la porte. Elle était assise sur le lit, là où les oreillers normalement avaient leur place. L'un d'entre eux, d'ailleurs, était serré contre sa poitrine. Si fort que ses jointures blanchissaient. Elle leva la tête, ses cheveux tombèrent gracieusement de chaque côté de son visage. Dieu qu'elle est belle. Speed fait un pas, puis deux, dans sa direction. Il approche lentement, comme on approche un animal blessé, un animal sauvage. Il ne veut pas l'effrayer. « Je me suis permis, je... » Il ne trouve pas les mots. Il voit ses yeux un peu rouge et il y a une colère au coin de ses lèvres, mais elle semble si fatiguée. Aussi fatiguée que lui. Il voudrait s'asseoir à côté d'elle et la prendre dans ses bras, lui caresser la joue et lui dire que tout ira bien. Il voudrait lui promettre qu'il la protégera mais il ne l'a pas protégée et il ne lui mentira pas encore. « Je voulais te revoir. » Cette fois, il arrive au bord du lit. Il s'y assied, laissant entre eux un grand espace, elle à la tête et lui au pied. Son cœur tape fort et ça fait mal. « Pas toi, vraiment. Je sais que je te connais pas. Que tu me connais pas. » Il baisse les yeux. C'est si dur, de la regarder. Il y a un petit silence. Elle ne dit rien et c'est peut-être parce qu'elle n'arrive plus à rien dire. Qu'entre ce matin et l'accident d'Eli elle a eu le temps de se disputer vingt fois avec tous les gens de son équipe. Tout ça parce que Tommy a laissé échapper quelques bribes de son histoire, sans contexte, sans logique. La journée se termine, il sait qu'elle a mal, il a mal aussi. « Mais je la vois en toi. Je peux pas m'empêcher de la voir en toi. » Sa voix ne tremble pas, ne sanglote pas, mais cette douleur ne peut pas être imitée. Ni décrite. Il porte sur ses épaules le poids d'un monde entier. Soudain, il se relève. « J'suis désolé, j'aurai pas dû. T'as déjà bien assez de choses à encaisser. » Il va pour partir, sans même la regarder une dernière fois. Il se pensait plus fort que ça. « Attends. » elle murmure. Il se fige. Se retourne. Il attend.


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Elle a claqué la porte et mis ses lunettes de soleil et quand elle s'est accoudée au comptoir du Charleston, elle a souri. “ Boooonjour, monsieur Macauley. Madame Bishop? Dieu! jure-t-il en français, avant d'éclater d'un long rire. Vous êtes de retour en ville? Oui, monsieur! Vous savez, moi, la campagne, au bout d'un moment, ça m'ennuie un peu. Oh oui, je n'en doute pas. L'Utah, n'est-ce pas? (...) Toujours est-il, mon bon monsieur Macauley- - Laissez-moi deviner. Vous voulez savoir si votre chambre est libre?Vous lisez dans mes pensées. Laissez-moi vérifier... oui. Complètement libre. Vous resterez combien de temps? Oh, je ne sais pas encore. Bien très bien madame Bishop. Vous avez besoin d'aide avec vos bagages? Est-ce... un arc?Oui, et j'ai mon permis monsieur Macauley. Et non, pour mes bagages, je me débrouillerai. ...très bien, madame Bishop. Tenez, votre clef. Vous passerez le bonjour à votre père pour moi? Avec grand plaisir, monsieur Macauley. Une bonne soirée.Une bonne soirée, madame. ” Et juste comme ça, elle est rentrée dans l'ascenseur, avec un sourire à tous, un sourire pour chacun. Oh, elle est jolie cette petite femme, avec ses sacs et son arc et son carquois et ses lunettes et son sourire, son sourire qui illumine, son sourire qui aveugle et qui dissimule si bien ses larmes. Troisième étage, elle sort, chambre sept, ouvre la porte, la ferme, pose la clef sur un meuble, pose son arc sur le fauteuil, pose son sac sur le lit, pose son carquois sur le sol, ouvre la fenêtre, ferme les yeux, laisse le vent agiter ses cheveux. Le souffle froid de février l'enivre. Le souffle froid de février lui fait pleurer les yeux, ah, sacré froid! Pour un peu plus, elle pourrait prétendre qu'elle a une poussière dans l'oeil, mais non, c'est juste qu'il fait froid. Promis.

Cette folle journée n'a de cesse de tourner dans sa tête, trop vite, trop vite. Elle revoit tout: Thomas Sheperd, la tête de Teddy, Eli inconscient, la main de David dans la sienne, le regard désapprobateur d'America et puis... Billy. Juste Billy, avec ses mots douloureux et ses yeux plein de larmes et son coeur qui bat la chamade pour son petit copain. “ Putain. Putain, marmonne Kate en fermant la porte, allant s'asseoir sur le lit pour défaire ses affaires. Putain. Putain. ” Pourquoi ça lui fait si mal d'y penser? Elle a confiance en Teddy, elle le connait bien, elle le connait trop. Alors pourquoi le doute la ronge-t-elle, pour ses entrailes gigotent, pourquoi son estomac se serre. Elle s'empare de son téléphone. ›› I just need a few days. I'm sorry Teddy. Please don't be mad at me. I love you. est tout ce qu'elle parvient à saisir, dans un style qui ne lui correspond pas du tout. Elle l'aime. Elle l'aime. Elle l'aime et elle se déteste de le traiter comme elle le traite, elle se déteste d'être ainsi avec lui. Pourquoi elle ne peut pas être normale, pour une fois? Pourquoi elle ne peut pas juste être une fille normale, avec un mec normal et des potes normaux? Ou peut-être, elle l'est déjà mais elle a trop travaillé à ne pas l'être. Elle ne mérite pas ces amis, ces mutants, ces aliens, ces gens issus d'autre dimension; elle ne mérite qu'une vie bien rangée, que l'existence destinée à la Kate Bishop à laquelle sa mère a donné la vie. Avec amertume, elle repose son téléphone sans envoyer le message. Pour autant qu'elle sache, peut-être que Billy lui a retourné la tête et qu'il la déteste, désormais.

Le temps passe. Elle défait ses affaires, les lisse, les plie, les range. Elle compte ses flèches, vérifie son arc, glisse ses couteaux de lancer dans des endroits stratégiques qui ne seront pas trouvés par la femme de ménage, caresse pensivement ses bâtons de combat, passe la main sur sa combinaison de sport slash d'héroïsme. Oh, comme elle se sent ridicule! Comme une gamine essayant de se faire passer pour tout ce qu'elle n'est pas. Qui pouvait-elle bien tromper, avec sa grand gueule et ses yeux doux? Elle n'a pas l'étoffe d'un héros.
C'est son téléphone qui la tire de sa rêverie, alors qu'elle a toujours la main sur le tissu extensible de sa combinaison. David. “ Quelque chose ne va pas? Eli- - ” Elle est sur ses pieds, le téléphone coincé entre l'épaule et l'oreille, en train de se chausser pour sortir en courant mais la voix rassurante de son amie l'arrête. “ Eli va bien, Kate, ne t'en fais pas. C'est juste-Je ne suis pas sûre d'avoir envie d'en parler, David.Ouais, j'me doute bien, ma vieille. Mais il le faut bien. Ça fait peur mais il le faut bien. ” Comme toute réponse, Kate reste silencieuse, se rasseyant lentement sur le lit. “ Qu'est-ce qu'il y a? ” demande-t-elle au bout d'un moment. “ Je comprends pas trop tout ce drame, avec Billy et Teddy et Noh et le reste. Mais tu sais que c'est pas de ta faute?David- -Non, laisse-moi finir. Ce n'est pas ta faute ou celle de Billy. C'est juste Eli qui a fait le con. C'est juste nous tous qui leur ont fait confiance, tu comprends? C'est la faute de personne parce que c'est la faute de tout le monde....too deep, man. David rit légèrement. — Ouais, enfin, tu vois. Ce que je veux dire par là c'est... rentre à la maison, Kate. Eli voudrait pas ça. On a appris à connaître Wiccan, William, Billy, qu'importe. On sait qui il est, tu crois pas? Tu lui faisais confiance. Et puis, on a tous nos secrets. Je regrette, David, mais j'ai juste besoin d'un peu de temps. ” Elle entend le bruit d'approbation de David et Kate soupire, en se relevant doucement, incapable de rester immobile. Elle retourne vers la fenêtre, qu'elle a fermé, et regarde la ville. Ces mondes, ces histoires, ces vies lointaines. “ Je sais pas ce qui s'est passé entre Billy et Teddy dans son monde, Kate. Mais en revanche, je sais que Teddy t'aime. ” Et si ça n'avait jamais dû être le cas? “ Merci, David. Quand tu veux, ma vieille. Prends ton temps mais reviens avant qu'Eli se réveille, d'accord? Il pèterait un câble, sinon. ” Et puis elle raccroche.

Quelques heures plus tard, le sommeil s'échappe à elle; le lâche. Elle est adossée au mur derrière le lit, un oreiller entre les mains, et le serre à s'en faire mal; si elle ferme les yeux et y met du coeur, elle peut presque croire qu'elle est dans l'entrepôt avec ses meilleurs amis et qu'elle chasse le sommeil après une journée particulièrement éprouvante, rien de plus. On frappe à la porte, sans doute la nourriture qu'elle a commandé il y a quelques minutes. « Je me suis permis, je... » Ce n'est pas quelqu'un de l'hôtel. C'est Thomas Sheperd, qui fait un pas prudent dans sa direction, la lumière venant enfin caresser ses cheveux blonds, son visage si similaire à celui de Billy. Les doigts de Kate se crispent sur l'oreiller, alors qu'elle réfléchit à l'emplacement du couteau le plus proche. « Je voulais te revoir. » Il s'approche, elle se raidit, il s'asseoit, elle grimace. « Pas toi, vraiment. Je sais que je te connais pas. Que tu me connais pas. » Au moins, il est sincère. Il n'est pas comme Billy, qui leur a fait croire qu'il venait de les rencontrer, comme Billy qui leur a menti. Kate reste silencieuse, se demandant distraitement si ce n'est pas une illusion de son cerveau malade, si ce n'est pas un songe à l'aspect bien trop réel. « Mais je la vois en toi. Je peux pas m'empêcher de la voir en toi. » Un sourire amer se dessinne sur ses lèvres. Voilà bien quelque chose qu'un rêve pourrait vous dire. L'hallucination se relève, la quitte, l'abandonne, se détourne, comme les autres. « J'suis désolé, j'aurai pas dû. T'as déjà bien assez de choses à encaisser. »

Oh, il n'a pas idée. Peut-être que ce rêve est là pour lui donner la solution? Juste s'abandonner à toutes ces choses. S'abandonner, fermer les yeux, en mourir. “ Attends. ” Elle ne devrait peut-être pas, mais c'est trop tard. Il se retourne et la regarde. Elle essaie de sourire, elle n'y arrive pas. “ J'ai commandé de la comfort food et elle ne devrait pas tarder à arriver. Des pizzas, des burgers et j'sais pas quoi... trop de bouffe. Ça te dérange pas de m'aider à bouffer tout ça? ” dit-elle d'une petite voix étonnament calme, fluide comme un ruisseau. “  J'aurais dû me douter, rajoute-t-elle devant son silence, que t'étais aussi relou que ton frère. Tu sais que c'est bizarre, de débarquer dans les chambres des gens comme ça? Ça fait un peu peur. Mais bon, si ça se trouve, tu n'es qu'une hallucination... et tu ne serais pas la première. ” Avec culpabilité, Kate pense aux pillules du docteur Faustus qu'elle n'a pas pensé d'emmener avec elle... elle va devoir envoyer un message à David pour qu'il les lui apporte. “  Thomas Sheperd... murmure-t-elle, pensivement. L'homme à qui Billy a tout arraché. Son frère. Je suis désolée.

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« J'ai commandé de la comfort food et elle ne devrait pas tarder à arriver. Des pizzas, des burgers et j'sais pas quoi... trop de bouffe. Ça te dérange pas de m'aider à bouffer tout ça ? » Elle n'est pas énervée, pas triste, pas heureuse, elle est morne et elle le propose avec une quiétude qui ne colle pas au visage écorché qu'elle affiche. Il ne sait pas quoi dire. Il a déjà imposé sa présence, après tout. Il s'est invité. Et elle ne devrait pas rester seule. Elle n'a pas l'air en état d'être seule. « J'aurais dû me douter, elle ajoute, que t'étais aussi relou que ton frère. Tu sais que c'est bizarre, de débarquer dans les chambres des gens comme ça ? Ça fait un peu peur. Mais bon, si ça se trouve, tu n'es qu'une hallucination... et tu ne serais pas la première. » Il ignore de quoi elle parle. Il s'assied sur le lit et il la regarde. Il fait un petit sourire, un sourire tendre mais sa Kate n'avait pas d'hallucinations. Elle n'était pas aussi compliquée. « Thomas Shepherd... L'homme à qui Billy a tout arraché. Son frère. Je suis désolée. » Il baisse la tête. Qu'a-t-il de plus à dire ? Beaucoup. C'est exact et inexact, les circonstances sont si compliquées. Trop compliquées pour leur petite tête d'humain, pas étonnant qu'ils soient complètement dépassés, qu'ils se retrouvent avec le cœur en miettes. « Merci. Je suis désolé aussi. » Sa main droite se perd dans ses cheveux, gratte son crâne et réarrange quelques mèches, tandis qu'il regarde par la fenêtre, qu'il regarde ce monde. « Je n'aurais pas dû te dire tout ce que je t'ai dit. Tu n'avais pas à l'entendre. Ce n'est pas ton histoire, pas ton passé. Surtout pas ton avenir. » Il dévie son regard, Kate est vide mais pleine de vie. Elle est blessée et elle souffre et tant mieux, tant qu'elle souffre ça veut dire qu'elle respire. « La Kate que je connaissais n'avait pas d'hallucination. Si elle en avait eu, ça n'aurait sûrement pas été de moi. » précise-t-il sous couvert d'un petit rire. Ses yeux sont tristes depuis ce matin, depuis des milliers de matins.

Il se met un peu mieux sur le lit, croise les jambes en tailleur, faisant face à Kate. « D'accord pour la bouffe. Tu sauras bien assez vite que je suis toujours d'accord pour la bouffe ! » Cette fois, son visage se fend d'un vrai, grand sourire. Ça fait longtemps, et il le perd bien vite. Il s'en veut d'être content. Il a l'impression de les trahir. Mais il devra passer à autre chose, éventuellement. Il devra sourire à nouveau – retrouver une vie, c'est possible. Avec Kate comme amie, c'est possible. « Je sais que c'est bizarre. Billy, Noh-Varr, puis moi. D'autres univers, d'autres vous. Même pour moi, c'est bizarre. » Il triture les draps, il ne sait pas trop quoi dire, pas trop comment montrer que ses intentions ne sont pas hostiles. Il voudrait la rassurer, il a le réflexe de la protéger qui remonte, mais il se retient. Il doit tout expliquer, tout recommencer ; il doit bâtir une nouvelle relation, avec une autre personne. Partir du principe que c'est sa jumelle, que ce ne sera ni la même personne, ni la même relation. Quand ça sera imprimé dans son crâne, lui parler sera plus facile. Il en est convaincu. « J'aimerais bien que ça soit pas une raison pour garder nos distances. J'aimerais bien passer du temps avec toi. J'aimerais bien me battre à tes côtés et apprendre à te connaître. Pas la Kate que j'ai perdue, pas elle... » Sa voix tremblotte un peu, il tousse, il se ressaisit. Il n'a pas à pleurer devant elle. C'est encore une inconnue. « Mais toi. T'as l'air sympa. Puis toi et Billy, c'est pas la joie. Moi et Billy non plus, c'est pas la joie. » Sa voix s'éteint quand deux coups sonnent à la porte. En une seconde, il est sur le pas et il ouvre le battant, il récupère le tas de bouffe, il y a des pizzas et des burgers et des gâteaux et des viennoiseries et des frites, plein de frites. Toute cette bouffe grasse trône joyeusement sur un plateau roulant qu'il amène dans la chambre, congédiant le groom. Il revient, triomphant, face à Kate. « Une préférence, pour bien commencer ce festin ? »


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Il a un visage plus doux que celui de Billy, remarque-t-elle. Il y a un côté espiègle à ses traits, alors que Billy hurle tragédie et mélancolie; il ressemble à quelqu'un qui a vécu des expériences horribles, mais qui arrive tout de même à trouver la force de sourire. Ce genre de personne fascine Kate. Il y a des émotions qu'elle ne parvient pas à comprendre, qui dansent dans ses yeux, alors qu'elle l'observe méticuleusement, notant la manière qu'il a de se passer une main dans les cheveux, le petit tic incontrôlable sur son menton, la teinte obscure de ses yeux marron. « Merci. Je suis désolé aussi. » Lui aussi il a une voix calme, trop calme. Elle l'observe observer New York, elle l'observe découvrir ce New York se rend-t-elle compte. Elle n'arrive pas à vraiment comprendre... en quoi son monde est-il si différent? Apparemment, dans celui de Billy, c'est leur mère qui a pêté un câble et dans le sien, c'est Billy lui-même. Qu'est-ce que ça veut dire? Quoi d'autre est différent. Dans l'univers de Billy, Teddy et lui s'aiment, c'est évident. Dans l'univers de Thomas- - « Je n'aurais pas dû te dire tout ce que je t'ai dit. Tu n'avais pas à l'entendre. Ce n'est pas ton histoire, pas ton passé. Surtout pas ton avenir. » Elle l'espère vraiment. Kate a l'impression de porter le monde sur ses épaules. Elle n'arrive pas à s'en défaire. Elle n'arrive pas à relâcher tous ses nerfs et se mettre à pleurer, par exemple, pendant des heures et des heures, un torrent de larmes pour apaiser cette peur terrible en son sein, ce mal-être constant. Elle se sent juste lasse, et fatiguée, et ne peut que lui adresser un léger sourire fade.

« La Kate que je connaissais n'avait pas d'hallucination. Si elle en avait eu, ça n'aurait sûrement pas été de moi. Tu es un si joli garçon, pourtant, ” réplique-t-elle aussitôt, avec un léger rire qui fait écho au sien; un rire rauque et grave et triste et lourd. Un rire laid. Elle ne dit rien de plus, pourtant, chasse les illusions et les hallucinations et l'impression de ne pas savoir si elle est réveillée ou endormie; ce n'est ni l'endroit, ni le moment pour parler de ça. Il s'assied en face d'elle sur le lit, fait un peu rebondir le matelas et la prise des doigts de Kate sur l'oreiller qu'elle tient sur son giron se desserre un peu. « D'accord pour la bouffe. Tu sauras bien assez vite que je suis toujours d'accord pour la bouffe ! Tu as un métabolisme rapide, j'imagine? ” Elle sent sa gêne, la même qu'avait Billy au début se rend-t-elle compte. Elle avait mis ça sur le compte d'une timidité maladive ou d'une peur d'être rejeté; mais en fait, c'était juste qu'il savait déjà tout d'elle, tout d'eux... Avec ce Thomas là, c'est la même chose. Elle repense à son émotion quand il a dit que Billy l'avait tuée, ses yeux où se battaient colère et un chagrin plus grand que la mort, ses hésitations, son regard scrutateur, son regard triste. Elle pense savoir qu'elle était à Thomas ce que Teddy était à Billy dans cet univers.

Elle a envie de lui prendre la main, mêler ses doigts aux siens, s'excuser silencieusement. Je ne suis qu'une pâle copie, pense-t-elle amèrement, répétant les mots de Billy. Je ne suis pas ta Kate, je ne serai jamais ta Kate. Sauf que ces mots-là ne sont pas violents, ou hostiles; ils sont juste tristes. Je ne serai jamais la Kate qui pourrait mériter qu'on se batte pour elle, jamais la Kate courageuse, jamais la Kate fière, jamais la Kate que tu as pu aimer ou la Kate en qui Billy a eu confiance. Je suis juste Kate. Juste Kate. « Je sais que c'est bizarre. Billy, Noh-Varr, puis moi. D'autres univers, d'autres vous. Même pour moi, c'est bizarre. » Elle reste silencieuse, l'observe. Ses longs doigts fins qui triturent les draps, ses yeux fixés ailleurs que dans les siens, sa nervosité et son incompréhension et son chagrin, encore son chagrin. « J'aimerais bien que ça soit pas une raison pour garder nos distances. J'aimerais bien passer du temps avec toi. J'aimerais bien me battre à tes côtés et apprendre à te connaître. Pas la Kate que j'ai perdue, pas elle... » Sa voix est encore plus rauque qu'avant, chargée de larmes qui ne coulent pas. Pas encore, tout du moins. Kate ne dit rien, toujours, l'observe. « Mais toi. T'as l'air sympa. Puis toi et Billy, c'est pas la joie. Moi et Billy non plus, c'est pas la joie. »

Et quand Kate, enfin, ouvre la bouche pour répondre quelque chose, on frappe à la porte et Thomas y court, récupère la nourriture, congédie l'employé de l'hôtel en ramenant vers eux un plateau roulant croulant de nourriture. Bon. Comme d'habitude en besoin de comfort food, elle a vraiment abusé. Mais au moins, il y a Thomas pour l'aider. « Une préférence, pour bien commencer ce festin ? » Lentement, avec l'air précautionneux d'une centenaire, Kate déplie son corps, délie ses doigts, repose sagement l'oreiller derrière elle et se lève sur le lit pour s'approcher de lui, se laissant tomber au dernier moment sur le sol dans un bruit sourd. Ils sont nez-à-nez, et Kate prend son temps pour le détailler de près. Il est un peu plus grand qu'elle, plus musclé qu'elle aurait pensé en ne s'approchant pas. Ses yeux sont plus durs, aussi. Elle lui adresse un léger sourire en le contournant, faisant peu de cas du fait qu'elle ne porte qu'un short de pyjama et un t-shirt; les hallucinations s'en fichent, de votre garde-robe. Elle ne peut pas croire qu'il se trouve bel et bien là, et ne peut pas s'empêcher de penser que ses nerfs ont craqué. L'esprit humain finit toujours par casser, lui a dit docteur Faustus. Vous avez traversé beaucoup de traumatismes et votre esprit est plus fragile. Si jamais vous oubliez de prendre ces pillules, vous risquez bien de craquer mademoiselle Bishop... Comment a-t-elle pu oublier ses médicaments? Pourquoi cessent-ils de faire effet aussi vite?

Frites, onion rings et bacon burger, énonce-t-elle clairement en dépassant le plateau croûlant de nourriture, direction le mini-bar. Et pour avaler tout ça, tu préfères quoi? ” lui demande-t-elle avec un coup d'oeil par-dessus son épaule, prenant un coca pour elle-même. Elle referme le petit réfrigirateur après avoir récupéré leurs boissons, et retourne s'asseoir sur le lit en tailleur, en face de lui, regardant d'un air appréciateur la petite assiette qu'il lui a composé. Elle glisse une friture dans sa bouche et soupire légèrement quand la graisse si réconfortante fait crisser ses dents. “ Tout cela est effectivement très bizarre, dit-elle le plus sérieusement du monde en agitant son bout de frite comme elle agiterait une baguette ou son doigt. Mais les choses sont telles qu'elles sont, n'est-ce pas? Et je suis contente que tu sois en vie, que Billy soit en vie, que Noh-Varr soit en vie. Je ne suis pas ta Kate, ou celle de Billy, ou celle de Noh-Varr et j'en suis désolée. Mais je suis en vie, et toi aussi. ” Elle hausse les épaules en glissant le reste de sa frite dans sa bouche. “ Qu'est-ce qui s'est passé, entre toi et Billy? ” demande-t-elle, curieux, en croquant une autre frite, sa voix toujours un peu trop douce, son regard toujours un peu lointain.

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Kate se lève avec une lenteur monstre. Il la voit au ralenti, poser l'oreiller derrière elle, s'approcher, quitter le matelas dans un bruit sourd. Elle est devant lui – juste devant. Elle le regarde, et Tommy ne sait pas quoi faire de ses dix doigts. Habituellement, il les collerait à sa nuque pour l'embrasser. Ce ne serait définitivement pas la bonne méthode à appliquer right now. Alors il garde ses yeux dans ceux de sa Bishop (pas la tienne) et il serre les dents. Il la regarde sans trop la regarder, parce qu'il ne veut pas voir le fantôme de son passé, le cadavre de son aimée et merde il la voit, il la voit mais il garde les lèvres closes et ses yeux sont déjà rougis, ils l'étaient dès ce matin, dès la visite des Young Avengers, il reste de marbre et il attend. Kate fait un sourire, un petit sourire léger mais sincère, puis elle le contourne pour approcher du plateau de nourriture – il lâche un petit soupir inaudible de soulagement, avant de se tourner à son tour vers les plats. « Frites, onion rings et bacon burger. Et pour avaler tout ça, tu préfères quoi ? » Elle ouvre le mini-bar, il a envie de lui répondre qu'un peu de whisky ferait l'affaire, mais il se tait. Sa Kate n'aimait pas qu'il boive trop. Pourtant, à mesure que ses amis mourraient les uns après les autres, Tommy prenait de plus en plus de verres (à ta santé, David! et à ta santé, Noh!) (à ta santé, Kate!) et cette habitude devait disparaître. « Comme toi. » répond-il. Elle lui tend une canette de coca. Il n'a jamais goûté – ça n'existait pas, dans son univers. Mais il l'accepte avec gratitude, et tire la languette pour ouvrir la boisson. Les bulles s'accumulent, un pschit sonore se fait entendre, puis la mousse grimpe jusqu'à éclabousser la moquette de la chambre. « Merde ! Désolé. C'est la première fois que je bois de ça, j'savais pas que ça moussait autant ! » s'exclame-t-il, à la fois surpris et amusé. Il fixe la mousse brune s'accumuler autour de l'opercule, goutter sur le sol, presque fasciné.

Tommy secoue doucement la tête. Sorti de sa rêverie, il voit que Kate est retournée sur le lit, elle s'est assise en tailleur et croque distraitement ses frites. A son tour, il s'approche des plats, fait sa petite sélection. Beaucoup de frites, beaucoup de cheeseburgers. Il vient se poser près d'elle, sur le lit. Il n'ose pas prendre ses aises, ce n'est pas sa chambre après tout (pas ta Kate non plus) alors il s'assied au bout du lit, le dos un peu droit, l'assiette sur les genoux. Son buste est tourné vers elle, mais pas trop. « Tout cela est effectivement très bizarre. » sort-elle, gesticulant une pauvre frite qui, gorgée de graisse, pendant mollement au bout de son doigt. « Mais les choses sont telles qu'elles sont, n'est-ce pas ? Et je suis contente que tu sois en vie, que Billy soit en vie, que Noh-Varr soit en vie. Je ne suis pas ta Kate, ou celle de Billy, ou celle de Noh-Varr, et j'en suis désolée. Mais je suis en vie, et toi aussi. » Elle parle avec beaucoup de détachement. Tommy se demande s'il est feint, ou sincère. Il prend quelques frites, ouvre le premier cheeseburger et enlève les cornichons. Une vieille habitude. « Qu'est-ce qui s'est passé, entre toi et Billy ? » elle demande, toujours avec le même désintérêt, et Tommy arrête de croquer sa frite. Il arrête de respirer quelques secondes, aussi. Puis il souffle, il souffle un soupir triste et gras et fatigué. Il l'a cherché. Il en a parlé, il a crié colère et douleur quelques heures plus tôt. La curiosité de Kate n'est que justifiée.

Le blond termine sa bouchée, s'essuie les mains et enlève ses chaussures. A son tour, il s'assied en tailleur, bien en face de Kate – s'il lui raconte son histoire, il a bien intérêt à lui parler directement, à affronter ses démons. « Si je te raconte, tu me promets de pas en parler aux autres ? Pas en parler à... Billy ? » En prononçant son nom, son regard se fait fuyant. Il cligne une, deux, trois fois. Son poing gauche se serre, se desserre, et il repose ses yeux sur ceux de Kate. « Je voudrai lui expliquer moi-même. » Pas de sourire, sinon une profonde lassitude. Elle acquiesce doucement. Elle se redresse et ses iris sont intenses, son corps entier est intensément tourné vers lui, prêt à écouter chacun de ses mots dans une curiosité un peu malsaine. Il le voit ainsi, du moins. Mais il s'agit de Kate, et ce n'est pas la sienne pourtant elle est là, elle respire, elle le regarde, il veut tout lui dire. Tout. « Mon monde était presque identique à celui-ci. Les mêmes gens, les mêmes animaux, les mêmes sociétés et pays et inventions, à quelques exceptions près. On n'a pas de... cheval ? Je crois que vous les appelez comme ça. On a des animaux qui y ressemblent drôlement, mais ils ont une corne sur le crâne. Une licorne on dit, je sais pas si vous en avez aussi, mais j'en ai pas vu. » Il sourit timidement. Parler de son univers déclenche une vague de nostalgie, il se souvient quand tout allait bien, et malgré tout, son monde lui manque. Cette culpabilité persistante, depuis qu'il l'a abandonné aux mains de Billy, le bouffe. Il s'éclaircit la gorge. « Bref. » Petite pause. « Chez moi, les Young Avengers étaient différents. La fille qui s'appelle America, par exemple, elle existait pas. Du moins, pas dans notre groupe de héros. Tu ne sortais pas avec Teddy, mais avec Noh. » Il dit tu et il ne s'en rend pas compte. C'est pas sa Kate. Mais elle est identique, et tout se mélange un peu pour le blond. « Toi et moi, on était plus libérés que les autres. On se fréquentait aussi, pas régulièrement. Quand tu t'engueulais avec Noh. » Il rougit. Sa main droite vient ébouriffer ses cheveux, signe qu'il est stressé. Il a l'impression de se dévoiler pour la première fois, depuis qu'il est arrivé dans ce monde. « Et Billy sortait avec Teddy. » Il avait baissé les yeux pour raconter son histoire, il les releva pour rencontrer ceux de Kate. Ça devait lui faire mal. Mais ce n'était pas son Teddy à elle. Elle le savait, pas vrai ? Elle devait le savoir. Tout comme Tommy devait savoir que cette Kate n'était pas à lui. « Puis Teddy est mort. Tué, pendant une mission. » Sa voix ne tremblait pas, mais ses mots étaient lourds. Il avait l'impression de tout revivre, le regard absent les images défilaient à nouveau sous ses yeux, en accéléré, comme un mauvais film. « J'avais jamais vu Billy – mon Billy – aussi dévasté. Il l'était tellement qu'il a dévasté tout, autour de nous. Une ville entière. Disparue de la surface de la Terre en quelques secondes. Tout et tout le monde, sauf nous, sauf notre petit groupe et on s'est retrouvés tous les six autour du cadavre de Teddy comme dans un putain de désert. » Un peu de colère. Puis son visage crispé se détend et le ton monocorde reprend. « Il a mis le monde à feu, à sang. Les gens sont morts par milliards, les survivants sont devenus des monstres. Des abominations, comme on disait. C'étaient des amputés, des mutés aux excroissances difformes, conscients de qui il était avant, mais incapable de retrouver leur apparence d'origine. Ils erraient dans les rues, bouffaient les cadavres... C'était un sale spectacle. » A nouveau, il se tait. Il se mord la joue pour ne pas céder, il ne regarde plus Kate. Il n'ose pas. « Eli est devenu l'un d'entre eux. J'ai voulu le tuer, mettre fin à ses souffrances. Mais j'en étais pas capable. » Sa gorge le gratte. Ses yeux le piquent. « Billy a détruit ma famille, détruit mes amis, détruit mon monde. Il a perdu Teddy et il a perdu les pédales. On a essayé de l'affronter, avec les autres. A chaque fois, un de mes amis y restait. J'étais constamment épargné, obligé de creuser leur tombe avant de repartir traquer Billy. L'affronter encore. Voir quelqu'un d'autre crever. » Il vide son sac, il n'a jamais autant parlé de ça, jamais autant discuté sa douleur. Ça plombe l'ambiance. Peu importe, si ça lui allège le cœur. « A la fin, c'était un combat entre Maximoffs. Ma cousine Luna et moi face à Billy. J'allais le tuer. J'étais à deux doigts, à deux pas de lui tordre le cou. » Ses poings tout serrés font blanchir ses phalanges. « Sauf que l'autre Billy, et l'autre Noh, sont venus nous chercher. Ils nous ont attrapés et emmenés dans cet univers-ci. J'ai laissé mon monde à la merci d'un Billy, pour en affronter un autre, un qui n'était pas fou. C'est presque pire. Quand je le vois, j'ai une telle colère et une telle douleur qui surgissent. Alors qu'il y est pour rien, c'est pas lui, je sais que c'est pas lui. » Il pose les yeux sur la baie vitrée, sur les immeubles, les nuages, l'horizon. « C'est plus fort que moi. Quand je vous vois... quand je te vois, Kate. Bon sang, quand je te vois... »

Sa voix se perd et s'éteint.
Les cheeseburgers refroidissent, les frites aussi.
Il n'a plus très faim.


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Il ouvre la canette de Coca comme un débile et évidemment, la boisson explose. « Merde ! Désolé. C'est la première fois que je bois de ça, j'savais pas que ça moussait autant ! » Kate fronce d'abord les sourcils. Un monde sans Coca-Cola? Ça a l'air bien chiant. Et puis finalement, Kate se sent sourire légèrement en ouvrant à son tour sa cannette proprement et en prenant sa première gorgée. “ Excuse de puceau, ça ” lâche-t-elle avec un air complice, et un léger clin d'oeil. Thomas lui sourit en retour. C'est étrange — elle doit se rappeler pourquoi ils sont là. Comment il est là: il vient d'un autre monde. D'un autre- d'un autre univers. Ce n'est pas une planète lointaine, non, c'est une autre réalité et ça ne devrait avoir aucun sens. Mais Kate sait ce qu'elle a vu; du moins, elle pense savoir ce qu'elle a vu. Ça ne devrait pas faire de sens mais ça en fait.
Elle essaie de ne pas montrer son trouble et sa curiosité. Elle y arrive plutôt bien mais il la regarde avec des yeux pénétrants et pesants et elle sait que quoiqu'elle fasse, Thomas la connait. Peut-être qu'il ne la connait pas telle qu'elle est dans cet univers; mais il la connait, d'une manière ou d'une autre, et il sait que ce n'est qu'un masque, qu'une pièce, qu'une idiotie de sa part. Une protection, encore une. Un mur qu'elle dresse entre elle et le monde; elle est devenue une si bonne actrice, avec le temps. Ça la rend un peu triste.

« Si je te raconte, tu me promets de pas en parler aux autres ? Pas en parler à... Billy ? » Elle fait la moue. “ Hm... ” dit-elle, sans vraiment s'engager parce qu'elle sait qu'elle va en parler aux autres dès qu'elle saura. « Je voudrai lui expliquer moi-même. » Elle baisse les yeux. Mais finalement, quelque part, Kate trouve la force de garder un secret. Elle peut faire ça pour lui, non? Elle lève les yeux vers Thomas et hoche la tête très légèrement, sèchement. Elle comprend. Enfin. Elle essaie de comprendre.
Et puis il parle de son... son monde. Au début, c'est un peu drôle. Il n'a pas des chevaux mais des licornes et c'est ridicule et il a l'air sincère et amusé et un peu timide aussi et curieux. Et puis il dit qu'elle sortait avec Noh et c'est ridicule, mais drôle aussi. Et qu'elle couchait avec lui et là, elle sourit carrément en coin, arquant un sourcil sur son front.
Mais il a l'air si triste, Thomas.
« Et Billy sortait avec Teddy. »
Elle ferme les yeux, pendant un instant.
« Mon Teddy, Kate. Mon Teddy. Pas le tien, jamais le tien. »
Elle sait que ce n'est pas le plus important. Que ce n'est qu'une partie de l'histoire et pas l'histoire en entier mais tout d'un coup, il y a une sirène qui se déclenche quelque part et une pierre qui tombe dans sa poitrine. Elle a envie de hurler et de se battre, de frapper quelque chose ou quelqu'un et puis de pleurer, juste de pleurer. Elle aimerait disparaître de la surface de la Terre. Ça ne devrait pas lui faire mal comme ça mais c'est le cas.
C'est un autre Teddy. Un autre monde, un autre univers, un autre Billy, une autre Kate, un autre New York, d'autres Young Avengers.

Elle écartèle un petit sourire en relevant les yeux, glissant une énième frite entre ses lèvres en l'incitant d'un petit mouvement de la tête à continuer son récit.
Il continue l'histoire. Elle a vu assez de films d'horreur et post-apocalyptique pour imaginer la chose et elle ne peut pas s'empêcher de frissonner, alors qu'elle imagine le Thomas qu'elle a en face d'elle vivre dans ces conditions. Alors qu'elle s'imagine elle-même vivre dans ces conditions. Et il laisse entendre qu'elle est morte, dans ce monde. Qu'elle a crevé, comme les autres avant elle, comme les autres après elle. Mais ce Thomas-là, il a continué à se battre contre Billy, encore et encore, jusqu'à ce que leur Billy le vole à sa dimension.
Il est si triste. Si jeune et si fatigué et si triste. Elle aimerait savoir quoi lui dire. Elle aimerait savoir quoi faire. Mais exactement comme sur un champ de bataille, Kate est inutile. Elle ne peut que le regarder, ce monstre de faim et de colère et de tristesse, et se demander si il y a un univers où ils sont tous heureux. « C'est plus fort que moi. Quand je vous vois... quand je te vois, Kate. Bon sang, quand je te vois... » Mais il ne la regarde pas, là. Il a les yeux détournés autre part, dans le passé, dans un autre monde et oh, oh, oh encore une fois, elle aimerait lui dire qu'elle va l'aider, que tout va bien aller, qu'ils vont trouver une solution. Mais quelle solution? À quel problème? La nourriture est froide entre eux, maintenant. Silencieusement, Kate dépose les assiettes sur le sol, pour débarasser le lit. N'importe quoi pour s'occuper les mains.
Puis elle se penche en avant pour poser sa main sur celle de Thomas. “ Je suis- - ” Désolée? Elle peut l'être, mais elle n'y est pour rien. Elle n'a rien fait. Elle est juste morte, dans ce monde et dans cette vie. Et le pire, ce qui tourne dans sa tête, c'est que Billy a détruit le monde pour Teddy, et qu'ils s'aimaient et étaient heureux, et elle sortait avec Noh, et elle couchait avec Thomas. “ Billy- Billy est différent ici, lâche-t-elle piteusement. Vrai-vraiment. Il est- - Elle n'a pas envie de parler de lui. Je suis désolée, Thomas. Désolée pour tout ce qui t'est arrivé et désolée que tu te retrouves... ici. ”  Ses doigts se glissent dans son poing fermé, et elle presse machinalement sa peau jusqu'à ce qu'il lève les yeux. “ Tout est différent ici mais- mais je suis sûre que- si tu veux, les Young Avengers sont là pour toi. Je- je suis sérieuse, Thomas. C'est peut-être pas ce que tu veux maintenant mais si jamais tu as besoin de quoique ce soit- - ” Elle ne sait pas trop ce qu'elle lui promet ou ce qu'elle lui dit.
Tout ce qu'elle sait, c'est qu'il la regarde. “ Qu'est-ce que tu vois quand tu me vois? ” lâche-t-elle dans un souffle, presque malgré elle.

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Il ne la regarde pas, quand elle lui touche la main. Il ne la regarde pas mais sa voix, sa voix est un océan et son cœur se noie dedans. « Je suis-- » Elle ne trouve pas les mots. Il ne les trouverait pas non plus, à sa place. « Billy- Billy est différent ici. Vrai-vraiment. Il est-- » Tommy a les yeux mouillés. Il observe un avion qui fend le ciel, et les couleurs rougeâtres qui se peignent là-haut. Il ne veut pas parler de Billy. Il ne veut pas parler du tout. Il a passé sa journée à déblatérer à l'un ou l'autre, il a la bouche sèche et les joues rongées par des sillons qu'il n'a même plus la force d'essuyer. « Je suis désolée, Thomas. Désolée pour tout ce qui t'est arrivé et désolée que tu te retrouves... ici. » Elle accroche la main du blond. Il ne tressaille même pas – pourtant son palpitant fait boum. Elle a les mêmes gestes, les mêmes caresses de réconfort, que sa Kate. Il finit par la regarder, les iris droits sur elle. Bon sang qu'elle est belle. « Tout est différent ici mais- mais je suis sûre que- si tu veux, les Young Avengers sont là pour toi. Je- je suis sérieuse, Thomas. C'est peut-être pas ce que tu veux maintenant mais si jamais tu as besoin de quoique ce soit-- » Un faible sourire passe sur les lèvres de Tommy. Elle ressemble à un vieux souvenir. Ses yeux descendent sur la commissure de ses lèvres, remontent à la cascade de cheveux qu'elle laisse tomber sur ses épaules. « Qu'est-ce que tu vois quand tu me vois ? » murmure Kate. Elle est si proche, maintenant. Il a déjà goûté son souffle avant – mais ce n'était pas le sien, pas vraiment. Il a déjà baisé son cou et ses joues et ses lèvres, pleines, embrassé ses paupières et son front et chaque parcelle de son corps – mais ce n'était pas elle, pas vraiment.

Brusquement, Tommy se lève et s'éloigne d'elle. Il sent les doigts de Kate quitter sa paume, ses ongles râper sa peau. Ce n'est pas elle. Il va falloir qu'il se mette ça dans le crâne, s'il ne veut pas souffrir à nouveau. « Je la vois elle. » il fait. Sa voix est un peu plus dure, un peu plus distante. Il ne tombera pas amoureux de Kate. Pas de celle-ci. « Et elle n'est pas toi. » Il s'adosse au mur, croise les bras sur sa poitrine. Malgré sa froideur, il ne peut pas s'empêcher de la regarder. « Elle était pas mieux, elle était pas pire. Mais je l'aimais- je l'aime. Encore. » Il rit un peu salement, il rit comme on crache sa rancune. « Sûrement parce qu'elle m'a pas donné le temps de tout foutre en l'air, à force de crever trop tôt. » Il pousse un soupir, ferme les yeux quelques secondes. Sa gorge le tire, il tousse. « Pardon. Je deviens mauvais. » Sa main vient remettre de l'ordre dans ses cheveux. « T'es comme elle. T'es brave et t'es belle et t'es triste. Ça se voit, que t'es triste. Mais ça lui allait bien. Et ça te va bien aussi. » Il grimace un peu. « C'est chiant non ? Je te compare sans arrêt à elle. Ça doit être chiant. » Il quitte le mur et commence à marcher, faire deux-trois pas devant Kate. Il ne sait plus très bien pourquoi il est venu dans sa chambre. Il ne sait plus très bien ce qu'il espérait. Parce qu'il ne la veut pas ; pas elle, pas vraiment.

Finalement, il s'arrête juste devant elle, et il la regarde encore. Elle attend. Elle l'attend, lui et ses histoires et ses mots sur un autre univers. Il se rassied sur le lit, un peu plus loin. Il garde ses mains sur ses genoux, parce qu'il ne veut pas sentir ses doigts à nouveau s'accrocher aux siens. Il n'appartient pas à cette Kate là. « Mon univers- mon monde... C'était un beau monde. J'étais heureux, là-bas. Tout n'était pas parfait, mais j'étais heureux. » Il secoue doucement la tête. Cette journée a été éprouvante. « Puis les choses ont pris fin. Brutalement. Dans la violence et le sang. C'est arrivé, c'est comme ça. » Un nouveau sourire, douloureux, s'imprime sur ses lèvres. Ce sont les seuls sourires qu'il peut offrir désormais. « Je-- » Son cœur se serre. « Grâce à toi, j'ai pu la revoir. L'entendre à nouveau. Et puis revoir ce demi-sourire au charme méprisant. » Il s'esquisse sur les lèvres de Kate. Le regard de Tommy semble s'illuminer un moment. « Celui-là, exactement. » Il n'a plus grand-chose à dire. Il est juste épuisé. « Je suis content d'être là. Dans ton univers, dans cette chambre, avec toi. Je crois que je serai bientôt prêt à retrouver les autres, à rencontrer les Young Avengers de ce monde. Quand j'aurai tué Billy. » Tommy se reprend. « Celui de chez moi, hein. Le sorcier meurtrier de masse qui a décimé une planète entière. Piece of cake. »


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« Je la vois elle. Et elle n'est pas toi. »
Il l'a lâchée, abandonnée, délaissée et la sensation de sa main chaude sous la paume de Kate est étrange, lui picore la main. La brûle.
Et elle n'est pas toi.
Oh. Elle sait. Elle a bien compris qu'elle était en compétition avec des Kate différentes et meilleures, des Kate plus courageuses et plus belles. La meilleure amie de Billy, l'amante de Thomas apparemment. Elle a bien compris qu'elle ne pourrait rien y faire et que sa version, la vraie version, est défaite, mal faite, brisée, inutile, faible. Elle était heureuse, pourtant, sans savoir que tout ça existait et que tout ça était autour d'elle.
Mais maintenant qu'il y la Kate de Thomas, la Kate de Billy et la Kate de Teddy, elle ne sait plus trop qui elle doit être. Elle n'est pas suffisante. Elle ne doit pas être assez brave pour Thomas. Elle n'est pas assez forte pour Billy. Et elle ne mérite pas Teddy, elle ne l'a jamais mérité. « Elle était pas mieux, elle était pas pire. Mais je l'aimais- je l'aime. Encore. » On dirait un truc qu'on dit comme ça sans vraiment le penser. Il l'aimait, il l'aime encore. Kate reste silencieuse, ses yeux toujours accrochés à la silhouette du frère de Billy. C'est vrai qu'ils se ressemble énormément, maintenant qu'elle le dévisagea attentivement. « Sûrement parce qu'elle m'a pas donné le temps de tout foutre en l'air, à force de crever trop tôt. Pardon. Je deviens mauvais. T'excuses pas, ” lâche-t-elle en réponse, tout doucement. Parce qu'il a bien le droit d'être mauvais, et triste, et nerveux, le pauvre Thomas. Au moin sça. « T'es comme elle. T'es brave et t'es belle et t'es triste. Ça se voit, que t'es triste. Mais ça lui allait bien. Et ça te va bien aussi. C'est chiant non ? Je te compare sans arrêt à elle. Ça doit être chiant. N-non, je- - ” Elle n'arrive pas à parler alors elle se tait.

Thomas revient et s'assied sur le lit à nouveau. Loin. Kate ne connait pas du tout ce Thomas. Mais elle comprend, et essaie vainement de ne pas le vivre comme si il la repoussait franchement. Ce n'est pas sa place. « Mon univers- mon monde... C'était un beau monde. J'étais heureux, là-bas. Tout n'était pas parfait, mais j'étais heureux. Puis les choses ont pris fin. Brutalement. Dans la violence et le sang. C'est arrivé, c'est comme ça. » Il est fataliste et il est triste. Kate le dévisage toujours d'un air prudent. Il a un air tragique, Thomas Shepherd. Comme un vieux portrait de la guerre civile, ces gamins envoyés au Front sans expérience ni compétence.  « Je- Grâce à toi, j'ai pu la revoir. L'entendre à nouveau. Et puis revoir ce demi-sourire au charme méprisant. » Il dit ça avec tellement, tellement de tendresse qu'elle ne peut s'empêcher de sourire en baissant les yeux, un poil gênée. « Celui-là, exactement. T'es un grand séducteur, hein? ” lâche-t-il à mi-voix, faussement goguenarde. « Je suis content d'être là. Dans ton univers, dans cette chambre, avec toi. Je crois que je serai bientôt prêt à retrouver les autres, à rencontrer les Young Avengers de ce monde. Quand j'aurai tué Billy. » Billy? Kate n'a pas envie de voir sa face de rat pour les semaines à venir mais en même temps... elle ne veut pas le voir mourir. Et elle doit se tendre, relever brusquement un regard flamboyant sur Thomas parce que celui-ci se reprend: « Celui de chez moi, hein. Le sorcier meurtrier de masse qui a décimé une planète entière. Piece of cake. »

Nice. Kate ne peut s'empêcher d'avoir elle aussi un sourire amer sur la lippe. “ Piece of cake, ” convient-elle aussi à mi-voix en hochant la tête d'un air sérieux. “ Les Young Avengers t'aideront. Vraiment, Thomas. Ils t'aideront. America... ” Elle s'interrompt. Elle ne sait toujours pas quoi en penser. “ J'espère qu'on pourra apprendre à se connaître. Mais je suis contente- je suis contente que tu m'aies tout dit d'un coup, comme ça. Billy, il- j'ai vraiment cru que c'était mon ami, tu sais? Mon- mon meilleur ami. Et j'ai appris qu'il me connaissait depuis des années et qu'il me mentait depuis des mois. Comme si on allait jamais le découvrir... ” La colère et l'amertume se lient sur sa langue, se lisent sur son visage et elle les ravale, difficilement. “ C'est un connard égoïste mais c'est un mec bien, Thomas. Il t'aidera. ” Et puis, après un silence. “ Et moi je t'aiderai. L'envie d'envoyer une flèche dans le cul de Billy me démange, pas toi? ” Petit sourire complice, maladroit.
Et puis l'atmosphère de la pièce change, et Kate se rend bien compte qu'il a envie d'être seul et, finalement, elle aussi. Alors elle tend le poing vers lui. Avec ce sourire incertain sur les lèvres. Le salut des Young Avengers et le salut amical qu'elle réserve à ses proches. Poing contre poing, force contre force, amitié contre amitié. “ Mais prends soin de toi, Thomas, d'accord? Et si il y a quelque chose, quoique ce soit... viens nous voir. Viens me voir. On est là.

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« Piece of cake. » elle répète à mi-mot. « Les Young Avengers t'aideront. Vraiment, Thomas. Ils t'aideront. America... » Le blond leva un sourcil. America était une variable inconnue. Elle n'existait pas dans son monde. Elle n'existait nulle part sinon ici, semblait-il. Il avait apprécié le fort caractère, autant que détesté le mystère qui l'entourait. « J'espère qu'on pourra apprendre à se connaître. Mais je suis contente- je suis contente que tu m'aies tout dit d'un coup, comme ça. Billy, il- j'ai vraiment cru que c'était mon ami, tu sais ? Mon- mon meilleur ami. Et j'ai appris qu'il me connaissait depuis des années et qu'il me mentait depuis des mois. Comme si on allait jamais le découvrir... » Tommy écoute avec attention. C'est l'une des raisons pour lesquelles il ne voulait pas se lier à eux. Ils n'étaient pas les siens, et il n'aurait pas pu faire autrement que leur mentir pour gagner leur confiance et leur amitié. Même s'ils n'étaient pas ses amis, même s'ils n'étaient que les échos de ceux qu'il avait aimé un jour, il ne voulait pas les faire souffrir. Pas comme Billy avait fait. « C'est un connard égoïste mais c'est un mec bien, Thomas. Il t'aidera. » Tommy se retint de cracher qu'il ne voulait pas de son aide – ce n'était pas le moment. Un petit silence, puis Kate reprit. « Et moi je t'aiderai. L'envie d'envoyer une flèche dans le cul de Billy me démange, pas toi ? » Elle sourit. Il marmonne. « Vu ce qu'il a pu se prendre dans le cul, c'est pas une petite flèche qui le mettra à terre. » Ses yeux papillonnent, il sourit aussi. C'était petit, mesquin. C'était drôle quand même.

Une lassitude l'étreint, et Kate tend le poing vers lui. Elle a presque lu dans ses pensées. C'est vrai qu'elle a ce super-pouvoir là. Elle sait ce qu'il faut faire, ce qu'il faut dire, juste au bon moment. Il avait oublié combien elle le connaissait. Même ici, même dans un monde différent, elle peut lire en lui comme personne d'autre avant elle. « Mais prends soin de toi, Thomas, d'accord ? Et si il y a quelque chose, quoique ce soit... viens nous voir. Viens me voir. On est là. » Le blond serre le poing, vient le taper doucement contre celui de Kate. « Merci, Birdy. » Il se lève, contemple une dernière fois la vue. « Same goes for you. » Il prend un crayon, gribouille un numéro. « Appelle-moi si t'as besoin d'une faveur. Ou d'un peu d'aide. Tu trouveras pas secours plus rapide que moi. » Un sourire charmeur et la seconde qui suit, il a disparu.


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